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<title>Flux RSS</title><link>http://www.stephane-marieste.com/index.html</link><description>Nouvelles &#x21;</description><dc:language>(null)</dc:language><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:rights>Copyright 2006 St&#xe9;phane Mariest&#xe9;</dc:rights><dc:date>2009-04-13T12:54:59+02:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Mon, 13 Apr 2009 12:41:38 +0200</lastBuildDate><item><title>Ah&#x2c; la belle image</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2009-04-13T12:54:59+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-140</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-140</guid><content:encoded><![CDATA[&#160;&#160;&#160;Des mots, toujours les m&ecirc;mes.   Des &laquo; Je t&rsquo;aime &raquo; qui reviennent toujours identiques &agrave; eux m&ecirc;mes, des qui s&rsquo;en vont, des qui s&rsquo;affichent dans des lieux publics et dans la blogosph&egrave;re, des mots comme du poison, des qui donnent du courage, celui de n&rsquo;&ecirc;tre plus dans le c&oelig;ur des souvenirs, dans celui des regrets.   Des mots comme un espoir qui s&rsquo;en voudrait d&rsquo;&ecirc;tre au pass&eacute;, des mots qui se recueillent et qui flottent quelques instants, des mots qui gueulent l&rsquo;abandon et qui gueulent la renaissance, des mots comme un soutien de l&rsquo;&acirc;me, des mots comme des pi&egrave;ces d'&eacute;chec qui vont et se d&eacute;placent.   Hier j&rsquo;&eacute;tais roi, un peu trop cavalier, aujourd&rsquo;hui je suis pion sorti du damier.   Des mots noirs, des mots blancs, des mots qui s&rsquo;outrepassent dans des circonvolutions, qui s&rsquo;entrelacent en un pas de deux  puis qui s&rsquo;effacent laissant la place &agrave; d&rsquo;autres mots, les m&ecirc;mes et &agrave; la fois si diff&eacute;rents.   Des mots pour, des mots  contre, des mots qui font mal, des mots qui font du bien, des mots vrais, des mots sains, des mots qui n&rsquo;enl&egrave;vent rien mais qui entravent que dalle, des jolis mots amis-ennemis : mots ressentis.   Des mots qui ne concernent plus et c&rsquo;est tellement tant mieux tout &ccedil;a, c&rsquo;est tellement mieux comme &ccedil;a.   Des mots imag&eacute;s, des mots r&eacute;fl&eacute;chis et qui glacent la vie, qui la fige et qui, en majuscule s&rsquo;affichent : hier j&rsquo;&eacute;tais ici en minuscule, &agrave; la m&ecirc;me place, exactement.   Aujourd&rsquo;hui je suis plus l&agrave; en capitale comme on efface la pluie, comme on oublie, comme on modifie la forme pour l&rsquo;adapter au fond.


&#160;&#160;&#160;Des mots&hellip;


&#160;&#160;&#160;Des mots qui disent : c&rsquo;est bon de te sentir vivre &agrave; l&rsquo;autre bout, heureuse enfin, et voil&agrave; tout.]]></content:encoded></item><item><title>Variation autour de Christmas card from&#x2026;(3)</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2009-04-11T12:50:46+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-139</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-139</guid><content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;&#160;&#160;&#160;Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis et y avait des sons l&agrave;-dedans qui faisaient que la chaise, le monde sur lequel il s&rsquo;&eacute;tait assis, face &agrave; elle dans ce petit bout de vie, terrasse couverte, signalait par intermittence, l&rsquo;urgence d&rsquo;un sentiment.


&#160;&#160;&#160;Elle avait le regard clair, ce genre de regard qui faisait que lui, toujours pos&eacute; sur sa chaise, trouvait ses gestes maladroits, maladroites ses paroles, se trouvait maladroit tout &agrave; fait.


&#160;&#160;&#160;Tom Waits ne chantait pas Christmas card from a hooker in Minneapolis, c&rsquo;est pas vrai, et, pour &ecirc;tre vrai, donc, Tom waits ne chantait rien.   M&ecirc;me que Tom Waits ce soir-l&agrave; n&rsquo;&eacute;tait pas  dans ce caf&eacute; l&agrave;, sans doute parce qu&rsquo;il n&rsquo;avait rien &agrave; y faire.   Que Tom Waits tra&icirc;nait ailleurs, loin l&agrave;-bas du c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;une Californie que lui imaginait &ecirc;tre c&ocirc;t&eacute; plage, blanche de sable : sa peau, puis plus loin, comme la mer vous mouille les pieds d&rsquo;un bleu lagon : ses yeux.


&#160;&#160;&#160;Et ce sourire qui flinguait ses intentions, celles de lui prendre la main, juste comme &ccedil;a, juste pour sentir la chaleur de ses yeux en lui touchant la peau.


&#160;&#160;&#160;Il pensa :


&#160;&#160;&#160;&laquo; Je fais quoi moi Madone, face &agrave; &ccedil;a ?&raquo;


&#160;&#160;&#160;Repensa :


&#160;&#160;&#160;&laquo; Rien &raquo;


&#160;&#160;&#160;Oser est difficile.


&#160;&#160;&#160;Toujours


&#160;&#160;&#160;Tom Waits ne chantait pas Christmas card from a hooker in Minneapolis, n&rsquo;emp&ecirc;che qu&rsquo;il avait dans la t&ecirc;te cette musique-l&agrave;, ent&ecirc;tante, tentante, d&eacute;sireuse&hellip;


&#160;&#160;&#160;Plus tard, ils avaient navigu&eacute; ensemble, d&rsquo;une station &agrave; la suivante.


&#160;&#160;&#160;Plus tard il pensait, assis &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;elle dans un wagon de m&eacute;tro, la regardant :


&#160;&#160;&#160;Falgui&egrave;re.


&#160;&#160;&#160;Pasteur


&#160;&#160;&#160;&laquo; Toucher sa peau.   &raquo;


&#160;&#160;&#160;Il aurait bien voulu mais il avait l&rsquo;osement qui se trimballait mal, qui se r&eacute;servait c&ocirc;t&eacute; des envies muettes, genre : bouge-pas-parce-que-sinon-tu-vas-t&rsquo;en-prendre-plein-la-gueule-comme-d&rsquo;hab.


&#160;&#160;&#160;Volontaires


&#160;&#160;&#160;Vaugirard


&#160;&#160;&#160;Convention


&#160;&#160;&#160;Il n&rsquo;avait rien trouv&eacute; d&rsquo;autre &agrave; dire, alors, d&eacute;signant ses pompes &agrave; elle, puis les siennes, il avait dit :


&#160;&#160;&#160;&laquo; On a le m&ecirc;me chausseur.  &nbsp;&raquo;


&#160;&#160;&#160;Ce qui, &agrave; la r&eacute;flexion, &eacute;tait tout &agrave; fait con.


&#160;&#160;&#160;Portes de Versailles


&#160;&#160;&#160;Corentin Celton


&#160;&#160;&#160;Tom Waits ne chantait pas Christmas card from a hooker in Minneapolis, parce que Tom Waits ne chantait pas, parce que toujours Tom waits se trouvait de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la terre &agrave; s&rsquo;en griller une ou &agrave; faire la f&ecirc;te avec ses potes ou tout autre chose qui lui plaisait.


&#160;&#160;&#160;Elle lui plaisait.


&#160;&#160;&#160;Pas d&rsquo;une fa&ccedil;on qui fasse qu&rsquo;il lui propose une chambre d&rsquo;h&ocirc;tel l&agrave; et maintenant.


&#160;&#160;&#160;Pas de cette fa&ccedil;on l&agrave;.


&#160;&#160;&#160;Plus que &ccedil;a.


&#160;&#160;&#160;Rentrant chez lui, marchant, il avait fourr&eacute; ses mains dans ses poches, refermant ses poings sur son manque &agrave; dire et il s&rsquo;&eacute;tait promis d&rsquo;&eacute;crire cet espace tranche de vie comme on parle des bels gens.   De ceux, si plein de gr&acirc;ce, qu&rsquo;on a envie de leur toucher la peau, juste comme &ccedil;a, juste pour s&rsquo;en inspirer un peu et respirer davantage.


&#160;&#160;&#160;Les belles personnes&hellip;</p>]]></content:encoded></item><item><title>Variation autour de Christmas card from&#x2026;(2)</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2009-01-13T12:47:52+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2009#unique-entry-id-138</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2009#unique-entry-id-138</guid><content:encoded><![CDATA[Variation autour de Christmas card from&hellip;(2)


13janv.2009-08:21 PM


   Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis.


   Elle ramassa son chapeau cloche multicolore, se le posa sur la t&ecirc;te, l&rsquo;ajusta, enfila ses gants avec lenteur, jeta un dernier coup d&rsquo;oeil par l&agrave;-bas : c&ocirc;t&eacute; lit o&ugrave; un corps jet&eacute; en travers s&rsquo;&eacute;talait de sommeil.


   Elle se mira une derni&egrave;re fois dans le miroir de l&rsquo;entr&eacute;e.


   Elle se trouva jolie, mais pas tant que &ccedil;a.


   Non, pas tant que &ccedil;a.


   Elle attrapa sa valise d&rsquo;une main d&eacute;cid&eacute;e, pensa : fou ce que &ccedil;a p&egrave;se pas lourd une vie.


   Pas lourd du tout m&ecirc;me&hellip;


   Elle lui avait fait l&rsquo;amour hier soir.


   Comme on dit &laquo; Au revoir &raquo;


***


   Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis et il en avait plein les oreilles.   Pas assez fallait croire parce qu&rsquo;il poussa le volume de l&rsquo;Ipod au maxi en entrant dans le wagon.


   Station Solferino.


   Il y trouva une place, s&rsquo;assit.


   V&eacute;rifia du pouce si plus fort &ccedil;a existait.


   Mais non.


   Faut dire que d&eacute;barquait Whistlin' past the graveyard.


   Tom Waits toujours.


   Chanson suivante.


***


   Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis,


   Elle h&eacute;sitait sur le chemin &agrave; prendre, ou plut&ocirc;t elle h&eacute;sitait sur le transport : m&eacute;tro ?   taxi ?


   Question d&rsquo;&eacute;conomie, disons m&eacute;tro alors.


   Elle s&rsquo;y engouffra sans plus se poser de question : escalier, ticket compost&eacute;, escalier, wagon.


   Station Solferino.


***


   Tom Waits ne chantait plus Christmas card from a hooker in Minneapolis, pas non plus Whistlin' past the graveyard, non, Tom Wait&rsquo;s entamait les premi&egrave;re mesures de Blue Valentime lorsqu&rsquo;il la vit.


   Elle chercha o&ugrave; s'asseoir, ne restait plus que cette place-l&agrave;, juste &agrave; c&ocirc;t&eacute; de lui.


   Visant la valise, il se dit : peut-&ecirc;tre part-elle en voyage ?


   Elle le pria trois stations plus loin de baisser le son de son Ipod.


   Il ne trouva rien d&rsquo;autre &agrave; dire que :


   &mdash; Vous n&rsquo;aimez pas Tom Wait&rsquo;s ?


   Et baissa le son.


   Elle ne trouva rien d&rsquo;autre &agrave; r&eacute;pondre que :


   &mdash; Mon ex adorait Tom Waits


   Elle lui plaisait, sauf qu&rsquo;il ne formula pas cette pens&eacute;e vu qu&rsquo;il en &eacute;tait toujours &agrave; se demander pour quelle raison au juste il s&rsquo;&eacute;tait fait planter le matin m&ecirc;me sans un mot d&rsquo;explication, rien.   Il avait tourn&eacute; un moment dans l&rsquo;appartement, avait fouill&eacute; des tiroirs vides de lingerie, des armoires tout aussi vides de fringues, rien.   Il avait tourn&eacute;, pens&eacute; &agrave; quantit&eacute; de choses, puis &eacute;tait venu l&rsquo;heure d&rsquo;aller au travail&hellip;


   Il lui plaisait, sauf que Tom Waits, c&rsquo;&eacute;tait peut-&ecirc;tre un peu trot t&ocirc;t pour en reparler.


***


   Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis, lorsqu&rsquo;elle &eacute;tait descendue du wagon : il avait remis l&rsquo;album au d&eacute;but.


   Son regard s&rsquo;&eacute;tait attach&eacute; &agrave; sa silhouette jusqu&rsquo;&agrave; ce que la foule la d&eacute;vore.


   Elle et sa petite valise.]]></content:encoded></item><item><title>Variation autour de Christmas card from&#x2026;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2009-01-08T12:45:27+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2009#unique-entry-id-137</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2009#unique-entry-id-137</guid><content:encoded><![CDATA[   Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis, dehors il pleuvait et cette pluie avait &ccedil;a de particulier qu&rsquo;entre ses gouttes on aurait pu y glisser le chagrin des hommes, leur joie et tout le reste.   Une goutte tombait ici, puis une autre bien plus loin sur le trottoir.


   Sinon, il faisait chaud.


   Il tira sur le col de son pull pour s&rsquo;offrir un peu d&rsquo;air, caressa d&rsquo;une main indiff&eacute;rente le moleskine rouge de la banquette.   La toile r&acirc;pait un peu sous ses doigts, il pensa &laquo; Comme la vie &raquo;


   Comme la vie&hellip;


   Sourit.


***


   Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis, dehors, le trottoir encaissait ses pas, les encaissait de ce bruit si particulier que font les talons hauts d&rsquo;une femme press&eacute;e.


   Sinon, il ne pleuvait pas.


   Au coin de la rue, elle s&rsquo;arr&ecirc;ta, patiemment attendit que le feu passe au vert pour les pi&eacute;tons et traversa.


   La croisant, un homme lui sourit.   Elle l&rsquo;ignora.


   Elle fit attention &agrave; ne pas s&rsquo;aventurer, &agrave; ne pas marcher sur les grilles d&rsquo;a&eacute;ration du m&eacute;tro : les talons hauts&hellip;


   Elle entra dans un bar.


   Elle portait des lunettes noires.


   Elle visa une affiche aux tons d&rsquo;urgence, une affiche contre la violence conjugale.


   Haussa les &eacute;paules.


   Commanda un caf&eacute;.


   De jolies lunettes noires qu&rsquo;elle avait chauss&eacute;es ce matin pour dissimuler un coquard.


***


   Tom Waits chantait Christmas card from a hooker in Minneapolis, c&rsquo;&eacute;tait No&euml;l et, moi, ce que j&rsquo;aime Tom Waits lorsqu&rsquo;il fait &ccedil;a.   Je veux dire lorsqu&rsquo;il se met &agrave; me refourguer des images plein la caboche.


   Sinon, il ne neigeait pas.


   Sa voix rocailleuse semblait vouloir, tra&icirc;nante, longer le comptoir, s&rsquo;&eacute;terniser quelque part dans les gestes lents du serveur auquel je demandais de passer la chanson en boucle : &laquo; S&rsquo;il te pla&icirc;t.   &raquo;


   Il acceptait.   De toute mani&egrave;re ce jour l&agrave; il n&rsquo;y avait personne &agrave; servir hormis le type du fond, celui caressant le moleskine de la banquette, et cette fille au regard violac&eacute;.


   Personne que &ccedil;a d&eacute;rangeait.


   &mdash; Au fait, quel temps il fait ?   j&rsquo;ai demand&eacute;.


   &mdash; Mitig&eacute;, il a r&eacute;pondu.


   &mdash; Bien ce que je pensais, j'ai dit.


   &laquo; Bien ce que je pensais &raquo;, j&rsquo;ai r&eacute;p&eacute;t&eacute;.]]></content:encoded></item><item><title>Clara Clara</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2008-12-24T12:43:07+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2008#unique-entry-id-135</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2008#unique-entry-id-135</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;ai pos&eacute; ma main sur la peau m&eacute;tal et douce de la rousse.


J&rsquo;ai murmur&eacute; un &laquo; Je t&rsquo;aime tu sais &raquo;


&laquo; Et depuis tellement longtemps &raquo; j&rsquo;ai ajout&eacute;.


Evidemment, elle s&rsquo;est tue.


Se contentant de me balancer ses courbes en d&eacute;hanch&eacute; :


Deux.


Et ses ombres :


Deux.


Et son poids qui &eacute;crase les m&eacute;ninges et ravage tout ce que l&rsquo;on sait sur l'esth&eacute;tisme et ce paquet de conneries qu&rsquo;on trimballe sur l&rsquo;art.


Qu&rsquo;on trimballe tandis qu&rsquo;elle se fait guillemet sculptural.


C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;hiver et le bleu du ciel s&rsquo;&eacute;tait foutu en suspend continu parce que m&ecirc;me l&rsquo;autre l&agrave; haut sait &ccedil;a : s&rsquo;effacer, s&rsquo;azurer devant plus divin que soi.


Clara Clara.
]]></content:encoded></item><item><title>Y avait des fleurs</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2008-12-17T09:39:06+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2008#unique-entry-id-134</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2008#unique-entry-id-134</guid><content:encoded><![CDATA[Y avait des fleurs dans la pi&egrave;ce, de chouettes fleurs roses et rouges.


Y  avait des fleurs.


Pour ce qui est du vase, j&rsquo;ai beau fouiller mes souvenirs, aucune trace, oualou.


Y avait des fleurs dans la pi&egrave;ce, elles &eacute;taient pos&eacute;e sur une table et s&rsquo;amusaient de nous, flattant nos narines de fragrances printani&egrave;res. 


Et tu riais, de moi et du printemps.   Gentiment.


Mais peut-&ecirc;tre n&rsquo;y avait il aucun vase, peut-&ecirc;tre &eacute;tait-ce un simple verre avec dedans un peu d&rsquo;eau dans laquelle tu les avais plant&eacute;, une chope ou que sais-je encore&hellip;


La fen&ecirc;tre &eacute;tait ouverte, de &ccedil;a je me souviens bien.   Comme je me souviens de cette courbe d&eacute;gringolante de ton cul &agrave; tes hanches.


Courbe parfaite.


Y avait des fleurs dans la pi&egrave;ce, mais de la pi&egrave;ce je ne me souviens plus.


Ni de la couleur du papier peint.


Encore moins de la configuration de l&rsquo;appartement.


Ni de rien d&rsquo;autre si ce n&rsquo;est que la douche &eacute;tait trop petite pour deux, qu&rsquo;il &eacute;tait plus simple de s&rsquo;encastrer pour y entrer.


Et si j&rsquo;y pense un peu plus avant, je me demande si m&ecirc;me, il y avait une table.?


Du papier peint ?


Pour les fleurs, &ccedil;a non, je suis certain, je les avais achet&eacute; &agrave; la fleuriste du cimeti&egrave;re 


Elle avait demand&eacute; : &laquo;&nbsp; C&rsquo;est pour quelle genre de c&eacute;r&eacute;monie ?  &nbsp;&raquo;


J&rsquo;avais r&eacute;pondu : &laquo;&nbsp; Une du genre vivante et debout, style jolie fille, tr&egrave;s !  &nbsp;&raquo;


Elle avait soudain repris le sourire, me disant que &ccedil;a lui faisait plaisir de pas adopter une mine de circonstance et que question circonstance elle s&rsquo;y entendait.   Est-ce que je comprenais ?


&mdash; Je crois que oui.


&mdash; Tant mieux, parce que c&rsquo;est pas dr&ocirc;le tous les jours de travailler le dimanche avec des gens qui, fleurs dans les bras, cherchent leur prochaine demeure.


&mdash; Pardon ?


&mdash; Regarder ceux-l&agrave;, elle a dit en me montrant d&rsquo;un bout de tige un couple concass&eacute; de vieillesse entrant dans le cimeti&egrave;re.


&mdash; Eux ?


&mdash; Oui, eux !


&mdash; Et alors ?


&mdash; Et alors si vous pensez un instant qu&rsquo;ils sont l&agrave; pour visiter les d&eacute;funts, vous vous trompez et pas qu&rsquo;un peu, ils sont juste-l&agrave; pour se rassurer.   La prochaine piaule sera-t-elle confortable ?   Maintiendrais-je mon image de marque si toutefois je choisi tel mausol&eacute;e ?


&mdash; Vous croyez ?


&mdash; Non, j&rsquo;en suis s&ucirc;re !


Si je me souviens pas du papier peint je me souviens que la fleuriste avait un sourire presque aussi joli que le tien.


&mdash; Je vous glisse une amaryllis dans le bouquet, un peu de blanc, c&rsquo;est bien.


Je l&rsquo;avais remerci&eacute; et j&lsquo;avais foutu le camp parce que ces yeux me priaient de leur offrir un verre et promettaient d&rsquo;autres choses&hellip;


J&rsquo;avais pas envie d&rsquo;autres choses, juste de toi.


Y avait des fleurs dans la pi&egrave;ce, de chouettes fleurs roses et rouges et en leur centre une fleur blanche.


Sinon je ne me souviens plus de rien.


Si ce n&rsquo;est de la fen&ecirc;tre ouverte.


Mais toujours pas du papier peint.


Ni de la table.


Mais peut-&ecirc;tre vivions nous fen&ecirc;tre ouverte sur le dehors du printemps, et dedans rien, si ce n&rsquo;&eacute;tait nous, et le bouquet des sentiments&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Je dis</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2008-07-29T22:19:57+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jul-2008#unique-entry-id-133</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jul-2008#unique-entry-id-133</guid><content:encoded><![CDATA[je dis, mais ne dis jamais rien.


Je raconte, mais ne raconte jamais rien.


Au bout du compte, ce qu'ils retiennent c'est l'important : pas grand chose.


Ils ne nous ressemblent pas, n'aiment pas ce que nous aimions, ne connaissent rien de l'histoire de l'art.   Pour eux la "Renaissance" est une &eacute;poque, &eacute;vid&eacute;e de tout, un titre voil&agrave; tout.


Je me souviens de rien


Si ce n'est que non.


J'&eacute;tais pas comme &ccedil;a


&Agrave; leur &acirc;ge.


je me souviens d'un banc. je me souviens d'un moment.   Je me souvient face &agrave; ce banc, accroch&eacute; au mur, pendu &agrave; une cimaise : un Bacon.


Je me souviens y &ecirc;tre rest&eacute; longtemps.


Je me souviens, plus loin : un Basquiat


C'&eacute;tait au sable d'Olonnes


je me souviens de ces baffes-l&agrave;. encore plus loin, &ecirc;tre rest&eacute; devant la source "Guernica", avoir ador&eacute; &ccedil;a.


Je me souviens ce midi avoir d&eacute;jeun&eacute; avec un s&eacute;miologue de renom, il a dit :


Je me souviens d'une chose :


Une g&eacute;n&eacute;ration de savoir


Une g&eacute;n&eacute;ration &agrave; refouler


Une g&eacute;n&eacute;ration &agrave; produire.


Il en a &eacute;t&eacute; toujours ainsi, depuis que le monde est monde.


C'est cyclique.


J'ai compt&eacute; sur mes doigts.


En effet.


Je me souviens de n'avoir pas aim&eacute; les sch&eacute;mas.


Je me souviens de toi


D' Alechinsky aussi


De Pages


De Rubens ou la chair des anges


T'&eacute;tais pas d'accord


Je me souviens aimer les intellectuels pour ce qu'ils sont


&Ecirc;tres profond&eacute;ment inutiles.


Un peu comme l'art.


Beaucoup comme l'art.


Les &eacute;rudits, n'en parlons pas.


J'en fais partie.


Je me souviens de n'avoir pas envie de baisser les bras.


Je me souviens &ecirc;tre fatigu&eacute;


Tant de m&eacute;moire me p&egrave;se


Je me souviens


Enseigner pour rien


&Ccedil;a je m'en souviens bien]]></content:encoded></item><item><title>J&#x27;&#xe9;cume</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2008-07-25T21:27:38+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jul-2008#unique-entry-id-132</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jul-2008#unique-entry-id-132</guid><content:encoded><![CDATA[&laquo; Moi &ccedil;a me d&eacute;becte toutes ces conneries &raquo;, j'ai dit.


Elle tanguait un peu, je tanguais beaucoup, la mer tanguait pour deux.


Au loin, le soleil s'&eacute;paississait au point de n'&ecirc;tre qu'aveuglement pos&eacute; sur ligne d'horizon bleut&eacute;e.


Plus pr&egrave;s de nous, le barman faisait son boulot.


Remplissait verre sur verre.


Il les poussa vers nous.


Je croisais son regard, en profitais pour recommander la m&ecirc;me chose : faut battre le zinc quand il est chaud.


&laquo; Je sais plus de quelles conneries tu parles, mais sans doute que &ccedil;a me d&eacute;becte aussi &raquo; elle a r&eacute;pondu.   Et l&agrave; dessus elle a &eacute;t&eacute; se jeter &agrave; l'eau.


Entendez par l&agrave; qu'elle a titub&eacute; jusqu'&agrave; la balustrade, qu'elle l'a enjamb&eacute;e, qu'elle a prononc&eacute; quelques mots que le vent &agrave; emport&eacute;s : des mots importants s&ucirc;rement, puis elle s'est laiss&eacute;e tomber.


Y'avait bien trente m&egrave;tres de la balustrade &agrave; la flotte.


Plouf lointain, trace l&eacute;g&egrave;re de robe fleurie en interstice &agrave; l'&eacute;cume, un instant seulement, et puis plus rien.


On a pas dit un mot.


Ni le barman ni moi.


Rien.


Depuis, je reviens ici chaque jour &agrave; la m&ecirc;me heure.


On ne parle jamais de &ccedil;a.


Jamais.


Quelquefois, on observe la balustrade du m&ecirc;me regard, puis, comme au sortir d'un r&ecirc;ve on secoue la t&ecirc;te pour en virer le trop plein de souvenir et l'on trinque en silence.


Au silence peut-&ecirc;tre&hellip;


Et toujours la mer s'en va et vient, coule son &eacute;cume sur les rochers, la plage, le reste, comme &ccedil;a lui pla&icirc;t &agrave; la mer d'aller et venir, comme &ccedil;a lui pla&icirc;t de n'avoir qu'une m&eacute;moire imm&eacute;diate.


&mdash; Elle en a de la chance, la mer !


&mdash; &Ccedil;a tu peux le dire, il r&eacute;pond.   &Ccedil;a tu peux le dire, il r&eacute;p&egrave;te.]]></content:encoded></item><item><title>C&#x27;est-&#xe0;-dire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2008-01-11T22:49:24+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2008#unique-entry-id-131</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2008#unique-entry-id-131</guid><content:encoded><![CDATA[Chaque bout du monde r&ecirc;v&eacute;


Comme chaque bouteille que l&rsquo;on finit


C&rsquo;est toujours un bout de toi qui s&rsquo;enfuit


Un bout de moi aussi


Et toutes ces choses que jamais on ne dit.


Que jamais on se dit&hellip;


Et le silence qui s'installe


Comme un go&ucirc;t de solitude &agrave; rebours
]]></content:encoded></item><item><title>Pause</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2008-01-06T22:21:50+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2008#unique-entry-id-130</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2008#unique-entry-id-130</guid><content:encoded><![CDATA[Bonne ann&eacute;e toutes et tous


Et, comme vous l&rsquo;aurez compris : suspension de ce blog pour une dur&eacute;e ind&eacute;termin&eacute;e&hellip;
]]></content:encoded></item><item><title>Enfoir&#xe9;s de privil&#xe9;gi&#xe9;s</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-11-17T15:04:31+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2007#unique-entry-id-129</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2007#unique-entry-id-129</guid><content:encoded><![CDATA[Adonc, il vous aura sans doute &eacute;chapp&eacute; cette semaine de gr&egrave;ve, puisque dans l&rsquo;ensemble ni les journaux, ni les cha&icirc;nes t&eacute;l&eacute; n&rsquo;en causent, quelques petits d&eacute;tails dans notre actualit&eacute;.   Figurez-vous que, tandis que nombre de voyageurs patientent sur le quai des gares, ceux du m&eacute;tro parigot, tandis que quasi tous se sentent pris en otages par des privil&eacute;gi&eacute;s &mdash; ces ordures qui devraient cotiser 40 ans comme tout le monde alors que leur esp&eacute;rance de vie est de sept ans inf&eacute;rieure au lambda&nbsp;: vous, moi.   Il vous aura sans doute &eacute;chapp&eacute; disais-je, que si le gouvernement cherche &agrave; abolir les privil&egrave;ges, il ne touche pas &agrave; certaines castes, pas les militaires, pas les &eacute;lus&hellip; Ben non.   Mais trop facile, trop rentre-dedans et trop c&rsquo;est trop, alors causons plut&ocirc;t du fils Tapie qui, parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas pay&eacute; son loyer depuis des mois, qui parce que l&rsquo;arri&eacute;r&eacute; s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 88 853 &euro; se fait mettre dehors, expuls&eacute;, par d&eacute;cision du pr&eacute;fet des Hauts-de-Seine d&eacute;but octobre de son 220 m&egrave;tres carr&eacute;s.   &Ccedil;a sentait bon la justice, d&rsquo;un seul coup on se plaisait &agrave; r&ecirc;ver de la m&ecirc;me pour chacun, mais, fin du r&ecirc;ve&nbsp;: Claude Gu&eacute;ant intervient et, paf, la dette est r&eacute;vis&eacute;e &agrave; la baisse et le fils prodigue continuera de cr&eacute;cher &agrave; Neuilly dans son loft, avec remboursement de sa dette &eacute;chelonn&eacute;e sur six mois.   Loft appartenant &agrave; la Caisse des d&eacute;p&ocirc;ts, ben tiens.   Mais encore trop facile, alors passons l&agrave;-dessus et &eacute;voquons plut&ocirc;t l&rsquo;affaire &laquo;&nbsp;L&rsquo;Arche de Zo&eacute;&nbsp;&raquo;, &eacute;voquons l&rsquo;histoire de cette centaine d&rsquo;enfants promis &agrave; l&rsquo;adoption, enlev&eacute;s &agrave; leur parents, promis &agrave; d&rsquo;autres, mais n&rsquo;extrapolons pas car tout &ccedil;a est malsain, tellement que bien entendu notre gouvernement n&rsquo;&eacute;tait pas au courant, jamais de la vie&nbsp;!   Jamais de la vie, j&rsquo;ai dit.


&mdash; La garde des sceaux fait pas partie du gouvernement&nbsp;?


&mdash; Rachida Dati&nbsp;?


&mdash; Celle-l&agrave; m&ecirc;me&nbsp;!


&mdash; Ben, il me semble bien que si, Raymond.


&mdash; Ben alors&nbsp;?


&mdash; Ben alors quoi&nbsp;?


&mdash; Ben rien, tu serais pas un peu de droite toi&nbsp;?


&mdash; Si &ecirc;tre de droite c&rsquo;est pas supporter les privil&eacute;gi&eacute;s, sans doute.


&mdash; Et la v&eacute;rit&eacute; t&rsquo;en fais quoi&nbsp;?


&mdash; Tu m&rsquo;emmerdes Raymond.   La v&eacute;rit&eacute; c&rsquo;est que les privil&eacute;gi&eacute;s de gr&eacute;vistes m&rsquo;emp&ecirc;chent de bosser, c&rsquo;est tout ce que je vois moi.


Et laissons l&agrave; cette discussion de comptoir et, tant que nous y sommes, n&rsquo;&eacute;voquons pas non plus le cadeau fiscal fait aux riches, cadeau de 15 milliards &euro;, merde 15 milliards c&rsquo;est pas rien, pendant que les rues de Paris supportent autant de mis&eacute;reux sur grille de m&eacute;tro, parlons pas non plus des premiers morts de froid et surtout, surtout, ne parlons pas du fait que Bercy demande &agrave; EDF une avance de 1 milliard sur les dividendes escompt&eacute;s au titre des r&eacute;sultats 2007, tellement ledit cadeau les fout dans le rouge.   Et ne disons pas que c&rsquo;est une premi&egrave;re, que jamais &ccedil;a ne c&rsquo;est vu une chose pareille, ne disons rien.


Ou disons, faisons comme tout le monde&nbsp;: &laquo;&nbsp;Font chier ces privil&eacute;gi&eacute;s qui m&rsquo;emp&ecirc;chent de bosser&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


&mdash; T&rsquo;as raison Raymond, font chier&nbsp;!   On arrivera jamais &agrave; s&rsquo;en sortir&nbsp;!


&mdash; Ouaip&rsquo;s  !


&mdash; Tu sais ce qui me rend le plus triste Raymond&nbsp;?


&mdash; Vas-y dis.


&mdash; Ben si je travaille pas aujourd&rsquo;hui &agrave; cause de ces enfoir&eacute;s de privil&eacute;gi&eacute;s, je sais pas comment on va faire pour payer l&rsquo;appart du petit de Tapie.


&mdash; Ben oui&nbsp;!]]></content:encoded></item><item><title>R&#xe9;flexions bovines</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-11-07T14:09:23+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2007#unique-entry-id-128</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2007#unique-entry-id-128</guid><content:encoded><![CDATA[172%, et non 140%, c&rsquo;est l&rsquo;augmentation que notre chef d&rsquo;&eacute;tat&nbsp;: ce grand petit homme, s&rsquo;est accord&eacute;. 19000 &euro; et des brouettes, sans payer la bouffe, pas davantage ses d&eacute;placements, ni loyer, ni rien d&rsquo;autre d&rsquo;ailleurs. 19000 euros, oh la coquette somme que voil&agrave;&hellip; Mais ne soyons pas mesquin, c&rsquo;est &eacute;vident, il travaille plus que ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, adonc, &ccedil;a m&eacute;rite bien une petite compensation de&hellip; 172%.


Ce qui me fait penser que le nombre de mes &eacute;l&egrave;ves par classe &agrave; subi, par rapport &agrave; l&rsquo;an pass&eacute;, grosso modo, la m&ecirc;me augmentation.   Pas grave je me suis dit, non, pas grave parce que techniquement, je veux dire que prenant au pied de la lettre les promesses de campagne de notre grand petit homme, je travaille plus &mdash; environ 170% &mdash; et que, donc, s&ucirc;rement que sur ma fiche de paye je vais d&eacute;couvrir, oh surprise, une majoration de salaire proportionnelle aux efforts accomplis.


	J&rsquo;&eacute;tais tout sourire.


	Le monde s&rsquo;offrait &agrave; moi.


	J&rsquo;ai m&ecirc;me fait un d&eacute;tour pour admirer la derni&egrave;re Alpha-Rom&eacute;o.


	Acheter du champagne.


	Des chandelles pour annoncer &agrave; ma belle que &laquo;&nbsp;&Ccedil;a y&rsquo;est !   Bon, d&rsquo;accord c&rsquo;est pas encore le grand luxe mais n&rsquo;emp&ecirc;che que l&rsquo;on peut partir &agrave; Ostende pour les vacances, ailleurs si &ccedil;a nous chante, s&rsquo;acheter un appartement dans le 10&egrave;, pas faire tout ce qui nous passe par la t&ecirc;te, non, mais presque.  &nbsp;&raquo; Imaginez&hellip;


	&mdash; 170% tu te rends compte&hellip; on peut m&ecirc;me projeter de faire des gosses&nbsp;: un, pour commencer.


	Moi, d&rsquo;un coup, je me mettais &agrave; croire aux politiques, je me disais&nbsp;: &laquo;&nbsp;C&rsquo;est pas possible qu&rsquo;il fasse un geste pour lui sans en faire pour nous, non, parce que sinon, avec 7 millions de personnes &agrave; la rue et encore beaucoup plus de smicards qui peinent &agrave; vivre ou si peu, sans parler des autres&nbsp;: tous les autres qui arrivent pas &agrave; joindre les deux bouts, il va foutre la France &agrave; feu et &agrave; sang.   Les gens vont se bouger, d&eacute;bouler dans les commissariats, incendier le S&eacute;nat, L&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale, L&rsquo;&Egrave;lys&eacute;e, que sais-je encore&hellip;


	J&rsquo;y croyais &agrave; mort.


	Ouvrant l&rsquo;enveloppe qui contenait ma fiche de paye, d&eacute;pliant ladite fiche de paye, et tombant de haut, puis un peu plus tard jetant un &oelig;il par la fen&ecirc;tre et r&eacute;alisant que nul ne tra&icirc;nait dans la rue pour fondre sur L&rsquo;&Egrave;lys&eacute;e et r&eacute;clamer leur due, j&rsquo;ai repens&eacute; &agrave; la phrase de De Gaulle&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les Fran&ccedil;ais sont des veaux&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


	J&rsquo;ai failli mailer &ccedil;a &agrave; notre grand petit homme, mais je me suis ravis&eacute;, sans doute qu&rsquo;il &eacute;tait au courant depuis longtemps, lui.


	172% merde, pendant qu&rsquo;on en chie&nbsp;!


	Pardon, pendant qu&rsquo;on bouse.]]></content:encoded></item><item><title>Histoires d&#x27;eau</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-10-20T11:21:32+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2007#unique-entry-id-127</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2007#unique-entry-id-127</guid><content:encoded><![CDATA[Il y en a qui se retrouvent sur la plage&nbsp;: chabadabada chabadabada&hellip; et d&rsquo;autres qui divorcent sur la gr&egrave;ve.]]></content:encoded></item><item><title>Des images</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-10-17T07:55:02+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2007#unique-entry-id-124</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2007#unique-entry-id-124</guid><content:encoded><![CDATA[Des images


Un &eacute;cran


Une fille


Qui d&eacute;file


24 images


Seconde


24 images


Comme 24 id&eacute;es


Toutes diff&eacute;rentes


Et qui vont


De l&rsquo;amour`


Au jour le jour


Il en reste 22


22 images pour une passion


Voyons&nbsp;:


Envie


D&eacute;sir


Toucher


Saisir


Prendre


S&rsquo;attarder


Osciller


Basculer


Plaisir


S&rsquo;alanguir


Dormir


Recommencer


Se lever


Manquer de l&rsquo;autre


Toute la journ&eacute;e


Le retrouver


D&icirc;ner


Pas finir son dessert


Recommencer


Dormir


Puis dire&nbsp;:


&laquo;&nbsp;Bonjour mon Amour&nbsp;&raquo;


24 images


Seconde


Comme au cin&eacute;


R&ecirc;ver


24 comme


Des seins


Anim&eacute;s


Soulev&eacute;s par un rire


Qui chavire


Et y poser sa t&ecirc;te


Une &eacute;ternit&eacute;


Voire deux]]></content:encoded></item><item><title>Les ours verts ou les poches de la nudit&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-10-11T16:22:24+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2007#unique-entry-id-123</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2007#unique-entry-id-123</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;avais un exercice litt&eacute;raire avec contraintes &agrave; &eacute;crire, et pas une id&eacute;e ne me tra&icirc;nait sous caboche.


On avait pas un sou en poche, mais &ccedil;a c&rsquo;&eacute;tait une autre histoire et pas de quoi en faire une d&rsquo;histoire, pr&eacute;cis&eacute;ment. 


J&rsquo;&eacute;tais en retard.


Les contraintes &eacute;taient&nbsp;: glissez dans le texte quatre alexandrins avec c&eacute;sure &agrave; l&rsquo;h&eacute;mistiche.   Et puis aussi&nbsp;: il doit y avoir un igloo dans votre histoire.   Et, par dessus le march&eacute;, l&rsquo;un des protagoniste de votre histoire doit dire&nbsp;: &laquo;&nbsp;La violence de la r&eacute;ponse n'est que la r&eacute;ponse de la violence&nbsp;&raquo;


&Agrave; propos des alexandrins avec c&eacute;sure &agrave; l&rsquo;h&eacute;mistiche j&rsquo;avais trouv&eacute; &ccedil;a sur le net&nbsp;:


Observez l&rsquo;h&eacute;mistiche, et redoutez l&rsquo;ennui


Qu&rsquo;un repos uniforme attache aupr&egrave;s de lui.


Que votre phrase heureuse, et clairement rendue,


Soit tant&ocirc;t termin&eacute;e, et tant&ocirc;t suspendue.


Pile poil le genre de po&eacute;sie que j&rsquo;insupportais.   &Ccedil;a m&rsquo;aidait pas des masses.


&Agrave; propos de la phrase pseudo-philosophiquo-pratique d&eacute;s lors qu&rsquo;on avait l&rsquo;envie de buter son prochain pour n&rsquo;importe quelle raison, j&rsquo;avais trouv&eacute; &ccedil;a con.


&Agrave; propos des igloos j&rsquo;avais trouv&eacute; :


Habitation de blocs de glace, que se construisent les Inuits.


J&rsquo;&eacute;tais pas plus avanc&eacute;.


Mais, surfant un peu plus en web banquise j&rsquo;avais d&eacute;couvert des ours verts.   Des ours verts, mais polaires s&rsquo;il vous plait.


J&rsquo;avais dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;&Eacute;h, tu le savais toi que &ccedil;a existait les ours polaires verts&nbsp;?

...Elle n&rsquo;avait rien r&eacute;pondu, toute pench&eacute;e sur le portable qu&rsquo;elle &eacute;tait, toute inspir&eacute;e, toute concentr&eacute;e &agrave; finir son exercice &agrave; elle.


&mdash; Des ours verts polaires, merde alors&nbsp;!   J&rsquo;avais ajout&eacute; avant qu&rsquo;elle dise &laquo;&nbsp;Chutttt, j&rsquo;&eacute;cris&nbsp;!

...Ouais, ben moi j&rsquo;&eacute;crivais pas, je marnais en panne d&rsquo;inspiration, lui en voulais un peu qu&rsquo;elle me double.


J&rsquo;aurais pu la raconter elle, j&rsquo;aurais pu dire &agrave; quel point elle me faisait craquer, et comment j&rsquo;adorais lorsque entre ses l&egrave;vres elle prenait une m&egrave;che de ses cheveux, ou raconter ses yeux bleus.   Ses yeux bleues.   Et si je les mets au f&eacute;minin c&rsquo;est juste que y&rsquo;a pas plus f&eacute;minin que ces yeux-l&agrave;.   J&rsquo;aurais pu mais, j&rsquo;avais un exercice &agrave; faire, avec quantit&eacute; de contraintes &agrave; la con et pas une once d&rsquo;inspiration.


Un instant j&rsquo;ai pens&eacute; au type qui m&rsquo;avait refil&eacute; lesdites contraintes, un instant j&rsquo;ai essay&eacute; de me mettre &agrave; sa place, mais comme j&rsquo;ai pas le vice dans la peau, j&rsquo;ai pas trop tra&icirc;n&eacute; dans la sienne.


Alors j&rsquo;ai plus pens&eacute; &agrave; rien, &agrave; rien d&rsquo;autre qu&rsquo;&agrave; ses yeux bleues et j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; nous pr&eacute;parer deux salades compos&eacute;es.


Des ours verts&hellip;


Un peu plus tard elle est venu se plaquer dans mon dos, m&rsquo;a d&eacute;pos&eacute; dans le cou un baiser, a dit &laquo;&nbsp;Je t&rsquo;aime, tu sais.  &nbsp;&raquo; puis, tandis que je me retournais pour la prendre dans mes bras, tandis que je plongeais mon regard dans le sien, elle a ajout&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les ours verts &ccedil;a existe pas&nbsp;&raquo;


J&rsquo;ai souri parce que les ours verts polaires et sur banquise, &ccedil;a existe.   Je lui ai racont&eacute; le comment du pourquoi&nbsp;: &agrave; savoir que depuis le r&eacute;chauffement de la plan&egrave;te, les poils des ours se vident telles des plumes, que c&rsquo;est ainsi, et que, comme la nature &agrave; horreur du vide, elle y niche des micro-organismes en forme d&rsquo;algue, des algues fluorescentes et vertes.


&mdash; Des ours verts &agrave; plumes&nbsp;?


&mdash; Oui, d&rsquo;ailleurs je crois bien que dans tes yeux bleues mon amour, y&rsquo;en a plein des ours verts &agrave; plumes.


On avait pas un rond en poche.


Je manquais d&rsquo;inspiration.


On avait pas un rond en poche.


Elle a dit &laquo;&nbsp;bof&nbsp;&raquo; en lisant ceci, a rajout&eacute; &laquo;&nbsp;Le coup du manque d&rsquo;inspiration c&rsquo;est pas un peu surfait&nbsp;?

...J&rsquo;ai pens&eacute; &laquo;&nbsp;Si surfait mon amour, que &ccedil;a m&rsquo;arrive plus souvent qu&rsquo;&agrave; mon tour&nbsp;&raquo;.


On avait pas un rond en poche.


N&rsquo;emp&ecirc;che que dans ses yeux, volaient quelques ours verts, un peu comme si tous les anges poilus et polaires du firmament s&rsquo;&eacute;taient donn&eacute;s rendez-vous l&agrave;, qu&rsquo;ils se satellisaient autour d&rsquo;une pupille d&rsquo;envie et de quelques nuages passagers vu que&nbsp;:


On avait plus un rond en poche


...On a essay&eacute; le canap&eacute;


Et puis&nbsp;:


Pour &ccedil;a on s&rsquo;est d&eacute;nud&eacute;s


Et c&rsquo;&eacute;tait tellement bon, tellement &ccedil;a, qu&rsquo;apr&egrave;s j&rsquo;en ai conclu que le mieux avec les poches, c&rsquo;&eacute;tait de pas en avoir du tout.   &Agrave; moins, bien s&ucirc;r, d&rsquo;y ranger des anges polaires &agrave; plumes, des ours verts, et toutes ces choses qui font qu&rsquo;on r&ecirc;ve de trop pour &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;heure d&rsquo;un exercice litt&eacute;raire&hellip;
]]></content:encoded></item><item><title>Pens&#xe9;es d&#x2019;un mercredi 26 septembre 2007.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-09-26T12:37:20+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-122</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-122</guid><content:encoded><![CDATA[La v&eacute;rit&eacute; prenait une gueule de mensonge, ou l&rsquo;inverse, tellement, que je me demandais si je n&rsquo;&eacute;tais pas n&eacute; auteur, comme d&rsquo;autres naissent menteurs&nbsp;?


***


&mdash; Tu vas o&ugrave; ?   j&rsquo;ai demand&eacute;.


&mdash; Me refaire une beaut&eacute;, il a r&eacute;pondu.


Vrai, qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie la fille accroch&eacute;e &agrave; son bras.


***


Je lui racontais des salades


Elle s&rsquo;effeuillait de temps en temps


&Ccedil;a n&rsquo;a pas dur&eacute; comme la Romaine, nous deux


***


Jimmy &eacute;tait l&rsquo;un de ces types qui aimait se faire remarquer.   Jimmy avait un look d&eacute;class&eacute;&nbsp;: chemise baill&eacute;e ; jean d&eacute;lav&eacute;.   Jimmy se trimballait dans une Porsche h&eacute;rit&eacute;e.   Jimmy n&rsquo;aimait rien d&rsquo;autre si ce n&rsquo;&eacute;tait lui-m&ecirc;me.   Jimmy mourut un 11 septembre 2001 d&rsquo;un accident de voiture, finit sa vie dans un parterre de lavande quelque part dans le Sud de la France.


Jimmy eut pour oraison fun&egrave;bre le chant des criquets.


Jimmy aimait se faire remarquer, mais les cam&eacute;ras du monde entier, ce jour-l&agrave;, rivaient leurs objectifs bien au del&agrave; d&rsquo;un parterre de lavande et d&rsquo;une arm&eacute;e de criquets bien embarrass&eacute;s d&rsquo;un mort et d&rsquo;une carcasse fumante,  pile sur leur parterre de lavande.


L&rsquo;un des criquets se nommait Jimmy


Depuis, l&rsquo;herbe pousse chaque fois que Jimmy Criquet raconte cette histoire.


Allez savoir&hellip;


***


Elle tapinait derri&egrave;re la vitrine de l&rsquo;une des rues sombres d&rsquo;un port Allemand, entre-nous, on l&rsquo;appelait topinambour.


***


Y&rsquo;a deux fa&ccedil;ons d&rsquo;&ecirc;tre en vie, la premi&egrave;re chacun la conna&icirc;t, c&rsquo;est juste apr&egrave;s l&rsquo;amour&nbsp;: allumer une cigarette en regardant vaguement alentours, encore groggy, encore un petit peu en dehors de la vie, et souffler, exhaler les volutes le plaisir consomm&eacute;.


La seconde, c&rsquo;est se lire, lire ses mots mis en papier, mis sous presse avec couverture qui se la p&egrave;te en couleurs, et respirer &agrave; pleines narines le c&oelig;ur du livre, le c&oelig;ur des encres, se relire, se dire&nbsp;: &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai &eacute;crit &ccedil;a moi&nbsp;?  &nbsp;&raquo; Et oublier dans le parfum des pages qu&rsquo;il aura fallu tellement de jours pour &ccedil;a, tellement de temps, de patience et de travail, Puis refermer le livre, le ranger dans sa biblioth&egrave;que et r&eacute;aliser qu&rsquo;entre un Richard Brautigan et un Jonh Fante, on existe, enfin.   Et, pire, qu&rsquo;on existe peut-&ecirc;tre pour toujours.
]]></content:encoded></item><item><title>Un peu de publicit&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-09-22T08:46:35+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-121</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-121</guid><content:encoded><![CDATA[Vous trouverez dans le N&deg;3 du Canard en Plastic, &mdash; revue litt&eacute;raire s&rsquo;il en est &mdash;  deux nouvelles de mon cru ainsi qu&rsquo;une pr&eacute;sentation de l&rsquo;auteur par l&rsquo;auteur.   Et d&rsquo;autres nouvelles, d&rsquo;autres auteurs, bien s&ucirc;r.   Et plein de dessins dans les pages&hellip; Et tout ceci pour la modique somme de 12&euro;


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Et si je veux en savoir plus sur ledit Canard en Plastic avant de d&eacute;penser mes sous ?


C'est par l&agrave;]]></content:encoded></item><item><title>Deux trois mots</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-09-18T19:13:05+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-120</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-120</guid><content:encoded><![CDATA[&mdash; Tu vas o&ugrave; ?   j&rsquo;ai demand&eacute;.


&mdash; Me refaire une beaut&eacute;, il a r&eacute;pondu.


Vrai, qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie la fille accroch&eacute;e &agrave; son bras.
]]></content:encoded></item><item><title>Grandeur et des cadences</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-09-01T07:23:57+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-119</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/sep-2007#unique-entry-id-119</guid><content:encoded><![CDATA[On s&rsquo;ennuyait tels deux navires &eacute;chou&eacute;s sur la plage zingu&eacute;e d&rsquo;un troquet de banlieue.


Rien ne nous faisait rire et rien ne nous int&eacute;ressait, pas m&ecirc;me reboire un verre. 

...Le ciel aussi s&rsquo;ennuyait, mais lui chialait, ce qui fait qu&rsquo;il s&rsquo;occupait un peu quand m&ecirc;me.   Limite si on l&rsquo;enviait pas, lui et ses larmes d&rsquo;occupation.


On avait compt&eacute; toutes les jolies filles du quartier, y&rsquo;en avait quatre-vingt dix neuf.   Peut-&ecirc;tre cent, mais de la centi&egrave;me on n&rsquo;&eacute;tait pas certain.   Ni Momo ni moi, on pouvait garantir qu&rsquo;elle &eacute;tait vraiment du coin. 


On avait grandi ici, alors forc&eacute;ment on savait de quoi on causait question jolies filles en r&eacute;sidence.   Adonc, ce quartier on le connaissait depuis toujours, contrairement &agrave; l&rsquo;autre loufiat, fra&icirc;chement d&eacute;barqu&eacute; dont on ne savait trop o&ugrave;, et qui affirmait l&rsquo;avoir d&eacute;j&agrave; crois&eacute;e, la centi&egrave;me.


...Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il en savait lui&nbsp;?


Momo et moi, on avait grandi ici, je vous l&rsquo;ai dit, mais on avait grandi assis.   Assis sur les bancs de l&rsquo;&eacute;cole pour commencer, puis sur ceux de la rue en alternance avec ceux du commissariat, et plus tard, sur ceux de l&rsquo;ANPE.   C&rsquo;&eacute;tait donc naturellement qu&rsquo;on avait fini notre croissance sur ces chaises-ci.


Faut dire que le troquet &eacute;tait pile en face de l&rsquo;ANPE.


Momo &eacute;tait plus grand que moi, Momo avait grandi assis plus vite.


Et pour l&rsquo;instant, Momo lisait la rubrique &laquo;&nbsp;Offres d&rsquo;emplois&nbsp;&raquo;, centi&egrave;me page d&rsquo;un canard tout sp&eacute;cialement con&ccedil;u pour &ccedil;a.


Cent jours qu&rsquo;on avait pas d&eacute;gott&eacute; un boulot, cent jours qu&rsquo;on avait les poches aussi vides que le cerveau d&rsquo;une pr&eacute;sentatrice de m&eacute;t&eacute;o, cent jours qu&rsquo;on s&rsquo;ennuyait ferme.


...Qu&rsquo;une entreprise ait tout soudainement besoin de deux types sp&eacute;cialis&eacute;s dans la position assise pour tester des fauteuils, des canap&eacute;s, des chaises paill&eacute;es, des tabourets ou toutes autres choses sur lesquelles poser son cul, et qu&rsquo;elle passe une annonce express&eacute;ment pour &ccedil;a&hellip; J&rsquo;y croyais pas.


D&rsquo;autant que m&ecirc;me si la chose c&rsquo;&eacute;tait av&eacute;r&eacute;e genre rubis sur l&rsquo;ongle, que l&rsquo;annonce nous ait appel&eacute; par nos pr&eacute;noms respectifs et nous ait en sus propos&eacute; un salaire mirobolant pour nous asseoir et ne faire que &ccedil;a, on avait pas les moyens de s&rsquo;offrir les tickets de m&eacute;tro pour se rendre jusqu&rsquo;&agrave; son si&egrave;ge.


...&Agrave; Dix-huit piges, dans notre p&eacute;riode ANPE on faisait la m&ecirc;me taille Momo et moi, puis il s&rsquo;est mis &agrave; grandir d&rsquo;un coup, tout assis qu&rsquo;il &eacute;tait.   Je m&rsquo;en souviens comme si c&rsquo;&eacute;tait ce matin&nbsp;: une fille passait dans la rue, derri&egrave;re la vitrine du bistrot elle trimballait sa beaut&eacute; comme &agrave; l&rsquo;&eacute;tal vitr&eacute;. 

...&mdash; C&rsquo;est pas la cinquante-huiti&egrave;me, c&rsquo;est sa petite s&oelig;ur&nbsp;: la vingt-deuxi&egrave;me.


Puis, comme si &ccedil;a lui faisait pas de me faire la le&ccedil;on de quartier, il avait rebaiss&eacute; la t&ecirc;te pour ajouter&nbsp;:


...Tentant toujours de s&rsquo;instruire un peu plus, on apprend.   On apprend d&eacute;j&agrave; certain que nous ne serons jamais davantage que ce que nous avons toujours &eacute;t&eacute;, nus, perdus, seuls, et, comme au premier jour, paum&eacute;s dans la merde et dans les pleurs avec cette vague id&eacute;e de r&eacute;int&eacute;grer le ventre d&rsquo;une femme, n&rsquo;importe laquelle mais pas la m&ecirc;me. 

...&laquo;&nbsp;On apprend la diversit&eacute; de l&rsquo;esp&egrave;ce&nbsp;&raquo; il a r&eacute;p&eacute;t&eacute;.


J&rsquo;osais pas lui faire remarquer, mais j&rsquo;avais bien vu que qu&rsquo;il avait grandi de dix centim&egrave;tres.


...&mdash; Un &laquo;&nbsp;Je t&rsquo;aime&nbsp;&raquo; c&rsquo;est un mensonge &agrave; venir, &eacute;gar&eacute; dans la r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;un pr&eacute;sent, il avait dit alors que je lui demandais rien.


...D&eacute;j&agrave; que des deux, il avait toujours &eacute;t&eacute; le plus baraqu&eacute;.


Je voyais pas bien d&rsquo;o&ugrave; il pouvait sortir ce genre de phrases Momo, parce qu&rsquo;&agrave; part les &laquo;&nbsp;Offres d&rsquo;emploi&nbsp;&raquo; il ne lisait jamais, ni n&rsquo;allait au cin&eacute;ma ni rien d&rsquo;autre.   Sans parler qu&rsquo;en vingt-cinq ans, je ne lui avais jamais connu une relation, en tout cas pas une du genre qui l&rsquo;aurait incit&eacute; &agrave; soudain r&eacute;fl&eacute;chir sur l&rsquo;amour, la vie et toutes ces conneries&hellip;


&mdash; Elle habite deux b&acirc;timents plus loin, avait affirm&eacute; le loufiat en me tirant de ma r&ecirc;verie.


...Mais Momo n&rsquo;entendait rien, semblait, pench&eacute; sur sa page d&rsquo;&laquo;&nbsp;Offres d&rsquo;emploi&nbsp;&raquo;, concentr&eacute; comme un grand tube Nestl&eacute;.


J&rsquo;ai tent&eacute; de faire diversion, parce que je le sentais bien qu&rsquo;il allait recommencer ce con. 

...On est du coin Momo et moi, alors s&rsquo;il y avait une centi&egrave;me dans le quartier, m&ecirc;me le potentiel d&rsquo;une quatre-vingt dix-neuvi&egrave;me et demi, on serait au jus tu penses&nbsp;! 

...&mdash; On habite toujours &agrave; deux b&acirc;timents l&rsquo;un de l&rsquo;autre, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;on partage le m&ecirc;me lit.   Il avait laiss&eacute; tomber dans un r&acirc;le genre trag&eacute;die Hollywoodienne ou tout plein de h&eacute;ros mourraient &agrave; la fin.


Et il s&rsquo;&eacute;tait remis &agrave; pousser d&rsquo;un bon vingt centim&egrave;tres.


...Le loufiat se plaignait un peu comme quoi c&rsquo;&eacute;tait pas les ordres du patron, qu&rsquo;il allait avoir un tas d&rsquo;ennuis parce que c&rsquo;&eacute;tait plus une ardoise qu&rsquo;on avait mais une toiture ch&acirc;telaine, et pas celle d&rsquo;un petit ch&acirc;teau encore.   Mais au vu d&rsquo;un Momo de d&eacute;sormais deux m&egrave;tres quinze, il avait pas cru bon d&rsquo;insister plu avant.


...Je l&rsquo;avais pri&eacute; de ne rien ajouter, de ne surtout rien dire, ni &agrave; propos de la centi&egrave;me ni &agrave; propos de rien d&rsquo;autre, les b&acirc;timents, les filles, la vie connasse, vie qui passe, les lits, tout &ccedil;a, on s&rsquo;en tapait.


...Il avait ajout&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;N&rsquo;emp&ecirc;che qu&rsquo;ils cherchent deux types pour essayer des fauteuils, et bien pay&eacute;s encore.

...Et il m&rsquo;avait tendu le journal ouvert &agrave; la rubrique &laquo;&nbsp;Offres d&rsquo;emploi&nbsp;&raquo; et c&rsquo;&eacute;tait marqu&eacute; en toutes lettres. 

...&mdash; Les miracles sont &agrave; la pens&eacute;e, ce que les mirages sont au d&eacute;sert&nbsp;&raquo;


Et on a plus pu le sortir du troquet vu qu&rsquo;il mesurait dans les deux m&egrave;tres soixante-dix maintenant.


...Je me dis que tant pis, on avait, de toute fa&ccedil;on, pas de quoi s&rsquo;offrir des tickets de m&eacute;tro.


Sinon, c&rsquo;&eacute;tait bien vrai ce que disait le loufiat, vrai de vrai&nbsp;: elle &eacute;tait belle et bien la centi&egrave;me jolie fille du quartier.


Elle passe de temps en temps pour voir Momo, lui dire deux trois mots gentils &agrave; la suite desquels il r&eacute;fl&eacute;chit intens&eacute;ment.


Pour l&rsquo;instant il ne dit rien, mais je sens bien que d&rsquo;ici peu, il va parler, parler tellement bien qu&rsquo;il se pourrait qu&rsquo;on s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve encore et pourquoi pas trinquer avec les touristes d&eacute;jeunant au troisi&egrave;me &eacute;tage de la tour Effel.


Ce qui tombe bien, parce qu&rsquo;on a toujours pas les moyens de s&rsquo;offrir des tickets de m&eacute;tro, Momo et moi, pour aller jusque-l&agrave;.]]></content:encoded></item><item><title>Fellation et train de vie</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-06-08T11:12:21+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jun-2007#unique-entry-id-118</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jun-2007#unique-entry-id-118</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;attrape le journal.   En diagonale me le lis&nbsp;: com&eacute;die du G8, femmes de pr&eacute;sidents en visite botanique &mdash; faut bien occuper les fleurs parce que le trou dans la couche d&rsquo;ozone &ccedil;a leur passe au-dessus des p&eacute;tales, forc&eacute;ment&mdash;, violents orages dans le ciel du Nord-pas-de-Calais, et&nbsp;: une pratique r&eacute;guli&egrave;re de la fellation diminue de 40% le risque de cancer du sein chez la femme.   Je me lis l&rsquo;article, me le relis, si c&rsquo;est scientifique alors&nbsp;:


&mdash; Mademoiselle, je ne vous demanderai pas si vous cr&eacute;chez encore chez vos parents&nbsp;?   Ne vous demanderai pas non plus s&rsquo;ils sont &agrave; vous ses beaux yeux-l&agrave;&nbsp;?   Ni m&ecirc;me si nich&eacute; dans votre d&eacute;collet&eacute; bat un c&oelig;ur pour moi&nbsp;?   Non, parlons pr&eacute;vention sant&eacute; voulez-vous.


Je me ravise et ne dis mot &agrave; ma voisine de banquette&nbsp;: wagon 17.


Pas que j&rsquo;ose pas, il est un &acirc;ge o&ugrave; l&rsquo;on ose tout, m&ecirc;me l&rsquo;ind&eacute;cence.   Seulement voil&agrave;, et si elle acceptait, histoire de d&eacute;roger &agrave; la biens&eacute;ance, rompre avec les r&egrave;gles &eacute;tablies, ou plus simplement qu&rsquo;elle ait tout soudainement envie de se pr&eacute;occuper de sa sant&eacute;, ou pour toutes autres raisons, qu&rsquo;importe.   Et si elle acceptait&hellip;


Et si elle acceptait, je me connais, je serais bien foutu d&rsquo;en tomber raide dingue la minute qui suivrait, celle qui pr&eacute;c&eacute;derait, pendant.   Et au final, elle partirait vers un ailleurs qui n&rsquo;est pas le mien, et probablement, la regardant partir, regardant sa silhouette s&rsquo;&eacute;tioler puis dispara&icirc;tre tout &agrave; fait sur le quai d&rsquo;une gare, j&rsquo;en cr&egrave;verais.   Et contre le mal au c&oelig;ur lorsqu&rsquo;il survient, pas de rem&egrave;de et encore moins de pr&eacute;vention.   Il est m&ecirc;me &agrave; parier qu&rsquo;aucune &eacute;tude s&eacute;rieuse n&rsquo;a &eacute;t&eacute; men&eacute;e sur le sujet. 


&mdash; Tous des branleurs ces scientifiques, dis-je, en d&eacute;laissant mon journal.


Elle l&egrave;ve les yeux du sien, me d&eacute;coche un sourire &agrave; d&eacute;crocher les anges de leur firmament, ajoute que : &laquo;&nbsp; Pas tous, qu&rsquo;il en existe des s&eacute;rieux, d&rsquo;ailleurs, elle en fait partie.  &nbsp;&raquo;


Ah, et elle &eacute;tudie quoi la jolie demoiselle&nbsp;?


&mdash; Les langues oubli&eacute;es.


Bordel, c&rsquo;est bien ma veine.]]></content:encoded></item><item><title>Une glace et les boules qui vont avec</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-06-05T22:23:26+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jun-2007#unique-entry-id-117</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jun-2007#unique-entry-id-117</guid><content:encoded><![CDATA[Je me suis r&eacute;veill&eacute; chang&eacute;.   Je ne saurais vous dire en quoi, mais s&ucirc;r que la m&eacute;tamorphose &eacute;tait consomm&eacute;e parce qu&rsquo;elle s&rsquo;imposa comme une &eacute;vidence au saut du lit.   Je n&rsquo;&eacute;tais plus le m&ecirc;me, et, bien s&ucirc;r, je cherchais &agrave; savoir en quoi.


Je m&rsquo;observais devant la glace un moment, un bon moment, mais nulle modification de mon anatomie ne me parue flagrante.   Cette ride-l&agrave; ?   Non, m&ecirc;me pas !   Ce cheveu blanc ?   Tu parles, je n&rsquo;ai pas attendu que ce soit la mode pour m&rsquo;en faire pousser.   Cette rondeur de chair surplombant l&rsquo;aine ?   S&ucirc;rement pas !   Cette rondeur, c&rsquo;est Michel-Ange sculpteur soi-m&ecirc;me, qui me l&rsquo;a offerte.   Alors quoi ?   Cet air un peu idiot, un peu b&eacute;&acirc;t, presque ailleurs ?   Non, pas &ccedil;a non plus !   Cet air, je le porte depuis tout le temps.


Et puis, l&agrave;, les yeux dans les yeux, en pleine r&eacute;flexion, je n&rsquo;ai pu me souvenir du visage que j&rsquo;avais enfant, ni de celui de ma m&egrave;re, de ma s&oelig;ur, de qui vous voudrez, mais que je connaissais.   Ni m&ecirc;me des sentiments que j&rsquo;&eacute;prouvais alors.   De mon premier amour, de son odeur, de ses fesses, de ses seins, de sa main dans la mienne&hellip;


Rien !


C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on change, en s&rsquo;oubliant devant son image.


C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on vieillit, c&rsquo;est ainsi, dommage et tant pis.]]></content:encoded></item><item><title>Miss groove</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-05-13T19:41:50+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-116</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-116</guid><content:encoded><![CDATA[Voil&agrave;, je tra&icirc;ne sur le net &agrave; la recherche d&rsquo;un peu de nouveaut&eacute; musicale pour, &eacute;crivant, me laisser bercer.


Comme &agrave; chaque fois je prends mon temps, fur&egrave;te, m&rsquo;arr&ecirc;te, repars et continue comme &ccedil;a jusqu&rsquo;&agrave; tomber l&agrave;-dessus&nbsp;: sorte de combinaison de musiques  souvenirs de l&rsquo;enfance mix&eacute;e tout expr&egrave;s pour moi.


Faut dire qu&rsquo;il y a l&agrave; un doucereux m&eacute;lange d&rsquo;African Beat et de Reggae, faut dire que &ccedil;a Soul et Swing comme pas permis.    Un peu comme si l&rsquo;on avait m&eacute;lang&eacute; le roi F&eacute;la Anikolupo Kuti, Monsieur m&eacute;lodie Marley, la rythmique &agrave; la Keziah Jones et le tempo-voix d&rsquo;Otis Reding, et que, faisant &ccedil;a, on les avait fait femme, et jolie femme par-dessus le march&eacute;&hellip;


Vas y Nneka, balance du talent &agrave; tout va, te g&ecirc;ne pas surtout et replay, parce que &ccedil;a donne envie de faire, de dire, juste envie de vivre&nbsp;:


 Monter le son


Pareil, mais zaper le spitch d'&Eacute;mma De Caunes parce que c'est pas parce que l'on &agrave; rien &agrave; demander qu'il faut pas poser de questions (3'22)]]></content:encoded></item><item><title>53&#x25; ou comment se surprendre &#xe0; regretter qu&#x2019;on ait aboli le lanc&#xe9; de nain comme sport national&#x2c; ou encore : comment  traiter d&#x27;un sujet litt&#xe9;rairement us&#xe9; jusqu&#x27;&#xe0; la corde pour pendre l&#x2019;espoir d&#x2019;une vie &#x2014; &#xe0; peine &#x2014; meilleure</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-05-07T14:48:55+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-115</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-115</guid><content:encoded><![CDATA[Par la fen&ecirc;tre, il jette un dernier regard sur ce qu&rsquo;il croyait &ecirc;tre son quartier.   On ne passe pas seize ann&eacute;es dans les bras d&rsquo;une ville sans en tomber amoureux.   Lui le sait, mais eux ne le comprennent pas.


...Les clans des rues, les clandestins


Les cris des chiens hurlent &agrave; la ronde


J'suis pas inscrit sur la mappemonde


Y a pas d'pays pour les vauriens, les po&egrave;tes et les baladins


Y a pas d'pays, si tu le veux, prends le mien


Devant sa porte, deux hommes en uniformes attendent, l&rsquo;attendent pour le conduire &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport.   Il ne comprend pas, ne r&eacute;alise pas encore.   Il ne g&ecirc;nait pourtant personne, il dit.   Le r&eacute;p&egrave;te &agrave; l&rsquo;infini&hellip; 


Que Paris est beau


Quand chantent les oiseaux


Que Paris est laid


Quand il se croit Fran&ccedil;ais


Il travaillait, rentrait le soir venu dans sa chambre de bonne, chambre exigu&euml;, pour y regarder la t&eacute;l&eacute;&nbsp;; boire le th&eacute;&nbsp;; &eacute;crire &agrave; la famille&nbsp;; lire&hellip;


Il ne g&ecirc;nait pourtant personne&hellip;


...Vers leur pays les chiens


On a tout pris, chez eux y a plus rien


Que fera-t-il arriv&eacute; l&agrave;-bas&nbsp;?   Rabat il s&rsquo;en souvient si peu&hellip; Sans parler que ses souvenirs &agrave; lui sont en langue fran&ccedil;aise, la seule qu&rsquo;il connaisse, alors forc&eacute;ment, forc&eacute;ment Rabat n&rsquo;est pas sienne, ne l&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute;.   Ne le sera jamais.


De r&eacute;tention en cale de fond, j'en ai m&ecirc;me oubli&eacute; mon ombre


J'me prom&egrave;ne moins dans vos d&eacute;combres


On m'a donn&eacute; un bout de rien


J'en ai fait cent mille chemins


J'en ai fait cent


J'en ai fait un


Un chemin de l'identit&eacute;, l'iditent&eacute;, l'id&eacute;titen, l'itendid&eacute;


...Et dans ce flot d'une id&eacute;e rien, j'aurais plus de nom, j'aurais plus rien


Dis moi c'est quand, dis moi c'est quand


...Ses mains tremblent, ses yeux cherchent une aide, une niche ou se poser, quelque chose qui fasse qu&rsquo;il ne d&eacute;faille pas, un objet familier auquel se raccrocher, n&rsquo;importe&hellip; Mais la chambre est vide, semble plus petite encore ainsi d&eacute;nud&eacute;e, qu&rsquo;on a du mal &agrave; imaginer qu&rsquo;ici vivait un homme pour la moiti&eacute; de son salaire.


Que Paris est beau


Quand chantent les oiseaux


Que Paris est laid


Quand il se croit Fran&ccedil;ais


Plus tard, &agrave; bord d&rsquo;un fourgon, il longera le Canal Saint-Martin, verra pour la derni&egrave;re fois la cit&eacute; dans laquelle il a grandi.   Au coin de cette rue&nbsp;: le premier baiser, plus loin le premier &laquo;&nbsp;Je t&rsquo;aime&nbsp;&raquo; et &hellip;


Avec tous ces champs de tir


Et tous ces fous du tir


Ils visent pas que les lapins


C'est plus du gros sel, c'est des marocains,


...Et moi, avec mon pistolet &agrave; bouchon


...Encore un plus tard&nbsp;: s'envolant vers le soleil, il a froid&nbsp;: 100% froid.


Paris s'ra beau quand chantera les oiseaux


Paris s'ra beau, si les oiseaux, mais non&hellip;


Paris s'ra beau car les oiseaux


Allez, Paris s'ra beau*


*&nbsp;&laquo;&nbsp;L&rsquo; Identit&eacute;&nbsp;&raquo; Des T&ecirc;tes raides, avec Noir D&eacute;sir.
]]></content:encoded></item><item><title>Bistrot du temps qui s&#x27;en va</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-05-04T14:00:41+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-114</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-114</guid><content:encoded><![CDATA[Il s&rsquo;assoit&nbsp;: toujours &agrave; la m&ecirc;me place&nbsp;: toujours le dos tourn&eacute; au comptoir, toujours face &agrave; la baie vitr&eacute;e.


Il ne commande pas, inutile, ici on sait ce qu&rsquo;il boit.


Nul ne lui adresse un &laquo;&nbsp;Bonjour&nbsp;&raquo; ni une quelconque civilit&eacute;,  pas la peine, il ne r&eacute;pond jamais tant il est occup&eacute; &agrave; m&acirc;cher, rem&acirc;cher sa vie, les yeux perdus quelque part rue de la m&eacute;lancolie.


Je l&rsquo;observe souvent et souvent je me dis que je voudrais pas finir ainsi, vieil homme attendant la d&eacute;livrance dans un bistrot vieillot.


&laquo;&nbsp;Sarah&nbsp;&raquo; il dit.


&laquo;&nbsp;Sarah&nbsp;&raquo; il r&eacute;p&egrave;te inlassablement, tandis que toujours ses yeux se perdent rue de la m&eacute;lancolie.   Rue des Regrets peut-&ecirc;tre&hellip;
]]></content:encoded></item><item><title>De la culture en veux-tu en voil&#xe0;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-05-02T10:14:03+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-112</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/may-2007#unique-entry-id-112</guid><content:encoded><![CDATA[Raconter une petite histoire entre deux tours, le lendemain d&rsquo;un premier mai, sans trop se mouiller.


Faire attention de ne pas d&eacute;raper vu que quand m&ecirc;me j&rsquo;ai s&ucirc;rement des lecteurs de droite, ne pas les froisser et donc, ne pas dire ma surprise en lisant ce matin, un article intitul&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;L&rsquo;&eacute;lite artistique soutient Nicolas Sarkozy&nbsp;&raquo;. 


Retravailler son intro parce que l&agrave; &ccedil;a fait billet de blog d&rsquo;opinion, soit ce qui compose le net depuis un moment et&nbsp;: ras le bol.


Recommencer :


Je me l&egrave;ve.   Il est t&ocirc;t, tard, je ne sais plus, je crois m&ecirc;me que je m&rsquo;en tape.   Au pied du lit&nbsp;: mes fringues.   Dans le cr&acirc;ne&nbsp;: quelque chose comme des millions de tonnes de plomb qui voudraient me faire croire qu&rsquo;un type &agrave; d&eacute;couvert la pierre philosophale, soit comment transformer un litre de liquide en une masse exponentielle et solide dans un d&eacute;lai d&rsquo;&agrave; peine quatre heures.   Je jette un coup d&rsquo;&oelig;il au r&eacute;veil, disons quatre heures trente environ&hellip;


Le lev&eacute; est laborieux, la douche salvatrice, le caf&eacute; chaud et je refais surface plus ou moins.


Ensuite mes gestes se d&eacute;roulent tr&egrave;s ordinairement, Aspirine, allumer la b&eacute;cane, me poser devant, lire les mails, y r&eacute;pondre, faire le tour de l&rsquo;actualit&eacute;&nbsp;:


&laquo;&nbsp;L&rsquo;&eacute;lite artistique soutient Nicolas Sarkozy&nbsp;&raquo;. 


&Ccedil;a m&rsquo;intrigue, voyons&nbsp;:


&laquo;&nbsp;Johnny Halliday, Christian Clavier, Jean Reno, Henri Salvador, Doc Gyn&eacute;co, Charlotte Trampling, un type de la Star Ac, Jacques Seguela&hellip; &raquo;


Ah la belle &eacute;lite artistique, me dis-je.   Sans parler qu&rsquo;une ancienne Miss s&rsquo;est gliss&eacute;e dans les rangs de ladite &eacute;lite.


Alors maintenant c&rsquo;est s&ucirc;r, la culture est sauv&eacute;e.


J&rsquo;ai presque eu peur moi.]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;&#xe2;me de Boucher</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-27T14:58:15+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-111</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-111</guid><content:encoded><![CDATA[S&rsquo;arr&ecirc;ter.


Voil&agrave; c&rsquo;est fait.


S&rsquo;asseoir en terrasse, respirer, commander.


R&ecirc;vasser Moleskine en main.


Puis&nbsp;:  stylo plume, et coucher  un bout de vie.


Elle&nbsp;?.


Elle pourquoi pas&nbsp;: une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es, ventre d&eacute;couvert, pas si jolie que &ccedil;a mais jean taille basse, mais tee-shirt court, mais percing nombril.


Elle est serveuse, paye ses &eacute;tudes avec &ccedil;a.


Ses &eacute;tudes, c&rsquo;est en partie moi&nbsp;: je lui enseigne l&rsquo;art au lyc&eacute;e.


Art&nbsp;: la belle histoire.


Art&nbsp;: mot pour dire &laquo;&nbsp;Mate l&rsquo;&eacute;clairage de Caravage, regarde un peu les doigts de saint Thomas fouillant la plaie du Christ, quelle beaut&eacute; dans le touch&eacute;, le doute enfin mat&eacute;rialis&eacute;&hellip; &nbsp;&raquo; ou&nbsp;: &laquo;&nbsp;Vise l&rsquo;Odalisque blonde de Boucher, Madone, le cul de cette Odalisque-l&agrave;, c&rsquo;est la vie qui se prend &agrave; &ecirc;tre elle-m&ecirc;me, vie qui t&rsquo;emm&egrave;ne pour te basculer au charnel &raquo;


Elle ne comprend pas.


Ne comprendra sans doute jamais.


&laquo;&nbsp;Deux euros vingt, s&rsquo;il vous pla&icirc;t&nbsp;&raquo; Elle dit &ccedil;a sans sourire.


Je laisse toujours un peu plus, la prie de garder la monnaie, ce qu&rsquo;elle fait mais toujours sans sourire.


Repartant de l&agrave; je me demande o&ugrave; Caravage s&rsquo;est plant&eacute;&nbsp;?.


Boucher&nbsp;?.
]]></content:encoded></item><item><title>Richard&#x2c; le centi&#xe8;me&#x2c; pour la route.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-25T14:19:29+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-110</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-110</guid><content:encoded><![CDATA[Voil&agrave; qu&rsquo;il m&rsquo;arrive une histoire pour le moins surprenante.   Mais avant de vous la compter, il faut que je dise, pr&eacute;cise, que je poss&egrave;de peu de livres.   Pour &ecirc;tre tout &agrave; fait franc, il en tra&icirc;ne tr&egrave;s exactement vingt sur mon bureau, vingt issus d&rsquo;une s&eacute;lection sans concession et, bien s&ucirc;r, ces vingt-l&agrave; je les connais par c&oelig;ur pour me les relire souvent.   Or, voici que ce matin j&rsquo;attrape l&rsquo;un deux avant de me mettre au travail, voici que j&rsquo;attrape &laquo;&nbsp;Tokyo-Montana Express&nbsp;&raquo; histoire de me mettre en jambes, histoire de me lire un petite nouvelle comme on se met en app&eacute;tit de mots, voici que je le feuillette, qu&rsquo;au hasard j&rsquo;en choisi une et que je commence &agrave; me la lire tout d&eacute;sireux du plaisir renouvel&eacute;.   Mais voici aussi que lisant, je r&eacute;alise que cette nouvelle-l&agrave; m&rsquo;est inconnue, que ni d&rsquo;Eve ni d&rsquo;Adam il ne m&rsquo;est arriv&eacute; de la lire, qu&rsquo;elle est pour moi aussi vierge qu&rsquo;une jeune fille qui n&rsquo;aurait pas encore imagin&eacute; les jeux de l&rsquo;amour, ni m&ecirc;me appris &agrave; marcher.


Bien s&ucirc;r je me dis que la chose est impossible vu que &eacute;ho, je connais l&rsquo;&oelig;uvre de Richard Brautigan sur le bout des doigts, que je peux causer de chacun de ses textes en enrichissant mon propos de moult d&eacute;tails, de quelques anecdotes, et ce&nbsp;: des plus longs aux plus concis.   Et du talent du ma&icirc;tre aussi.


Dites moi &laquo;&nbsp;Parapluie&nbsp;&raquo;. ou &laquo;&nbsp;Oc&eacute;an Pacifique&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;Melon pour chat&nbsp;&raquo;  et derechef je vous en fais l&rsquo;&eacute;loge, vous en raconte l&rsquo;elliptique &eacute;criture, vous les diss&egrave;que tel le taxidermiste amoureux de son sujet.   &laquo;&nbsp;Du vent dans les sous-sol &raquo; par exemple, je pourrais vous emb&ecirc;ter des heures avec &ccedil;a, vous dire que l&rsquo;&eacute;crivain assis face &agrave; Brautigan dans un restaurant Tokyote et qui soudainement chausse des lunettes de plong&eacute;e. sans pour autant que la chose lui semble anormale, puis qui tout aussi soudainement les enl&egrave;ve, n&rsquo;est autre que Kenzaburo O&eacute;.


Donc, vous l&rsquo;aurez compris&nbsp;: &agrave; propos de chacun des textes de Brautigan, je peux aller de mon petit commentaire, sauf du &laquo;&nbsp;Ch&acirc;teau de la fianc&eacute;e des neiges&nbsp;&raquo;, puisque, je vous l&rsquo;ai dit, celle-ci m&rsquo;&eacute;tait inconnue jusqu&rsquo;&agrave; ce matin.


Evidemment, finissant ladite nouvelle, je l&rsquo;ai recommenc&eacute; et recommenc&eacute; encore, puis je me suis interrog&eacute; sur la nature de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement&nbsp;: comment en autant de lecture de Tokyo-Montana Express, avais je pu louper une nouvelle, et toujours la m&ecirc;me&nbsp;?


Et comment encore, ne l&rsquo;ayant jamais  lu, ai-je pu rendre hommage au ma&icirc;tre dans l&rsquo;une des miennes** en y incluant la disparition d&rsquo;un cin&eacute;ma alors que, pr&eacute;cis&eacute;ment, c&rsquo;est bien de cela dont &laquo;&nbsp;Le ch&acirc;teau de la fianc&eacute;e des neiges&nbsp;&raquo; est fait.


Lisant, relisant, r&eacute;fl&eacute;chissant, j&rsquo;ai pas trouv&eacute; de r&eacute;ponse &agrave; &ccedil;a, si ce n&rsquo;est que Richard Brautigan reste l&rsquo;auteur le plus surprenant qui soit, encore aujourd&rsquo;hui, et au petit matin de surcro&icirc;t, et que, peut &ecirc;tre, sans trop le savoir, sans trop y faire attention, le lisant, le  relisant, j&rsquo;avais r&eacute;ussi &agrave; faucher quelques  plumes &agrave; l&rsquo;ange litt&eacute;raire qu&rsquo;il &eacute;tait.


Ah la belle journ&eacute;e&nbsp;!.]]></content:encoded></item><item><title>Le retour de Jimmy</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-24T10:02:03+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-109</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-109</guid><content:encoded><![CDATA[Il s&rsquo;arr&ecirc;te, suspend sa foul&eacute;e, h&eacute;site, repart sur trottoir.


C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il marche, ou ne marche pas.   Au choix&hellip;


Jimmy &ccedil;a lui fait mal de repenser &agrave; tout &ccedil;a.


La rue Sans Souci, c&rsquo;&eacute;tait comme une parenth&egrave;se dans sa vie.
]]></content:encoded></item><item><title>Voie de l&#x27;ailleurs</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-23T15:21:23+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-108</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-108</guid><content:encoded><![CDATA[Je m&rsquo;&eacute;croule dans un pucier que m&ecirc;me pas je connais, peut-&ecirc;tre est-ce le mien, le sien&nbsp;?   Qu&rsquo;importe, avec ce que je tiens, celui-ci ou un autre&hellip;


Je me souviens seulement qu&rsquo;elle s&rsquo;est avanc&eacute;e vers moi tandis que je comptais les lampes du. plafond, tandis que faisant &ccedil;a, je m&rsquo;&eacute;merveillais que le monde soit impair.


&mdash; Dis, tu m&rsquo;offres un verre&nbsp;?.


Tout compte fait le monde n&rsquo;&eacute;tait pas impair vu que j&rsquo;avais l&agrave;, sous le nez, une huiti&egrave;me merveille qui s&rsquo;installait et commandait &agrave; boire.   &laquo;&nbsp;Un double&nbsp;!  &nbsp;&raquo;.


Pas tant qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie, non, elle &eacute;tait juste particuli&egrave;re.   Je ne sais trop comment les filles font &ccedil;a, mais certaines brillent de l&rsquo;int&eacute;rieur et quelquefois de cette brillance s&rsquo;&eacute;chappe. une &eacute;tincelle qui vient se loger dans leur regard, aux coins de leur yeux vacille.   C&rsquo;&eacute;tait le cas.


&mdash; Je viens d&rsquo;en larguer un, elle a dit.   Mais il s&rsquo;accrochait &agrave; mon sac alors je lui ai laiss&eacute;&hellip; Je te rembourserai.


J&rsquo;ai r&eacute;pondu que je m&rsquo;en foutais.   Que je me foutais de tout vu que &laquo;&nbsp;Pareil&nbsp;&raquo; je venais de prendre la porte de sortie d&rsquo;une histoire &laquo;&nbsp;Alors&hellip;&nbsp;&raquo;.


Alors nous avons bu en nous racontant nos vies.


Dans l&rsquo;ensemble c&rsquo;&eacute;tait triste.


&mdash; L&rsquo;ensemble &ccedil;a n&rsquo;existe pas, c&rsquo;est une notion math&eacute;matique qui, traduite donne&nbsp;: un plus un, c&rsquo;est toujours un de trop&nbsp;!.


&mdash; Chez toi ou chez moi&nbsp;?   J&rsquo;ai r&eacute;pondu.


&mdash; Chez tout le monde&nbsp;!   elle a dit.


J&rsquo;ai souri, et &ccedil;a, je l&rsquo;avais pas fait depuis longtemps.


Puis la nuit s&rsquo;est &eacute;teinte, tout comme les lampes du bistrot&nbsp;: sept.


S&rsquo;est &eacute;teinte, laissant &agrave; l&rsquo;aube le soin de d&eacute;verser autant de lumi&egrave;re sur la mis&egrave;re des amours perdus.


Bras dessus.


Bras dessous.


Nous sommes rentr&eacute;s.


Rentr&eacute;s o&ugrave;&nbsp;?.


Je m&rsquo;&eacute;croule dans un pucier que m&ecirc;me pas je connais, peut-&ecirc;tre est-ce le mien, le sien&nbsp;?.


Elle  se l&egrave;ve, ouvre les rideaux dit qu&rsquo;il est presque midi, qu&rsquo;elle a mal au cr&acirc;ne &mdash; nous sommes deux &mdash; qu&rsquo;il faudrait que je bouge, parce que&nbsp;!.


Parce que le pucier, c&rsquo;est le sien&nbsp;!.


Sur  le trottoir, je fume puis &eacute;crase une cigarette du bout de ma godasse, pense&nbsp;: doit bien y avoir une gare dans le coin.


Une gare comme  un pansement &agrave; l&rsquo;oubli.   Une destination&nbsp;en guise de sparadrap : Paris, Li&egrave;ge, Noum&eacute;a, Tahiti &hellip;.


Une gare comme centre de triage des sentiments et d&eacute;part vers l&rsquo;ailleurs.]]></content:encoded></item><item><title>Soleil givr&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-21T12:50:24+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-107</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-107</guid><content:encoded><![CDATA[La radio s&rsquo;&eacute;poumonait, annon&ccedil;ait les r&eacute;sultats du second tour.


J&rsquo;en restais coi.


Dehors le soleil balan&ccedil;ait des rayons &agrave; tout va, noyait de chaleur les rues d&eacute;sertes.


Table du fond, quelques jeunes gens s&rsquo;agitaient en se foutant royalement de l&rsquo;avenir, partaient dans de grands &eacute;clats de rires.


J&rsquo;ai repris un verre histoire de faire passer la pilule.


Elle &eacute;tait de taille, des verres, il m&rsquo;en fallait plus d&rsquo;un.


J&rsquo;ai song&eacute; un instant &agrave; l&rsquo;exil.


Song&eacute; &agrave; mon &icirc;le.


D&eacute;taill&eacute; les mines effar&eacute;es.


Je me suis senti un peu moins seul.


&Ccedil;a m&rsquo;a fait du bien, mais &ccedil;a n&rsquo;a pas dur&eacute;&nbsp;:


&mdash; Un triple, il a dit dans un sourire, c&rsquo;est la maison qui r&eacute;gale.   Pour f&ecirc;ter &ccedil;a&nbsp;!   Il a ajout&eacute;.


&mdash; Pour f&ecirc;ter &ccedil;a, j&rsquo;ai r&eacute;p&eacute;t&eacute; machinalement, avant de r&eacute;aliser en plein, et, le r&eacute;alisant, j&rsquo;ai h&eacute;sit&eacute; &agrave; lui balancer &agrave; la gueule quelques injures et le verre qu&rsquo;il me tendait.


C&rsquo;&eacute;tait un 6 mai.


Sous le soleil se rassemblaient d&eacute;sormais quantit&eacute; de drapeaux&nbsp;: tricolores&nbsp;; croix de Lorraine&nbsp;; flamme bleu blanc rouge&hellip; Les rues se chargeaient de cris patriotes, de chansons d&rsquo;un autre temps&nbsp;:


&laquo;&nbsp;R&eacute;novation, c'est l'id&eacute;al 


Des hommes d'action


Front national, la France attend


Pour elle r&eacute;pond pr&eacute;sent !  &nbsp;&raquo;


C&rsquo;&eacute;tait un 6 mai 2007.


Et je me sentis plus apatride que jamais.]]></content:encoded></item><item><title>Pens&#xe9;es sous pression</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-20T09:19:15+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-106</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-106</guid><content:encoded><![CDATA[C&rsquo;est un matin sans ros&eacute;e, un matin j&rsquo;ai-pas-envie-de-bosser.   Sur les p&eacute;tales de la nuit ne s&rsquo;est d&eacute;pos&eacute; aucune id&eacute;e, adonc voici quelques r&eacute;flexions souvent bistroti&egrave;res, extraites d&rsquo;un Moleskine et livr&eacute;es en vrac&nbsp;:


Femme, avec deux &laquo;&nbsp;m&nbsp;&raquo; c&rsquo;est toujours moins qu&rsquo;une fille avec deux ailes


***


Les basques, &ccedil;a caresse pas, &ccedil;a pelote.


***


&mdash; Gar&ccedil;on, l&rsquo;addiction s&rsquo;il vous pla&icirc;t&nbsp;!


***


Un &eacute;diteur est un type sensible aux &eacute;gards, un auteur est un type sensible aux &eacute;garements.


***


Qui bistrot mal &eacute;treint.


***


Une bi&egrave;re, jusqu&rsquo;&agrave; la mise en&nbsp;!


***


J&rsquo;aurais pu me faire dessouder par un soudard, je me fais d&eacute;zinguer par un zinc-comptoir.


***


J&rsquo;entre dans le dernier tiers de ma vie&nbsp;: le tiers payant.


***


Je suis un marin, un vrai de vrai&nbsp;: j&rsquo;ai la plume qui jette l&rsquo;encre dans les rades.


***


J&rsquo;ai mis du temps &agrave; apprendre &agrave; compter, encore plus &agrave; d&eacute;montrer que compter sur moi,


fallait pas.


***


D&rsquo;amants nous sommes devenus aimants, histoire de mettre un point sur le &laquo;&nbsp;i&nbsp;&raquo; de l&rsquo;attirance.


***


Un six coups, c&rsquo;est cinq fois trop cher pour un suicide.
]]></content:encoded></item><item><title>Un pt&#x27;it bout de zing et une fille</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-19T14:04:55+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-105</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-105</guid><content:encoded><![CDATA[&Ccedil;a commence toujours comme &ccedil;a mes histoires : elle dit :


&mdash; &Eacute;h ?


Lui r&eacute;ponds toujours : &laquo; Quoi ?   &raquo; la regardant.


Elle est souriante.


Il n&rsquo;est pas tr&egrave;s r&eacute;fl&eacute;chi.


Ils sont dans un bistrot.


C&rsquo;est ici qu&rsquo;il se sent bien.


Ici qu&rsquo;elle vient.


Il est auteur : elle sera jolie comme un bout de printemps.


Elle est femme : il sera intelligent.


M&ecirc;me si c&rsquo;est pas vrai


M&ecirc;me si c&rsquo;est pas vrai tout &ccedil;a


&Agrave; son tour elle dira :


&mdash; &Eacute;h ?


Il r&eacute;pondra : &laquo; Quoi ?   &raquo;


Et rien ne sera dit


Comme un silence au possible des jours&hellip;
]]></content:encoded></item><item><title>Cotonnades</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-18T12:20:13+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-104</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-104</guid><content:encoded><![CDATA[Les villes n&rsquo;existent pas la nuit


Pour ce que j&rsquo;en ai vu, de nuit, les villes ne sont plus que d&eacute;dale de rues ouat&eacute;es d&rsquo;alcool avec, accroch&eacute;s &agrave; leurs flancs, quantit&eacute; de petits panneaux s&rsquo;illuminant et disant &laquo;&nbsp;Vente de coton&nbsp;&raquo;


Toujours &agrave;  propos de coton


Je me souviens du sien, il fleurait bon sur sa peau.   S&rsquo;y m&ecirc;lait une odeur&nbsp;: bout de parfum&nbsp;; bout de sueur.


En &eacute;t&eacute;, elle &eacute;tait faite de &ccedil;a, de fragrances chair, d&rsquo;un sourire, d&rsquo;une culotte, d&rsquo;un d&eacute;bardeur coton court.


Je me souviens qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie v&ecirc;tue ainsi.


Je me souviens aussi.


Que plus chiante y avait pas.


Et encore


Lorsque j&rsquo;&eacute;tais enfant, l&rsquo;expression &laquo;&nbsp;La vie, c&rsquo;est coton&nbsp;&raquo; je ne la comprenais pas.   C&rsquo;est pas qu&rsquo;enfant il me manquait des mots, pas non plus que j&rsquo;&eacute;tais incapable d&rsquo;imaginer le concept de la vie-conasse, non, c&rsquo;est juste que je ne comprenais pas non plus &laquo;&nbsp;Il ne faut pas remettre au lendemain ce que l&rsquo;on peut faire le jour m&ecirc;me&nbsp;&raquo;


De fait, le d&eacute;sespoir, je le remettais volontiers &agrave; plus tard.


Coton d'enfance


&laquo;&nbsp;Les femmes&hellip;&nbsp;&raquo; disait-il, puis il respirait profond&eacute;ment mais n&rsquo;ajoutait rien, comme si la chose &eacute;tait si &eacute;norme qu&rsquo;il ne pouvait l&rsquo;exprimer.


Elle l&rsquo;&eacute;tait.


J&rsquo;ai un peu plus tard rencontr&eacute; sa femme, j&rsquo;avais six ans et au vu de son format, j&rsquo;ai compris pourquoi il en parlait au pluriel et, d&egrave;s lors, je me mis &agrave; croire que la bigamie &eacute;tait quantit&eacute; de femmes r&eacute;unie sous un seul tee-shirt.]]></content:encoded></item><item><title>Traintrain</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-17T10:36:10+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-103</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-103</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;attendais le train.   J&rsquo;aurais pu attendre tout autre chose&nbsp;: le messie, la fin du monde, un caf&eacute; noir, une jolie fille&hellip; Mais non, j&rsquo;attendais le train sur le quai d&rsquo;une gare, ce qui est plus commode que n&rsquo;importe quel autre endroit pour attendre le train.   Un terrain de rugby par exemple, personne n&rsquo;aurait id&eacute;e d&rsquo;aller attendre un train sur un terrain de rugby, et pour cause, jamais les trains ne traversent les terrains de rugby.   J&rsquo;&eacute;tais donc au bon endroit pour faire ce que j&rsquo;avais &agrave; faire&nbsp;et je le faisais bien, patiemment, et depuis un bon moment encore.


De temps &agrave; autre, je jetais un coup d&rsquo;&oelig;il &agrave; l&rsquo;horloge plant&eacute;e sur le quai tout &agrave; mon intention de voyageur attendant.   Sa trotteuse trottait &agrave; l&rsquo;allure d&rsquo;une trotteuse, jusque-l&agrave;, rien que de tr&egrave;s normal, le temps passait.   Mais alors qu&rsquo;une fois encore je m&rsquo;informais de visu du retard de mon train, que j&rsquo;avais les yeux plant&eacute;s dans les aiguilles, je me rendis compte d&rsquo;un ph&eacute;nom&egrave;ne pour le moins curieux : la trotteuse trottait, certes &agrave; l&rsquo;allure d&rsquo;une trotteuse, mais n&rsquo;entra&icirc;nait pas l&rsquo;aiguille des minutes &agrave; chaque tour, non, elle faisait &ccedil;a seulement un tour sur deux.   Merde, j&rsquo;en restais comme deux ronds de flan de ma d&eacute;couverte.   Cependant, je ne quittais pas l&rsquo;horloge des yeux histoire de v&eacute;rifier, d&rsquo;authentifier le fait pour la post&eacute;rit&eacute;.


Deux minutes plus tard, la supposition bascula dans la certitude.


Je n&rsquo;aurais jamais imagin&eacute; la chose possible, je me mis donc sur le champ &agrave; &eacute;chafauder quelques origines &agrave; ce disfonctionnement alternatif.


Peut-&ecirc;tre qu&rsquo;un horloger Genevois, canton &agrave; forte d&eacute;mographie horlog&egrave;re comme chacun sait, peut-&ecirc;tre, disais-je, qu&rsquo;un horloger Genevois construisant sa pendule de gare, d&eacute;cida que ce coup-ci, il ne bosserait qu&rsquo;&agrave; moiti&eacute;, &agrave; mi-temps parce que &laquo;&nbsp; H&eacute; ho y&rsquo;a pas le feu au lac&nbsp;!  &nbsp;&raquo;.   Mais peut-&ecirc;tre que se brave horloger Genevois n&rsquo;y &eacute;tait pour rien, car peut-&ecirc;tre que l&rsquo;ordre venait d&rsquo;en haut&nbsp;?   Que pour des raisons de comp&eacute;titivit&eacute;, de co&ucirc;t, l&agrave;-haut avait d&eacute;cid&eacute; de ne fabriquer que des moiti&eacute;s d&rsquo;horloge et les refourguait &agrave; moiti&eacute; prix.   Mais peut-&ecirc;tre encore que les Suisses n&rsquo;avaient aucune responsabilit&eacute; dans cette affaire et qu&rsquo;il fallait chercher l&rsquo;origine de ce saute-mouton temporel du c&ocirc;t&eacute; du commanditaire.   Ainsi, il ne me parut pas idiot, debout sur mon quai, d&rsquo;imaginer la SNCF commandant des horloges allant par deux minutes, histoire de nous inciter &agrave; croire, nous les voyageurs, que le temps passe vraiment vite lorsque l&rsquo;on attend le train et donc, que ce n&rsquo;est pas si grave que ledit train arrive syst&eacute;matiquement en retard.


Bon, j&rsquo;&eacute;tais l&agrave;, plant&eacute; devant mon horloge &agrave; v&eacute;rifier le ph&eacute;nom&egrave;ne toutes les deux minutes, &agrave; supputer l&rsquo;intrigue, la conspiration, lorsque je me mis en t&ecirc;te que le cas n&rsquo;&eacute;tait peut-&ecirc;tre pas isol&eacute;.   Si &ccedil;a se trouvait, le complot ne s&rsquo;arr&ecirc;tait pas l&agrave;.   Du coup, je supposais que toutes les horloges officielles de la nation marchaient ainsi, qu&rsquo;elles nous spoliaient d&rsquo;une minute sur deux et qu&rsquo;elles faisaient &ccedil;a depuis la nuit des temps, au minimum.


Et pourquoi pas&nbsp;?


Car enfin, si la chose &eacute;tait av&eacute;r&eacute;e, je ne pouvais d&eacute;sormais &ecirc;tre s&ucirc;r de quoi que ce soit.   Tiens, &eacute;tais-je bien n&eacute; &agrave; sept heures trois comme ma m&egrave;re l&rsquo;avait toujours pr&eacute;tendu&nbsp;?   Et le soleil se couchait-il, se levait-il, &agrave; l&rsquo;heure que l&rsquo;&eacute;crivaient les journaux&nbsp;?   N&rsquo;&eacute;tais-je point, ma vie durant, arriver au travail une minute trop t&ocirc;t pour en ressortir une minute trop tard, car, et bien &eacute;videmment, je n&rsquo;imaginais pas les pointeuses diff&eacute;rentes des horloges&nbsp;?   Pas plus diff&eacute;rentes d&rsquo;ailleurs que tout ce qui m&eacute;caniquement, &eacute;lectroniquement, &eacute;grainait le temps.   Bon Dieu, combien d&rsquo;amendes avais-je payer pour ne pas avoir enfourn&eacute; &agrave; temps ma pi&egrave;ce dans le parcm&egrave;tre, alors que si &ccedil;a se trouvait, j&rsquo;avais une bonne minute, voire deux, pour l&rsquo;enfourner cette putain de pi&egrave;ce. 


Puis d&rsquo;un coup j&rsquo;entrevis l&rsquo;ampleur du d&eacute;tournement et me mis &agrave; en faire un rapide calcul.   Simple.   Minimal.   Magnanime m&ecirc;me, car il ne prenait en compte qu&rsquo;une minute par jour et par habitant, et, bien &eacute;videmment, la r&eacute;alit&eacute; devait &ecirc;tre autrement plus foisonnante.   Quoi qu&rsquo;il en soit, &ccedil;a repr&eacute;sentait un paxon de fric la somme qui nous &eacute;tait vol&eacute;e chaque jour.


&mdash; Et comment voulez-vous ne pas comprendre que quelquefois, attendant son train sur le quai d&rsquo;une gare, le voyageur r&eacute;alisant cela, ne soit pas tent&eacute; de monter dans ledit train sans composter son billet, histoire de se rembourser un peu&nbsp;?


&mdash; C&rsquo;est de loin l&rsquo;explication la plus farfelue qu&rsquo;il m&rsquo;ait &eacute;t&eacute; donn&eacute; d&rsquo;entendre a dit le contr&ocirc;leur en sortant son carnet &agrave; punir.


Il m&rsquo;avait sembl&eacute; &ecirc;tre clair pourtant&hellip; Sans parler que toutes ces minutes-l&agrave;, cet argent-l&agrave;, c&rsquo;&eacute;tait un peu de sa poche aussi que &ccedil;a sortait.   Bon, j&rsquo;allais lui pr&eacute;parer une r&eacute;ponse avec des mots choisis, profil&eacute;s comme des prototypes du genre et qui s&rsquo;organiseraient en une r&eacute;partie cinglante, incisive, et paf&nbsp;:


&mdash; Puisque c&rsquo;est comme &ccedil;a, je n&rsquo;attendrais plus le train sur le quai d&rsquo;une gare.


&mdash; Ha&nbsp;!   Et o&ugrave; donc alors&nbsp;?


&mdash; Sur un terrain de rugby par exemple, au moins je suis certain de ne pas y rencontrer de contr&ocirc;leur, sur un terrain de rugby.


Il a r&eacute;fl&eacute;chi quelques instants, puis, me tendant ma contredanse, il a ajout&eacute; avant de s&rsquo;en aller :


&mdash; Ho vous savez&nbsp;: les arbitres&hellip;


J&rsquo;ai rien r&eacute;pondu.   Je crois bien qu&rsquo;il avait raison.


Et puis de toute fa&ccedil;on, je joue pas au rugby.]]></content:encoded></item><item><title>Dix-sept Jimmy et plein de soucis aussi</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-16T13:58:48+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-102</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-102</guid><content:encoded><![CDATA[Jimmy marche rue Sans Souci.


Sauf que des soucis, Jimmy en a plein.


C&rsquo;est &agrave; peine si Jimmy se souvient de la derni&egrave;re fois o&ugrave; il a souri.


En r&eacute;alit&eacute;, Jimmy ne se nomme pas Jimmy, non, mais c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle l&rsquo;appelait.


Il n&rsquo;y avait aucune raison &agrave; ce surnom, elle trouvait simplement que &laquo;.  Jimmy.&raquo; &ccedil;a sonnait bien, et tous avaient pris l&rsquo;habitude alors&hellip;


Alors Jimmy c&rsquo;est bien.


Sauf que Jimmy, comme d&eacute;j&agrave; dit, a quantit&eacute; de soucis, rue Sans&hellip;


Tellement, qu&rsquo;il faudrait pour en faire la liste, &eacute;crire un roman, &laquo; le Roman de Jimmy&hellip; &raquo;


Mais Jimmy, le long c&rsquo;est pas son truc.


Jimmy est nouvelliste


Jimmy fait dans le sprint


Jimmy n&rsquo;aime pas les marathons


C&rsquo;est pourquoi Jimmy dispara&icirc;t au carrefour, laissant derri&egrave;re lui les mots &agrave; venir d&rsquo;une histoire que jamais il n&rsquo;&eacute;crira, laissant la rue Sans Souci aussi.


&laquo; Elle en a de la chance la rue &raquo; , murmure Jimmy.


Et puis Jimmy se tait.]]></content:encoded></item><item><title>Amertume &#xe0; liquider</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-13T12:37:50+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-101</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-101</guid><content:encoded><![CDATA[&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai plus de col&egrave;re qu&rsquo;une bouteille &agrave; la mer&nbsp;&raquo;


Sur le coup, j&rsquo;ai pas vraiment compris de quoi il parlait.


Pas compris du tout.


Assis, quelques ann&eacute;es plus loin, assis face &agrave; lui, moi qui suis charivari&eacute; par l&rsquo;eau de vie am&egrave;re des souvenirs, et lui qui n&rsquo;est plus que sel d&rsquo;avoir trop ramer pour finir sur la plage m&eacute;lancolie d&rsquo;un cland&eacute;, je commence &agrave; saisir.


&mdash; Dis, y&rsquo;avait quoi dans la bouteille&nbsp;?


&mdash; Quoi, &laquo;&nbsp;quoi&nbsp;&raquo;&nbsp;?


&mdash; Comme message&nbsp;?


&mdash; Un &laquo;&nbsp;Je t&rsquo;aime, mais !   &raquo;


&Ccedil;a m&rsquo;aurait &eacute;tonn&eacute;&hellip;
]]></content:encoded></item><item><title>Texte sous X</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-12T16:43:32+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-100</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-100</guid><content:encoded><![CDATA[Tiens, et si je j&rsquo;&eacute;crivais quelque chose d&rsquo;&eacute;rotique, un truc torride, limite pornographique, me dis-je.   Quelque chose qui fasse que tout soudainement les lecteurs se trouveraient &agrave; l&rsquo;&eacute;troit dans leurs pantalons, qui fasse que les lectrices inonderaient le leur.   &Ccedil;a d&eacute;buterait tout b&ecirc;tement, &ccedil;a finirait bestialement, y&rsquo;aurait pas de sentiment, juste des bouches, des sexes qui s&rsquo;absorbent, des humeurs, un peu de latex pour la pr&eacute;servation de l&rsquo;esp&egrave;ce, de la chair claqu&eacute;e, frott&eacute;e, des morsures d&rsquo;oreiller&nbsp;: orgasme noy&eacute; dans la plume-couette&hellip; Des &laquo;&nbsp;Encore&nbsp;!  &nbsp;&raquo;, des &laquo;&nbsp;Vas-y plus fort&nbsp;!  &nbsp;&raquo;, des &laquo;&nbsp;C&rsquo;est pas possible, t&rsquo;&eacute;tais plusieurs&nbsp;!  &nbsp;&raquo;, des j&rsquo;en passe et des meilleurs, des &laquo;&nbsp;Tourne toi plut&ocirc;t comme &ccedil;a tu veux , non, parce que l&agrave;, le lecteur voit pas tout&nbsp;!   &raquo;


&mdash; C&rsquo;est mieux l&agrave;&nbsp;?


&mdash; Parfait&nbsp;!   T&rsquo;as le paragraphe le plus excitant qu&rsquo;il m&rsquo;ait &eacute;t&eacute; donn&eacute; de lire.   Et m&ecirc;me pas je te cause du contextuel, une vraie merveille&nbsp;!


&mdash; Elle est pas mal non plus ta ponctuation&hellip;
]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;&#xe9;vang&#xe9;lisateur de Charleroi</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-11T19:35:56+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-99</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-99</guid><content:encoded><![CDATA[Il y avait-l&agrave;, gar&eacute;e sur le bord d&rsquo;un trottoir de Charleroi, une camionnette couverte de graffiti.   &Agrave; en croire lesdits graffiti, les autocollants &eacute;pars, le propri&eacute;taire du v&eacute;hicule sillonnait la Belgique pour convaincre son monde que &laquo;&nbsp;J&eacute;sus nous sauvera tous. &raquo;, ou encore que tel ou tel saint homme &laquo;&nbsp;Est parmi nous&nbsp;&raquo; que toujours il officie &agrave; la t&acirc;che de bont&eacute; qui est sienne, ou que toujours la Madone surveille ses ouailles, qu&rsquo;elle n&rsquo;en oublie aucune et que par-dessus le march&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les derniers seront  les premiers&nbsp;&raquo;.


J&rsquo;en &eacute;tais-l&agrave; &agrave; m&rsquo;observer ma camionnette de pr&eacute;s, &agrave; me la d&eacute;tailler, &agrave; me la lire, me la relire encore, lorsqu&rsquo;un homme a d&eacute;barqu&eacute; pour l&rsquo;embarquer.   Il a ouvert sa porti&egrave;re, s&rsquo;est hiss&eacute; derri&egrave;re son volant, a d&eacute;marr&eacute;, puis il est parti dans un crissement de pneu.


Au passage, j&rsquo;ai pu lire le message s&rsquo;&eacute;talant en lettres jaunes sur la calandre&nbsp;:


&laquo;&nbsp;Dieu &ccedil;a marche&nbsp;&raquo;


J&rsquo;ai regard&eacute; s&rsquo;&eacute;loigner la camionnette et la regardant s&rsquo;&eacute;loigner, j&rsquo;ai pens&eacute;&nbsp;: 


&laquo;&nbsp;Dieu &ccedil;a marche&nbsp;&raquo; et l&rsquo;homme &ccedil;a roule, &agrave; vive allure m&ecirc;me.


Rien n&rsquo;est perdu donc.
]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;ennui vint : ordinaire.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-10T19:46:41+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-98</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-98</guid><content:encoded><![CDATA[(Fable)


Nous mettrons les bouteilles en cave, nous ne les sortirons que pour les grandes occasions et comme elles ne sont pas l&eacute;gions lesdites grandes occasions, ce sera pas souvent.   Autour d&rsquo;un verre unique, &mdash; parce que faut pr&eacute;server son avenir, son capital sant&eacute;&nbsp;: mourir vieux et en bonne sant&eacute; &mdash; nous causerons Grenache, Sirah, bouquet fleuri, emploierons un tas d&rsquo;appellations vinicoles en faisant claquer nos langues de supercherie, puis l&rsquo;on rangera les verres jusqu&rsquo;&agrave; la prochaine fois pour s&rsquo;asseoir devant la t&eacute;l&eacute; et consommer une vie d&eacute;pourvue d&rsquo;ivresse, vide d&eacute;sormais de passion.   Nous dirons &laquo;&nbsp;Avec l&rsquo;&acirc;ge nous sommes devenu sages&nbsp;&raquo; nous penserons &laquo;&nbsp;Putain ce que l&rsquo;on s&rsquo;emmerde, vivement la fin&nbsp;&raquo;.   Et lorsque cette fin surviendra, restera des tas de bouteilles &agrave; la cave que nul n&rsquo;osera d&eacute;boucher parce que la mort n&rsquo;est pas une grande occasion, que c&rsquo;est malvenu de gueuler &laquo;&nbsp;Sant&eacute;&nbsp;&raquo; avec au frais, un macchab&eacute;e.   Plus loin, probablement par hasard, quelqu&rsquo;un se souviendra des bouteilles abandonn&eacute;es, descendra en chercher quelque unes histoire de, et, bien s&ucirc;r, le vin aura tourn&eacute; de trop d&rsquo;oubli.


Attendant l&rsquo;occasion, l&rsquo;exception, attendant tout simplement, la vie tourne au vinaigre&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Carn&#xe9; d&#x2019;alc&#xf4;ve</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-04-09T19:59:29+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-97</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/apr-2007#unique-entry-id-97</guid><content:encoded><![CDATA[&mdash; Contre un petit bout de peau, je donnerais ma vie, elle a dit.


&mdash; Moi c&rsquo;est le contraire, j&rsquo;ai r&eacute;pondu.


On a fini au lit.]]></content:encoded></item><item><title>Esclave du pronom</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-03-29T15:49:40+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-96</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-96</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;enclenche &laquo;&nbsp;Again&nbsp;&raquo; d&rsquo;Archive, monte le son, &ccedil;a pulse et m&rsquo;&eacute;voque comme &agrave; chaque fois les Pink Floyd du temps de Roger Waters, temps de l&rsquo;enfance, temps o&ugrave; la vie se r&eacute;sumait aux jeux, au plaisir d&rsquo;arpenter une &icirc;le toute la journ&eacute;e.


C&rsquo;&eacute;tait une petite &icirc;le(1) que la mienne, micro bout de terre rose perdue face &agrave; Dakar, micro bout de terre sans voiture, micro bout de terre charg&eacute;e d&rsquo;histoire jusqu&rsquo;au ressac de ses eaux qui, inlassablement, battait ses rochers, noyait sa plage.


D&rsquo;ici(2), des milliers d&rsquo;hommes, de femmes, d&rsquo;enfants sont partis fers aux mains, aux pieds et sous le fouet pour une destin&eacute;e de b&ecirc;tes de sommes, pour une destination qui fleurait l&rsquo;humiliation, l&rsquo;inhumanit&eacute; et le coton.


Souvent, j&rsquo;allais m&rsquo;asseoir sur les rochers de la honte(3), j&rsquo;y p&ecirc;chais, r&ecirc;vassais beaucoup aussi, imaginais une autre vie que la mienne.   D&eacute;j&agrave;.


Je ne suis pas devenu corsaire, je n&rsquo;ai pas lib&eacute;r&eacute; ces hommes mes fr&egrave;res, mes faits d&rsquo;armes ne sont pas l&eacute;gendaires et, pire encore&nbsp;: par gros temps j&rsquo;ai le mal de mer.   Mais toujours j&rsquo;&eacute;coute les Pink Floyd et toujours&nbsp;: magie des neurones associatifs, &laquo;&nbsp;Again&nbsp;&raquo; d&rsquo;Archive me plonge en enfance.


Il me faut dire, pr&eacute;ciser, que rentrant de la p&ecirc;che, rentrant de r&ecirc;vasser, c&rsquo;est toujours les m&ecirc;mes cassettes que j&rsquo;encastrais dans le lecteur&nbsp;: &laquo;&nbsp;Wish you were here&nbsp;&raquo; puis venait &laquo;&nbsp;More&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Dark side of the  moon&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Ummagumma&nbsp;&raquo;&hellip;


Il me faut pr&eacute;ciser aussi, qu&rsquo;&eacute;coutant &ccedil;a, je lisais les frasques d&rsquo;Edmond Dant&egrave;s et lorsque je les avais finies, je les recommen&ccedil;ais, encore et encore&hellip;


Et pr&eacute;ciser aussi que lui et moi, on se ressemblait un peu&nbsp;: nous &eacute;tions d&rsquo;une &icirc;le tous les deux, nous aimions la mer et aimions la m&ecirc;me femme.   Madone, ce que Mercedes a pu me fasciner.


J&rsquo;avais sept ans.


Et depuis, seules les &icirc;les et les elles ont attir&eacute; mon attention, ont suscit&eacute; la passion.


Tout bien consid&eacute;r&eacute;, il se peut que sur mon rocher, p&ecirc;chant, r&ecirc;vassant, puis rentrant et lisant sous musique, j&rsquo;ai lib&eacute;r&eacute; un homme, ne serait-ce qu&rsquo;un.


Sauf que j&rsquo;&eacute;tais trop petit alors, pour r&eacute;aliser que cet homme, c&rsquo;&eacute;tait moi.


Et tant pis si, jamais je ne deviens corsaire.


(1) (2) (3)
]]></content:encoded></item><item><title>C&#x2019;est le printemps</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-03-27T15:16:24+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-95</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-95</guid><content:encoded><![CDATA[Aussi, je me mets au vert.]]></content:encoded></item><item><title>Sous le soleil : l&#x27;humanit&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-03-24T12:23:41+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-94</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-94</guid><content:encoded><![CDATA[C&rsquo;&eacute;tait une ann&eacute;e d&rsquo;une &eacute;trange beaut&eacute;.   Entendez par l&agrave; que sur toutes choses et durant les douze mois dont elle &eacute;tait faite, le soleil la caressait d&rsquo;une bienveillance rarement d&eacute;menti par un nuage, une ond&eacute;e, ou tout autre chose qui aurait pu la g&acirc;ter.


Elle marchait sur le trottoir, fille en jupe color&eacute;e et d&eacute;bardeur, traversait le bleu du ciel sur talons en ce douzi&egrave;me mois, et pensait pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; &ccedil;a, trouvait aussi qu&rsquo;elle avait de la chance d&rsquo;&ecirc;tre en vie, d&rsquo;&ecirc;tre dans la fleur de la jeunesse.   Sur ses l&egrave;vres s&rsquo;accrochait un sourire, et on aurait bien dit que rien n&rsquo;aurait pu l&rsquo;en d&eacute;crocher ce sourire, de ces l&egrave;vres-l&agrave;.


Sauf la vie bien s&ucirc;r, les chagrins qui vont avec, les multiples trahisons dont elle est faite, et tout le reste de m&eacute;chancet&eacute; qu&rsquo;elle trimballe et distribue au fil de son inexorable &eacute;coulement.


Mais &ccedil;a, elle ne le savait pas encore, et moi je n&rsquo;avais aucune envie d&rsquo;interrompre sa foul&eacute;e pour le lui apprendre.


J&rsquo;ai regard&eacute; pass&eacute; l&rsquo;innocence, et la voyant pass&eacute;, j&rsquo;ai pens&eacute;&nbsp;: l&rsquo;innocence des autres est la seule chose qu&rsquo;il nous reste apr&egrave;s avoir consommer la notre, apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre fait bouffer d&rsquo;espoir, la seule chose &agrave; laquelle s&rsquo;accrocher, et sans doute est-ce pour cette raison que l&rsquo;humanit&eacute; poursuit la grande aventure, pour cette raison qu&rsquo;elle se reproduit.


C&rsquo;est pas tr&egrave;s noble certes, voire tr&egrave;s l&acirc;che, mais sans cette l&acirc;chet&eacute; qui profiterait, qui raconterait ladite ann&eacute;e d&rsquo;une &eacute;trange beaut&eacute;&nbsp;?
]]></content:encoded></item><item><title>Ellipse solaire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-03-17T15:36:47+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-93</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-93</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;&eacute;tais l&agrave;, &agrave; simplement me dire que la vie &eacute;tait belle, lorsque tout soudainement, j&rsquo;ai pens&eacute; au pass&eacute;, pens&eacute; &agrave; l&rsquo;imparfait donc, pass&eacute; pas si simple qu&rsquo;il n&rsquo;y parait.


Le soleil arrosait la terrasse d&rsquo;autant de rais lumineux et quantit&eacute; de gambettes talonnaient le trottoir parce que l&rsquo;apr&egrave;s midi &eacute;tait chaud, parce que les filles en jupes savent mieux que la m&eacute;t&eacute;o, le temps qu&rsquo;il fait.   Les filles jamais ne se trompent sur le sujet, sans parler que les filles sont beaucoup plus jolies qu&rsquo;une grenouille avec une &eacute;chelle sur le dos.


Ce qui tombait bien parce que de grenouille, d&rsquo;&eacute;chelle, y en avait pas.


Pas d&rsquo;avantage dans mon verre que sur le trottoir.


Et dans ce pass&eacute; pas si simple, sans grenouille et sans &eacute;chelle donc, mais peut-&ecirc;tre dans le fond de mon verre, j&rsquo;ai bien cru retrouver un sourire.


J&rsquo;ai fouill&eacute; les bulles, essayant de savoir &agrave; qui il appartenait, mais non, rien &agrave; faire.


J&rsquo;ai recommand&eacute; un autre verre pour explorer davantage le sujet, m&rsquo;en faire une id&eacute;e plus concise, voire pr&eacute;cise, mais le sourire pass&eacute; c&rsquo;est mis &agrave; conjuguer le temps autrement, a bascul&eacute; au futur.


Alors.


Alors bien s&ucirc;r.


J&rsquo;ai fouill&eacute; des yeux l&rsquo;avenir, de table en table, j&rsquo;ai cherch&eacute; et fini par trouver.


Deux tables plus loin, seule, une fille jolie comme un jour de soleil lisait un bouquin.


Avec le m&ecirc;me sourire qu&rsquo;imagin&eacute;, &ccedil;a va de soit.


J&rsquo;ai pas  trop h&eacute;sit&eacute;, je me suis lev&eacute; pour aller la trouver.   Le retrouver serrait plus juste vu que c&rsquo;est un peu beaucoup l&rsquo;id&eacute;e que j&rsquo;avais en t&ecirc;te.


Sauf que.


Sauf que les grenouilles, les &eacute;chelles, s&rsquo;arrangent avec le soleil, s&rsquo;arrangent avec le contre-jour et, donc, j&rsquo;avais pas vu la couverture du bouquin.   Elle &eacute;tait voil&eacute;e, dissimul&eacute;e, cram&eacute;e de soleil ladite couverture.


La d&eacute;couvrant, j&rsquo;ai dis&nbsp;:


&mdash; &Egrave;h, mais c&rsquo;est moi qui ai &eacute;crit &ccedil;a&nbsp;!


Et je l&rsquo;ai r&eacute;p&eacute;t&eacute;, vu qu&rsquo;elle bronchait pas.


Elle a pos&eacute;ment repos&eacute; le bouquin, plant&eacute; ses yeux dans les miens et r&eacute;pondu :


&mdash; Et moi j&rsquo;aimerais &ecirc;tre la reine d&rsquo;Angleterre.


C&rsquo;est l&agrave; que j&rsquo;ai su que tous les deux c&rsquo;&eacute;tait foutu.


Je me m&eacute;lange d&eacute;j&agrave; le pr&eacute;sent, le pass&eacute; pas si simple avec le futur imm&eacute;diat, alors le conditionnel&hellip;


Sans parler que si elle &eacute;tait reine d&rsquo;Angleterre, elle serait vieille et moche.


Alors rien.]]></content:encoded></item><item><title>&#xc0; michelin de la gloire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-03-09T17:28:33+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-92</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-92</guid><content:encoded><![CDATA[Suite &agrave; une s&eacute;ance de d&eacute;dicaces en librairie, j&rsquo;ai eu droit &agrave; un article avec photo de ma poire dans le journal du coin.   Depuis, les patrons de bistrots me regardent d&rsquo;un dr&ocirc;le d&rsquo;air, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;air d&rsquo;un m&ocirc;me qui viendrait d&rsquo;apprendre que le p&egrave;re No&euml;l n&rsquo;existe pas, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;air d&rsquo;un type qui soudain r&eacute;alise qu&rsquo;un &eacute;crivain ressemble &agrave; l&rsquo;ordinaire des jours.


&mdash; Ordinaire, vous dites&nbsp;?   &Egrave;ho mon petit p&egrave;re, je fais dans le quatre &eacute;toiles litt&eacute;raire moi.


&mdash; Mon pinard aussi, il r&eacute;torque en se marrant.


Et que r&eacute;pondre &agrave;  &ccedil;a&nbsp;?]]></content:encoded></item><item><title>Assiette anglaise</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-03-04T13:30:41+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-91</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-91</guid><content:encoded><![CDATA[Pourquoi faut-il toujours que les assiettes anglaises soient compos&eacute;es de charcuteries fran&ccedil;aises, et pourquoi encore, faut-il qu&rsquo;on me refourgue du Jarmusch comme du cin&eacute;ma d&rsquo;art et d&rsquo;essai, du vrai&nbsp;.   Un qu&rsquo;aurait quelque chose &agrave; dire.


J&rsquo;ai aim&eacute; &laquo;&nbsp;Down by law&nbsp;&raquo;, non, je mens, j&rsquo;ai ador&eacute;.


Mais Coffee and cigarettes&hellip;


Mais Broken flowers


&mdash; &Eacute;h Jim, c&rsquo;est bien d&rsquo;essayer.   Mais pour l&rsquo;art on fait quoi au juste&nbsp;?


Merde, je me suis rarement autant emmerd&eacute; que devant Broken Flowers et, regardant mon assiette, l&agrave; et maintenant au restaurant, assiette anglaise donc, j&rsquo;ai comme un doute.


&mdash; Dites, elle a quoi d&rsquo;Anglaise cette assiette&nbsp;?


&mdash; Rien, mais suffit d&rsquo;y croire&nbsp;, elle me r&eacute;pond.   C&rsquo;est un peu comme le cin&eacute;ma, voyez&nbsp;?


Je vois parfaitement.   La consommer ne me rendra pas plus instruit en art culinaire, mais au moins je pourrais en causer en soir&eacute;e vu que j&rsquo;aurais essay&eacute;, que, de fait, je serais un essayiste &agrave; mon tour&nbsp;:


&mdash; Alors, le dernier Jim Jarmush, une merveille non&nbsp;?   C&rsquo;est si&hellip; si&hellip; si&hellip;, c&rsquo;est tellement &laquo;&nbsp;si&nbsp;&raquo; que c&rsquo;est bien simple, je trouve pas mes mots&hellip;


&mdash; Je sais pas, j&rsquo;&eacute;tais pas dans mon assiette&nbsp;!


&mdash; Et Bill Murray incroyable non&nbsp;?


&mdash; Au moins autant qu&rsquo;une tranche de jambon perdu sur une banquette, m&ecirc;me jeu, m&ecirc;me expression, avec le gras et tout et tout.   Sans parler des condiments illustratifs f&eacute;minins, waouw quelle chouette assiette, et puis&nbsp;: surprise au final, vous allez rire, j&rsquo;ai m&ecirc;me pas trouv&eacute; le final.


&mdash; Le final&nbsp;?


&nbsp;&mdash; Oui, le pain pour saucer, voyez&nbsp;?


&mdash; Non&nbsp;?


&mdash; C&rsquo;est pas si grave, je lui dis, parce que les corps nichons, je les ai bien vu, sans parler que dans les assiette anglaises y&rsquo;a pas de quoi saucer&nbsp;!


&mdash; Nous ne parlons certainement pas de la m&ecirc;me &oelig;uvre Monsieur, il fait, outr&eacute;.   Ajoute que d&eacute;cid&eacute;ment &laquo;&nbsp;L&rsquo;intelligence, la sensibilit&eacute;, n&rsquo;est pas si commune.   Dommage&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


Je suis hors d&rsquo;&oelig;uvre donc, le r&eacute;alise et me ressers un verre, le vide cul sec, m&rsquo;en ressers un autre, ajoute que d&eacute;cid&eacute;ment, j&rsquo;insupporte tous ces types que la culture paye au nom d&rsquo;un minist&egrave;re, au nom du non jugement comme un bien fait&nbsp;: chose admise.


&mdash; Une autre assiette anglaise Monsieur&nbsp;?


&mdash; Une Jim Jarmusch&nbsp;?


&mdash; Non, celle-ci est nomm&eacute;e Stephen Fears.


&mdash; Alors volontiers.


&mdash; Monsieur&nbsp;?


&mdash; Oui&nbsp;?


&mdash; Jim Jarmusch&nbsp;est am&eacute;ricain, pas anglais.


Oui, mais si j&rsquo;avais d&eacute;but&eacute; ma critique de Broken flowers en &eacute;voquant une assiette am&eacute;ricaine, personne n&rsquo;aurait compris, ni suivi.   Non&nbsp;?


Elle sourit, ajoute qu&rsquo;apr&egrave;s tout c&rsquo;est mon texte, que je fais ce que je veux donc.


Et je bois un autre verre, et la regardant partir plateau sous le bras, je me d&eacute;sesp&egrave;re de constater que les personnages qui me plaisent dans cette vie, sont ceux que j&rsquo;invente, pas moyen donc de r&eacute;cup&eacute;rer un num&eacute;ro de t&eacute;l&eacute;phone, de les inviter &agrave; d&icirc;ner, au cin&eacute;ma pourquoi pas&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Moudre</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-03-01T22:08:51+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-90</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/mar-2007#unique-entry-id-90</guid><content:encoded><![CDATA[Et se fondre dans l&rsquo;alcool, comme on se fond entre les cuisses d&rsquo;une fille, et puis pleurer  de trop d&rsquo;envie non consomm&eacute;e, de trop d&rsquo;ivresse assouvie, de trop de je-sais-plus-dis-mon-amour-c&rsquo;est-de-quelle-c&ocirc;t&eacute;-la-vie-d&eacute;j&agrave;&nbsp;?   Et puis rouler par terre dans la nuit de l&rsquo;insomnie, dans celle qui vient te chercher comme pour te d&eacute;triper au ventre, te d&eacute;boyauter et t&rsquo;envoyer te faire foutre au petit matin.   Va rouler bouler po&egrave;te mis&egrave;re, ramasse ta couette, tes oripeaux de sommeil et casse-toi.   Ici on r&ecirc;ve pas, on prend le m&eacute;tro, on va au boulot !   Y&rsquo;a pas de place pour le songe.   Songe-y. 


	&Agrave; la ramasse trottoir s&rsquo;&eacute;veiller, groggy.


	Puis, patiemment attendre que revienne la petite musique&nbsp;: Dis-mon-amour-c&rsquo;est-de-quelle-c&ocirc;t&eacute;-la-vie-d&eacute;j&agrave;&nbsp;?


	Question en bouche qui fait mouche.


	Et putain de mouche qui d&eacute;j&agrave; virevolte entre les mollets d&rsquo;une fille, qui se glisse sous sa jupe, remonte au ventre, dans son d&eacute;collet&eacute;, et qui grimpante va se poser sur un sourire&nbsp;: grain de beaut&eacute; sur l&egrave;vres.


	Madone, je suis rien moi, mais je reprendrais bien un verre pour affronter tant de beaut&eacute; ramass&eacute;e en un seul grain.


	Et savoir d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;on a perdu cette partie-l&agrave;,  aussi.


	Partie infime&nbsp;: grain de folie.
]]></content:encoded></item><item><title>Style politique &#xe0; la sauce lambda et panoplie de d&#xe9;magogie assortie. Le tout pour la modique somme d&#x2019;un bulletin de vote.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-02-24T15:16:42+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-89</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-89</guid><content:encoded><![CDATA[Depuis quelque temps, un pr&eacute;sidentiable dont la pens&eacute;e est aussi ramass&eacute;e que sa taille, remplace ses &laquo;&nbsp;Si je suis &eacute;lu pr&eacute;sident de la r&eacute;publique&hellip;&nbsp;&raquo; par des &laquo;&nbsp;Si j&rsquo;suis &eacute;lu Pr&eacute;sident de la r&eacute;publique&hellip;&raquo;.   Sans doute pense-t-il que formulant ainsi son d&eacute;sir de grandeur, il se rapproche de l&rsquo;homme de la rue qui, &mdash; comme chacun sait et s&rsquo;en doute &mdash; est pi&egrave;tre causeur. 


Ou s&rsquo;imagine-t-il que passant &agrave; l&rsquo;as un &laquo;&nbsp;e&nbsp;&raquo; qu'il sera prochainement roi du nous.   Ou peut-&ecirc;tre qu&rsquo;un des membres de son &eacute;quipe de communication, &mdash; membre d&rsquo;&eacute;lite &ccedil;a va de soit &mdash; s&rsquo;est pench&eacute; sur la question, et qu&rsquo;&eacute;quip&eacute; de tout son savoir ledit membre a d&eacute;couvert que le lambda s&rsquo;exprimait ainsi&nbsp;:


&mdash; Un p&rsquo;tit caf&eacute; Marcel&nbsp;?


&mdash; J&rsquo;suis pas s&ucirc;r, vais p&rsquo;t&rsquo;&ecirc;tre bien m&rsquo;prendre une pression.


D&rsquo;o&ugrave; la grande r&eacute;v&eacute;lation et&nbsp;sa mise en application.


Et tu sais quoi Machin, outre que virer les &laquo;&nbsp;e&nbsp;&raquo; de ton univers c&rsquo;est tout bonnement ignorer les autres, c&rsquo;est pas la peine de nous effacer les articulations parce que finalement, m&ecirc;me &agrave; genoux, on sera toujours un peu plus grand que toi.   Faut dire que &laquo;&nbsp;On&nbsp;&raquo;&nbsp;: hommes, femme de la rue, &ccedil;a fait tellement de temps qu&rsquo;on grimpe sur le m&eacute;pris que : forc&eacute;ment&hellip;


&mdash; Alors Marcel&nbsp;?


&mdash; Laisse tomber le caf&eacute;, la pression, m&rsquo;faut un truc fort.   Et sers m&rsquo;en un double&nbsp;!


Ce qui me fait penser &agrave;
]]></content:encoded></item><item><title>S&#xe9;ance de d&#xe9;dicaces</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-02-20T10:44:17+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-88</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-88</guid><content:encoded><![CDATA[Le samedi 3 mars &agrave; partir de 14h30.   Librairie Point-Virgule &agrave; Aurillac.


(D'autres dates et d'autres lieux suivront.)]]></content:encoded></item><item><title>Best&#x2c; c&#x27;est l&#x27;heure d&#x27;en causer un peu.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-02-14T15:09:34+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-87</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-87</guid><content:encoded><![CDATA[Je viens de lire une s&eacute;rie d&rsquo;avis dans un magazine litt&eacute;raire et nouvelliste intitul&eacute; &laquo; Les muses &agrave; tremplin &raquo; ou &laquo; Foyer d&rsquo;auteurs &eacute;mergeants &raquo; &ndash; magazine pertinent &mdash; j&rsquo;en reparlerai.   La question pos&eacute;e est &laquo; Comment bien &eacute;crire un best-seller et qu&rsquo;est-ce que bien &eacute;crire un best-seller ?   &raquo;, &agrave; l&rsquo;issue de ma lecture, je me renverse sur ma chaise, r&eacute;fl&eacute;chis un peu, puis me relis l&rsquo;ensemble et me dis, tiens, c&rsquo;est curieux.   Entendez par &laquo; C&rsquo;est curieux &raquo; que nul n&rsquo;aborde le ph&eacute;nom&egrave;ne en cherchant le point commun partag&eacute; par tous les best-sellers, parce que bien s&ucirc;r il en est un, celui la m&ecirc;me qui fait que jamais je n&rsquo;en &eacute;crirais un, comme bon nombre d&rsquo;entre nous qui s&rsquo;adonnent &agrave; l&rsquo;&eacute;criture .   Question d&rsquo;&eacute;thique ?   Non s&ucirc;rement pas, ni d&rsquo;ailleurs de principe, non, simple question de partage, car voyez-vous, ce qu&rsquo;ont tous les best-sellers en commun, ce sont des spectateurs.   C&rsquo;est-&agrave;-dire des personnes assistant au spectacle &mdash; bon ou mauvais le spectacle, l&agrave; n&rsquo;est pas le propos &mdash; mais qui jamais ne sont acteur ou intervenant dans l&rsquo;&oelig;uvre propos&eacute;e.   Ils assistent, mais jamais ne participent, jamais leur imagination n&rsquo;est sollicit&eacute;e pour remplir les combles laiss&eacute; &agrave; leur intention.   Dans un best-seller, l&rsquo;auteur ne laisse aucun interstice, aucune information en absence qui devrait &ecirc;tre imagin&eacute; par son lecteur.   Un best-seller c&rsquo;est une machine &agrave; passer le temps agr&eacute;ablement, presque b&eacute;atement, mais de notre imaginaire le best-seller se fout.   Assied-toi, muselle ta cr&eacute;ativit&eacute;, tout ici te sera dit, expliqu&eacute;, d&eacute;montr&eacute;.   &laquo; &Eacute;h, tiens ta place, tu n&rsquo;es que lecteur !   Du talent toi, t&rsquo;en as pas !   &raquo;


Sur ce, je m&rsquo;en retourne &agrave; l&rsquo;&eacute;criture, je vais m&rsquo;essayer &agrave; un genre ou nous sommes deux, un genre ou je te laisserais une place sur le banc de mon roman, &agrave; toi lecteur, parce que les histoires d&rsquo;amour sont si belles d&eacute;s lors qu&rsquo;on les construit en couple.]]></content:encoded></item><item><title>Le langage des signes</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-02-12T12:49:56+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-86</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-86</guid><content:encoded><![CDATA[&mdash; Tu fais quoi dans la vie&nbsp;?


&mdash; En ce moment, sept &agrave; huit mille signes par jour.


&mdash; Traducteur pour les sourds et malentendants.   C&rsquo;est chouette comme boulot, elle dit.


Je n&rsquo;ose d&eacute;mentir.


&Ccedil;a a l&rsquo;air de lui faire plaisir.


Je n&rsquo;ose pas non plus lui pr&eacute;ciser qu&rsquo;en plus de surdit&eacute; je m&rsquo;occupe de c&eacute;cit&eacute;, vu que jour apr&egrave;s jour, je Braille dans le silence.
]]></content:encoded></item><item><title>Et si je m&#x27;absentais&#x2c; un peu</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-02-05T16:31:59+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-85</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-85</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspTout d&rsquo;abord, merci de me lire.


&nbsp;&nbsp;&nbspEnsuite, vous dire que ce blog sera d&eacute;sormais aliment&eacute; de mani&egrave;re &eacute;pisodique, pour ne pas dire&nbsp;: de fa&ccedil;on al&eacute;atoire,&nbsp;vu que j&rsquo;ai replong&eacute; dans du long, genre quelques centaines de milliers de signes qui tous vont tenter de vous suspendre un peu au dessus de la vie l&rsquo;espace d&rsquo;un moment de lecture.


&nbsp;&nbsp;&nbspAdonc, &agrave; bient&ocirc;t.


P.S.   Et j'oublie pas les maillots :-)
]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;&#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re tendresse</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-02-02T10:40:50+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-84</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-84</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspCe matin, la bu&eacute; dessinait un visage de fille sur le carreau de ma fen&ecirc;tre, une d&rsquo;une tendresse infinie, une au c&oelig;ur &agrave; fleur de peau.   &Agrave; tel point qu&rsquo;elle fondit en larmes devant l&rsquo;aube qui se levait.]]></content:encoded></item><item><title>Des bo&#xee;tes&#x2c; comme autant d&#x27;amours empaquet&#xe9;s en clich&#xe9;s et : direction le fun&#xe9;rarium sentimental </title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-02-01T15:13:08+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-83</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/feb-2007#unique-entry-id-83</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp&laquo;&nbsp;Rien &agrave; foutre&nbsp;&raquo;, il gueule &laquo;&nbsp;Dans tous les cas on finira tous, tous autant que nous sommes, vous, moi, les autres, tous dans des bo&icirc;tes et puis voil&agrave;&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


&laquo;&nbsp;Et puis voil&agrave;&nbsp;&raquo; il r&eacute;p&egrave;te l&rsquo;air vaguement inquiet.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi le propos m&rsquo;attriste, c&rsquo;est pas tant pour le fun&egrave;bre, non, de &ccedil;a je m&rsquo;en fous, je m&rsquo;en tape comme pas permis, la mort viendra et, comme dans la chanson, probablement &laquo;&nbsp;que la mienne n&rsquo;aura pas comme dans le Larousse, un squelette, un linceul, &agrave; la main une faux, mais fille de vingt ans &agrave; chevelure rousse.   En voile de mari&eacute;e, elle aura ce qu'il faut*&nbsp;&raquo;.


&nbsp;&nbsp;&nbspJe m&rsquo;en tape.


&nbsp;&nbsp;&nbspMais


&nbsp;&nbsp;&nbspFinir dans une bo&icirc;te de mon vivant.


&nbsp;&nbsp;&nbspRecueil de souvenirs itin&eacute;rant.


&nbsp;&nbsp;&nbspD&rsquo;un d&eacute;m&eacute;nagement au suivant


&nbsp;&nbsp;&nbspMais


&nbsp;&nbsp;&nbspEmpil&eacute;s les amants, les amours


&nbsp;&nbsp;&nbspPar clich&eacute;s souvenirs compte &agrave; rebours


&nbsp;&nbsp;&nbspApr&egrave;s lui, l&rsquo;autre, c&rsquo;est ton tour


&nbsp;&nbsp;&nbspMais


&nbsp;&nbsp;&nbspFinir consultation m&eacute;lancolique


&nbsp;&nbsp;&nbspUn soir de blues amer-panique


&nbsp;&nbsp;&nbspSe m&eacute;langer avec machin, bidule, Eric&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspMais


&nbsp;&nbsp;&nbspMais je recommande &agrave; boire, paye un verre &agrave; l&rsquo;oracle soifard.


&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; On finira tous dans des boites, c&rsquo;est ainsi, il dit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; C&rsquo;est ainsi je r&eacute;p&egrave;te, et ajoute les mots du po&egrave;te&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il semble que la mort, est la s&oelig;ur de l&rsquo;amour, la mort qui nous attend et l&rsquo;amour qu&rsquo;on appelle, et si lui ne vient pas, elle  viendra toujours*&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbspIl finit son verre, semble se perdre un peu dans lesdits mots, puis dis :


&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Dans une bo&icirc;te ou un album photo, elle viendra toujours.


* "Ne chantez pas la mort"&nbsp;.   Paroles : J.R Caussimon, musique et interpr&eacute;tation : L&eacute;o Ferr&eacute;.]]></content:encoded></item><item><title>Chroniques</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-30T09:13:08+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-82</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-82</guid><content:encoded><![CDATA[<a name="annah-01">&nbsp;</a></br>Annah


(1)


&nbsp;&nbsp;&nbspLui, ce qu&rsquo;il aurait aim&eacute;, c&rsquo;est &ecirc;tre marin.   Pas tant qu&rsquo;il aime la mer, non, ni d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il l&rsquo;ait fr&eacute;quent&eacute; et encore moins navigu&eacute;, mais l&rsquo;id&eacute;e le s&eacute;duit, au regard de sa vie.


&nbsp;&nbsp;&nbspLe s&eacute;duit l&agrave;, tandis que jour apr&egrave;s jour, verre apr&egrave;s verre, mot apr&egrave;s mot&nbsp;: pos&eacute;s, d&eacute;pos&eacute;s&nbsp;sur carnet, il attend la r&eacute;demption &agrave; la table d&rsquo;un bistrot.


&nbsp;&nbsp;&nbspIl sait que jamais ladite r&eacute;demption ne viendra.   La r&eacute;demption c&rsquo;est un peu comme les filles&nbsp;: elles peuvent vous aguicher&nbsp;; vous s&eacute;duire&nbsp;; quelquefois y aller d&rsquo;une proposition franche&nbsp;; voire vous aimer en plein, mais venir vous chercher, ramasser leur morgue genre&nbsp;: je t&rsquo;en-veux-&agrave;-mort-mon-amour-mais-oublions-&ccedil;a-tu-veux et vous d&eacute;loger de la marge pour vous entra&icirc;ner dans la page et que tout recommence : jamais&nbsp;!


&nbsp;&nbsp;&nbspFaut pas r&ecirc;ver.


&nbsp;&nbsp;&nbspSa r&eacute;demption a lui, se nomme Annah.


&nbsp;&nbsp;&nbspMais avant de vous raconter Annah, avant de vous dire qui elle est, ou vous dire pour quelle raison au juste le m&eacute;tier de marin lui aurait plu &agrave; lui, permettez que je mette en place le d&eacute;cor et que je l&rsquo;installe lui, dans ledit d&eacute;cor.


&nbsp;&nbsp;&nbspC&rsquo;est un bistrot aux allures de bouge.   Le m&ecirc;me o&ugrave; il s&rsquo;assoit au quotidien, &agrave; la m&ecirc;me place, toujours face &agrave; la porte, des fois qu&rsquo;elle reviendrait.


&nbsp;&nbsp;&nbspCe n&rsquo;est pas un bistrot ordinaire m&ecirc;me si commun.


&nbsp;&nbsp;&nbspSuffit d&rsquo;observer la client&egrave;le pour s&rsquo;en rendre compte, suffit de d&eacute;tailler les lieux pour le r&eacute;aliser.


&nbsp;&nbsp;&nbspLes lieux&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsples tables 100% formica s&rsquo;alignent en une rectitude quasi militaire, s&rsquo;accompagnent de chaises recouvertes moleskine rouge, ceinturent un comptoir qui court ind&eacute;finiment, un qui brille au zinc comme un fanal et, pile dessus, assis sur le journal destin&eacute; aux clients&nbsp;: bavant, ronflant&nbsp;; reniflant&nbsp;; morvant tout son saoul : un chien.   Mais pas n&rsquo;importe quel chien, non, celui-ci est un chien dipl&ocirc;m&eacute;, concours de beaut&eacute; en veux-tu en voil&agrave;, prim&eacute; ici et l&agrave;, ailleurs, partout.   Y&rsquo;a l&rsquo;embarras du choix, les murs affichent ses r&eacute;compenses, se tapisse de certificats &agrave; la lie.   C&rsquo;est un bouledogue, et comme tous les bouledogues il se paye un sale caract&egrave;re, n&rsquo;admet en aucun cas qu&rsquo;on lui chipe le journal, ni qu&rsquo;on le regarde de travers, ni rien d&rsquo;autre.   Pas m&ecirc;me une caresse, une tape amicale, rien.


&nbsp;&nbsp;&nbspLe patron n&rsquo;est pas plus aimable, ressemble &agrave; son chien, mord aussi volontiers, mais contrairement &agrave; son chien, il ne gagnera jamais un concours de beaut&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbspQuestion de canon en vigueur.


&nbsp;&nbsp;&nbspLa client&egrave;le&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp&Ccedil;a d&eacute;marre t&ocirc;t et &ccedil;a d&eacute;marre pas qu&rsquo;&agrave; moiti&eacute;.   Rien &agrave; voir avec la g&eacute;n&eacute;ration eau plate et jus de tomate, non, ici &ccedil;a d&eacute;marre au blanc, au communard d&eacute;s les cinq heures du mat&rsquo;, et plus la journ&eacute;e s&rsquo;avance, et plus &ccedil;a tend au rouge, au jaune entre midi et deux&hellip; &Ccedil;a fait pas dans la dentelle mais dans la couleur et dans la gouaille.   &Ccedil;a fait dans le &laquo;&nbsp;Va te faire foutre&nbsp;!&raquo;  , dans le &laquo;&nbsp;C&rsquo;est la mienne&nbsp;!   &raquo; dans le &laquo;&nbsp;&Ecirc;tre saoul&nbsp;?   Merde &ccedil;a fait tellement de temps que &ccedil;a m&rsquo;est pas arriv&eacute; que je sais m&ecirc;me plus comment c&rsquo;est&nbsp;!   Pas faute d&rsquo;essayer pourtant. &raquo; ou &ccedil;a fait comme y a pas cinq minutes alors qu&rsquo;une palanqu&eacute; de piliers reprochait sa tenue, sa situation sociale, ses m&oelig;urs a une habitu&eacute;e&nbsp;: &nbsp;&laquo;&nbsp;Ouais&nbsp;!   Je suis une vieille pute qui se rince la gueule au comptoir de la sentence sociale, et je vous emmerde&nbsp;tas de cons&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp&Ccedil;a vie quoi.


&nbsp;&nbsp;&nbspIl s&rsquo;installe, sort de ses fouilles un carnet, un stylo, se demande une fois encore en observant le tableau, pourquoi il l&rsquo;aime tellement ce bistrot, vise la porte&nbsp;: sait-on jamais&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspC&rsquo;est par l&agrave; qu&rsquo;elle devrait venir, par l&agrave; que tout sourire elle devrait entrer.


&nbsp;&nbsp;&nbspDans quelques minutes peut-&ecirc;tre, ou demain&hellip; Plus tard, qu&rsquo;importe, il a le temps.


&nbsp;&nbsp;&nbspIl le prend.


&nbsp;&nbsp;&nbspPrend un caf&eacute;, un double.


&nbsp;&nbsp;&nbspPense, repense &agrave; Annah.


(&Agrave; suivre)]]></content:encoded></item><item><title>Si seulement</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-29T14:05:04+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-81</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-81</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspIl est assis au fond de la salle, ses yeux se perdent quelque part au-del&agrave; du zinc, au-del&agrave; de la glace devant laquelle s&rsquo;empilent des centaines de bouteilles, et encore au-del&agrave; du monde.   Entre ses doigts il roule une cigarette, il en a l&rsquo;habitude&nbsp;: ne pr&ecirc;te aucune attention &agrave; ses gestes avant que de se la coller au bec &ndash; parfaite &mdash; avec la m&ecirc;me indiff&eacute;rence, avant que d&rsquo;y foutre le feu, d&rsquo;aspirer profond&eacute;ment, d&rsquo;exhaler entre ses l&egrave;vres &eacute;paisses une fum&eacute;e bleut&eacute;e.


&nbsp;&nbsp;&nbspLes volutes s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent, l&egrave;chent les murs, ourlent un instant le lustre, puis doucement, s&rsquo;&eacute;vanouissent.


&nbsp;&nbsp;&nbspIl semble attendre quelque chose.   Quelqu&rsquo;un.   Quelqu&rsquo;une peut-&ecirc;tre&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspUne qui est parti il y a de cela longtemps, mais toujours partie de lui, une qui &mdash; il le sait &mdash;, ne reviendra pas.


&nbsp;&nbsp;&nbspMais l&rsquo;espoir&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspDepuis, inlassablement il repasse, ressasse les s&eacute;quences d&rsquo;une vie perdue, vie &agrave; deux.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement.


&nbsp;&nbsp;&nbsp&laquo;&nbsp;Si seulement&hellip;&nbsp;&raquo; il r&eacute;p&egrave;te.


&nbsp;&nbsp;&nbspPuis recommande un verre.


&nbsp;&nbsp;&nbspDe la table contigu&euml;, je souris de ces mots prononc&eacute;s &agrave; voix haute.   Le &laquo;&nbsp;Si seulement&nbsp;&raquo; d&rsquo;un point de vue litt&eacute;raire &ccedil;a vaut pas tripette, parce que bien s&ucirc;r &ccedil;a r&eacute;sume l&rsquo;essentiel d&rsquo;une vie, la votre, la mienne, celle du voisin&hellip; Pas de quoi en faire un roman donc.


&nbsp;&nbsp;&nbspPlus tard, me mettant au travail, fouillant les mots pour en extirper quelques-uns qui voudraient bien repartir au front en qu&ecirc;te de beaut&eacute;, des qui sonneraient juste, me tra&icirc;ne toujours sous caboche l&rsquo;image de cet homme gonfl&eacute; d&rsquo;espoir attendant une fille qui jamais ne reviendra se jeter dans ses bras.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement j&rsquo;arrivais &agrave; penser &agrave; autre chose, &agrave; me concentrer par exemple.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement mon clavier m&rsquo;inspirait&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspMais peut-&ecirc;tre qu&rsquo;&agrave; cet instant pr&eacute;cis, ladite fille franchit les portes du bistrot, rep&egrave;re son attendant, s&rsquo;avance, balbutie quelques mots en guise d&rsquo;excuses et se love dans ses bras pour faire p&eacute;ter la vie &agrave; pleins poumons.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement, j&rsquo;&eacute;crirais volontiers l&agrave;-dessus.   M&ecirc;me que j&rsquo;en ferais une chronique qui balaierait tous les &laquo;&nbsp;Si seulement&nbsp;&raquo; pour, en place, livrer une de ces histoires qui font que le monde gagne en beaut&eacute;, en &eacute;motion&nbsp;: d&eacute;coction de sentiments.


&nbsp;&nbsp;&nbspOui mais.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement vous me le demandiez.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;am&#xe9;lie&#x2a;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-27T12:16:42+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-80</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-80</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspLire Nothomb et r&eacute;aliser qu&rsquo;elle ne creuse pas les notres, non, mais bien celles de la litt&eacute;rature.


* Au sens m&eacute;dical du terme.]]></content:encoded></item><item><title>Les oiseauxmots</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-26T09:08:23+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-79</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-79</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;&rsquo;&eacute;tais en apn&eacute;e cr&eacute;ative.


&nbsp;&nbsp;&nbspJe manquais d&rsquo;air, d&rsquo;id&eacute;e, de passion, mon allocation talent venait d&rsquo;expir&eacute; rue de l&rsquo;inspiration, au coin, dans le froid et sur le trottoir.


&nbsp;&nbsp;&nbspLimite si je tapinais pas.


&nbsp;&nbsp;&nbspLes mots volaient, tournaient au-dessus de ma t&ecirc;te mais jamais ne s&rsquo;y posaient, jamais ne s&rsquo;y nichaient.   Je demandais pas grand-chose pourtant, pas une colonie, pas m&ecirc;me la moiti&eacute; d&rsquo;une, pas une tribu, pas m&ecirc;me une grande famille&hellip; Non, un couple de mots et leur nich&eacute;e m&rsquo;auraient suffit, pour peu qu&rsquo;aux petits mots nouveaux-n&eacute;s, on ait donn&eacute; un nom.


&nbsp;&nbsp;&nbspSi le premier s&rsquo;&eacute;tait appel&eacute; &laquo;&nbsp;Je&nbsp;&raquo;, fils de &laquo;&nbsp;Point&nbsp;&raquo;, qu&rsquo;il eut &eacute;t&eacute; humble malgr&eacute; &ccedil;a, que ses trois fr&egrave;res se soient appel&eacute;s respectivement &laquo;&nbsp;t&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Apostrophe&nbsp;&raquo;, et pourquoi pas &laquo;&nbsp;Viens&nbsp;&raquo;,  que la cadette n&eacute;e d&rsquo;Amour ait &eacute;t&eacute; baptis&eacute;e &laquo;&nbsp;Exclamation&nbsp;&raquo;, et si seulement les jumeaux &laquo;&nbsp;Guillemets&nbsp;&raquo; n&rsquo;&eacute;taient pas mort-n&eacute;s, j&rsquo;aurais pu composer, l&agrave;, au coin de la rue, sur le trottoir et dans le froid, et je t&rsquo;aurais dit &laquo;&nbsp;Je t&rsquo;aime.   Viens&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbspAlors peut-&ecirc;tre&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspMais tu es pass&eacute;e, et sur ton passage les oiseauxmots se sont envol&eacute;s, emportant avec eux l&rsquo;inspiration.]]></content:encoded></item><item><title>De la musique plut&#xf4;t que des mots</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-25T10:49:30+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-78</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-78</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspAttraper la gratte, encha&icirc;ner quelques accords, deux-trois petits solos, balancer le r&eacute;sultat dans le logiciel idoine, r&eacute;unir quantit&eacute; de samples, r&eacute;fl&eacute;chir un peu, mixer, cuisiner les sons quelques heures et voil&agrave;&nbsp;: ]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;angoisse du roi Salomon</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-24T04:16:13+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-76</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-76</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;attrape &laquo;&nbsp;Tokyo-Montana express&nbsp;&raquo; pour la &eacute;ni&egrave;me fois relire une courte nouvelle intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;La plus petite temp&ecirc;te de neige jamais recens&eacute;e&nbsp;&raquo;.   Faut dire que dehors il neige et neige encore tandis que dedans j&rsquo;insomnise &agrave; tout va.   Elle est si petite la temp&ecirc;te de neige de Brautigan qu&rsquo;elle se compose de deux flocons, deux flocons qui se prennent pour Laurel et Hardy avant que d&rsquo;aller se m&ecirc;ler aux restes gigantesques des temp&ecirc;tes pr&eacute;c&eacute;dentes.


&nbsp;&nbsp;&nbspUne merveille de nouvelle.


&nbsp;&nbsp;&nbspRefermant le bouquin, il m&rsquo;appara&icirc;t que &ccedil;a fait une &eacute;ternit&eacute; que je n&rsquo;ai pas lu un tr&egrave;s bon texte.


&nbsp;&nbsp;&nbspUn long.   Genre roman, je veux dire.


&nbsp;&nbsp;&nbspLe dernier que j&rsquo;ai ouvert, je l&rsquo;ai referm&eacute; page 47, abandonn&eacute; pour cause de complexification abusive de la syntaxe et du reste &mdash; certains nommeraient &ccedil;a du style.


&nbsp;&nbsp;&nbspJe ne suis pas &laquo;&nbsp;certains&nbsp;&raquo;.


&nbsp;&nbsp;&nbspSauf du contraire.


&nbsp;&nbsp;&nbspUn vrai bon roman, un broch&eacute;, jaquett&eacute; et toute la panoplie d&rsquo;un roman, &ccedil;a fait&hellip; longtemps.


&nbsp;&nbsp;&nbspEt depuis&nbsp;: plus rien.


&nbsp;&nbsp;&nbspPas faute d&rsquo;essayer pourtant.


&nbsp;&nbsp;&nbspLe pire, c&rsquo;est que je me suis habitu&eacute; &agrave; &ccedil;a, habitu&eacute; &agrave; ne plus trouver de go&ucirc;t &agrave; la litt&eacute;rature.   Je sais, c&rsquo;est triste, mais que voulez-vous, l&rsquo;&eacute;poque est &agrave; la soupe, j&rsquo;en suis gav&eacute;, j&rsquo;ai plus faim.   Et s&rsquo;il vous plait ne me dites pas que l&rsquo;app&eacute;tit vient en mangeant parce que j&rsquo;ai essay&eacute; et &ccedil;a d&eacute;pend de ce que tu bouffes.   La charogne &agrave; la Bukowsky, la boustifaille &agrave; la Brautigan, la ripaille &agrave; la Fante, celle qui te fait pousser des &eacute;motions aussi longues que des nuits blanches et te balance au petit matin dans un sommeil empli de r&ecirc;ves, c&rsquo;est fini, introuvable, remplac&eacute; par de la soupe, insipide, cupide.   L&rsquo;&eacute;poque est &agrave; la litt&eacute;rature d&rsquo;hospice, au lyophilis&eacute;, au pr&eacute;dig&eacute;r&eacute; pour vieillards &eacute;dent&eacute;s, s&eacute;niles.   Tu bouffes plus tu picores, et apr&egrave;s t&rsquo;as faim.   Forc&eacute;ment t&rsquo;as faim, &ccedil;a tient pas au ventre comme nourriture, &ccedil;a nourri pas son petit gar&ccedil;on ni ses r&ecirc;ves, que dalle.


&nbsp;&nbsp;&nbspPutain, je r&eacute;alise que si &ccedil;a se trouve je me suis gour&eacute;.   Tout bonnement plant&eacute; d&rsquo;&eacute;poque.


&nbsp;&nbsp;&nbspNotez que je ne suis en rien responsable de cet &eacute;tat de chose, mais tout de m&ecirc;me.


&nbsp;&nbsp;&nbsp&Agrave; cette heure-ci, c&rsquo;est-&agrave;-dire au presque petit matin, si j&rsquo;&eacute;tais n&eacute; bien avant, probablement que je f&ecirc;terais la chose en compagnie des susnomm&eacute;s.   Qu&rsquo;entre deux verres, deux bons mots, nous referions le monde-litt&eacute;rature, un peu comme l&rsquo;autre l&agrave;-haut&nbsp;: &agrave; notre image.   Et il aurait une chouette gueule ledit monde-litterature, une gueule de : je t&rsquo;explique pas en watt-millions de phrases longues comme un jour sans fin comment que c&rsquo;est l&rsquo;amour-l&rsquo;amiti&eacute;-la-vie et tout ce qui fait que l&rsquo;on est si simplement humain, non, je t&rsquo;explique pas, je te le file &agrave; ressentir en deux trois mots, deux trois sauts de lignes.


&nbsp;&nbsp;&nbsp&Agrave; ressentir&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspRecommandant &agrave; boire &mdash; encore &mdash;, tous nous aurions plong&eacute; dans le d&eacute;collet&eacute; de la serveuse parce que c&rsquo;est bien beau la litt&eacute;rature, mais &agrave; dire vrai, bien moins beau que ce que l&rsquo;espace d&rsquo;un instant nous aurions eu sous les yeux.


&nbsp;&nbsp;&nbspBien moins beau qu&rsquo;une chair galb&eacute;e.


&nbsp;&nbsp;&nbspConscient de &ccedil;a, on se serait empress&eacute; de vider nos verres, histoire de r&eacute;cidiver au prodige f&eacute;minit&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbspEncore et encore.


&nbsp;&nbsp;&nbspEnsuite, chacun serait retourn&eacute; &agrave; sa feuille, chacun tentant d&rsquo;&eacute;parpiller sa cervelle souvenir sur le papier, chacun profusion de beaut&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbspTout en pudeur m&ecirc;me si provoc, m&ecirc;me si la gouaille styl&eacute;e.


&nbsp;&nbsp;&nbspTout en ressenti.


&nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;&eacute;crase ma cigarette, reviens &agrave; la r&eacute;alit&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbspDehors, toujours il neige.


&nbsp;&nbsp;&nbspPuis je souris de la pile de vingt livres qui constitue ma biblioth&egrave;que.   En trente-cinq ann&eacute;es de lecture je n&rsquo;ai pu en retenir davantage.


&nbsp;&nbsp;&nbspDix neuf pour &ecirc;tre exact, vu qu&rsquo;il m&rsquo;en manque un&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp&laquo;&nbsp;L&rsquo;angoisse du roi Salomon&nbsp;&raquo; d&rsquo;&Eacute;mile Ajar.


&nbsp;&nbsp;&nbspLe dernier vrai bon roman que j&rsquo;ai lu, relu. 


&nbsp;&nbsp;&nbspMerde, je me suis vraiment tromp&eacute; d&rsquo;&eacute;poque moi.


&nbsp;&nbsp;&nbspOu de ressenti&hellip;
]]></content:encoded></item><item><title>Roulez vieillesse</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-23T12:40:46+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-75</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-75</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Elongation du ligament lat&eacute;ral externe, et des deux c&ocirc;t&eacute;s, fois deux donc, chapeau !   Comment vous avez fait ?


&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Une chute au roller hockey.


&nbsp;&nbsp;&nbspIl m&rsquo;observe un moment puis pr&eacute;cise qu&rsquo;au vu de ma carrure, les sports de contact, c&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas une bonne id&eacute;e, sans parler de mon &acirc;ge, non parce que quarante et quelques piges&hellip; Allons c&rsquo;est pas s&eacute;rieux.    Le curling peut-&ecirc;tre, vu que j&rsquo;aime la glisse&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbspL&agrave;-dessus il sourit, me soulage de 33&euro;, paraphe une ordonnance et me fout &agrave; la porte de son cabinet.


&nbsp;&nbsp;&nbsp33&euro;, bordel, le cours du sarcasme est &agrave; la hausse.]]></content:encoded></item><item><title>&#xc9;troitesse d&#x2019;esprit&#x2c; une inconnue&#x2c; un matin&#x2c; un bistrot</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-22T11:40:40+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-74</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-74</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspUn moment que nous nous observons, et l&rsquo;observant je r&eacute;alise que vieillir c&rsquo;est comprendre que des amours, j'ai fait le plein, simplement parce que la m&eacute;moire ne peut emmagasiner plus de beaut&eacute;, plus de visage sans en effacer un autre.


&nbsp;&nbsp;&nbspElle s&rsquo;approche, dit&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Tu viens&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Non, je r&eacute;ponds, j&rsquo;ai des souvenirs auxquels je tiens plus qu&rsquo;&agrave; un possible avec toi.]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;amour en m&#xe9;nage</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-19T08:50:33+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-73</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-73</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;attrape un magazine f&eacute;minin, m&rsquo;arr&ecirc;te sur la titraille pleine couverture&nbsp;: &laquo;&nbsp;Amour&nbsp;: deuxi&egrave;me chance, et si c&rsquo;&eacute;tait la bonne&nbsp;?  &nbsp;&raquo;.


&nbsp;&nbsp;&nbspC&rsquo;est con me dis-je, parce que moi, j&rsquo;ai pas les moyens d&rsquo;engager une femme de m&eacute;nage.]]></content:encoded></item><item><title>S&#xe8;vres Babylone</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-15T23:51:41+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-72</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-72</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJe me suis baiss&eacute; pour ramasser un mouchoir  sur un quai de m&eacute;tro&nbsp;: carr&eacute; de tissu brod&eacute;, pli&eacute;.   Un moment j&rsquo;ai cherch&eacute; des yeux &agrave; qui il pouvait bien appartenir, mais je n&rsquo;ai trouv&eacute; dans la foule aucun visage qui m&rsquo;inspirait.   Ou plut&ocirc;t, tous avaient l&rsquo;air si tristes qu&rsquo;en sortir un seul du lot pour qu&rsquo;il chiale son trop plein de vie dedans, m&rsquo;a sembl&eacute; &ecirc;tre un chalenge hors de port&eacute;e.


&nbsp;&nbsp;&nbspEn v&eacute;rit&eacute;, un mouchoir est trop petit pour contenir les larmes de Paris, aussi, je me le suis suicid&eacute; sur les rails, et, patiemment, j&rsquo;ai attendu le m&eacute;tro suivant.
]]></content:encoded></item><item><title>(re)Jet de Pierre</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-10T19:01:01+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-71</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-71</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce matin, me levant, m&rsquo;est venu deux r&eacute;flexions, la premi&egrave;re en forme de question&nbsp;: qu&rsquo;est devenu Dany Brillant&nbsp;?   Le seconde en forme de constatation&nbsp;: ce qu&rsquo;il peut &ecirc;tre chiant &agrave; lire Pierre Assouline, chiant comme pas permis. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sauf que je n&rsquo;avais aucune id&eacute;e du pourquoi j&rsquo;ai pens&eacute; &agrave; Dany Brillant, et m&ecirc;me qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;exception de son patronyme et pour &ecirc;tre tout a fait franc, je ne me souvenais m&ecirc;me pas de sa tronche et encore moins ce qu&rsquo;il avait pu faire, dire, &eacute;crire, peindre, sculpter ou chanter pour marquer ainsi ma m&eacute;moire.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis je me suis renseign&eacute;, Dany Brillant chantait un truc du style &laquo;&nbsp;J'ai perdu la t&ecirc;te depuis que j'ai vu Suzette.   Je perds la raison Chaque fois que j'vois Suzon&hellip;&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est mauvais certes, mais au moins &ccedil;a se prend pas au s&eacute;rieux comme du Assouline et &ccedil;a distille infiniment moins d&rsquo;ennui.
]]></content:encoded></item><item><title>Les cons</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-06T11:58:48+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-70</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-70</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ils sont l&agrave; &agrave; se bidonner.   L&rsquo;un pour avoir gliss&eacute; &laquo;&nbsp;coquecigrue&nbsp;&raquo; dans son papier ce matin, l&rsquo;autre pour avoir gliss&eacute; &laquo;&nbsp;borborygme&nbsp;&raquo; dans le sien.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Putain, j&rsquo;y crois pas.   Autant de connerie me d&eacute;becte.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash;Houaaaa, il fait admiratif s&rsquo;adressant &agrave; un troisi&egrave;me et l&rsquo;attrapant par les &eacute;paules, &laquo;&nbsp;Conflagration&nbsp;&raquo;, comment t&rsquo;as r&eacute;ussi ce coup-l&agrave;&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; C&rsquo;&eacute;tait un texte &agrave; propos d&rsquo;un conflit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Houa &hellip; encore mieux&nbsp;!


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Putain, ils sont trop cons.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me casse.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ha, j&rsquo;oublie de vous pr&eacute;ciser qu&rsquo;ils sont journalistes.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Non, d&eacute;sol&eacute;, je n&rsquo;ai pas de mouchoir.
]]></content:encoded></item><item><title>Mais il nous faut poursuivre</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-05T08:48:59+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-69</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-69</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Elle est perdue sur le simili cuir rouge d&rsquo;une banquette de buffet de gare, elle pleure.   De temps &agrave; autre elle s&egrave;che ses larmes dans un mouchoir de papier, l&rsquo;abandonne dans le cendrier, en r&eacute;cup&egrave;re un autre dans son sac &agrave; main et recommence.   Ses gestes sont d&eacute;sordonn&eacute;s, maladroits, comme si la peine l&rsquo;avait rendu &agrave; ce point si fragile que tout &eacute;quilibre avait d&eacute;sert&eacute; ce corps secou&eacute; de sanglots.   Elle pleure, entre deux cigarettes, deux mouchoirs, pleure encore.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;M&rsquo;approcher, me pencher, du bout des doigts s&eacute;cher ses larmes, lui dire que le chagrin tout comme les instants de gr&acirc;ce passent comme passent les trains, que la vie ressemble &agrave; cette gare, que bient&ocirc;t dispara&icirc;tra de son tableau d&rsquo;affichage-m&eacute;moire le train chagrin, qu&rsquo;il en viendra un autre, un bond&eacute; de bonheur jusqu&rsquo;&agrave; la gueule, un rien que pour elle, que tous les trains ne d&eacute;raillent pas&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;aimerais, mais n&rsquo;ose pas, j&rsquo;aimerais, mais ne le la connais pas, et puis se pointe ma correspondance, aussi je l&rsquo;abandonne &agrave; sa banquette de tristesse.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus tard, install&eacute; au wagon-bar, j&rsquo;&eacute;crirais cette fille, la d&eacute;crirais elle&nbsp;; ses yeux mouill&eacute;s de larmes&nbsp;; ses boucles brunes&nbsp;; sa chair p&acirc;le, et r&eacute;aliserais une fois encore que la vie est belle.   Que la vie est belle jusque dans le chagrin, c&rsquo;est pas rien.]]></content:encoded></item><item><title>Souvenir en forme d&#x27;exercice litt&#xe9;raire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-04T12:35:38+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-68</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-68</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est un petit matin glacial, je me suis r&eacute;fugi&eacute; derri&egrave;re la baie vitr&eacute;e d&rsquo;un bistrot et encore derri&egrave;re un caf&eacute; g&eacute;ant.   Pour une fois je n&rsquo;ai pas ouvert mon Moleskine pour y inscrire des mots, non, je r&ecirc;vasse.   Mais comme de la litt&eacute;rature je ne me tiens jamais trop loin ou inversement, je pense, repense &agrave; ses millions de signes qui depuis cinq ans maintenant composent mon univers.   Des millions de lettres cr&eacute;ant du sens, merde c&rsquo;est pas rien et, c&rsquo;est du boulot.   Songeant &agrave; &ccedil;a, me revient en m&eacute;moire l&rsquo;amusement des d&eacute;buts, du temps o&ugrave; tout me semblait &agrave; port&eacute;e, tellement que j&rsquo;avais pari&eacute; avec une amie que je pouvais inclure plus d&rsquo;une soixantaine de mots impos&eacute;s dans une mini nouvelle sans pour autant que ladite nouvelle soit absconse.   Plus d&rsquo;une soixantaine, merde j&rsquo;&eacute;tais gonfl&eacute;, me dis-je.   D&rsquo;autant que les mots impos&eacute;s n&rsquo;&eacute;taient pas simple d&rsquo;emploi, non, il y avait l&agrave;, un &laquo;&nbsp;Ornithorynque&nbsp;&raquo;, un &laquo;&nbsp;Zoulou&nbsp;&raquo;, un &laquo;&nbsp;Xylophone&nbsp;&raquo; entre autre&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je r&egrave;gle mon caf&eacute;, plonge dans le froid de l&rsquo;hiver en me demandant si j&rsquo;ai gard&eacute; l&rsquo;exercice litt&eacute;raire en question, histoire de me le relire pour voir si je m&rsquo;en &eacute;tais aussi bien sorti que je l&rsquo;imagine l&agrave;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un peu plus tard, le relisant, j&rsquo;h&eacute;site &agrave; le retoucher, &agrave; me le modifier parce que certaines tournures ne sont plus miennes, parce que mon style a chang&eacute;, puis non, et puisque j&rsquo;en parle autant le poster.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voici&nbsp;:


Alpha, b&ecirc;tas


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Abbaye, acupuncture, alimentaire, anticonstitutionnellement, arroser, avion, bourgeon, bille, chocolat, co&iuml;ncidence, contraire, convaincre&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Mathilde s&rsquo;il te pla&icirc;t, vingt fois je me suis excus&eacute;, et je m&rsquo;excuse encore


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &hellip; d&eacute;collage, d&eacute;corer, d&eacute;gager, double, douze, existence, exploser&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; J&rsquo;ai fait au plus vite.   D&egrave;s que tu as sonn&eacute;, je suis venu&hellip; 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &hellip; fl&egrave;che, hausse, h&eacute;ros, illustration  incassable, impact&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Mathilde, je suis l&agrave; !


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &hellip; inconnue, limite, malle, masque, m&eacute;t&eacute;o, milliard&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Mathilde, pose ce dictionnaire, je t&rsquo;en supplie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &hellip; mousse, noctambule, obscur, ornithorynque, paradis, pamplemousse&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mathilde est la plus belle chose qui me soit jamais arriv&eacute;, pas faute pourtant d&rsquo;avoir navigu&eacute; d&rsquo;un service &agrave; l&rsquo;autre : alcoolos, suicidaires, junkies, fous &agrave; li&egrave;s&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &hellip; param&egrave;tre, pharaon, poignard, pr&eacute;cieux, relativit&eacute;, saupoudrer, science&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mathilde, jolie comme un c&oelig;ur, toujours un peu tremp&eacute;e de sueur, toujours le regard qui cherche, qui souvent s&rsquo;affole.   Mathilde aux yeux vert &eacute;meraude.   Mathilde fragile, gracile.   Mathilde perdue dans  la vie,  son lit, les mots&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &hellip; sanguinolent, sc&eacute;nario, signe, sirop, sortir, suffisamment,&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour Mathilde, m&ecirc;me si c&rsquo;est interdit, je quitte ma blouse.   Le blanc, Mathilde n&rsquo;aime pas &ccedil;a et jamais elle ne prononce le mot.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &hellip; stupide, tache, tambour, t&eacute;l&eacute;pathie, transhumance, tropical, trottoir,&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Mathilde s&rsquo;il te pla&icirc;t


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash;&hellip;turpitude, uppercut, vicissitude, wallon, xylophone, zoulou&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Elle retourne le dictionnaire avec des gestes pr&eacute;cis, m&ecirc;me si rapide c&rsquo;est tout un c&eacute;r&eacute;monial : elle le ferme, le renverse, le tourne de gauche &agrave; droite, l&rsquo;inverse,  le r&eacute;ouvre, cherche :


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Amour !


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;aime quand elle dit &ccedil;a


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Ben&ecirc;t 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si tu veux


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Bertrand


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Ccedil;a c&rsquo;est moi


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Eau


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je vais t&rsquo;en chercher un peu oui, et pleurer dedans un peu aussi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Folie


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Chutttttttt, bois.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce qu&rsquo;elle fait, et moi, du bout des doigts, j&rsquo;essuie aux commissures de ses l&egrave;vres des larmes de bouche que je bois &agrave; mon tour, et Mathilde sourit et reprend :


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Givr&eacute;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Au pluriel, sans aucun doute, oui !


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et je souris moi aussi.


***


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merde, j&rsquo;&eacute;tais gonfl&eacute;, me dis-je, et me le r&eacute;p&egrave;te encore et encore.
]]></content:encoded></item><item><title>La belle mini&#xe8;re</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2007-01-03T10:34:13+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-67</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/jan-2007#unique-entry-id-67</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;On n&rsquo;est pas d&rsquo;un pays, mais on est d&rsquo;une ville, o&ugrave; la rue art&eacute;rielle limite le d&eacute;cor*&hellip; &raquo; chantait Lavilliers  &agrave; propos de Saint-&Eacute;tienne, il y a de cela quelques ann&eacute;es maintenant.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est ce d&eacute;cor que j&rsquo;arpente ce jour, d&eacute;cor o&ugrave; j&rsquo;ai appris la vie, o&ugrave; j&rsquo;ai &eacute;tudi&eacute;, aim&eacute; aussi.   La belle  mini&egrave;re a bien chang&eacute;e, comme toutes villes, elle s&rsquo;est modernis&eacute;e.   Ici une place s&rsquo;est &eacute;largie, l&agrave; un immeuble n&rsquo;est plus, en place un autre a pouss&eacute;, puis un autre et encore un autre, et ainsi de suite&hellip; Mais si la belle mini&egrave;re a fait peau neuve il n&rsquo;emp&ecirc;che que toujours elle a l&rsquo;&acirc;me de ce qu&rsquo;elle est, dans le fond elle n&rsquo;est que mine, bonne quand &ccedil;a lui prend, mauvaise lorsque &ccedil;a lui chante.   Quant &agrave; moi, j&rsquo;&eacute;crase ma clope au caniveau et je retourne au charbon.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;[&hellip;] La lampe du gardien rigole de mon style&hellip;&nbsp;&raquo;


* Album Le St&eacute;phanois.]]></content:encoded></item><item><title>Figures a&#xe9;riennes</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-28T16:57:54+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-66</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-66</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;avion je n&rsquo;ai jamais aim&eacute; &ccedil;a, me dis-je en prenant place sur mon si&egrave;ge, en attachant ma ceinture.   Remarquez, je n&rsquo;ai jamais aim&eacute; les man&egrave;ges, enfant d&eacute;j&agrave; je redoutais tout ce qui de pr&eacute;s ou de loin pouvait y ressembler.   En ce temps-l&agrave;, un carrousel me fichait d&eacute;j&agrave; la trouille, alors l&rsquo;avion&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;en suis l&agrave; de mes pens&eacute;es et de mes peurs, &agrave; me les poursuivre apr&egrave;s le d&eacute;collage, lorsque tr&egrave;s soigneusement ma voisine de gauche sort de son sac &agrave; main une ramette de papiers color&eacute;s dans laquelle elle s&eacute;lectionne tout aussi soigneusement l&rsquo;un deux&nbsp;: bleu ciel, pour se le d&eacute;poser bien &agrave; plat sur sa tablette et ranger le reste.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;imagine un instant  que sur se papier-l&agrave;, elle va &eacute;crire quelques mots destin&eacute;s &agrave; sa famille, histoire de les renseigner sur son p&eacute;riple fran&ccedil;ais, histoire de leur raconter un peu &agrave; quel point l&rsquo;occident est diff&eacute;rent de son Asie dont elle est d&rsquo;&eacute;vidence originaire.   Mais de stylo, elle n&rsquo;en sort pas, et la voici qui consciencieusement plie, d&eacute;plie, replie en tous sens son carr&eacute; de ciel de papier, et voici qu&rsquo;entre ses doigts na&icirc;t un panda, puis elle sort une autre feuille pour s&rsquo;en faire un cheval, encore une autre pour une otarie et son ballon sur le nez, et ainsi de suite jusqu&rsquo;&agrave; ce que sa tablette se fasse m&eacute;nagerie, cirque origami, tandis que moi toujours je tremble de peur sur mon si&egrave;ge.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et si je tourne la t&ecirc;te un moment pour, par le hublot, regarder se napper les nuages &agrave; l&rsquo;infini, que je m&rsquo;absente un peu dudit cirque pour revenir y poser les yeux, c&rsquo;est pour y d&eacute;couvrir un personnage suppl&eacute;mentaire&nbsp;: un &eacute;l&eacute;phant, un lion, une girafe&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La chose ne serait pas plus &eacute;tonnante que &ccedil;a si elle &eacute;tait isol&eacute;e, sauf que je le r&eacute;alise, un si&egrave;ge plus loin une jeune fille tout aussi asiatique s&rsquo;affaire &agrave; la m&ecirc;me tache, ainsi que sa voisine etc&hellip; Tant est si bien que bient&ocirc;t se forment des troupeaux entiers de bestioles de papier, tant est si bien que je me sens ridicule assis l&agrave; &agrave; trembler telle une feuille, et m&ecirc;me qu&rsquo;&agrave; continuer ainsi, se pourrait bien que je finisse, animal, entre les mains expertes d&rsquo;une asiatique.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Remarquez qu&rsquo;&agrave; la r&eacute;flexion, me plier &agrave; ses caprices&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Comment pousser le bouchon un peu plus loin.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-21T19:31:46+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-65</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-65</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur les pav&eacute;s de la belle Li&egrave;ge marche un homme.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce qu&rsquo;il a dans la t&ecirc;te c&rsquo;est la chauss&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire autant de pav&eacute;s bringuebalant sous caboche, autant d&rsquo;id&eacute;es foul&eacute;es aux pieds.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur les pav&eacute;s de la belle Li&egrave;ge marche l&rsquo;homme caillou, dur comme granite, tendre comme million de grains de sable concass&eacute;s pour se faire vitrines de No&euml;l. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur les pav&eacute;s de la belle Li&egrave;ge, d&rsquo;un pas l&eacute;ger, presque dansant, un homme passe.   Voil&agrave; qu&rsquo;il est pass&eacute;, voil&agrave; qu&rsquo;un instant il semblerait qu&rsquo;il ne soit plus for&ccedil;at, plus casseur de pierre mais d&eacute;sormais sculpteur.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur les pav&eacute;s de la belle Li&egrave;ge, un homme vient de transformer le pass&eacute; en avenir comme on casserait un caillou pour s&rsquo;en faire un pi&eacute;destal et grimper dessus pour aller plus loin.]]></content:encoded></item><item><title>Auto&#x2c; fiction</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-14T14:01:56+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-64</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-64</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Putain d&rsquo;insomnie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un moment d&eacute;j&agrave; que je fixe le plafond et, faut bien l&rsquo;admettre, ce plafond l&agrave; est d&rsquo;une ordinaire banalit&eacute;, sans parler qu&rsquo;il n&rsquo;a pas grand chose raconter,  j&rsquo;admets, m&rsquo;arrache de la couette et m&rsquo;habille.   Au plafond, je pr&eacute;f&egrave;re le caf&eacute;, noir, serr&eacute; comme les cuisses d&rsquo;une nonette.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Au passage j&rsquo;enclenche le bouton radio, infos&nbsp;: bient&ocirc;t dit une voix, tr&egrave;s bient&ocirc;t m&ecirc;me, la moiti&eacute; de l&rsquo;humanit&eacute; vivra en ville.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La moiti&eacute;, c&rsquo;est pas rien me dis-je, et comme d&rsquo;&eacute;vidence cette moiti&eacute;-l&agrave; aura besoin d&rsquo;un peu d&rsquo;air frais, aura besoin de se d&eacute;cloisonner en fin de semaine, voil&agrave; que je m&rsquo;imagine le plus &eacute;norme des embouteillage de tous les temps, au bas mot un petit milliard d&rsquo;automobiles toutes d&eacute;sireuses de se mettre au vert et toutes dans les m&ecirc;mes tranche horaires&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me ressert une rasade de caf&eacute;, fous le feu &agrave; une clope et pense &agrave; &ccedil;a, pense &agrave; cette kyrielle de bagnoles en goguette.   Voyons, si comme le pr&eacute;tend la journaliste derri&egrave;re mon bouton radio, Tokyo passe le cap des trente-cinq millions d&rsquo;habitants d&rsquo;ici une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es et qu&rsquo;il vient &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de chaque famille d&rsquo;aller se faire un petit tour en campagne le dimanche venu histoire de se d&eacute;tendre un peu des suites d&rsquo;une semaine stressante, et bien &ccedil;a nous fait quelque chose comme huit millions de v&eacute;hicules &agrave; la queue leu leu, soit une file d&rsquo;environs&hellip; nom de Dieu&nbsp;: 28000 kilom&egrave;tres.   Sachant que l&rsquo;&icirc;le o&ugrave; se dresse Tokyo fait &agrave; tout casser ses 1350 kilom&egrave;tres de long, va y avoir du japonais &agrave; l&rsquo;eau, voire du japonais en Cor&eacute;, en Chine, et jusqu&rsquo;en Russie encore.   Ce qui bien &eacute;videmment posera quantit&eacute; de probl&egrave;mes&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le policier Russe


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Vous avez pas vu le stop&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;automobiliste Japonais


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Ah, c&rsquo;est un stop &ccedil;a.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ou encore&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le gamin Japonais avec une grosse envie de pisser et remuant sur la banquette arri&egrave;re


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; C&rsquo;est quand qu&rsquo;on arrive&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La maman du gamin


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Dans 4 698 852 voitures mon ch&eacute;ri.   Sois patient.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et m&ecirc;me pas je vous parle de ce paysan Chinois mort de vieillesse sur le bord de la route en attendant de pouvoir traverser ladite route, parce que chez lui, c&rsquo;&eacute;tait de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;&eacute;crase ma clope, repousse la r&eacute;alit&eacute;-actualit&eacute;, non parce que la d&eacute;mographie citadine et automobile en manque de bucolique, c&rsquo;est bien beau, mais avant tout je suis un homme de fiction, mon boulot c&rsquo;est d&rsquo;inventer, pas de narrer du concret, fut-il &agrave; venir.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;&eacute;teins la radio.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voyons&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Oraison f&#xe9;line sur lit de courgettes &#xe0; la cr&#xe8;me</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-13T11:53:52+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-63</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-63</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il y a l&agrave;, allong&eacute; de tout son long sur le trottoir, un chat mort.   Rien dans sa posture ni aucun signe n&rsquo;indique de quelle fa&ccedil;on ce chat a rencontr&eacute; la faucheuse, pas m&ecirc;me une goutte de sang n&rsquo;entache son pelage, aussi bien il pourrait dormir.   Sauf que nous savons vous et moi qu&rsquo;un chat ne dort pas &agrave; m&ecirc;me le trottoir, qu&rsquo;un chat sait trouver un coin tranquille pour se la couler douce.   Me voici donc face &agrave; mon chat mort &agrave; me triturer les m&eacute;ninges, &agrave; me demander comment c&rsquo;est arriv&eacute;, &agrave; me demander aussi&nbsp;: que faire de sa d&eacute;pouille&nbsp;?   Pas que lui et moi, de son vivant, on se fr&eacute;quentait beaucoup, non, d&rsquo;ailleurs c&rsquo;est &agrave; peine si nous nous connaissions.   On se croisait de temps &agrave; autre, tard le soir, &agrave; notre mani&egrave;re on se saluait&nbsp;: clin d&rsquo;&oelig;il f&eacute;lin, &laquo;&nbsp;Salut toi&nbsp;&raquo; humain, puis chacun retournait &agrave; ses pr&eacute;occupations, c&rsquo;est &agrave; dire que lui replongeait dans ses poubelles tandis que moi je remontais d&rsquo;avoir descendu les miennes.   Je ne connaissais pas son nom, si tant est que ce chat-l&agrave; en ait jamais port&eacute; un, il ne connaissait  pas le mien, enfin pas que je sache ni que j&rsquo;en sois tout &agrave; fait certain, parce qu&rsquo;avec les chats on ne sait jamais.   Bref, notre relation n&rsquo;&eacute;tait pas intime, se r&eacute;sumait au bon voisinage, n&rsquo;emp&ecirc;che que &ccedil;a me fait quelque chose de le voir &eacute;tendu l&agrave;, aussi raide qu&rsquo;au sortir d&rsquo;un cong&eacute;lateur, et avec, d&rsquo;&eacute;vidence, aucun avenir s&eacute;pultural digne de ce nom.   J&rsquo;imagine un instant me le glisser dans un sac pour le d&eacute;poser dans une poubelle, sa favorite, et y aller d&rsquo;une petite pri&egrave;re pa&iuml;enne.   Mais un doute m&rsquo;assaille&nbsp;: et si ce chat-l&agrave;, malgr&eacute; ses airs de goutti&egrave;re, d&rsquo;efflanqu&eacute; bourlingueur, avait un logis, une famille, des genoux sur lesquels il ronronne entre deux vir&eacute;es nocturnes.   Apr&egrave;s tout, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il porte pas de collier que la chose est impossible.   Quantit&eacute; de chats se baladent ainsi et ne sont pas pour autant SDF, loin s&rsquo;en faut m&ecirc;me.   Bon, ben je vais le laisser tel quel, et je verrais bien si de sa d&eacute;funte d&eacute;pouille quelqu&rsquo;un s&rsquo;en occupe, vu que ce chat l&agrave; est venu tr&eacute;passer pile sous mes fen&ecirc;tres, je n&rsquo;aurais qu&rsquo;&agrave; de la haut m&rsquo;informer de la situation.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ainsi, je d&eacute;laisse mon chat mort, l&rsquo;enjambe pour ouvrir ma porte et aller me mettre au chaud, taper quelques mots&hellip; Et je tape tant et si bien que bient&ocirc;t mon chat d&eacute;serte ma m&eacute;moire, qu&rsquo;il se fait oubli des heures durant et que la nuit tombe dessus et sur le reste.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bien plus tard, alors que je suis tout occup&eacute; &agrave; me cuisiner des courgettes &agrave; la cr&egrave;me, alors que la t&ecirc;te dans la casserole j&rsquo;en suis &agrave; m&rsquo;observer fort consciencieusement le clapotis de ladite cr&egrave;me, voil&agrave; que mon chat me rentre dans le cerveau comme s&rsquo;il en avait soudainement ouvert la porte.   Je d&eacute;laisse donc ma casserole et m&rsquo;en vais de visu constater si d&rsquo;un chat mort, le trottoir s&rsquo;illustre encore.   Mais pas un chat dans la rue, pas davantage mort que vivant, personne, et nul indice qui m&rsquo;&eacute;clairerait sur le chemin qu&rsquo;au final sa d&eacute;pouille &agrave; suivi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sans doute l&rsquo;aura-t-on ramass&eacute; pour dans le fond d&rsquo;un jardin lui offrir des fun&eacute;railles accompagn&eacute;es de pleurs parce qu&rsquo;on l&rsquo;aimait bien ce chat-l&agrave;.   Peut-&ecirc;tre m&ecirc;me aura-t-il eu droit &agrave; une petite croix avec marqu&eacute; dessus son nom.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ou peut-&ecirc;tre &eacute;tait-ce seulement sa huiti&egrave;me vie, et qu&rsquo;apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre fait macchab&eacute;e quelques heures, il s&rsquo;est r&eacute;veill&eacute; de son sommeil de mort pour s&rsquo;en aller vivre sa neuvi&egrave;me, et se d&eacute;gotter une poubelle parce que &ccedil;a donne faim de tr&eacute;passer sur les trottoirs de l&rsquo;hiver.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;opte pour la seconde hypoth&egrave;se, elle me va aussi bien que les courgettes &agrave; la cr&egrave;me que j&rsquo;ingurgite en pensant &agrave; tout &ccedil;a, en pensant que quand m&ecirc;me, ils ont une sacr&eacute; veine les chats&nbsp;: neuf fois recommencer, &ccedil;a doit faire un paquet d&rsquo;erreurs corrig&eacute;es, quantit&eacute; de conneries &eacute;vit&eacute;es&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>De l&#x27;&#xe9;volution de l&#x27;esp&#xe8;ce et de ses contrari&#xe9;t&#xe9;s administratives</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-12T11:04:47+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-62</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-62</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quoi qu&rsquo;on en dise il doit bien y avoir une raison &agrave; tout &ccedil;a.   Que nous soyons pur accident non, moi je n&rsquo;y crois pas un seul instant.   Allons, personne ne me fera croire que cette machine &agrave; se d&eacute;zinguer l&rsquo;&acirc;me &agrave; loisir, &agrave; se la tordre de douleur, machine &agrave; se tromper souvent, mais quelquefois machine &agrave; bonheur, machine &agrave; jouir un peu, soit hasard et erre ici-bas sans plus d&rsquo;intention que &ccedil;a.   Allons, croiriez-vous qu&rsquo;une cellule prenne quelques millions d&rsquo;ann&eacute;es &agrave; se fabriquer des membres et encore quelques millions d&rsquo;autres pour apprendre &agrave; s&rsquo;en servir, et encore une fourn&eacute;e de millions pour constater la chose et y penser un peu, croyez-vous disais-je, qu&rsquo;elle fasse tout &ccedil;a sans but aucun&nbsp;?   Moi, m&rsquo;est avis que non, m&rsquo;est avis que faut pas prendre les cellules pour plus connes qu&rsquo;elle ne sont.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voici le discours que sans faillir j&rsquo;aurais tenu il a de &ccedil;a &agrave; peine cinq minutes et en aucune fa&ccedil;on je n&rsquo;en aurais d&eacute;mordu ni ne m&rsquo;en serais &eacute;cart&eacute; d&rsquo;un micro iota.   Sauf que depuis cinq minutes, je suis l&agrave; &agrave; expliquer mon cas &agrave; une fonctionnaire, en tous sens je d&eacute;cris ma situation pass&eacute;e, catastrophique &agrave; venir si elle n&rsquo;appose pas tampon et signature en bas de ce document-ci, et je recommence autrement et encore autrement, mais elle ne veut pas entendre et comprendre encore moins&nbsp;: il faut au pr&eacute;alable prendre rendez-vous, c&rsquo;est la proc&eacute;dure !


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce qui fait que d&rsquo;un coup je doute de la grande aventure et de son bien fond&eacute;, non parce que si la r&eacute;sultante de quelques millions d&rsquo;ann&eacute;es de progression acharn&eacute;e soit l&rsquo;exemplaire, amas cellulaire sans compassion et born&eacute; que j&rsquo;ai sous les yeux, m&rsquo;est avis que ma th&eacute;orie fout le camp pour aller se perdre quelque part du c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;erreur, et pas qu&rsquo;un peu&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Rue de la d&#xe9;sinspiration&#xa;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-11T17:10:12+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-61</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-61</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un moment que j&rsquo;observe mon clavier&nbsp;: tas de petites lettres align&eacute;es qui ne demanderaient qu&rsquo;&agrave; devenir mots, qu&rsquo;&agrave; se faire petite histoire pour le plaisir de quelques-uns, quelques-unes, seulement voil&agrave;&nbsp;: rien ne vient.   Pas le plus petit d&eacute;but d&rsquo;une pens&eacute;e ne prend forme, alors une histoire, m&ecirc;me pas j&rsquo;y songe.   Je pourrais &eacute;voquer cet homme crois&eacute; hier sur un trottoir et qui &agrave; l&rsquo;heure du couchant marchait vers le sud.   Racont&eacute; son chien qui telle son ombre le suivait, et qui, tel son ma&icirc;tre avan&ccedil;ait t&ecirc;te basse.   Arriv&eacute; &agrave; leur hauteur, j&rsquo;ai pens&eacute; un truc du genre&nbsp;: dingue ce que la mis&egrave;re &eacute;crase son homme, son chien, parce que d&nbsp;&eacute;vidence ces deux-l&agrave; &eacute;taient sans logis et tr&egrave;s probablement sans garanti d&rsquo;un repas &agrave; venir.   Je pourrais aller jusqu&rsquo;&agrave; mes les &eacute;crire avant que la vie-connasse ne les d&eacute;barque dans la rue.   &Agrave; lui, je rendrais un m&eacute;tier, une compagne aimante, des amis, une existence, un peu de fiert&eacute;.   Et son chien tout d&rsquo;un coup porterait un collier avec son nom dessus, adresse, num&eacute;ro de t&eacute;l&eacute;phone, et tout ce qu&rsquo;il faut pour &ecirc;tre un chien respectable.   Ou alors, je pourrais dire que tout &ccedil;a n&rsquo;est pas sa faute, que la rue il ne l&rsquo;a pas choisi mais bien le contraire, qu&rsquo;un matin c&rsquo;&eacute;tait presque comme si il s&rsquo;y &eacute;tait r&eacute;veill&eacute; dans les bras de la rue, parce que c&rsquo;est ce qu&rsquo;il ressent lorsqu&rsquo;il y repense, lorsque que s&rsquo;enroulant dans un duvet miteux, nich&eacute; dans un recoin urbain ou ailleurs et serrant le chien contre lui pour se r&eacute;chauffer, il se rem&eacute;more l&rsquo;avant.   Quelquefois, souvent m&ecirc;me, il songe que cet homme, celui qui se balade dans cet avant-l&agrave;, &eacute;tait un autre lui, ou un qu&rsquo;il aurait r&ecirc;v&eacute; pour occuper un peu sa mis&egrave;re.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bient&ocirc;t, arriv&eacute; dans le sud ou plus loin, il y croira tout &agrave; fait. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je pourrais dire, &eacute;crire tout &ccedil;a, sauf qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai pas plus d&rsquo;imagination devant mon clavier qu&rsquo;un &eacute;lu devant ladite mis&egrave;re.   C&rsquo;est dire&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>&#xc0; fleur de mots</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-10T11:51:55+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-60</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-60</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Comment faites-vous ?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Comment je fais quoi&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Cette fa&ccedil;on que vous avez de pratiquer l&rsquo;ellipse est unique.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Ah&nbsp;&raquo; je lui fais et ajoute un &laquo;&nbsp;Merci&nbsp;&raquo; parce que j&rsquo;imagine que c&rsquo;est un compliment.   Sauf que l&rsquo;ellipse, moi je ne sais pas ce que c&rsquo;est, n&rsquo;en ai vraiment aucune id&eacute;e.   Je pourrais lui avouer que de l&rsquo;ellipse, jamais je n&rsquo;ai entendu parler, et que si je pratique c&rsquo;est bien malgr&eacute; moi.   Ou je pourrais lui demander ce qu&rsquo;est au juste une ellipse, sans aucun doute elle m&rsquo;expliquerait parce qu&rsquo;elle a l&rsquo;air d&rsquo;en conna&icirc;tre un rayon question litt&eacute;rature, mais son regard d&rsquo;admiration cesserait, et de &ccedil;a je n&rsquo;ai pas envie, c&rsquo;est pas si souvent que j&rsquo;y ai droit.   Aussi je me la joue auteur s&ucirc;r de son fait et ne voulant pas lever le voile sur sa pratique, et me tais.   L&rsquo;ellipse je me la garde pour plus tard, j&rsquo;irais me la chercher dans un lexique litt&eacute;raire pour bien me la comprendre et ainsi en parler tout &agrave; mon aise d&eacute;s que se repr&eacute;sentera l&rsquo;occasion.   Il ferait beau voir que l&rsquo;elliptique auteur que je suis se laisse pi&eacute;ger une fois encore par sa sp&eacute;cialit&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Vos oxymores sont d&eacute;licieux, vos anacoluthes si os&eacute;es&hellip; ajoute-elle, le regard emprunt de respect.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et moi, bien entendu, je m&rsquo;y connais pas davantage en oxymore et en anacoluthe que je m'y connais en ellipse, ce qui fait que je me sens tel le jardinier dans son jardin de mots &agrave; qui l&rsquo;on dirait&nbsp;: &laquo;&nbsp;Mon Dieu mais quelles belles abarema abbottii vous avez l&agrave;, et ces hottonia palustris, voyez vous &ccedil;a&hellip;&nbsp;&raquo; 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Vous avez une m&eacute;thodologie pour travailler, un mode op&eacute;ratoire pour &eacute;crire&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; En r&eacute;alit&eacute; je n&rsquo;&eacute;cris pas, je r&eacute;ponds, non, moi je jardine des mots, voil&agrave; tout.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; bien assez de boulot, me dis-je, sans que je me laisse aller &agrave; d&eacute;tailler, &agrave; m&rsquo;apprendre par c&oelig;ur les &eacute;tiquettes de chaque semence desdits mots&hellip; Quant au lexique litt&eacute;raire que j&rsquo;envisageais de consulter, je vais me le mettre en jach&egrave;re, m&rsquo;est avis que c&rsquo;est mieux comme &ccedil;a.   Non parce qu&rsquo;&agrave; se les diss&eacute;quer ainsi les fleurs, &agrave; s&rsquo;en s&eacute;parer le pistil des p&eacute;tales, les &eacute;tamines des s&eacute;pales,  on en oublierait le je t&rsquo;aime qui emballe le bouquet.]]></content:encoded></item><item><title>La fille coquillage</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-09T11:59:15+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-59</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-59</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je suis l&agrave;, r&eacute;fugi&eacute; dans un bistrot &agrave; me lire dans un journal un peu d&rsquo;information, &agrave; me passer le temps tandis que dehors s&rsquo;abat une pluie diluvienne, lorsque d&rsquo;un coup, je me mets &agrave; songer &agrave; cette fille rencontr&eacute;e il y a de cela longtemps.   Elle se pr&eacute;nommait Angelina, &eacute;tait d&rsquo;une beaut&eacute; rare et, si ma m&eacute;moire ne me joue pas des tours, ou mon ego, ou les deux, m&rsquo;est avis que je lui plaisais, et pas qu&rsquo;un peu m&ecirc;me.   Autant qu&rsquo;il m&rsquo;en souvienne, elle &eacute;tait blonde, balan&ccedil;ait sur le monde un regard bleut&eacute;, y avan&ccedil;ait une poitrine g&eacute;n&eacute;reuse, une taille  fine, des hanche pleines, et tout ce qui fait qu&rsquo;une jolie fille peut se permettre de rire dudit monde. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bon, me voil&agrave; donc avec les courbes d&rsquo;Angelina en t&ecirc;te, &agrave; me les souvenir, &agrave; me les d&eacute;tailler, me voil&agrave; plong&eacute; dans le d&eacute;collet&eacute; des souvenirs, me revoil&agrave; transport&eacute; &agrave; une autre &eacute;poque tandis que toujours la pluie tombe comme si le ciel n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;eau et rien d&rsquo;autre..


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entre Angelina et moi, il ne se passa rien.   Non pas que j&rsquo;&eacute;tais insensible &agrave; ses charmes, non pas que j&rsquo;&eacute;tais na&iuml;f au point de ne pas comprendre qu&rsquo;elle passait deux &agrave; trois fois par jour me rendre visite &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; je trimais, esp&eacute;rant tout autre chose qu&rsquo;un &eacute;change de banalit&eacute;s, non, mais j&rsquo;avais en ce temps-l&agrave;, la t&ecirc;te ailleurs et le c&oelig;ur avec.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si je le regrette aujourd&rsquo;hui&nbsp;?   C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment la question que je me pose en buvant mon caf&eacute;, car apr&egrave;s tout, cet ailleurs dans lequel j&rsquo;avais t&ecirc;te et c&oelig;ur se conjugue d&eacute;sormais au pass&eacute; et m&rsquo;apprit en son temps, que je n&rsquo;&eacute;tais pas unique, pas plus merveilleux qu&rsquo;un autre, voire infiniment moins s&eacute;duisant.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;aurais pu, si j&rsquo;avais su tout cela, attraper Angelina par les ailes et tous deux serions mont&eacute;s au septi&egrave;me ciel pour y compter les anges.   J&rsquo;aurais pu, oui, mais un jour ou l&rsquo;autre il nous aurait fallu redescendre, parce que toujours on redescend, parce que toujours il nous faut passer du corps &agrave; l&rsquo;esprit.   Sauf que de l&rsquo;esprit, Angelina n&rsquo;en poss&eacute;dait aucun, avait comme qui dirait la caboche aussi d&eacute;serte qu&rsquo;un vide qui se serait prit pour le n&eacute;ant soi-m&ecirc;me.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour &ecirc;tre  jolie, Ang&eacute;lina l&rsquo;&eacute;tait, mais la nature, par souci d&rsquo;&eacute;quilibre sans doute, lui avait &eacute;vid&eacute; la t&ecirc;te de toute chose.   Il est m&ecirc;me &agrave; parier que si j&rsquo;avais consomm&eacute; la belle pour ensuite coller ma t&ecirc;te contre la sienne, j&rsquo;aurais entendu le bruit que fait un coquillage, bruit dont on dit que c&rsquo;est celui de la mer, mais que moi, je sais pertinemment &ecirc;tre le bruit du rien. ]]></content:encoded></item><item><title>D&#xe9;coffrage du chat de Schr&#xf6;dinger et autre nyctalopie conjugu&#xe9;e a l&#x27;imparfait.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-08T14:23:50+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-58</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-58</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;La nuit s&rsquo;est avanc&eacute;e sur les toits d&rsquo;un monde d&eacute;sormais silencieux, a suspendu sa moiti&eacute; de lune dans un coin, &agrave; fait tout &ccedil;a dans l&rsquo;obscurit&eacute;, la nuit voit de nuit.   Un chat l&rsquo;a travers&eacute;e, puis s&rsquo;est fondu en elle pour dispara&icirc;tre tout &agrave; fait, comme si de chat il n&rsquo;y en avait jamais eu cette nuit-l&agrave;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Derri&egrave;re mes fen&ecirc;tres, j&rsquo;assiste &agrave; la sc&egrave;ne qui n&rsquo;en est donc plus une, si tant est qu&rsquo;elle en est jamais &eacute;t&eacute; une, si tant est que ce chat ait jamais exist&eacute;&hellip; Apr&egrave;s tout rien ne le prouve, puisque du chat, comme d&eacute;j&agrave; dit, il ne reste rien.   Pas m&ecirc;me un bout de queue ou de moustache accroch&eacute; &agrave; l&rsquo;obscurit&eacute; comme pour t&eacute;moigner un peu de sa furtive r&eacute;alit&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Comme le pass&eacute; me dis-je.
]]></content:encoded></item><item><title>Cent vous</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-07T14:01:54+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-57</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-57</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cinq heures du matin, le sommeil me fuit comme une bourgeoise devant un jeune de banlieue.   Je me fais un caf&eacute;, prends place devant la b&eacute;cane et vise les statistiques de ce blog.   Ils m&rsquo;indiquent que vous &eacute;tiez une centaine hier &agrave; tra&icirc;ner dans le coin.   Moi, &ccedil;a me surprend un peu bien s&ucirc;r, parce que j&rsquo;ai beau m&rsquo;imaginer la chose, me la mat&eacute;rialiser en quelque sorte, c&rsquo;est-&agrave;-dire aligner cent &eacute;crans avec derri&egrave;res cent surfeurs et surfeuses en train de me lire, que je n&rsquo;y arrive toujours pas.   Pas que je manque d&rsquo;imagination pourtant, la preuve, je vous d&eacute;saligne et vous empile, tous sur la m&ecirc;me chaise, tous derri&egrave;re le m&ecirc;me &eacute;cran, ce qui fait une sacr&eacute;e jolie pile de chair, un bel assemblage en v&eacute;rit&eacute;, mais l&rsquo;&eacute;quilibre est pr&eacute;caire, au moins autant que la possibilit&eacute; que la chose arrive et l&rsquo;image s&rsquo;envole avant que ladite pile ne se casse la gueule.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Vous l&rsquo;avez &eacute;chapp&eacute; belle, nombre d&rsquo;entre vous auraient pu se faire mal.   Y&rsquo;a pas id&eacute;e non plus, des fois, vous cent, je me demande ce qui vous passe par la t&ecirc;te.]]></content:encoded></item><item><title>Du n&#xe9;ant comme une ma&#xee;tresse attentionn&#xe9;e</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-06T17:46:00+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-56</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-56</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il y a &agrave; peine cinq minutes de &ccedil;a, je me suis surpris &agrave; m&rsquo;adresser la parole.   Surpris est bien le mot qui convient car tel &eacute;v&eacute;nement ne m&rsquo;&eacute;tait encore jamais arriv&eacute;, et me laissa comme qui dirait, sans voix.   Le ton &eacute;tait courtois, aussi courtois que l&rsquo;aurait &eacute;t&eacute; celui d&rsquo;un ami s&rsquo;adressant &agrave; un autre, aussi n&rsquo;&eacute;tait-ce pas le ton employ&eacute; qui fit na&icirc;tre ma surprise, pas la forme donc.   Pas le fond non plus car d&rsquo;&eacute;vidence, la phrase en &eacute;tait tout &agrave; fait d&eacute;pourvue, jugez plut&ocirc;t&nbsp;: &laquo;&nbsp;Un caf&eacute;&nbsp;?   &raquo; Ce que suis all&eacute; me pr&eacute;parer sur le champ, m&rsquo;interrogeant comme d&eacute;j&agrave; dit sur ce soudain d&eacute;mutisme.   Et m&rsquo;interrogeant encore et encore, comme si cette voix-l&agrave;, si soudainement sortie de moi pour m&rsquo;apostropher, je ne la connaissais pas, ne l&rsquo;avais jamais entendue.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Agrave; la r&eacute;flexion, caf&eacute; en main, c&rsquo;est le cas&nbsp;: je connais  ma voix s&rsquo;adressant &agrave; l&rsquo;autre, aux autres, la connais m&ecirc;me parfaitement, ma voix int&eacute;rieure itou, mais celle qui na&icirc;t de moi vers moi et se la perche haute, non.   Je pourrais m&rsquo;extasier sur le ph&eacute;nom&egrave;ne, m&rsquo;&eacute;mouvoir, pourquoi pas m&rsquo;&eacute;merveiller de l&rsquo;incident telle un p&egrave;re entendant les premiers mots de son enfant.   Sauf que non, parce que tout b&ecirc;tement, il ne passerait jamais par la t&ecirc;te d&rsquo;un enfant arrondissant ces premi&egrave;res syllabes d&rsquo;offrir un caf&eacute; alentour, ni rien d&rsquo;autre d&rsquo;ailleurs.   Sans parler que ce serait plut&ocirc;t le contraire de l&rsquo;extase le sentiment que j&rsquo;&eacute;prouve-l&agrave;, ce serait presque une g&ecirc;ne, un peu comme si l&rsquo;on s&rsquo;&eacute;tait immisc&eacute; en moi pour me causer, une voix &laquo;&nbsp;On&nbsp;&raquo; donc, rien &agrave; voir avec une voix &laquo;&nbsp;Off&nbsp;&raquo;, encore moins avec des enfantillages.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Caf&eacute; en main, j&rsquo;y pense un bon moment


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un bon moment m&ecirc;me, et imagine quantit&eacute; d&rsquo;hypoth&egrave;ses : serais-je poss&eacute;d&eacute; par quelques d&eacute;mons amateurs de kawa, ou d&eacute;velopperais-je d&rsquo;un coup, un don d&rsquo;ubiquit&eacute; intracharnel, un don d&rsquo;omnipr&eacute;sence monoplace&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Puis je r&eacute;alise que si j&rsquo;&eacute;prouve un peu de g&ecirc;ne &agrave; &ecirc;tre ainsi habit&eacute;, je n&rsquo;&eacute;prouve en revanche aucune crainte.   De l&agrave; &agrave; penser que la chose n&rsquo;est possible que si, et seulement si, je connais parfaitement mon invit&eacute;, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas, qu&rsquo;all&eacute;grement je franchis pour me l&rsquo;identifier, me le d&eacute;masquer.   Me &laquo;&nbsp;La&nbsp;&raquo; d&eacute;masquer en r&eacute;alit&eacute;, car je le r&eacute;alise, c&rsquo;est une f&eacute;minine que je loge en moi, f&eacute;minine qui m&rsquo;accompagne le plus clair de mon temps &mdash; l&rsquo;obscur &eacute;galement.   Qui partage ma vie, mes espoirs, mes d&eacute;sillusions et me conna&icirc;t mieux que nulle autre.   F&eacute;minine qui m&rsquo;est n&eacute;cessaire pour travailler, essentielle, f&eacute;minine que j&rsquo;enlace dans la ronde infinie des jours mais avec laquelle jamais je couche, pas besoin de &ccedil;a entre-nous, f&eacute;minine aimante et fid&egrave;le&nbsp;: ma compagne solitude.]]></content:encoded></item><item><title>Les mots sous le soleil</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-05T11:52:12+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-55</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-55</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est une belle matin&eacute;e ensoleill&eacute;e, une matin&eacute;e de d&eacute;cembre.   Sur la place du village se sont install&eacute;s sur tr&eacute;teaux et sur planches, les &eacute;tals des primeurs.   &Ccedil;a fleure bon, fragrances fruiti&egrave;res port&eacute;es par un petit vent frais.   Je remonte mon col, m&rsquo;attarde quelques instants &agrave; observer un homme d&eacute;chargeant des caisses de pommes, ces gestes sont pr&eacute;cis, cadenc&eacute;s comme une m&eacute;canique bien huil&eacute;e.   Plus loin, un bonimenteur arrange la foule pour lui refourguer l&rsquo;invention du si&egrave;cle &laquo;&nbsp;Oui madame, oui monsieur, vous n&rsquo;en re-vien-drez pas.  &nbsp;&raquo; Je ne sais de quoi au juste les clients ne devraient pas revenir, mais qu&rsquo;importe et m&ecirc;me tant mieux, je poursuis mon chemin imaginant ladite invention, la d&eacute;clinant en autant d&rsquo;ustensiles loufoques, ce qui me colle le sourire.    Sourire que je garde encore lorsque attabl&eacute; au bistrot, je d&eacute;barque mon Moleskine de mes fouilles, mon stylo, pour inscrire quelques mots, noter quelques d&eacute;tails&nbsp;: couleurs, odeurs, attitudes, tout est bon &agrave; prendre.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce qui me fait pens&eacute; que j&rsquo;ai toujours fait &ccedil;a, seule la mani&egrave;re &agrave; chang&eacute;e.   Jeune, j&rsquo;ai commenc&eacute; par me le dessiner le monde, par la suite je me le suis photographi&eacute; sous toutes les coutures avant que d&rsquo;attraper un stylo pour me l&rsquo;&eacute;crire.   &Agrave; croire que je doute de son existence audit monde, tellement, qu&rsquo;il me faut jour apr&egrave;s jour me le noter pour le remat&eacute;rialiser.   Peut-&ecirc;tre est-ce pour &ccedil;a, peut-&ecirc;tre est-ce pour une toute autre raison, ou peut-&ecirc;tre encore que des raisons, il n&rsquo;en est aucune de cens&eacute;e, aucune de valable. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ressortant de l&agrave; pas plus avanc&eacute; que je n&rsquo;y suis entr&eacute;, je repasse devant le bonimenteur qui toujours s&rsquo;&eacute;poumone&nbsp;devant la foule : &laquo;&nbsp;Vous n&rsquo;en re-vien-drez pas&nbsp;!  &nbsp;&raquo; 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je dis bonimenteur, mais aussi bien, je le r&eacute;alise, ce pourrait &ecirc;tre un pr&eacute;dicateur, auquel cas, pas de doute qu&rsquo;il ait raison.   Mais comme de ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave;, m&rsquo;&eacute;tonnerait qu&rsquo;il ait une solution, genre une pr&eacute;emball&eacute;e pr&ecirc;te &agrave; l&rsquo;emploi, je ne tra&icirc;ne pas pour &eacute;couter l&rsquo;argumentaire et fissa je rentre retranscrire mes mots sur la b&eacute;cane.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Des fois qu&rsquo;ils n&rsquo;en reviendraient pas eux non plus.]]></content:encoded></item><item><title>Trait portrait</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-03T11:57:45+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-53</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-53</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est difficile d&rsquo;&eacute;crire chaque jour autant de signes et de chaque jour recommencer comme une pluie de mots qui incessamment tomberait sur une page blanche mais jamais avec la m&ecirc;me densit&eacute;, mais jamais avec la m&ecirc;me inclinaison ni la m&ecirc;me cadence, comme si cette pluie-l&agrave; devait se ressembler comme deux gouttes d&rsquo;eau tout en &eacute;tant bien diff&eacute;rente.   Voil&agrave; ce que je me dis ce jour, me dis en cherchant une id&eacute;e, un bout d&rsquo;inspiration, quelque chose &agrave; &eacute;crire et qui tienne la route.   Puis mes pens&eacute;es se barrent, revisitent comme elles en ont l&rsquo;habitude&nbsp;: les souvenirs, en qu&ecirc;te, toujours en qu&ecirc;te, mais rien, niet, que dalle, ouallou, si ce n&rsquo;est une tripot&eacute;e de gueules rencontr&eacute;es ci et l&agrave;, des que j&rsquo;ai aim&eacute;es, d&rsquo;autres moins, d&rsquo;autres pas, des gueules et les moments qui vont avec.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je fous le feu &agrave; une clope, la &eacute;ni&egrave;me de cette matin&eacute;e d&eacute;sinspir&eacute;e, me colle une grosse bouff&eacute;e dans les poumons, me dis que ce truc aura ma peau un de ces quatre matins, un soir peut-&ecirc;tre et envisageant s&eacute;rieusement la chose je r&eacute;alise que toutes ces gueules qui tapissent ma m&eacute;moire dispara&icirc;tront avec moi, que ce serait dommage parce que dans l&rsquo;ensemble c&rsquo;&eacute;tait des bels gens.   Alors, alors je vais m&rsquo;en r&eacute;pertorier quelque uns et me les d&eacute;tailler ici et, tel le peintre portraitisant son monde, j&rsquo;y glisserai alentour et contour afin d&rsquo;ourler les personnages.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et que commence la ronde des portraits&nbsp;:


Petit Pierre


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;assieds &agrave; c&ocirc;t&eacute; de toi&nbsp;!  &nbsp;&raquo; il dit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;S&rsquo;assied en effet &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi, c&ocirc;t&eacute; banquette donc, dos au mur et ajoute &laquo;&nbsp;Habitude de truand, je ne sais entrer dans un bistrot  que je ne connais pas et tourner le dos &agrave; la salle.  &nbsp;&raquo; 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le belgicisme me fait sourire, ladite habitude aussi, et je le crois.   Le crois parce qu&rsquo;il a la belle gueule des gens de la rue, des gens qui ont vu, gueules de ceux qui beaucoup de matins ont mat&eacute;, caress&eacute; la croupe rebondie de la faute &agrave; pas de chance et s&rsquo;y sont fait, s&rsquo;attendent m&ecirc;me &agrave; r&eacute;cidiver, disons au mieux&nbsp;: d&rsquo;ici demain. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;ambiance est brune, d&rsquo;imposants miroirs relaient ind&eacute;finiment les images des clients, relaient les clich&eacute;s d&rsquo;avant, ceux du temps o&ugrave; &mdash; para&icirc;t-il &mdash; Trotsky venait boire un verre ici, et, &agrave; si bien r&eacute;fl&eacute;chir les miroirs toujours rendent le monde capharna&uuml;m, un peu bordelique.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est pas pour nous d&eacute;plaire alors on commande deux bi&egrave;res.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il y a lui&nbsp;: Petit Pierre, h&eacute;ros contraire et d&eacute;jant&eacute; d&rsquo;un monde qui s&rsquo;oublie, s&rsquo;oublie de quotidien en convenances.   Il y a moi, qui note en caboche chaque geste, chaque mot prononc&eacute;.   Puis il y a elle&nbsp;: Salom&eacute;,  beauceronne imposante qui tourne, qui cherche une place sur carrelage, elle qui, non plus, ne tourne pas le dos &agrave; la salle, pire, elle inspecte les lieux du regard, renifle cherche de la truffe, histoire de savoir s&rsquo;il ne tra&icirc;nerait pas dans le coin des relents de pass&eacute; auxquels montrer les dents, non, rien de tout &ccedil;a, alors elle s&rsquo;allonge tranquille.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il dit &laquo;&nbsp;Tu sais ce qui m&rsquo;emb&ecirc;te dans la vie&nbsp;?  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je dis &laquo;&nbsp;Non, quoi&nbsp;?  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il dit &laquo;&nbsp;Je ne saurais jamais si je suis alcoolo ni m&ecirc;me si je l&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute;.   J&rsquo;ai arr&ecirc;t&eacute; autant de fois que j&rsquo;ai recommenc&eacute;, alors&hellip;&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je souris


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous sommes un peu partis tous les deux, partis des causes de deux bi&egrave;res d&eacute;j&agrave; bues d&eacute;j&agrave; recommand&eacute;es, et d&rsquo;un deux feuilles bien tass&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment fum&eacute;.   Chacun sur ce coup-l&agrave; a d&ucirc; perdre encore quelques neurones.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pas grave, on se d&eacute;brouille sans&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;En v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;, je lui fais,&nbsp; la d&eacute;pendance n&rsquo;existe pas, la d&eacute;pendance est une aberration de la pens&eacute;e qui vient te chercher d&egrave;s que le manque survient.  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Ccedil;a le fait marrer


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et comme j&rsquo;ai oubli&eacute; mes clopes, il m&rsquo;en offre une.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Que j&rsquo;allume.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ensuite nous discutons, de tout, de rien, comme &ccedil;a vient ou pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;De temps &agrave; autre Salom&eacute; l&egrave;ve sa grosse gueule toute noire, inspecte le p&eacute;rim&egrave;tre, puis rassur&eacute;e retombe, s&rsquo;&eacute;tale.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Discutons de tout, de rien, c&rsquo;est-&agrave;-dire de la vie, des gens qui passent, vous savez ceux que la vie connasse par pur caprice vous enl&egrave;ve, gens qu&rsquo;on aime.   De &ccedil;a, d&rsquo;autre chose&nbsp;: du temps qui blanchit les &acirc;mes et finalement les lave de toutes passions, ou encore&nbsp;: &laquo;&nbsp;Tiens, il dit, sais-tu que la premi&egrave;re fois que j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; intern&eacute; c&rsquo;&eacute;tait en septante-neuf&nbsp;&raquo; Il marque une pause, r&eacute;fl&eacute;chit &agrave; la suite sous le regard outr&eacute; d&rsquo;une bourgeoise assise derri&egrave;re son th&eacute;, une table plus loin.   Il reprend&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &laquo;&nbsp;Seulement, je ne sais plus trop bien si c&rsquo;&eacute;tait pour la drogue ou pour l&rsquo;alcool.  &nbsp;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et comme pour bousculer, renverser le monde de notre bourgeoise de voisine, il ajoute&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Peut-&ecirc;tre &agrave; cause d&rsquo;une femme&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et il se marre de plus belle tandis que Salom&eacute; se l&egrave;ve soudain inqui&egrave;te, puis non, fausse alerte alors elle baille un grand coup et va &eacute;taler ses cinquante kilos sur les pieds de ladite bourgeoise offusqu&eacute;e, mais qui n&rsquo;ose se plaindre.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Puis le temps s&rsquo;&eacute;tire, charg&eacute; de discussions inutiles, entrecoup&eacute; de rires.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rires amers, saveur de bi&egrave;re.]]></content:encoded></item><item><title>Auteur pomm&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-02T11:18:40+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-52</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-52</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voil&agrave; que l&rsquo;on me convie &agrave; une interview via le net.   J&rsquo;en suis heureux, que dis-je&nbsp;: je jubile, et fais &ccedil;a en autant de gestes pu&eacute;rils et d&eacute;sordonn&eacute;s.   Je n&rsquo;en donne pas le d&eacute;tail, inutile que je me ridiculise d&rsquo;avantage, le chat s&rsquo;est d&eacute;j&agrave; copieusement foutu de ma gueule avec son air de pas y toucher, va m&ecirc;me jusqu&rsquo;&agrave; se lisser les moustaches, narquois.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mon petit num&eacute;ro achev&eacute;, toute honte bue, chat foutu &agrave; la porte de mon amour-propre, et, parce que faut croire, je prends la chose &agrave; c&oelig;ur, je me mets s&eacute;rieusement &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir aux possibles questions que nombre d&rsquo;internautes me poseront &agrave; cette occasion.   J&rsquo;en entrevois quelques-unes, et l&agrave;, devant la machine, je simule quantit&eacute; de r&eacute;ponses, quantit&eacute; de variations, je dose humour et grand s&eacute;rieux, combine spiritualit&eacute; et rigueur, plaisanteries et traits d&rsquo;esprit, enfin je fais mon boulot et je m&rsquo;en sors pas si mal.   Sauf que d&rsquo;un coup le doute se manifeste, sauf que d&rsquo;un coup je r&eacute;alise &ecirc;tre un enfant de la pomme.   Comme beaucoup d&rsquo;entre-nous me direz-vous, peut-&ecirc;tre, sauf que c&rsquo;est pas &agrave; cette pomme-l&agrave; que je pense, non, celle du jardin paradisiaque, ses nus, son serpent, son pommier et toute la panoplie de l&rsquo;Eden, je m&rsquo;en tape, pire&nbsp;: je  l&rsquo;ignore.   Je pense &agrave; l&rsquo;autre, celle qui estampille mon clavier depuis des lustres et je panique.   Parce que voil&agrave;, je m&rsquo;imagine que les gens qui m&rsquo;invitent &agrave; clavarder  doivent faire partie des 90% et des brouettes &mdash; grosses les brouettes &mdash; qui utilisent du mat&eacute;riel exclusivement PC, exclusivement Microsoft et que donc, je vais me retrouver sur un clavier tout diff&eacute;rent du mien, tout diff&eacute;rent des claviers pomme que j&rsquo;affectionne.   C&rsquo;est-&agrave;-dire que je vais devoir composer sur un clavier sans accent sur majuscule &agrave; moins de jouer de la touche tel un pianiste &agrave; l&rsquo;heure des gammes, un clavier avec le point d&rsquo;exclamation en place d&rsquo;autre chose et avec autre chose en place du point d&rsquo;exclamation, j&rsquo;en passe et des moins fran&ccedil;aises, typographiquement s&rsquo;entend, c&rsquo;est-&agrave;-dire que putain c&rsquo;est pas gagn&eacute;&nbsp;!


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sans parler de mon orthographe qui, bien s&ucirc;r, est d&eacute;sastreuse&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Oui, je fais des fautes, et pas qu&rsquo;un peu encore, vu que quand je m&rsquo;y mets, je fais rien &agrave; moiti&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bon, ben j&rsquo;ai plus qu&rsquo;&agrave; me pointer &agrave; ladite interview avec mon clavier sous le bras et mon dico sous l&rsquo;autre moi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Pardon de ne pouvoir vous serrer la main mon cher monsieur, c&rsquo;eut &eacute;t&eacute; avec plaisir mais je suis manchot.   On ne vous avait pas pr&eacute;venu&nbsp;?   Mais moi non plus monsieur, figurez-vous m&ecirc;me que j&rsquo;ai appris mon handicap il y a peu, et se d&eacute;couvrir homme tronc un apr&egrave;s midi d&rsquo;automne, je vous jure que &ccedil;a fait un choc.   Sans parler des cons&eacute;quences pour l&rsquo;&eacute;crivain que je suis, parce que bien s&ucirc;r, depuis je perds mes feuilles.


&Agrave; propos de l'interview]]></content:encoded></item><item><title>C&#x2019;est jour du poisson</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-12-01T11:21:32+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-51</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/dec-2006#unique-entry-id-51</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Me dis-je.   Et si je m&rsquo;&eacute;crivais un texte finissant en queue de.   Un joli petit texte bourr&eacute; de non sens et qui, tel l&rsquo;&eacute;caill&eacute; suscit&eacute;, nagerait dans les profondeurs aqueuses d&rsquo;une litt&eacute;rature boulevers&eacute;e, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre bouleversante.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voyons. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quelque part dans l&rsquo;immensit&eacute; d&rsquo;un oc&eacute;an, un poisson attend sa poissone.   Autour de lui, quantit&eacute; de coraux silencieux et immobiles font ce qu&rsquo;ils font &agrave; chaque instant de leur vie, c&rsquo;est-&agrave;-dire que, micromillim&egrave;tre apr&egrave;s micromillim&egrave;tre, ils s&rsquo;appliquent &agrave; se construire une barri&egrave;re.   &Agrave; vue de poisson, la progression du grand &oelig;uvre des coraux est insignifiante.   Passerait-il une vie, toujours &agrave; attendre sa poissonne dans son petit p&eacute;rim&egrave;tre d&rsquo;eau sal&eacute;e, &agrave; tourner en rond ou &agrave; observer lesdits coraux dans le blanc des zooxanthelles, qu&rsquo;il ne verrait aucune diff&eacute;rence au bout du compte.   Leur poserait-il des questions, essaierait-il d&rsquo;entamer une discussion histoire de passer le temps, d&rsquo;agr&eacute;menter son attente, que la r&eacute;ponse viendra si tard qu&rsquo;il y aura belle lurette que notre poisson ne sera plus de cet oc&eacute;an, belle lurette qu&rsquo;il aura fini dans le ventre d&rsquo;une assiette de fin de semaine, parce que les coraux, comme d&eacute;j&agrave; dit il y a de cela quelques mots, vivent &agrave; allure r&eacute;duite alors que les poissons eux, vivent comme vous et moi ou &agrave; peu pr&eacute;s.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par exemple, vous attendez une fille tel le poisson attendant sa poissonne et au m&ecirc;me endroit encore.   Et bien, dussiez-vous attendre une vie enti&egrave;re que jamais le corail ne mettra de barri&egrave;re entre elle et vous, et dussiez-vous en watt millions de mots raconter votre d&eacute;ception &agrave; ne jamais la voir venir cette fille-l&agrave;, que jamais le corail n&rsquo; interrompra votre plainte.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Ce que j&rsquo;en dis, c&rsquo;est que le corail est le compagnon id&eacute;al des chagrins d&rsquo;amour, je lui fais


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il reste dubitatif, perdu quelque part sur l&rsquo;accotement de ma r&eacute;partie, puis il hausse les &eacute;paules, un peu vex&eacute; on dirait.   Faut dire qu&rsquo;il a attendu une fille qui n&rsquo;est jamais venue, qu&rsquo;il l&rsquo;avait invit&eacute; au restaurant et qu&rsquo;il me raconte tout &ccedil;a la larme &agrave; l&rsquo;&oelig;il, me pr&eacute;cisant m&ecirc;me &laquo;&nbsp;Que c&rsquo;est bien dommage, parce qu&rsquo;il avait fait gaffe a s&eacute;lectionn&eacute; LE restaurant.  &nbsp;&raquo; Pour finir, il a r&eacute;gl&eacute; son verre et, la mort dans l&rsquo;&acirc;me, il s&rsquo;est tir&eacute; sans d&icirc;ner tellement &ccedil;a lui a coup&eacute; l&rsquo;app&eacute;tit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Quel genre de restaurant&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Le plus chic de la ville&nbsp;: sp&eacute;cialit&eacute; poisson&nbsp;!


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce qui fait que je respire &agrave; mon aise, la poissonne de mon histoire a sans doute r&eacute;chapp&eacute; au pire, soit aux filets des p&ecirc;cheurs et aux couteaux des cuisiniers, et si elle est en retard, c&rsquo;est s&ucirc;rement qu&rsquo;elle cherche dans sa garde-robe la tenue ad&eacute;quate pour s&eacute;duire son patient poisson.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Celui l&agrave; m&ecirc;me qui attend dans le silence des coraux.]]></content:encoded></item><item><title>Gnome &#xe0; la pelle</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-30T11:32:33+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-50</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-50</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;allume la t&eacute;l&eacute;, pouss&eacute; par  je ne sais quelle pulsion, car ce geste je ne le fais jamais.   J&rsquo;allume la t&eacute;l&eacute; donc et, tout tranquillement, je vais me servir un verre en cuisine &mdash; j&rsquo;en ai le droit, c&rsquo;est l&rsquo;heure de l&rsquo;ap&eacute;ro.   Puis, tout aussi tranquillement, tel l&rsquo;homme baignant dans une qui&eacute;tude quasi b&eacute;ate, je reviens au salon pour poser mes fesses sur la banquette, mon verre sur la table basse, avec dans l&rsquo;id&eacute;e de me plonger dans le 20 heures, de me tenir un peu au courant des malheurs de ce monde.   Sauf que d&eacute;cid&eacute;ment, dans ledit monde, rien ne se passe jamais comme pr&eacute;vu, voire quelquefois, les t&eacute;l&eacute;s pour une raison inconnue ou seulement connue d&rsquo;elles-m&ecirc;mes, changent de cha&icirc;ne &agrave; loisir, choisissent le programme qui sied &agrave; leur tube cathodique.   Je ne savais pas qu&rsquo;il existait un canal hertzien consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;Heroic fantasy me dis-je, mais apr&egrave;s tout pourquoi pas, c&rsquo;est un cr&eacute;neau comme un autre et il n&rsquo;y a aucune raison de priver les amateurs d&rsquo;images toutes destin&eacute;es &agrave; assouvir leur passion.   Puis &ccedil;a n&rsquo;a pas l&rsquo;air si mal foutu que &ccedil;a, la prise de vue est r&eacute;aliste, plut&ocirc;t bonne, aussi, je me laisse aller quelques instants &agrave; suivre l&rsquo;intrigue.   Le sc&eacute;nario casse pas des barres question originalit&eacute;, mais en m&ecirc;me temps c&rsquo;est une fiction fran&ccedil;aise, alors&hellip; Alors rien, je vous raconte en quelques mots:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est un gnome, avec toute la panoplie du gnome&nbsp;: petitesse, coupe de cheveux surr&eacute;aliste, insolence aux bords des l&egrave;vres et tout le toutim, bref un gnome dans la plus pure tradition Tolkienesque et Pratchetti&egrave;nne.   Il est entour&eacute; de plein de m&eacute;chants-vilains, tous diff&eacute;rents de lui, bien entendu, mais qu&rsquo;&agrave; cela ne tienne, de la diff&eacute;rence, il s&rsquo;en tape, mieux il assume, et se sent tout pr&eacute;s, malgr&eacute; un format frisant le nanisme, &agrave; se le reb&acirc;tir ce monde, de ses propres petites menottes.   Il est courageux, le dit, l&rsquo;affirme haut et fort&nbsp;: qu&rsquo;on lui file une pelle, des outils et voil&agrave; notre gnome qui investirait sa minuscule personne dans des travaux colossaux, et si on l&rsquo;en priait gentiment, m&ecirc;me que &ccedil;a le g&ecirc;nerait pas plus que &ccedil;a d&rsquo;&ecirc;tre le ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre de la grande r&eacute;novation.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je vous l&rsquo;ai dit, le sc&eacute;nario est convenu, et puis, je ne sais ce que fout le cadreur, sans doute que lui non plus, l&rsquo;Heroic fantasy c&rsquo;est pas son truc, aussi se d&eacute;sint&eacute;resse-t-il du sujet film&eacute;, aussi a-il rel&acirc;ch&eacute; son attention.   Ce qui fait que notre gnome penche d&eacute;sormais dangereusement d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, et moi, j&rsquo;ai pas envie de redresser la t&eacute;l&eacute;, de corriger le tir pour une fiction somme toute assez banale.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je change de cha&icirc;ne.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merde, j&rsquo;ai d&ucirc; me gourer de bouton, voil&agrave; que le gnome revient, tout aussi pench&eacute; que pr&eacute;c&eacute;demment, voire pire, et tout aussi insolent.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je r&eacute;cidive, m&rsquo;acharne sur la t&eacute;l&eacute;commande, vais d&rsquo;une cha&icirc;ne &agrave; la suivante, rien &agrave; faire, toujours le gnome est l&agrave;, lui et ses ambitions, est l&agrave; comme s&rsquo;il avait &eacute;lu domicile dans la bo&icirc;te, comme si de cette bo&icirc;te il s&rsquo;en &eacute;tait fait son chez lui et que content d&rsquo;y &ecirc;tre d&eacute;sormais confortablement install&eacute;, il ne voulait plus la quitter.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;&eacute;teins la bo&icirc;te, sirote mon verre de rouge et ne me pr&eacute;occupe plus du gnome, encore moins de la soudaine homog&egrave;ne programmation de notre r&eacute;seau t&eacute;l&eacute;visuel.   Sans doute que tout reviendra &agrave; la normale demain, sans doute est-ce un simple bug ou quelque chose du genre.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il ferait beau voir qu&rsquo;un personnage tout droit sorti d&rsquo;une fiction made in Heroic fantasy, colonise notre espace m&eacute;diatique et s&rsquo;y incruste impun&eacute;ment, laissez-moi rigoler.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sauf que ce matin, je rigole plus, le gnome &agrave; envahit la presse &eacute;crite, parade dans une de quantit&eacute; de canards, martelant, r&eacute;p&eacute;tant le m&ecirc;me discours, il veut une pelle, des outils, le pouvoir,&nbsp;et pas plus tard que dans cinq mois.   Sans parler qu&rsquo;il penche toujours autant et toujours du m&ecirc;me c&ocirc;t&eacute;, &agrave; droite pour &ecirc;tre exact, tellement &agrave; droite que ce couillon risque bien de tomber de l&rsquo;image d&rsquo;un moment &agrave; l&rsquo;autre et se retrouver dans la rue, puisque je sors de chez le marchand de journaux. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et m&rsquo;es avis que la rue, c&rsquo;est pas son truc au gnome, j&rsquo;ai m&ecirc;me dans l&rsquo;id&eacute;e que jamais il n&rsquo;y a mis les pieds, que jamais il ne l'a fr&eacute;quent&eacute;, qu&rsquo;il trouverait la chose un brin hostile, un brin diff&eacute;rente de son luxueux pavillon.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Faut que je pr&eacute;cise, dise, que c&rsquo;est un gnome de Neuilly.   Alors pensez, s&rsquo;il sait se servir d&rsquo;une pelle ce gnome-l&agrave;.
]]></content:encoded></item><item><title>Matin sans concession</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-29T11:18:19+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-49</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-49</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Aujourd&rsquo;hui, le soleil balance de discrets rayons au travers des carreaux de la cuisine.   Ce sont des rayons automnaux, palots, presque diaphanes, et nombre d&rsquo;entre eux ont choisi de venir mourir ici, de venir s&rsquo;&eacute;teindre chez moi donc.   Assis derri&egrave;re une tasse de caf&eacute; fumant, j&rsquo;assiste au tr&eacute;pas de quelques uns&nbsp;: qui sur le bord d&rsquo;&eacute;vier, qui  sur un coin de table, qui sur le tranchant d&rsquo;un couteau, le rebondis d&rsquo;une petite cuill&egrave;re&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;en suis presque &agrave; me les compter, &agrave; dresser le bilan des d&eacute;c&egrave;s lumineux afin de composer une oraison fun&egrave;bre tout expr&egrave;s pour eux, quelque chose d&rsquo;&eacute;mouvant et qui sonnerait juste.   Sauf que bien s&ucirc;r, c&rsquo;est impossible tant la cadence est &eacute;lev&eacute;e, tant les pertes d&eacute;filent &agrave; grande vitesse&nbsp;: &agrave; celle de la lumi&egrave;re pour ainsi dire.   Et pour ainsi dire, c&rsquo;est triste de ne pouvoir honorer convenablement cette myriade de rais alors qu&rsquo;ils se sont lev&eacute;s t&ocirc;t ce matin, alors qu&rsquo;ils ont parcouru quelque chose comme 149 597 870691 de kilom&egrave;tres pour venir s&rsquo;ab&icirc;mer ici, entre toutes les cuisines de ce bas monde.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est donc avec tristesse que j&rsquo;avale mon caf&eacute;, un peu comme si d&rsquo;un coup, je venais de perdre des milliards de frangins, tous plus brillants les uns que les autres, et que je r&eacute;alisais ne pas avoir les moyens d&rsquo;organiser leurs fun&eacute;railles, aussi modestes soient-elles.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et mon humeur ne s&rsquo;arrange pas lorsque je songe que demain j&rsquo;en perdrai autant, le surlendemain&nbsp;: idem, et ainsi de suite jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute;, jusqu&rsquo;au jour le plus long o&ugrave;, c&rsquo;est par centaines de milliards que ces frangins-l&agrave; tr&eacute;passeront, et que moi, toujours je serai sans moyen, toujours je serai dans l&rsquo;incapacit&eacute; de leur offrir une tombe avec dessus une belle &eacute;pitaphe.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Puis naturellement, me vient &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de compter le nombre de tombes que cela ferait, si jamais par miracle, je m&rsquo;enrichissais d&rsquo;ici-l&agrave;&nbsp;: un paquet, un gros paquet m&ecirc;me.   En r&eacute;alit&eacute;, il y en aurait tellement  des tombes, que nul ne pourrait se mouvoir sans se heurter &agrave; une croix.   Tenez, il est fort &agrave; parier m&ecirc;me, que ma cuisine serait &agrave; ce point si encombr&eacute;e que je ne pourrais trouver la place de poser une tasse de caf&eacute;, encore moins en trouver une pour m&rsquo;asseoir et r&ecirc;ver dans la lumi&egrave;re du petit matin. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur ce je me l&egrave;ve, abandonnant ma tristesse, d&eacute;laissant mes pens&eacute;es fun&egrave;bres, sur ce je gagne mon bureau pour, sourire aux l&egrave;vres, &eacute;crire un peu.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Inhumer les rayons du soleil&nbsp;&raquo;, non mais, a-t-on jamais vu un homme concevoir une telle absurdit&eacute;.   Si&nbsp;!   Montrez-le moi que je le traite de fou.]]></content:encoded></item><item><title>Fleurs de novembre&#x2a;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-28T11:35:16+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-48</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-48</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les journ&eacute;es s&rsquo;allongent interminables, il n&rsquo;a plus envie de rien, plus envie de sa vie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Derri&egrave;re le pare-brise se l&egrave;ve un jour sans soleil, &laquo;&nbsp;En voil&agrave; encore un.  &nbsp;&raquo; murmure-t-il, avant de s&rsquo;extirper de son sac de couchage.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Encore un.  &nbsp;&raquo; il r&eacute;p&egrave;te, comme pour s&rsquo;en convaincre, puis il pense, repense &agrave; sa vie, celle d&rsquo;avant.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Avant&hellip;&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il a &eacute;t&eacute; mari&eacute;, il a eu des enfants, une vie de famille, il se souvient parfaitement de &ccedil;a.   Il avait un m&eacute;tier aussi, il &eacute;tait avocat.   Il n&rsquo;&eacute;tait pas brillant, non, mais n&rsquo;&eacute;tait pas mauvais non plus.   Et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu&rsquo;&agrave; ce jour de d&eacute;cembre o&ugrave; il l&rsquo;a crois&eacute; sur le parvis du palais de justice.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Que s&rsquo;est-il pass&eacute;&nbsp;?   Il ne sait pas.   Il a beau tourner sa pens&eacute;e, se concentrer sur ce jour-l&agrave;, sur cette poign&eacute;e de secondes, mais rien n&rsquo;y fait, il ne comprend pas, ne se comprend pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un regard, un minois qui se tend, un sourire et tout a foutu le camp comme on claque des doigts.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il l&rsquo;a noy&eacute; sous les fleurs, lui a &eacute;crit des centaines de lettres des mois durant, tant et si bien qu&rsquo;elle a fini par porter plainte pour harc&egrave;lement.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Avec pr&eacute;caution, il d&eacute;plie son costume&nbsp;: vestige d&rsquo;un monde d&eacute;sormais disparu, le suspend au r&eacute;troviseur, range un peu son logement automobile, fourre dans ses poches&nbsp;: rasoir, savon, brosse &agrave; dents et dentifrice, puis il sort du v&eacute;hicule et se dirige vers les toilettes publiques.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;S&rsquo;observant dans la glace, se rasant, il pr&eacute;pare sa d&eacute;fense.   Murmure les mots qu&rsquo;il lui faudra prononcer tout &agrave; l&rsquo;heure, mais &agrave; part un &laquo;&nbsp;Je l&rsquo;aimais&nbsp;&raquo; rien ne vient.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus tard, en enfilant son costume dans l&rsquo;habitacle exigu, nouant ses souliers, sa cravate, il sourira de lui, de sa candeur d&rsquo;alors.   Sourira de sa condition d&rsquo;homme, celle qui fait que l&rsquo;on peut tout perdre, boulot, famille, tout, pour un simple regard.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mais dans le fond, n&rsquo;est-ce pas pr&eacute;cis&eacute;ment cette capacit&eacute; qui le fait humain cet homme, celui-l&agrave; m&ecirc;me qui quitte son v&eacute;hicule, s&rsquo;en &eacute;loigne sous la grisaille de novembre, les &eacute;paules vo&ucirc;t&eacute;es de trop de fleurs, de trop de mots d&eacute;pos&eacute;s aux pieds de l&rsquo;espoir, &agrave; ceux du peut-&ecirc;tre, du &laquo;&nbsp;Si seulement&nbsp;&raquo;.


* D'apr&egrave;s des faits r&eacute;els.]]></content:encoded></item><item><title>Carne dominicale</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-27T13:12:35+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-47</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-47</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Certains dimanches s&rsquo;&eacute;coulent comme des silences, c&rsquo;est un dimanche comme celui-l&agrave;, calme, tranquille, c&rsquo;&eacute;tait hier.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Au caf&eacute;, j&rsquo;ai crois&eacute; les m&ecirc;mes gens, les m&ecirc;mes t&ecirc;tes.   Sur aucune je pourrais poser un pr&eacute;nom,  ni m&ecirc;me un nom, n&rsquo;emp&ecirc;che, je sais qui fait quoi, et toujours le fait dans la m&ecirc;me tranche horaire.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ici, attabl&eacute;e et souriante, celle qui tient un petit magasin o&ugrave; elle vend de tout, de la raquette de badminton et volant au cendrier kitch en passant par le porte-parapluie fantasque, elle prend un blanc cassis, toujours.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&agrave;, un conseiller municipal en compagnie d&rsquo;autres &eacute;lus, comme &agrave; leur habitude, discutent rugby.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus loin, deux petites vieilles derri&egrave;re leur th&eacute; m&eacute;disent sur tout, sur tous.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Devant moi, le boucher du coin, un colosse &eacute;quip&eacute; de Nike couleur sang.   &Agrave; le voir ainsi chauss&eacute;, je me demande toujours si c&rsquo;est par go&ucirc;t ou si plus simplement&nbsp;: c&rsquo;est plus pratique, avec le m&eacute;tier qu&rsquo;il fait&hellip; rouge pour les pompes, c&rsquo;est &agrave; la fois fun&egrave;bre et plus discret.   Du reste, peut-&ecirc;tre &eacute;taient-elles blanches, il y a de cela des ann&eacute;es&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tout comme moi, il enregistre ses tickets de PMU, sauf que lui est un ca&iuml;d comme qui dirait, un pro de la chose, il s&rsquo;en met pour une trentaine d&rsquo;euros, alors, alors s&ucirc;rement qu&rsquo;il sait ce qu&rsquo;il fait, qu&rsquo;il s&rsquo;y conna&icirc;t.   Son tablier est macul&eacute; de sang, ce qui me fait penser, association d&rsquo;id&eacute;e, &agrave; cet autre boucher rencontr&eacute; il y a de cela longtemps.   Il avait pour patronyme &laquo;&nbsp;Merle&nbsp;&raquo;, chacun le surnommait &laquo;&nbsp;Faute de grive.&raquo;   Sur sa devanture s&rsquo;&eacute;talait Merle & fils, et en plus petit &laquo;&nbsp;Ici on ne tue pas de chevaux&nbsp;&raquo;.   Faut que je dise, pr&eacute;cise, que &laquo;&nbsp;Faute de grive&nbsp;&raquo; &eacute;levait des chevaux, les dressait, et tous les week-end embarquait sulkys et trotteurs pour se rendre &agrave; Chantilly, &agrave; Parilly, &agrave; &Eacute;vian ou ailleurs, pour les faire courir.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Son fils, l&rsquo;unique estampill&eacute; sur devanture, celui qui longtemps drivait lesdits canassons pendant les courses, celui sur lequel il comptait pour reprendre le commerce familial, un matin, sac &agrave; dos en bandouli&egrave;re, a tendu le pouce pour s&rsquo;en aller faire le tour du monde.   A-t-il fait le tour, ou alors  s&rsquo;est-il arr&ecirc;t&eacute; quelque part pour faire une pause parce que l&rsquo;endroit lui plaisait, ou parce qu&rsquo;il a rencontr&eacute; une fille dont il est tomb&eacute; amoureux, ou rencontr&eacute; un cheval du genre pur-sang et qui trotte comme pas permis, ou encore, en m&eacute;moire de son paternel mort depuis, a-t-il fond&eacute; l&rsquo;association des bouchers anti-viande d&rsquo;&eacute;quid&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voil&agrave;, je suis l&agrave; &agrave; attendre mon tour pour valider mon quint&eacute;, l&agrave;, pile derri&egrave;re des Nike sanguinolentes, et je repense &agrave; &ccedil;a.   Repense &agrave; ceux-l&agrave; que j&rsquo;avais vid&eacute;s de ma m&eacute;moire ou presque, et y pensant je me dis que d&eacute;cid&eacute;ment ce monde et les &ecirc;tres qui le peuplent sont impr&eacute;visibles.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Du coup, j&rsquo;ai bien envie de lui taper sur l&rsquo;&eacute;paule au colosse pour lui poser la question.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Parce qu&rsquo;enfin, a-t-on jamais  vu &ccedil;a, des bouchers absolument contre la viande chevaline&nbsp;?
]]></content:encoded></item><item><title>Mythod&#xe9;dicace&#xa;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-26T10:14:35+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-46</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-46</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une s&eacute;ance de d&eacute;dicace lis-je, l&agrave;, sur un mail, c&rsquo;est ce que l&rsquo;on me propose pour le premier trimestre 2007.   Et &agrave; Paris, o&ugrave; pas loin, et dans une grande librairie, et libre &agrave; moi d&rsquo;en choisir la date dans le format trimestriel.   Grand Dieu, alors c&rsquo;est vrai, je suis bien un auteur.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Illico je donne mon accord pour le mois de janvier, puis, satisfait, je m&rsquo;allume une clope, m&rsquo;&eacute;crase dans mon fauteuil d&rsquo;homme public, et, comme j&rsquo;en ai l&rsquo;habitude, l&acirc;che les chevaux de la pens&eacute;e sur le champ de course d&rsquo;un et-pourquoi-pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;D&rsquo;embl&eacute;e je me vois derri&egrave;re une pile de livres colossale, un peu comme si la d&eacute;sormais statue de grand homme que je suis soudainement devenue, daignait se s&eacute;parer de son pi&eacute;destal pour le poser &agrave; m&ecirc;me la table et le fractionner en autant de petit morceaux pour gentiment les signer un &agrave; un, pour aimablement en faire don &agrave; une foule admirative, voire une foule sous le charme.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il va sans dire que la file d&rsquo;attente pour recevoir ledit don, court jusqu&rsquo;aux confins de la m&egrave;re patrie.   Aux derni&egrave;res nouvelles, para&icirc;trait m&ecirc;me que certains &mdash; certaines pour &ecirc;tre tout &agrave; fait pr&eacute;cis &mdash; quelque part dans les environs de Marseille, louent des embarcations de fortune afin de ne pas se retrouver les pieds dans l&rsquo;eau, de ne pas mouiller leurs jupes en attendant leur tour.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je suis serein, signe &agrave; la vol&eacute;, toujours j&rsquo;ai un mot gentil, toujours je m&rsquo;attarde &agrave; discuter un peu, mais&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La vendeuse, aimable


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Sans vouloir vous presser Monsieur&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Moi 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Appelez moi St&eacute;phane, je vous en prie.   O&ugrave; en sommes nous&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La vendeuse


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Il  faudrait augmenter la cadence St&eacute;phane, la file d&rsquo;attente s&rsquo;&eacute;tale d&eacute;sormais sur un peu plus de 2000 kilom&egrave;tres et l&rsquo;on annonce une temp&ecirc;te au large de Gibraltar


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;augmente donc la cadence, signe &agrave; tout va, j&rsquo;ai un boat peopoling litt&eacute;raire &agrave; g&eacute;rer moi, quantit&eacute; d&rsquo;admiratrices toutes pr&ecirc;tes &agrave; s&rsquo;ab&icirc;mer pour une phrase, une tranche de pi&eacute;destal, je ne peux d&eacute;cemment ignorer la chose, encore moins la m&eacute;priser.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et j&rsquo;augmente tant et si bien qu&rsquo;en fin de soir&eacute;e, ne reste rien du pi&eacute;destal, rien non plus de ma statue d&rsquo;homme public, le dernier petit morceau s&rsquo;en est all&eacute; avec la derni&egrave;re groupie, elle &eacute;tait tremp&eacute;e mais en vie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sortant de l&agrave; je me sens pas peu fier.    Certes je ne peux pas me vanter, comme beaucoup, d&rsquo;&ecirc;tre laur&eacute;at de tel ou tel prix litt&eacute;raire, d&rsquo;&ecirc;tre traduit en 17 langues et de vendre par centaine de milliers d&rsquo;exemplaires.   Il n&rsquo;emp&ecirc;che que c&rsquo;est moi l&rsquo;&eacute;crivain qui paye de mon illustre personne et sans compter encore, pour, en plein hiver, sauver la gent f&eacute;minine de la noyade, et &ccedil;a c&rsquo;est pas rien


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Non, pas rien.
]]></content:encoded></item><item><title>Cabotinage Oulipien</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-25T10:36:11+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-45</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-45</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;ai re&ccedil;u hier un mail d&rsquo;un ami, il disait &laquo;&nbsp; Il est vraiment bien ton blog&nbsp;&raquo; &mdash; merci.   C&rsquo;est un membre de la communaut&eacute; Oulipi&egrave;nne, alors naturellement je me suis mis &agrave; penser &agrave; &ccedil;a, &agrave; l&rsquo;Oulipo, &agrave; leurs jeux dont j&rsquo;avoue volontiers ne pas &ecirc;tre fan et le dire &mdash; maladroitement souvent.   Cependant, et parce que d&eacute;cid&eacute;ment il faut croire que chaque r&egrave;gle contient son exception, que je n&rsquo;y &eacute;chappe pas,  m&rsquo;est revenu en m&eacute;moire un texte que j&rsquo;avais &eacute;crit sous contrainte.   Adonc, voil&agrave; que je me le cherche ce texte, voil&agrave; que je me le trouve, que je me l&rsquo;exhume, que je me le relis et que le relisant, je me souviens parfaitement avoir pris du plaisir &agrave; l&rsquo;&eacute;crire.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je suis un peu cabot, c&rsquo;est vrai, j&rsquo;ai la moquerie facile et le verbe ac&eacute;r&eacute;, quelquefois blessant, mais, mais, mais&hellip; c&rsquo;est sans m&eacute;chancet&eacute; aucune, et lorsque je me contredis, j&rsquo;assume.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Adonc, voici un tautogramme* en S pour Jean-Marc &mdash; m&ecirc;me s&rsquo;il le conna&icirc;t d&eacute;j&agrave; &mdash;, adonc voici un texte pour tous les amateurs de l&rsquo;Oulipo, en guise de clin d&rsquo;&oelig;il amical.


*Un tautogramme est une phrase, ou un ensemble de phrases ou de vers dont tous les mots commencent par la m&ecirc;me lettre.


Sarah, si seulement&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sarah sirote son soda.   Silencieuse.   Sensuelle.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Solennel Simon s&rsquo;avance, s&rsquo;agenouille, s&rsquo;exprime&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Sublime Sarah, si seulement&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Si seulement&hellip;&nbsp;&raquo; songe Sarah, &laquo;&nbsp;Si seulement Simon se saoulait sans s&rsquo;&eacute;pancher syst&eacute;matiquement, s&rsquo;il savait souffrir silencieusement&hellip;&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Simon si subtil, si spirituel sans spiritueux, s&rsquo;ab&ecirc;tit sit&ocirc;t saoul, se solde sans scrupules, susurre ses souhaits&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; S&rsquo;aimer Sarah&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Simon sp&eacute;cule, Simon s&rsquo;imagine Sarah s&rsquo;&eacute;talant sur soie, sir&egrave;ne suave surnageant sur sommier sans sous-v&ecirc;tements, s&rsquo;imagine se scotcher, se souder&nbsp;: sueur&nbsp;; senteur&nbsp;; spasmes&nbsp;; saveur&nbsp;; septi&egrave;me&nbsp;: s&rsquo;effondrer sereins, seins sur seins s&rsquo;endormir&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sacrifice sur sacrifice Simon s&rsquo;imposerait si seulement Sarah s&eacute;duite, s&rsquo;offrait.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sa soif s&rsquo;oublierait.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sinistre soif.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Simon saoul supplie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Simon, sensible, s&rsquo;&eacute;namoure sans succ&egrave;s.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;S&rsquo;invente sans surprise&nbsp;!  &nbsp;&raquo; songe-t-elle.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sarah s&egrave;che son soda.   Sans sommation s&rsquo;enfuit : silhouette s&rsquo;&eacute;tiolant sur soir,  s&rsquo;&eacute;vanouit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Simon soigne sa solitude, stigmatise sa soif&nbsp;:&nbsp;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Six Suze,


&nbsp;&nbsp;&nbsp;S&rsquo;oublie&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sept schnaps,


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Se souvient&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sort


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Simon slalome, sillonne Symphonie sunlights street.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Stoppe.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;S&rsquo;allonge solitaire sur sa saoulerie sans suite sinon souffrir.  Stationne suburbain station  Solferino.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Simon songe : &laquo;&nbsp; Sarah, si seulement&hellip;&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;S&rsquo;assoupit


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Station Solferino, six snobinards s&rsquo;indignent&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Salopard sans souci&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;S&rsquo;ils savaient&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Quatre heures du mat</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-24T11:49:55+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-44</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-44</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est t&ocirc;t, tr&egrave;s t&ocirc;t, j&rsquo;ai l&rsquo;insomnie qui obstin&eacute;ment refuse de sombrer.   Je me l&egrave;ve, attrape &laquo;&nbsp;Tokyo Montana express&nbsp;&raquo; de Richard Brautigan pour m&rsquo;en relire quelques nouvelles, sauf que bien s&ucirc;r c&rsquo;est pas le genre de litt&eacute;rature qui ensommeille son homme, ce serait m&ecirc;me pile l&rsquo;inverse, ici un chat qui aime le melon&nbsp;, l&agrave; une rencontre avec un auteur japonais* qui chausse pendant le repas une paire de lunettes de plong&eacute;e,  plus loin une gueule de bois consid&eacute;r&eacute;e comme un objet de l&rsquo;artisanat populaire&hellip; rien de soporifique donc.   Je referme le bouquin et pense &agrave; cet autre qui disait que l&rsquo;on &eacute;tait peu de chose dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;on pouvait rentrer toute une vie dans une heure d&rsquo;insomnie.   Je m&rsquo;y essaie, assur&eacute;ment cet autre avait raison.   La constatation me d&eacute;prime, je passe &agrave; l&rsquo;actualit&eacute; made in web&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;- Noiret est mort, paix &agrave; son &acirc;me.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;- 119, c&rsquo;est le nombre de civils qui chaque jour tombent en Irak, imaginez &ccedil;a, imaginez 119 cercueils empil&eacute;s, soit la hauteur d&rsquo;un immeuble de 20 &eacute;tages.   Ce qui me fait penser que lorsque les Am&eacute;ricains ont promis de reconstruire l&rsquo;Irak, on aurait peut-&ecirc;tre d&ucirc; leur demander de plus amples d&eacute;tails quant aux mat&eacute;riaux de construction envisag&eacute;s pour le grand &oelig;uvre.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;- Sarkosy annoncera seulement la semaine prochaine s&rsquo;il sera candidat ou non aux pr&eacute;sidentielles de 2007.   Ah me dis-je, tout ne va pas si mal alors, et je me surprends &agrave; songer &agrave; un revirement de derni&egrave;re minute, un truc du genre &laquo;&nbsp;Tout comptes faits j&rsquo;y vais pas les gars, pas envie, d&eacute;brouillez-vous sans moi.  &nbsp;&raquo; Je r&ecirc;ve, je sais, mais &ccedil;a fait pas de mal de r&ecirc;ver.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quoi d&rsquo;autre&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;- Un flic &agrave; flingu&eacute; un supporter du PSG, en a bless&eacute; un autre.   Entre amoureux de la balle, on se fait pas de cadeau.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merde, mais je suis cynique moi, et de bon matin encore.   Je culpabilise un peu, pas trop quand m&ecirc;me parce que c&rsquo;est pas franchement dans ma nature, et je vais me pr&eacute;parer un caf&eacute; en cuisine.   Au passage j&rsquo;ouvre les volets et me perd un moment dans la contemplation de la rue.   J&rsquo;esquisse un sourire &agrave; la vue de la voiture de mon voisin, il a comme &agrave; son habitude, repli&eacute; les deux r&eacute;troviseurs afin qu&rsquo;elle passe la nuit ainsi.   Je le soup&ccedil;onne de pr&eacute;f&eacute;rer sa caisse &agrave; sa femme, du moins je subodore qu&rsquo;il s&rsquo;en occupe d&rsquo;avantage.   Faut dire qu&rsquo;il n&rsquo;a de cesse de la bichonner, de la laver int&eacute;rieur-ext&eacute;rieur, de la lustrer, de la polisher, j&rsquo;en passe et des plus carossi&egrave;res.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Certes une bagnole c&rsquo;est un placement, certes c&rsquo;est plus agr&eacute;able quand c&rsquo;est propre, certes et encore certes, mais de l&agrave; &agrave; chaque soir redescendre en pantoufles pour lui replier les r&eacute;troviseurs&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Refermant la fen&ecirc;tre, me vient une id&eacute;e, peut-&ecirc;tre que je me trompe du tout au tout, peut-&ecirc;tre que mon voisin n&rsquo;est pas le couillon que j&rsquo;imagine, non, si &ccedil;a se trouve mon voisin est un po&egrave;te, sorte de grand enfant qui pense qu&rsquo;&agrave; lui replier les r&eacute;troviseurs ainsi &agrave; sa voiture, elle dormira sur ses deux oreilles.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La veinarde.


Il semblerait que ledit auteur japonais d&eacute;jeunant ce jour-la avec Richard Brautigan &eacute;tait Kenzabur&ocirc; O&eacute;.
]]></content:encoded></item><item><title>La vie paysage</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-23T22:03:43+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-43</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-43</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le soleil qui, ces derniers temps se contrefout de savoir en quelle saison nous sommes, brille, chauffe ma carcasse d&rsquo;oisif promeneur.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce matin, pour une raison que j&rsquo;ignore et qui d&rsquo;ailleurs m&rsquo;indiff&egrave;re, j&rsquo;ai chauss&eacute; mes Converses, enfil&eacute; une veste, pour aller me faire un petit tour de village.   Je n&rsquo;ai pas de destination pr&eacute;cise, pas de qu&ecirc;te identifi&eacute;e, pas davantage de courses &agrave; faire.   En aurais-je d&rsquo;ailleurs, que je ne le pourrais pas&nbsp;: j&rsquo;ai dans les fouilles du vide, rien que du vide, pas m&ecirc;me de quoi acheter une baguette de pain.   C&rsquo;est une fin de mois d&eacute;sargent&eacute;e donc, s&rsquo;il n&rsquo;y avait le soleil qui se prend pour une piastre fra&icirc;chement nettoy&eacute;e.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voil&agrave; que je me prom&egrave;ne mains dans les poches vides, voil&agrave; que je croise quelques gens affair&eacute;s &agrave; aller et venir pour plein de raisons&nbsp;; professionnelles, m&eacute;nag&egrave;res&hellip; toutes bonnes &agrave; n&rsquo;en pas douter.   Voil&agrave; sans doute que je dois &ecirc;tre le seul dans le petit village &agrave; me trouver-l&agrave;, &agrave; marcher sans but lorsqu&rsquo;au d&eacute;tour d&rsquo;une ruelle s&rsquo;ouvre tout soudainement un paysage que je ne connais pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Aussi, j&rsquo;interromps ma marche et vais m&rsquo;asseoir sur un petit muret de pierres pour me l&rsquo;observer tout &agrave; loisir ce paysage inconnu, me mettre au vert comme qui dirait.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est, de l&rsquo;endroit o&ugrave; je me trouve, &eacute;poustouflant de beaut&eacute;.   Il y a l&agrave; deux palmiers encadrant une tripot&eacute; d&rsquo;oliviers et tous, comme des pantins, accrochent leurs feuilles fil&eacute;es au bleu du ciel, et tous balancent au soleil leur fragile densit&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pas un souffle de vent illustre la sc&egrave;ne, le vent s&rsquo;en est all&eacute; faire un tour ailleurs, le vent a, tout comme moi, le souffle coup&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quelque part au fond du paysage, entre ciel et frondaisons, allez savoir pourquoi, se trouve la vie, une vie cern&eacute;e par des fragments nature.   J&rsquo;y trouve, retrouve toutes choses qui sont miennes&nbsp;: plaisir, passions, amour, blessures, vieillir, traces de l&rsquo;enfance, joies, d&eacute;ceptions, trahison&nbsp;: ah si seulement&hellip; Ah, mais non&nbsp;!   Ah mais c&rsquo;est trop tard&hellip; Para&icirc;t que &ccedil;a l&rsquo;est jamais&hellip; N&rsquo;emp&ecirc;che&hellip; Et tout le reste&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tout y est, c&rsquo;est pourtant qu&rsquo;un bout de ciel, je me dis, tellement micro bout, tellement mouchoir que je ne sais trop s&rsquo;il faut se moucher, chialer dedans, ou se le ranger dans les poches pour plus tard.   Les miennes sont vides, aussi, je peux y rentrer, pourquoi pas, le firmament et son soleil, des oliviers, des palmiers, et, une vie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce que je fais.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rentrant de ma balade, j&rsquo;ai le sentiment de n&rsquo;&ecirc;tre pas si pauvre que &ccedil;a, non, moi j&rsquo;ai les fouilles paysag&egrave;res, mieux j&rsquo;ai les doigts plant&eacute;s dedans.]]></content:encoded></item><item><title>Souvenirs moribonds</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-22T13:30:49+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-42</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-42</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est des jours o&ugrave; l&rsquo;on perd un bout de soi, un bout d&rsquo;enfance, c&rsquo;est une impression bien s&ucirc;r, rien de tangible ni m&ecirc;me rien de palpable, cependant on sait que c&rsquo;est l&agrave;, comme une absence au fond de l&rsquo;&acirc;me, sorte de b&eacute;ance, trou d&rsquo;&eacute;vidence&hellip; Se pourrait-il que le sommeil m&rsquo;ait cette nuit vol&eacute; un souvenir ou deux et que, m&rsquo;&eacute;veillant dans le froid du petit matin, je sois incapable de remettre la m&eacute;moire dessus.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Caf&eacute; et, voyons.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je sonde, resonde, manque bien quelques couleurs, quelques visages se sont estomp&eacute;s, quelques sourires s&rsquo;en sont all&eacute;s, mais d&eacute;tails que tout cela parce que l&rsquo;ensemble tient la route, je me souviens de tout.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et me la joue Perec :


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens du march&eacute; aux fleurs de Dakar, juste en face, assis &agrave; m&ecirc;me le trottoir se tenait un homme, on le disait fou.   Dans les roues de nos patins &agrave; roulettes, il glissait sa canne et lorsque nous tombions, sa poitrine se soulevait d&rsquo;un rire de coquillages.   Faut dire qu&rsquo;il portait autour du cou une ribambelle de cauris, ne portait que &ccedil;a.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens de toi, petite fille, de tes cheveux de miel flottant dans les embruns marins.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens de toutes les voitures qui m&rsquo;ont renvers&eacute;, de tous les lampadaires, les poteaux sur lesquels je me suis caboss&eacute; parce que je lisais en marchant.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens avoir appris &agrave; jouer &agrave; l&rsquo;awal&eacute;e sur une plage, cuvettes de sable et galets.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens avoir menti, avoir pr&eacute;text&eacute; un accident de v&eacute;lo pour justifier un d&eacute;collement de la peau, de l&rsquo;aine &agrave; la clavicule.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens que plonger d&rsquo;une dizaine de m&egrave;tres et finir par un plat, &ccedil;a fait mal, vachement mal m&ecirc;me.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens de mon premier baiser, de sa douceur fruit&eacute;e.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens que le cin&eacute;ma ne co&ucirc;tait rien, pour peu que l&rsquo;on soit pas trop regardant sur le confort.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens des bancs desdits cin&eacute;ma, simples bancs de bois, de l&rsquo;&eacute;cran, souvent perfor&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens de mon premier film, me souviens avoir ri, davantage parce que la salle riait que parce que je comprenais.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je me souviens du titre de ce film&nbsp;: Mash


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et je percute, voil&agrave; ce que j&rsquo;ai perdu.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bien s&ucirc;r, enfant je ne connaissais pas le nom de cet homme qui m&rsquo;&eacute;veillait &agrave; l&rsquo;image, bien s&ucirc;r depuis j&rsquo;ai vu des centaines de film, mais celui-ci &eacute;tait mon premier vrai, mais celui-ci s&rsquo;ancre dans mes souvenirs avec tendresse, avec m&eacute;lancolie presque, et son papa s&rsquo;en est all&eacute; hier.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alors c&rsquo;est &ccedil;a vieillir, c&rsquo;est perdre tour &agrave; tour, jour apr&egrave;s jour, les auteurs de nos souvenirs.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et que dire, si ce n&rsquo;est&nbsp;: bonne route monsieur Altman, et s&rsquo;allumer une clope&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Les p&#xe9;riph&#xe9;reux de la vie.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-21T11:28:20+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-41</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-41</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il bosse comme cantonnier pour la ville de Paris, elle fait des m&eacute;nages &agrave; mi-temps.   Ils sont salari&eacute;s tous les deux.   Quatre ann&eacute;es d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;ils cherchent &agrave; se loger mais, sans succ&egrave;s.   Il leur faudrait &mdash; en plus du mois de loyer d&rsquo;avance, des deux mois de caution &mdash;, un garant chacun, voire deux&hellip; Il leur faudrait une famille, des amis.   Ils n&rsquo;en ont pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ils ont dormi un peu partout&nbsp;: dans les h&ocirc;tels, les campings, quelquefois &agrave; m&ecirc;me le trottoir avant d&rsquo;&eacute;choir ici.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ici, c&rsquo;est un joli petit coin de verdure comme dirait l&rsquo;autre po&egrave;te, mais ce coin de verdure-ci a &ccedil;a de particulier qu&rsquo;il est contigu au p&eacute;riph&eacute;rique, un simple grillage l&rsquo;en s&eacute;pare.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ils ont tendu une b&acirc;che entre arbres et fronti&egrave;re m&eacute;tallique, dessous ils ont mont&eacute; une tente, voil&agrave; pour la chambre &agrave; coucher.   Sous la b&acirc;che encore, une table, deux chaises, un petit buffet surmont&eacute; d&rsquo;un r&eacute;chaud font office de salle &agrave; manger, de cuisine.   T&ocirc;t le matin, dans le barouf de l&rsquo;incessant passage des v&eacute;hicules, dans la puanteur des pots d&rsquo;&eacute;chappement, ils d&eacute;jeunent avant que de chacun se rendre &agrave; leur travail.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce soir, comme souvent, il lui offrira les fleurs qu&rsquo;il aura chip&eacute;es au cimeti&egrave;re.   Elle le r&eacute;primandera un peu pour &ccedil;a, et lui r&eacute;pondra que les morts n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;&ecirc;tre fleuris, alors que les vivants si.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus tard, tandis qu&rsquo;elle nettoiera pour la &eacute;ni&egrave;me fois la table, le r&eacute;chaud, pour en retirer le d&eacute;p&ocirc;t graisseux &eacute;mis en continu par leur voisin le p&eacute;riph&eacute;rique, tandis qu&rsquo;elle fera la vaisselle dans une bassine pos&eacute;e sur la table, tandis que lui boira un verre de mauvais vin pour se r&eacute;chauffer les os, l&rsquo;&acirc;me avec, il insistera encore pour avoir un chien.   Il serait plus tranquille, parce que de la savoir seule ici une partie de la journ&eacute;e, l&rsquo;inqui&egrave;te.   Et puis lorsque ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ne s&rsquo;y trouvent dans leur deux-pi&egrave;ces-hydrocarbur&eacute;s, tout peut arriver.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;D&rsquo;ailleurs c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; arriv&eacute;&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Elle sourira, lui rappellera qu&rsquo;ils n&rsquo;ont plus grand-chose &agrave; perdre et que, sans doute, le peu qu&rsquo;on leur a vol&eacute;, doit profiter aujourd&rsquo;hui &agrave; plus n&eacute;cessiteux qu&rsquo;eux.   Elle ajoutera que pas mal de propri&eacute;taires refusent les chiens, que ce serait un frein au logement.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Elle y croit encore.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lui ne sourira pas, mais n&rsquo;avouera pas non plus que l&rsquo;espoir a d&eacute;sert&eacute; sa carcasse depuis belle lurette.   Il l&rsquo;aime sa petite femme, alors &agrave; quoi bon ajouter la peine &agrave; la peine de tous les jours.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La nuit tomb&eacute;e, discr&egrave;tement, il d&eacute;tournera l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; d&rsquo;un r&eacute;verb&egrave;re pour chauffer la tente, allumer une t&eacute;l&eacute;.   Puis, sous une montagne de couvertures, ils se nicheront l&rsquo;un contre l&rsquo;autre et une fois de plus, ils entraveront que dalle au programme parce que le boucan assourdissant du p&eacute;riph&eacute;rique&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Juste avant de sombrer dans le sommeil boucan du monde des laiss&eacute;s pour compte, elle priera Dieu pour que sa demande de logement arrive enfin sur un bureau, n&rsquo;importe lequel, elle est pas difficile.   Lui, pensera, repensera encore &agrave; cette phrase&nbsp;: &laquo;&nbsp;La Nation assure &agrave; l'individu et &agrave; la famille les conditions n&eacute;cessaires &agrave; leur d&eacute;veloppement.  *&nbsp;&raquo; et s&rsquo;interrogera sur le sens du mot &laquo;&nbsp;d&eacute;veloppement&nbsp;&raquo;.   Il a bien regard&eacute; dans le dictionnaire, mais les dictionnaires ne disent pas pourquoi ceux qui &eacute;crivent les textes, jamais ne les mettent en application.   Ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui ont un toit sur la t&ecirc;te.


*Article 10 de la constitution fran&ccedil;aise.]]></content:encoded></item><item><title>Microcosmot</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-20T17:11:25+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-40</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-40</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur le bureau tra&icirc;nent quelques bouquins en cours de lecture, de relecture.   Trois Moleskine, quelques dessins, les outils ad&eacute;quats &agrave; leur r&eacute;alisation, des briquets, un paquet de tabac, des feuilles &agrave; rouler &eacute;parses, la carte des bi&egrave;res de &laquo;&nbsp;Chez Trotski*&raquo;, un ordinateur bien s&ucirc;r, un Ipod, des sous-bocks glan&eacute;s ici et l&agrave;, au gr&eacute; des bistrots o&ugrave; je me suis arr&ecirc;t&eacute;.   J&rsquo;ai chip&eacute; l&rsquo;un d&rsquo;eux au Caf&eacute; de Flore, celui-l&agrave; m&ecirc;me o&ugrave; Jean Genet d&eacute;pensait en ivresse l&rsquo;argent qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est un petit monde que le mien.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si petit que, histoire de pousser les bords dans lesquels il se limite, il s&rsquo;invente des histoires.   L&agrave;, un stylo plume jette l&rsquo;ancre dans la rade d&rsquo;une feuille, naturellement il s&rsquo;aligne face &agrave; la page, face &agrave; la marge o&ugrave;, cursives, s&rsquo;&eacute;talent des notes.   Elles ont &eacute;t&eacute; prises il y &agrave; longtemps, aussi &ccedil;a leur manque et, voir qu&rsquo;un Water Man, cartouche pleine, se pointe &agrave; l&rsquo;horizon de leur privation&hellip;.   Elles sont deux, minuscules certes, mais poss&egrave;dent du caract&egrave;re, alors elles d&eacute;gomment la virgule, le point qui les arrimaient pour s&rsquo;en aller rejoindre l&rsquo;encapuchonn&eacute; qui, pour l&rsquo;occasion se d&eacute;capuchone et tous trois filent au plume.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Na&icirc;tra de cette union une tripot&eacute; de mots.   Ils grandiront, deviendront verbe ou simples auxiliaires, ou encore adverbe, ou adjectif.   Puis, certains feront l&rsquo;article &agrave; certaines, d&rsquo;un trait, ils signeront leur union, convoleront en phrase l&rsquo;un avec l&rsquo;autre, et un de ces jours ils mettront au monde un paragraphe, puis deux, puis trois, puis&hellip; Puis lesdits paragraphes grandiront &agrave; leur tour et auront voix au chapitre&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est un petit monde que le mien, oui, aussi petit qu&rsquo;un roman &agrave; venir.


*La taverne de Saint-Paul : troquet Li&egrave;gois surnomm&eacute; ainsi car, &agrave; ce que l&rsquo;on dit, Trotski y avait ses habitudes lorsqu&rsquo;il r&eacute;sidait en Belgique.
]]></content:encoded></item><item><title>Compas ferroviaire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-19T20:52:40+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-39</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-39</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Buffet de la gare au petit matin.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il ne sait pas oublier, c&rsquo;est ainsi que je l&rsquo;imagine cet homme-l&agrave;, que je l&rsquo;imagine trimballer sa vie.   Des souvenirs il en a plein la caboche, quantit&eacute;, il voyage avec, &ccedil;a le remue.   Aussi c&rsquo;est remu&eacute; qu&rsquo;il s&rsquo;attable pour commander un caf&eacute;, se coller une cibiche au bec et y mettre le feu.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Son regard se perd quelque part, loin, tr&egrave;s loin d&rsquo;ici, au-del&agrave; des miroirs comptoir, au-del&agrave; du monde sans doute.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Agrave; ses pieds, deux gros sacs de voyages pleins jusqu&rsquo;&agrave; la gueule s&rsquo;&eacute;talent sur carrelage comme deux &eacute;normes clebs.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il n&rsquo;a de cesse de faire rouler entre ses doigts une montre &agrave; gousset, la passe d&rsquo;une main &agrave; l&rsquo;autre, de temps en temps il calme ses gestes pour, attentif, l&rsquo;&oelig;il dans les aiguilles, l&rsquo;observer longuement avec au coin des l&egrave;vres un sourire d&eacute;sabus&eacute;, puis il recommence son man&egrave;ge et &agrave; nouveau son regard s&rsquo;enfuit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;En r&eacute;alit&eacute;, je le r&eacute;alise, percute&nbsp;: ce n&rsquo;est pas une montre mais une boussole.   Merde, je me dis, faut-il &ecirc;tre paum&eacute; pour jouer de la boussole dans une gare.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Agrave; la table d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;, une gamine se niche dans les bras de son p&egrave;re.   C&rsquo;est la fin des vacances, le soleil se l&egrave;ve sur leur s&eacute;paration.   Dans quelques heures, elle sera dans les bras de sa m&egrave;re, situation banale, alternance monoparentale.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus loin, un vieil homme, casquette riv&eacute;e sur la t&ecirc;te et petit blanc en main, embrasse la salle d&rsquo;un regard clair.   Lui ne prend pas le train, peut-&ecirc;tre m&ecirc;me ne l&rsquo;a-t-il jamais pris, mais chaque matin il vient ici, il aime les gens du voyage faut croire


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Derri&egrave;re lui, un homme d&rsquo;affaire encostum&eacute;, encravat&eacute;, ouvre un journal.   Sur la une s&rsquo;&eacute;tale en titraille grasse&nbsp;: Il ne faut pas avoir peur des id&eacute;es neuves.   J&rsquo;ai du mal &agrave; comprendre le sens exact de cette d&eacute;claration d&rsquo;&eacute;vidence politique, mais sais d&eacute;j&agrave; que sa mise en &oelig;uvre me co&ucirc;tera quelques euros par ci, par l&agrave;&hellip; 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;La serveuse navigue entre les tables, elle a le geste pr&eacute;cis, le mot aimable, sourit &agrave; chacun, me pr&eacute;cise en me rendant la monnaie qu&rsquo;il est l&rsquo;heure, que je vais louper mon train si je me bouge pas de suite.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce que je fais.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus tard le paysage d&eacute;file &agrave; travers des vitres d&rsquo;un TGV lanc&eacute; &agrave; pleine vitesse, plus tard je repense &agrave; tout ce petit monde peuplant les d&eacute;parts, &agrave; cet homme tripotant sa boussole.   Plus tard j&rsquo;imagine la vie comme une immense gare de triage, une o&ugrave; chacun s&rsquo;&eacute;vertuerait &agrave; ne pas se planter de train, ne pas se planter de destination&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alors peut-&ecirc;tre qu&rsquo;une boussole, c&rsquo;est pas si con.
]]></content:encoded></item><item><title>Troll&#x2a;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-18T08:48:02+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-38</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-38</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est un teigneux.   Chaque jour que Dieu fait le voici qui s&rsquo;installe bien &agrave; l&rsquo;abri derri&egrave;re son &eacute;cran, se connecte sur internet pour se faire agression pure.   Il se trouve du talent, en veut &agrave; chacun, chacune de ne pas &ecirc;tre reconnu.   Il a propos&eacute; quantit&eacute; de manuscrits &agrave; quantit&eacute; de maisons d&rsquo;&eacute;dition, les refus r&eacute;p&eacute;t&eacute;s de ses derni&egrave;res l&rsquo;ont rendu amer, m&eacute;chant.   Se pourrait-il que le monde ne comprenne pas son g&eacute;nie, que ledit monde ne soit pas pr&egrave;s&nbsp;?   Il aime &agrave; le croire, il s&rsquo;en convainc un peu plus chaque jour.   Il oublie qu&rsquo;en v&eacute;rit&eacute;, bien &eacute;crire ne veut rien dire, encore faut-il cr&eacute;er un univers, un de ceux si entier, si personnel, qu&rsquo;il ne puisse &ecirc;tre assimil&eacute; ni compar&eacute; &agrave; aucun autre.   Il n&rsquo;a pas cette force-l&agrave;, ne l&rsquo;a jamais eu&nbsp;: lui singe la litt&eacute;rature.   Il lit, mixe d&rsquo;autres univers, bien incapable qu&rsquo;il est d&rsquo;en inventer un de toutes pi&egrave;ces, et c&rsquo;est ce mixe qu&rsquo;il donne &agrave; lire.   Qu&rsquo;il donne, parce qu&rsquo;offrir, il ne sait pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une fois encore, il referme un livre, il pense, croit l&rsquo;avoir compris, aussi se met-il &agrave; &eacute;crire, se met-il &agrave; m&eacute;langer les mots.   Des mots compliqu&eacute;s de pr&eacute;f&eacute;rence car, imagine-il, faire compliqu&eacute; c&rsquo;est faire montre d&rsquo;intelligence.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il ne sait pas, pas encore si tant est qu&rsquo;il le comprenne un jour, que faire simple reste le plus difficile, que l&rsquo;intelligence est pile &agrave; l&rsquo;inverse de sa d&eacute;marche, qu&rsquo;elle consiste souvent &agrave; d&eacute;shabiller le verbe, la syntaxe, pour l&rsquo;offrir dans sa simple nudit&eacute; &agrave; autrui.   Effeuiller l&rsquo;&eacute;criture jusqu&rsquo;&agrave; la rendre palpable, intelligible, mise &agrave; port&eacute;e de tous, comme un cadeau &agrave; l&rsquo;autre, comme une musique, lui &eacute;chappe tout &agrave; fait.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Comme une musique&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sous ses fen&ecirc;tres passe une jeune fille, elle est belle comme la tomb&eacute; du soir, comme une musique elle aussi, ritournelle mi-nocturne sur paire d&rsquo;escarpins-refrain.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Derri&egrave;re ses carreaux, il l&rsquo;observe.   Sur sa bouche se dessine un rictus de d&eacute;go&ucirc;t, il bave quelques mots, balance deux trois insanit&eacute;s &agrave; son endroit, des qui restent, tout comme-lui, cloisonn&eacute;es derri&egrave;re la vitre de l&rsquo;anonymat.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il ne sait pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il aurait pu d&eacute;valer quelques marches, se pr&eacute;cipiter, rengainer sa morgue, dire &laquo;.  Mademoiselle, j&rsquo;ai tellement de haine en moi, si tu savais.   Dis, tu veux pas m&rsquo;aider un peu.   M&ecirc;me un petit peu, rien qu&rsquo;un sourire, un geste, quelque chose qui me rende &agrave; la vie, un peu&hellip; s&rsquo;il te pla&icirc;t.&raquo;   Et supplier, s&rsquo;il le fallait.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il ne sait pas.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il aimerait pourtant, aimerait tellement &ecirc;tre cet autre au-del&agrave; de sa propre r&eacute;pugnance bien qu&rsquo;elle soit sale, mais non, il n&rsquo;essaie pas.   N&rsquo;essaie pas parce qu&rsquo;il a peur, qu&rsquo;il meurt de trouille, parce que faudra remonter, regagner son antre d&eacute;go&ucirc;t, et donc, passer &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la bo&icirc;te aux lettres, l&rsquo;ouvrir, et lire encore&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Monsieur,


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous avons bien re&ccedil;u votre manuscrit, malheureusement&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il ne sait pas, ne veut pas, le courage c&rsquo;est pas son truc.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Aussi, plut&ocirc;t que de descendre, plut&ocirc;t que d&rsquo;essayer d&rsquo;exister dans la musique de la vie, dans celle des bras d&rsquo;une fille, s&rsquo;en va-t-il comme chaque jour surfer sur le net, y d&eacute;verser sa ranc&oelig;ur, chaque jour un peu plus dissimuler sa peine derri&egrave;re des mots mauvais, peine de n&rsquo;&ecirc;tre que lui-m&ecirc;me, c&rsquo;est-&agrave;-dire personne.


*Troll]]></content:encoded></item><item><title>Cioran ou la derni&#xe8;re cigarette</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-17T18:41:57+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-37</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-37</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo;&nbsp;Dans les &eacute;preuves cruciales, la cigarette nous est d'une aide plus efficace que les &eacute;vangiles.  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Disait Cioran.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Disait cela au temps b&eacute;ni o&ugrave; l&rsquo;on pouvait s&rsquo;en griller une ici, ailleurs, n&rsquo;importe o&ugrave;, selon notre envie, notre humeur, notre d&eacute;pendance, sans se prendre pour un bourreau, sans culpabiliser, sans encourir de sanction, sans se faire montrer du doigt par les gens sains, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui cultivent l&rsquo;espoir de vivre centenaire, voire davantage, comme si leur pr&eacute;sence sur terre &eacute;tait &agrave; ce point n&eacute;cessaire qu&rsquo;ils veuillent poursuivre ind&eacute;finiment, et comme si, pour ce faire, notre compagnie leur &eacute;tait indispensable.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ils s&rsquo;occupent de nous, nous pr&eacute;servent, voudraient nous faire les t&eacute;moins de leur quasi &eacute;ternit&eacute;, c&rsquo;est aimable sauf que j&rsquo;ai pas l&rsquo;&acirc;me d&rsquo;un t&eacute;moin et n&rsquo;ai aucune envie de tra&icirc;ner sur cette terre plus que de raison.   Pour y faire quoi Grand Dieu, si je ne peux m&ecirc;me plus aller au bistrot du quartier, m&rsquo;installer, ouvrir un Moleskine, foutre le feu &agrave; ma clope, commander une mousse et, dans des volutes bleut&eacute;es nicotin&eacute;es&nbsp;: &eacute;crire un peu&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et, non, je lirai pas les &eacute;vangiles au bistrot, et non, j&rsquo;en arracherai pas une page pour m&rsquo;en rouler une dedans et la fumer dehors comme un paria, et encore non, je veux pas crever en bonne sant&eacute;, je veux pas quitter ce monde en pleine forme, sans blague, j&rsquo;aurais l&rsquo;air de quoi me pr&eacute;sentant devant le Dab ou l&rsquo;un de ses sbires et lui dire&nbsp;: 


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; T&rsquo;as vu comme je le fais bien le d&eacute;c&eacute;d&eacute; en pleine sant&eacute; ?   Il est o&ugrave; le paradis non fumeur&nbsp;? 


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et lui de r&eacute;pondre&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; D&eacute;sol&eacute; monsieur, ici on ne fait pas de distinction.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Hein&nbsp;?   Z&rsquo;avez m&ecirc;me pas de salle de sport, parce que l&agrave; je me sens un peu&hellip;, un peu&hellip; un peu&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Mort&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Voil&agrave;, c&rsquo;est &ccedil;a.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; On en est tous l&agrave; mon bon monsieur


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Ah mais pardon, moi j&rsquo;ai fait attention, je n&rsquo;ai jamais bu plus que de raison, fum&eacute; non plus, et pour ce qui est de la baise, sans blague, j&rsquo;y ai &eacute;t&eacute; avec parcimonie, du bout des doigts comme qui dirait.   Ce qui fait que j&rsquo;ai tout bien fait comme ils conseillaient en bas, que j&rsquo;ai tout respect&eacute;, et que donc&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Donc&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Ben j&rsquo;ai droit &agrave; une place de premi&egrave;re non&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et le sbire de sourire, de se tourner vers son stagiaire tout aussi ail&eacute; et de commenter l&rsquo;air complice&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; &Ccedil;a sert &agrave; quoi de r&eacute;p&eacute;ter depuis des si&egrave;cles &laquo;&nbsp;[&hellip;] les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers.   &raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et le stagiaire d&rsquo;acquiescer compatissant&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; &Agrave; rien.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et moi de me plaindre encore et encore mais sans succ&egrave;s, puis, finalement, de rebrousser chemin, de reprendre ma place en bout de file, pile derri&egrave;re une fille belle comme un soleil qui viendrait de se coucher pour une &eacute;ternit&eacute;, et de penser&nbsp;: l&rsquo;&oelig;il riv&eacute; sur son joli petit cul, sur ses m&egrave;ches, flamm&egrave;ches incendiaires, descendantes, courantes sur fesses&nbsp;: merde, je me taperais bien une blonde moi, sans parler que je lui ferais bien quantit&eacute; de petits m&eacute;gots, et que tout recommence dans le cendrier de la vie&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais, trop tard.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je referme le Moleskine, plie sur eux m&ecirc;me ces quelques mots, &eacute;crase ma clope, la derni&egrave;re parce que bient&ocirc;t, les bistrots fran&ccedil;ais m&rsquo;interdiront de venir r&ecirc;ver &agrave; leur table.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dommage, parce que sans la conna&icirc;tre vraiment, j&rsquo;aurais bien fait un petit bout de chemin avec, avec cette blonde rencontr&eacute;e l&rsquo;autre hiver&nbsp;; le mien,  &agrave; la table des songes, disons, disons  jusqu&rsquo;&agrave; la mort.
]]></content:encoded></item><item><title>Le poids de la beaut&#xe9;.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-16T10:43:15+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-36</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-36</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une mannequin de quatorze piges est morte de peser quarante kilos pour son m&egrave;tre soixante-quatorze.   C&rsquo;est pas grand-chose quarante kilos quand on y pense, un peu moins de 230 grammes au centim&egrave;tre, c&rsquo;est m&ecirc;me que dalle.   &Agrave; la r&eacute;flexion, pas m&ecirc;me de quoi remplir le cercueil qui bient&ocirc;t la recevra pour l&rsquo;embarquer vers l&rsquo;au-del&agrave;.   Et une fois qu&rsquo;elle y sera dans cet au-del&agrave;, c&ocirc;t&eacute; paradis bien s&ucirc;r, parce qu&rsquo;&agrave; cet &acirc;ge-l&agrave;, elle ne peut encore avoir commis quelques m&eacute;faits dont le Tr&egrave;s Haut pourrait lui tenir rigueur.   Une fois qu&rsquo;elle y sera disais-je, qu&rsquo;un petit dodu ail&eacute; lui demandera son passeport d&rsquo;innocence pour l&rsquo;estampiller, puis acheminer la belle  dans un petit coin de nuage et l&rsquo;y d&eacute;poser pour l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;, ne sera-t-il pas tent&eacute; de se moquer un peu.   En toute gentillesse bien s&ucirc;r, mais tout de m&ecirc;me, on sait les anges espi&egrave;gles, souvent malicieux&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Peut-&ecirc;tre se moquera-t-il de sa minceur.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et elle pleurera toutes les larmes d&rsquo;un corps qu&rsquo;elle n&rsquo;a plus, dira sans doute que ce n&rsquo;est pas sa faute mais celle de la mode, celle d&rsquo;un monde impitoyable qui exige de ses ic&ocirc;nes papier glac&eacute; qu&rsquo;elles ne soient point encore femme, qu&rsquo;elle ne poss&egrave;dent aucune forme&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Ah, dira l&rsquo;ange dubitatif, et pourquoi cela&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et bien s&ucirc;r, la belle ne pourra r&eacute;pondre et redoublera de pleurs, parce que des raisons, des bonnes, il n&rsquo;en existe bien &eacute;videmment aucune. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors l&rsquo;ange compatissant s&eacute;chera les larmes de la belle enfant avec son mouchoir c&eacute;leste, puis la conduira sur l&rsquo;un des nuages r&eacute;serv&eacute;s aux morts absurdes et, repartant de l&agrave;, une fois de plus, il s&rsquo;inqui&eacute;tera de la surpopulation dudit nuage, de sa surcharge, murmurera entre ses dents&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dingue ce que &ccedil;a p&egrave;se la l&eacute;g&egrave;ret&eacute;.   Au moins autant que la b&ecirc;tise.   Au moins autant que la b&ecirc;tise&hellip;&nbsp;&raquo;]]></content:encoded></item><item><title>H&#xe9;donisme et zinc</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-15T10:27:36+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-35</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-35</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au bar du coin, toujours se tient un homme, dans le coin pr&eacute;cis&eacute;ment.   C&rsquo;est-&agrave;-dire pile &agrave; l&rsquo;endroit ou il ne peut &ecirc;tre vu ni de la terrasse ni de l&rsquo;arri&egrave;re-salle.   Sa stature est imposante, son visage laisse &agrave; penser que dans un temps pas si lointain, il a jou&eacute; au rugby, que des coups, il en a pris, et pas qu&rsquo;un peu.   Il pourrait &ecirc;tre laid, mais tel n&rsquo;est pas le cas, tout au plus pourrait-on dire qu&rsquo;il a une gueule peu banale, une vraie gueule.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chaque jour &agrave; la m&ecirc;me heure, cet homme s&rsquo;accoude donc au coin du zinc et commande un verre pour ensuite, observer les faits et gestes de la serveuse.   Des heures durant, il  ne la quittera pas des yeux, il en est amoureux, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;vidence.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle, elle ne le voit pas, l&rsquo;ignore et vaque &agrave; ses occupations de serveuse.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette histoire serait d&rsquo;une banalit&eacute; affligeante, s&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait de notori&eacute;t&eacute; commune que ladite serveuse est homosexuelle.   Lui ne peut ignorer cette v&eacute;rit&eacute;, c&rsquo;est un petit village, il y est n&eacute;, elle aussi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourtant.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourtant chaque jour cet homme attend, et moi, chaque jour derri&egrave;re mon verre, je me demande ce qu&rsquo;il attend au juste&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cultive-t-il l&rsquo;espoir que, soudainement, revenant de servir une tourn&eacute;e en terrasse, elle r&eacute;alise s&rsquo;&ecirc;tre tromp&eacute; de sexualit&eacute;, que non, les femmes tous comptes faits, c&rsquo;est pas son truc du tout, et qu&rsquo;elle se jette dans ses bras en le suppliant de convoler de suite&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je r&egrave;gle mon verre et m&rsquo;en vais, laissant cet homme &agrave; son espoir.   Quelques m&egrave;tres plus loin j&rsquo;imagine &ecirc;tre dans sa peau et comprends que sans doute il a raison.   Parce qu&rsquo;&agrave; bien y r&eacute;fl&eacute;chir, consommer le r&ecirc;ve, l&rsquo;espoir, c&rsquo;est les rel&eacute;guer au rang des souvenirs, c&rsquo;est les troquer contre la m&eacute;lancolie &agrave; venir, souvent des regrets.   Puis ensuite, faut s&rsquo;en d&eacute;goter un autre de r&ecirc;ve, parce que nul ne peut vivre sans, et, peut-&ecirc;tre qu&rsquo;il n&rsquo;en a pas de rechange, qu&rsquo;il n&rsquo;a peut-&ecirc;tre jamais song&eacute; &agrave; s&rsquo;en fabriquer un autre de r&ecirc;ve.   Que s&rsquo;il r&eacute;alisait celui-ci, il se trouverait d&rsquo;un coup orphelin, et donc malheureux.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi, peut-&ecirc;tre que cet homme qui se soustrait aux regards pour &agrave; loisir contempler son r&ecirc;ve, applique l&rsquo;adage &agrave; la lettre &laquo;&nbsp;Pour vivre heureux vivons cach&eacute;s.  &nbsp;&raquo; Peut-&ecirc;tre m&ecirc;me fonde-t-il devant son verre un nouvel ordre h&eacute;doniste.]]></content:encoded></item><item><title>Six coups</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-14T15:48:58+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-34</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-34</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est des jours o&ugrave; la vie vous sourit comme le barillet d&rsquo;un flingue qu&rsquo;aurait autant de balles devant lui&nbsp;: une semaine tout au plus&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sans compter le lundi, parce que le lundi c'est sacr&eacute;;
]]></content:encoded></item><item><title>Trac ou patraque</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-13T11:31:18+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-33</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-33</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un journaliste d&rsquo;une t&eacute;l&eacute;vision r&eacute;gionale m&rsquo;a gentiment convi&eacute; &agrave; une interview, comme si j&rsquo;avais quelque chose d&rsquo;int&eacute;ressant &agrave; dire moi, voire quelque chose d&rsquo;intelligent&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;ambiance est sympathique, d&eacute;tendue, en quelques phrases ledit journaliste sait mettre son monde &agrave; l&rsquo;aise, il conna&icirc;t son boulot.   Il a aim&eacute; mon livre : c&rsquo;est donc un pro, me dis-je.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; On en discute un peu, on ne s&rsquo;&eacute;tend pas, il est temps d&rsquo;aller me faire maquiller, c&rsquo;est indispensable para&icirc;t-il, vu que comme qui dirait&nbsp;: je suis un gars brillant.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je me pr&ecirc;te au jeu, me laisse repeindre la face d&rsquo;une poudre genre fond de teint, puis je patiente, d&eacute;sormais grim&eacute; et confortablement install&eacute; sur une banquette.   Alentours &ccedil;a papillonne, &ccedil;a s&rsquo;anime, discute, para&icirc;t que les bleus se sont pris une d&eacute;culott&eacute;e par les All Blacks&nbsp;: &laquo;&nbsp;47 &agrave; 3.   Ah ouais quand m&ecirc;me&hellip;&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je fais mine de m&rsquo;int&eacute;resser &agrave; l&rsquo;historique d&eacute;faite, mais en r&eacute;alit&eacute; je pense, repense, &agrave; l&rsquo;&eacute;minente interview.   Ai-je sous caboche quelques id&eacute;es pertinentes, une ou deux belles phrases &agrave; servir, une opinion sur la litt&eacute;rature actuelle, une qui ferait date,  un scoop ou mieux&nbsp;: un scandale concernant l&rsquo;impitoyable monde de l&rsquo;&eacute;dition&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bordel, j&rsquo;ai rien de tout &ccedil;a moi, non, juste un roman et&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et il est trop tard pour y r&eacute;fl&eacute;chir plus avant parce que quand c&rsquo;est l&rsquo;heure c&rsquo;est l&rsquo;heure, et donc&nbsp;: sun light, micro, cadrage, &laquo;&nbsp;&Ccedil;a tourne&nbsp;!  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et &ccedil;a tourne pas si mal, les mots s&rsquo;encha&icirc;nent, les phrases naissent.   Un type nich&eacute; en moi s&rsquo;exprime, et plut&ocirc;t bien encore.   Je savais pas l&rsquo;abriter celui-l&agrave;.   Je le laisse faire un moment, un bon moment m&ecirc;me, puis d&rsquo;un coup je r&eacute;alise : bordel, il me pique la vedette.   Je tente de le calmer, de refr&eacute;ner sa hardiesse, mais non, il a son mot &agrave; dire, et sur tout encore.   C&rsquo;est un type d&rsquo;opinion, un qu&rsquo;a des convictions et qu&rsquo;est bien d&eacute;cid&eacute; &agrave; en toucher deux mots &agrave; l&rsquo;audimat.   J&rsquo;essaie tant bien que mal de lui signaler que faudrait pas trop d&eacute;conner quand m&ecirc;me, certes il est auteur mais c&rsquo;est pas non plus un h&eacute;ros, genre un mec beau comme un Dieu qui viendrait de sauver de la noyade une petite fille de quatre piges.   Mais il s&rsquo;en tape de mes arguments et il poursuit &laquo; De l&rsquo;importance de litt&eacute;rature am&eacute;ricaine des ann&eacute;es 70 : de l&rsquo;art de se forger un style parce que faut pas croire mais c&rsquo;est du boulot, ou encore&nbsp;: comment partager sa vie avec des personnages sans sombrer dans une mythomanie aigue, et puis aussi et en vrac  : l&rsquo;autocensure de l&rsquo;&eacute;crivain&nbsp;; la discipline de l&rsquo;&eacute;criture, l&rsquo;inspiration&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais il va la fermer sa gueule Monsieur-je-sais-tout-et-sans-honte-aucune-et-vous-le raconte.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Finalement, mais sans en &ecirc;tre tout &agrave; fait certain, je crois qu&rsquo;il s&rsquo;est tu pour me laisser adresser un &laquo;&nbsp;Au revoir&nbsp;&raquo; &agrave; la cam&eacute;ra, et, ce faisant, il m&rsquo;a sembl&eacute; que l&rsquo;objectif de ladite cam&eacute;ra a clign&eacute; de l&rsquo;&oelig;il avant de se refermer tout &agrave; fait.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et dire que je ne saurai jamais s&rsquo;il &eacute;tait pour moi ce clin d&rsquo;&oelig;il, ou pour l&rsquo;autre bavard.
]]></content:encoded></item><item><title>Les chevaux de Lodz</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-11T11:39:54+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-32</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-32</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une amie me demandait, il y a de cela quelque temps, de lire et d&rsquo;annoter son manuscrit.   C&rsquo;est un exercice d&eacute;licat car apr&egrave;s tout, qui suis-je moi pour juger des mots d&rsquo;une autre ?   Sous pr&eacute;texte d&rsquo;avoir &eacute;dit&eacute; un roman, ai-je le droit ?   Aussi, c&rsquo;est avec un sentiment de culpabilit&eacute; que j&rsquo;entame le manuscrit, sauf que bien s&ucirc;r ledit sentiment s&rsquo;effrite, s&rsquo;&eacute;caille pour dispara&icirc;tre tout &agrave; fait &agrave; la lecture, simplement parce que l&rsquo;histoire prend le pas sur tout, m&rsquo;entra&icirc;ne dans son monde pour me d&eacute;poser au final, un peu groggy, dans l&rsquo;&eacute;vidence simple : voil&agrave; un bon roman, me dis-je.   Et je recommence pour annoter, mais annoter quoi au fait ?   Souligner quelques belgicismes &mdash; oui, parce que les belges ont &agrave; ce point le go&ucirc;t des mots qu&rsquo;ils en ont invent&eacute; quelques uns pour palier les carences de la langue fran&ccedil;aise &mdash;, d&eacute;placer une virgule, m&rsquo;inqui&eacute;ter d&rsquo;une transition que je trouve inad&eacute;quate et&hellip; ben c&rsquo;est tout puisque comme d&eacute;j&agrave; dit, c&rsquo;est un bon roman, l&rsquo;un de ceux qui donnent envie d&rsquo;&eacute;crire et &ccedil;a, c&rsquo;est pas rien.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aussi, merci mon amie pour tes "Chevaux de Lodz" qui toujours me courent en t&ecirc;te.]]></content:encoded></item><item><title>Heimatlos</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-09T18:48:59+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-31</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-31</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il fait beau, une vingtaine de degr&eacute;s annonce le thermom&egrave;tre ext&eacute;rieur d&rsquo;une pharmacie.   Le soleil s&rsquo;est fringu&eacute; en jaune, le ciel balance du bleu &agrave; tout va, et pas un poil de zef ne d&eacute;range mes pens&eacute;es.   Je n&rsquo;ai pas le souvenir d&rsquo;un mois de novembre aussi radieux, pas depuis que je suis arriv&eacute; en France en tout cas.   Six ans d&eacute;j&agrave;&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je m&rsquo;attable &agrave; la terrasse d&rsquo;un bistrot, commande une mousse, sors comme j&rsquo;en ai l&rsquo;habitude un Moleskine de mes fouilles et d&eacute;capuchonne mon stylo pour &eacute;crire ceci.   Me relisant, je r&eacute;alise l&rsquo;incongruit&eacute; du verbe &laquo;&nbsp;Arriver&nbsp;&raquo;, je suis fran&ccedil;ais, je suis n&eacute; sur cette terre, j&rsquo;aurais d&ucirc; pr&eacute;f&eacute;rer le verbe revenir, mais non, c&rsquo;est naturellement que j&rsquo;emploie le verbe &laquo;&nbsp;arriver&nbsp;&raquo;&nbsp;: je suis un apatride, j&rsquo;en ai conscience depuis l&rsquo;enfance et cela ne me g&ecirc;ne pas.   C&rsquo;est ind&eacute;cent de l&rsquo;&eacute;crire, alors que tant d&rsquo;individus sur cette terre tombent pour une patrie, pour l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une nation, pour d&eacute;fendre un sol&hellip; Je sais tout cela, le comprends, n&rsquo;emp&ecirc;che que &ccedil;a ne me g&ecirc;ne toujours pas d&rsquo;&ecirc;tre de nulle part.   J&rsquo;ai dans le c&oelig;ur une &icirc;le que j&rsquo;ai &eacute;lu comme terre d&rsquo;accueil, une histoire peu commune, quantit&eacute; de regrets, des projets, de l&rsquo;espoir encore un peu, des r&ecirc;ves et des souvenirs et, des mots pour les dire.   En r&eacute;alit&eacute; je r&eacute;alise disant tout cela que je suis pas loin d&rsquo;&ecirc;tre un pays &agrave; moi seul, un en pas trop mauvais &eacute;tat, c&rsquo;est pas si mal.   Je m&rsquo;offre une tourn&eacute;e pour f&ecirc;ter &ccedil;a et trinque &agrave; la mini nation que j&rsquo;h&eacute;berge sous caboche.]]></content:encoded></item><item><title>Au Chinois gourmand</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-08T11:11:43+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-30</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-30</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est en grand sur le fronton, &ccedil;a clignote de mille feux, clignote aussi &laquo;&nbsp;&Agrave; volont&eacute;&nbsp;&raquo; &ccedil;a met en app&eacute;tit y a pas &agrave; dire.   Entrer, choisir une table&hellip; &laquo;&nbsp;Ah mais non Monsieur, &ccedil;a ne marche pas comme &ccedil;a ici&nbsp;! 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Ah, je lui fais.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; C&rsquo;est la premi&egrave;re fois que vous venez, laissez-moi vous expliquer.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle est jeune, semble peu assur&eacute;e, un peu gauche, raconte qu&rsquo;ici on commande l&rsquo;ap&eacute;ritif avant, le vin itou, qu&rsquo;on r&egrave;gle l&rsquo;addition et que seulement ensuite on peut s&rsquo;attabler, et encore pas &agrave; n&rsquo;importe laquelle de table.   Ah ben non, ce serait trop simple.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je suis dans un bon jour faut croire, je me pr&ecirc;te donc au jeu, commande une bi&egrave;re et un kir, une demie boutanche de St H&eacute;milion, r&egrave;gle les repas d&rsquo;avance, rechigne tout de m&ecirc;me &agrave; rejoindre la table qui nous est assign&eacute;.   C&rsquo;est pas si simple, faut qu&rsquo;elle demande &agrave; la responsable de table.   Je savais m&ecirc;me pas que &ccedil;a existait comme m&eacute;tier &laquo;&nbsp;Responsable de table&nbsp;&raquo;, et pour &ecirc;tre franc, j&rsquo;imagine avec peine les &eacute;tudes qu&rsquo;il faut faire pour arriver &agrave; d&eacute;crocher ce genre de job.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; La petite table du fond, c&rsquo;est d&rsquo;accord, confirme d&rsquo;un hochement de menton ladite responsable avant que de replonger dans les soubassements de son comptoir.   Si &ccedil;a se trouve, me dis-je, elle est &eacute;galement responsable des sols, peut-&ecirc;tre a-t-elle fait une sp&eacute;cialisation apr&egrave;s son dipl&ocirc;me Es table.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;aime la bi&egrave;re chinoise, c&rsquo;est doux, une pointe d&rsquo;amertume reste en palais.   Reste m&ecirc;me longtemps vu que faut se lever pour se servir, remplir ses assiettes comme dans un self et question bouffe, c&rsquo;est pas meilleure qu&rsquo;un self, non, le &laquo;&nbsp;Chinois gourmand&nbsp;&raquo; c&rsquo;est juste plus cher, sans parler que c&rsquo;est froid.


&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo;&nbsp;&Agrave; volont&eacute;&nbsp;&raquo; ils disent, sans doute parce que de la volont&eacute; faut en avoir un  paquet pour finir son assiette au &laquo;&nbsp;Chinois gourmand&nbsp;&raquo;, sinon je vois pas.]]></content:encoded></item><item><title>M&#xe9;lancol&#x27;&#xee;le</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-07T11:30:27+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-29</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-29</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je vais pas causer du Goncourt, tout est l&agrave; (D&eacute;magogie comprise).   Pas causer de litt&eacute;rature non plus, pas aujourd&rsquo;hui, mais d&rsquo;une &icirc;le qui se trouve environ sous nos pieds, une &icirc;le bord&eacute;e d&rsquo;un lagon &eacute;meraude, une terre aussi grande que la Belgique mais perdue au milieu de l&rsquo;oc&eacute;an pacifique et qui compte sur son sol, &agrave; peine 220 000 &acirc;mes.   C&rsquo;est un paradis, sans doute l&rsquo;un des derniers.   Il ne survivra pas ainsi, bien s&ucirc;r, parce que l&rsquo;homme dans sa vocation de saccage, dans sa volont&eacute; d&rsquo;uniformit&eacute;, l&rsquo;a d&eacute;j&agrave; condamn&eacute; a se desexceptionneliser un jour ou l&rsquo;autre, dans pas longtemps, s&ucirc;rement&hellip; Les gens n&rsquo;y sont pas meilleurs qu&rsquo;ailleurs, pas plus bons, et comme partout&nbsp;: nombres d&rsquo;entre eux se plaisent &agrave; flinguer vos espoirs, &agrave; d&eacute;zinguer vos certitudes, m&ecirc;me les plus proches.   C&rsquo;est une terre ordinaire donc, si ce n&rsquo;est que c&rsquo;est la mienne, qu&rsquo;elle me manque souvent.   Au matin de l&rsquo;hiver, lorsque le thermom&egrave;tre flirte avec le z&eacute;ro, que sous la brume &eacute;paisse se cache tout vie, se dissimule tout activit&eacute;, que la rue semble se nicher dans sa propre absence, je me prends &agrave; r&ecirc;ver d&rsquo;elle.   Alors j&rsquo;allonge ma foul&eacute;e, rentre le nez dans mon &eacute;charpe et m&rsquo;imagine revenir aux temps b&eacute;nis o&ugrave;, mes pieds ne portaient jamais de chaussures, o&ugrave; une ind&eacute;cente clart&eacute; baignait mes jours.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce matin, traversant la brume, les panards engourdis, les mains fourr&eacute;es dans les poches d&rsquo;un blouson de cuir au col relev&eacute;, tremblant de froid, je me suis arr&ecirc;t&eacute; quelques instants pour me mirer dans la vitrine d&rsquo;un magasin.   Quelque chose clochait dans mon allure, qu&rsquo;est ce que je fous, une paire de lunettes de soleil pos&eacute;e sur le nez en permanence, par ce temps, par tous les temps, qu&rsquo;il fasse soleil ou comme &agrave; cet instant, que le monde s&rsquo;habille d&rsquo;obscurit&eacute;&nbsp;?   Je ne les ai pas retir&eacute;s pour autant, le ridicule ne me g&ecirc;ne pas, et puis dans le fond, je sais, je connais le pourquoi de cette d&eacute;raison&nbsp;: ne pas oublier.   Ne pas oublier qu&rsquo;il est une terre &agrave; l&rsquo;envers du monde, une qui est mienne, que je la porte en moi comme une blessure.   Entrant dans la boulangerie, j&rsquo;ai h&eacute;sit&eacute; &agrave; les retirer, par politesse, mais je me suis ravis&eacute; aussit&ocirc;t parce que si &ccedil;a se trouve ladite blessure se voit, se lit dans mes yeux, et que j&rsquo;ai pas de raison d&rsquo;emb&ecirc;ter une boulang&egrave;re avec ma souffrance.   Mais aussi bien, je les ai-je gard&eacute;s par l&acirc;chet&eacute;, pour ne pas &agrave; avoir &agrave; lire la sienne.   Car sans doute, comme chacun, chacune naissant, vivant ici-bas, elle porte elle aussi au quotidien des jours &eacute;puis&eacute;s, un regret, une envie inassouvie&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ressortant de l&agrave;, baguette sous le bras, les vers de &laquo;&nbsp;La ballade des pendus&nbsp;&raquo; de Villon me sont remont&eacute;s en m&eacute;moire, et c&rsquo;est les pronon&ccedil;ant &agrave; mi-voix que j&rsquo;ai regagn&eacute; la chaleur du logis.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Ccedil;a fait&nbsp;:


Fr&egrave;res humains, qui apr&egrave;s nous vivez,


N'ayez les coeurs contre nous endurcis,


Car, si piti&eacute; de nous pauvres avez,


Dieu en aura plus t&ocirc;t de vous mercis.


...Quant &agrave; la chair, que trop avons nourrie,


Elle est pi&eacute;&ccedil;a d&eacute;vor&eacute;e et pourrie,


Et nous, les os, devenons cendre et poudre.


De notre mal personne ne s'en rie ;


Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


Se fr&egrave;res vous clamons, pas n'en devez


...Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.


...Envers le fils de la Vierge Marie,


Que sa gr&acirc;ce ne soit pour nous tarie,


...Nous sommes morts, &acirc;me ne nous harie,


Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


La pluie nous a d&eacute;bu&eacute;s et lav&eacute;s,


Et le soleil dess&eacute;ch&eacute;s et noircis.


Pies, corbeaux nous ont les yeux cav&eacute;s,


Et arrach&eacute; la barbe et les sourcils.


Jamais nul temps nous ne sommes assis


Puis &ccedil;&agrave;, puis l&agrave;, comme le vent varie,


A son plaisir sans cesser nous charrie,


Plus becquet&eacute;s d'oiseaux que d&eacute;s &agrave; coudre.


Ne soyez donc de notre confr&eacute;rie ;


Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


Prince J&eacute;sus, qui sur tous a maistrie,


Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :


A lui n'ayons que faire ne que soudre.


Hommes, ici n'a point de moquerie ;


Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pourquoi ces vers-l&agrave;&nbsp;?   Je n&rsquo;en ai aucune id&eacute;e.   Peut-&ecirc;tre que simplement ils sont infiniment humains et que dans l&rsquo;ordre des chaleurs, l&rsquo;humain est le plus calorifique.   Que l&rsquo;humain &ccedil;a efface la m&eacute;lancolie d&rsquo;une &icirc;le, m&ecirc;me celle d&rsquo;une &icirc;le.
]]></content:encoded></item><item><title>Un peu de politique spectacle</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-06T09:39:08+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-28</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-28</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une libraire me confiait r&eacute;cemment son d&eacute;sappointement quant au libre choix du lecteur qui, selon elle &mdash; tendrait &agrave; dispara&icirc;tre, si ce n&rsquo;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; fait &mdash; au profit du choix m&eacute;dia.   Elle m&rsquo;annon&ccedil;ait dans le m&ecirc;me temps que d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;ann&eacute;e, elle attendait pas moins d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;ouvrages concernant Nicolas Sarkozy.   Tous n&rsquo;&eacute;tant &eacute;videmment pas pro-Sarkosien &laquo;&nbsp;Loin s&rsquo;en faut&hellip; Mais tout de m&ecirc;me&nbsp;!  &nbsp;&raquo; ajouta-elle.   Puis, d&eacute;signant une table couverte de livres, elle pr&eacute;cisa qu&rsquo;il lui faudrait la d&eacute;gager afin d&rsquo;y mettre en vente les ouvrages suscit&eacute;s, que c&rsquo;&eacute;tait bien dommage parce que l&agrave;-dedans &laquo;&nbsp;Il y avait du bon, du tr&egrave;s bon m&ecirc;me.  &nbsp;&raquo; Sortant de la librairie j&rsquo;ai pens&eacute; un truc du genre&nbsp;: les h&eacute;ros des fran&ccedil;ais rapetissent, et m&rsquo;est grimp&eacute; en t&ecirc;te l&rsquo;un des dialogues &laquo;&nbsp;D&rsquo;un singe en hiver&nbsp;&raquo;, dialogue* sign&eacute; par un Audiard au sommet de son art pour un Gabin non moins au sommet, dialogue qui, si l&rsquo;on rempla&ccedil;ait le sujet d&rsquo;origine&nbsp;: soit l&rsquo;alcool&nbsp;: par la litt&eacute;rature, et les protagonistes&nbsp;: soient le consommateur par un lecteur&nbsp;; et le patron de bistrot par un libraire, donnerait ceci&nbsp;: 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le lecteur


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Excuse-moi mais nous autres, on est encore capable de lire un bouquin sans se prendre pour Dieu le P&egrave;re.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le libraire


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Mais c'est bien ce que je vous reproche.   Vous avez le h&eacute;ros petit et la litt&eacute;rature mesquine.   Dans le fond vous m&eacute;ritez pas de lire.


Dialogue original
]]></content:encoded></item><item><title>R&#xea;ver&#x2026;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-04T10:31:00+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-27</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-27</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Se lever t&ocirc;t parce que faire la grasse matin&eacute;e &ccedil;a a jamais &eacute;t&eacute; mon  truc, r&eacute;alis&eacute; que &ccedil;a y&rsquo;est, c&rsquo;est l&rsquo;hiver, enfiler un pull, se faire un caf&eacute; et, transit de froid faire un tour sur le web histoire de se tenir informer des malheurs du monde.   Sauf que nous sommes samedi et que des malheurs, le samedi &mdash; tout comme le dimanche &mdash;  en comptent moins que les autres jours de la semaine.   Se pourrait &ecirc;tre tant mieux, voire merveilleux que chaque fin de semaine, le monde cesse son escalade vers la b&ecirc;tise, se calme un peu question violence, fasse une pause&hellip; Merde, je r&ecirc;ve moi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Caf&eacute; deux.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Enfiler une paire de chaussettes &eacute;paisses, se s&eacute;questrer les orteils.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Penser droit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Jeter un &oelig;il au box office litt&eacute;raire, rien de neuf de ce c&ocirc;t&eacute;-ci, Werber papillonne en t&ecirc;te, talonn&eacute; par Littel, d&rsquo;Ormesson, Irving, Levy.   Regretter qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas un PML comme il existe un PMU, un quint&eacute; litt&eacute;raire, parce que sans blague, tout le monde gagnerait &agrave; ce jeu-l&agrave; et tous nous irions f&ecirc;ter &ccedil;a, tous nous flamberions nos gains au restau, au bistrot, ailleurs, dans une bonne humeur g&eacute;n&eacute;rale et&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je r&ecirc;ve encore moi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Caf&eacute; trois et, douche&nbsp;!]]></content:encoded></item><item><title>&#xc0; tout prix</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-11-02T10:31:26+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-26</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/nov-2006#unique-entry-id-26</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis quelques jours, et comme chaque ann&eacute;e &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque, les m&eacute;dias s&rsquo;int&eacute;ressent aux dessous des prix litt&eacute;raires.   Cet automne, les r&eacute;v&eacute;lations posthumes de Jacques Brenner (Jur&eacute; Renaudot) et celles de Madeleine Chapsal &agrave; propos des d&eacute;lib&eacute;rations du prix Femina (extrait)  pimentent un peu le marronnier, mais comme tout le monde s&rsquo;en doutait, la soupe n&rsquo;en est pas plus &eacute;pic&eacute;e, ni plus app&eacute;tissante. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est une id&eacute;e re&ccedil;ue, bien entendu, de croire que chaque prix se d&eacute;livre &agrave; grands coups de manigances, comme c&rsquo;est une id&eacute;e re&ccedil;ue de penser que l&rsquo;on ne peut &ecirc;tre &eacute;dit&eacute; qu&rsquo;&agrave; condition de faire partie du s&eacute;rail ou d&rsquo;avoir quelques relations dans le milieu litt&eacute;raire.   Pour la premi&egrave;re desdites id&eacute;es re&ccedil;ues, je ne peux la confirmer ni l&rsquo;infirmer.   Pour la seconde, je peux aider &agrave; la d&eacute;zinguer un peu.   Non, il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire de conna&icirc;tre quiconque, pas davantage de coucher ou que sais-je encore, pour &ecirc;tre publi&eacute;.   Le mieux, c&rsquo;est encore d&rsquo;&eacute;crire un texte qui tient la route et de tout b&ecirc;tement le faire parvenir aux quelques &eacute;diteurs susceptibles d&rsquo;appr&eacute;cier votre travail. ]]></content:encoded></item><item><title>&#xc0; dessoule mots</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-31T10:16:37+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-25</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-25</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je grimpe les quelques marches qui conduisent &agrave; mon bureau, y d&eacute;pose un caf&eacute; ti&egrave;de, prends place devant la b&eacute;cane.   Je regarde le clavier comme un &eacute;tranger, il va me falloir le dompter, ai-je quelque chose &agrave; dire seulement&nbsp;?   Actu&nbsp;: quelques &laquo;&nbsp;jeunes&nbsp;&raquo; &mdash; comme aime &agrave; les qualifier d&eacute;sormais les m&eacute;dias &mdash; ont br&ucirc;l&eacute; un bus dans la banlieue de Marseille, avec le bus&nbsp;: une jeune fille de 26 ans.   Je lis, relis l&rsquo;article&nbsp;: r&eacute;alise que je n&rsquo;ai rien &agrave; dire &agrave; ce sujet, juste envie de comprendre le pourquoi, mais y en a t-il seulement un de pourquoi&nbsp;?   Actu encore&nbsp;: &laquo;&nbsp;Prix litt&eacute;raire, la grande magouille&nbsp;&raquo;, sans blague&nbsp;?   Rien &agrave; dire &agrave; ce sujet-l&agrave; non plus, je m&rsquo;en doutais, comme tout le monde j&rsquo;imagine, alors comme tout le monde je m&rsquo;en fous un peu.   Quoi d&rsquo;autre&nbsp;?   Pas grand chose en v&eacute;rit&eacute;&nbsp;: beaucoup de haine, beaucoup de sang, ici, ailleurs, autre part, la routine en sommes, et donc&nbsp;: allumer une cigarette et plonger dans les mots en me rem&eacute;morant cette phrase&nbsp;: &laquo;&nbsp;Un premier roman c&rsquo;est souvent une gueule de bois soulag&eacute; par la syntaxe*&nbsp;&raquo; aussi, voyons si j&rsquo;ai le d&eacute;grisement beau&nbsp;: &eacute;crire.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sinon, il manque d'images ce blog.


*Eric Neuhoff (Extrait d&rsquo;interview)
]]></content:encoded></item><item><title>Les connaissances&#x2026;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-30T16:37:34+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-24</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-24</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Alors, comment &ccedil;a se passe&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Quoi donc&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Ben les ventes de ton bouquin pardi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;&eacute;vite de r&eacute;pondre c&rsquo;est un peu t&ocirc;t pour &ccedil;a, un peu t&ocirc;t pour&hellip; Mais au fait&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Tu l&rsquo;as aim&eacute;&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Quoi donc&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Ben mon bouquin pardi.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Je, je ne l&rsquo;ai pas encore achet&eacute;.   J&rsquo;ai une pile &eacute;norme en attente, quantit&eacute; de bouquins en retard et pas trop le temps de lire en ce moment.   Enfin, tu vois&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Oui, je vois, sinon &laquo;&nbsp;Les bienveillantes&nbsp;&raquo; c&rsquo;est comment&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Un peu d&eacute;&ccedil;u, mais tout de m&ecirc;me faut reconna&icirc;tre que ce gars-l&agrave; sait &eacute;crire


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Il para&icirc;t oui.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;&mdash; Allez, au plaisir et bonne chance.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Oui, je sens qu&rsquo;il va m&rsquo;en falloir de la chance.   Et pas qu&rsquo;un peu.
]]></content:encoded></item><item><title>Sans doute</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-27T10:58:30+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-23</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-23</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;ai les propos l&eacute;gers et c&rsquo;est sans gravit&eacute; que je raconte, me raconte.   Est-ce d&rsquo;en avoir trop vu, d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;&ccedil;u souvent&nbsp;ou est-ce plus simplement que je ne sais traiter le monde autrement&nbsp;?   Je pourrais, &eacute;crivant, devenir grave, limite s&eacute;rieux, ajouter de la profondeur comme l&rsquo;on creuse un trou puis y jeter ma d&eacute;pouille d&rsquo;artiste maudit, histoire d&rsquo;obliger le respect.   Histoire aussi de maintenir le mythe de la souffrance, celle inh&eacute;rente au boulot d&rsquo;auteur, parce que, c&rsquo;est bien connu&nbsp;: faut souffrir pour cr&eacute;er et, si possible, diss&eacute;quer, expliquer cette souffrance ou, mieux, endosser celles des autres et l&rsquo;exprimer.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sauf que je trouve le proc&eacute;d&eacute; un brin facile, &eacute;mouvoir avec un sujet tel que la guerre &mdash; par exemple &mdash; c&rsquo;est laisser &eacute;crire la guerre, elle n&rsquo;a besoin de personne pour &ccedil;a la guerre, pas besoin d&rsquo;un auteur pour raconter l&rsquo;&eacute;vidence, pour dire sa nature, la profondeur de sa b&ecirc;tise.   Entrer dans ladite guerre autant de personnages et faire en sorte que chacun ait son mot &agrave; dire &agrave; ce propos&nbsp;: en voil&agrave; un qui l&rsquo;aime la guerre, en voici un qui la d&eacute;teste, celui l&agrave;  en est &agrave; l&rsquo;origine, un autre ponctuera le conflit, le suivant en fera commerce etc&hellip; et tous auront de bonne raisons d&rsquo;&ecirc;tre ainsi, des raisons profondes parce que tous auront v&eacute;cu des vies si particuli&egrave;res que naturellement&hellip; Non, la v&eacute;rit&eacute; c&rsquo;est qu&rsquo;il faut dire en se taisant, &eacute;mouvoir sans d&eacute;montrer, &eacute;voquer sans expliquer.   Ainsi, le roman parfait ne contiendrait aucune histoire, ordonnerait des mots pour se faire recueil d&rsquo;impressions, d&eacute;tonateur d&rsquo;&eacute;motions et saurait s&rsquo;en tenir l&agrave;.   Sans doute est-ce pour cette raison que le meilleur des romans d&rsquo;un auteur est encore celui qu&rsquo;il projette d&rsquo;&eacute;crire sans encore s&rsquo;y &ecirc;tre mis.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sans doute&hellip;]]></content:encoded></item><item><title>Comment &#xe7;a marche un roman ?</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-26T15:00:39+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-22</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-22</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Assez simplement, plus on en parle plus y se vend, moins on en parle moins il se vend.


Comme j&rsquo;ai pas envie de me la jouer d&eacute;sabus&eacute;, juste parce que c&rsquo;est pas dans ma nature, que j&rsquo;ai pas envie non plus de causer des medias qui, sans cesse racontent les m&ecirc;mes, je me tais.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Caf&eacute;, silence et &eacute;crire.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quoique, d&rsquo;un coup j&rsquo;y pense, je n&rsquo;ai pas d&rsquo;habitude &eacute;trange, je ne me tape pas un calendos au petit-d&eacute;jeuner et, aux fruits pourris je pr&eacute;f&egrave;re les fruits frais.   Bordel, c&rsquo;est peut-&ecirc;tre &ccedil;a qui d&eacute;conne dans le fond&nbsp;?   Si je me d&eacute;couvrais une petite manie, un truc bien &agrave; moi qui me rendrait d&rsquo;un coup unique, voire attachant.   Culinairement s&rsquo;entend, vu que c&rsquo;est tr&egrave;s tendance, que &ccedil;a a, faut croire, son importance.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voyons&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Manger du poisson cru, l&rsquo;accompagner d&rsquo;un Pastis allong&eacute; au Coca-cola tout en &eacute;crivant et &eacute;crire nu.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bien &ccedil;a&nbsp;!


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je m&rsquo;y colle de suite.
]]></content:encoded></item><item><title>14 degr&#xe9;s&#xa;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-24T14:39:58+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-21</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-21</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;hiver se pointe.   L&rsquo;hiver et son lot de malheureux, quantit&eacute;&hellip; Parmi ces innombrables est une caste &agrave; laquelle toujours je pense, une pour laquelle je verse une larme toute compatissante&nbsp;: celle des compagnons des h&ocirc;tesses de p&eacute;age.   Compagnons, maris, amants, n&rsquo;importe, mais qui durant tout l&rsquo;hiver, s&rsquo;allongeront aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;une femme &agrave; la main droite glac&eacute;e, la m&ecirc;me main qui prend ou rend la monnaie&nbsp;: seule partie de leur corps qui r&eacute;chappe au chauffage de la micro cabine dans laquelle elle bosse toute la sainte journ&eacute;e.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Imaginez un peu le calvaire de ces hommes  caress&eacute;s six mois de l&rsquo;ann&eacute;e par une main glac&eacute;e, ou au mieux, si l&rsquo;h&ocirc;tesse est compatissante&nbsp;: par une main gauche.
]]></content:encoded></item><item><title>Mon &#xee;le</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-23T18:02:49+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-20</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-20</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;ai la pens&eacute;e qui file, genre pens&eacute;e souvenir bouge-tes-os-m&eacute;lancolie.   Du bout de mes pieds nus reposant sur parquet, je cherche ton sable.   Dis, t&rsquo;es o&ugrave; mon &icirc;le&nbsp;?   T&rsquo;es o&ugrave; terre du bout du monde&nbsp;?   L&agrave;, juste sous mes pieds  tu dis&nbsp;: si pr&eacute;s et pourtant si loin aujourd&rsquo;hui.]]></content:encoded></item><item><title>La v&#xe9;rit&#xe9; vraie.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-22T11:56:33+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-19</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-19</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;La question que l&rsquo;on me pose le plus souvent au sortir de &laquo;&nbsp;Babylone sous les bombes&nbsp;&raquo; est&nbsp;: &laquo;&nbsp;Est-ce vrai&nbsp;?  &nbsp;&raquo; Suivent d&rsquo;autres question du genre&nbsp;: &laquo;&nbsp;Babylone existe-elle&nbsp;?   &raquo;, &laquo;&nbsp;Le narrateur est-ce toi&nbsp;?  &nbsp;&raquo; etc&hellip; C&rsquo;est curieux comme interrogation car au bout du compte, quelle diff&eacute;rence cela ferait-il que je sois le narrateur ou que Babylone partage ma vie&nbsp;?   Bon, je r&eacute;ponds tout de m&ecirc;me histoire de calmer l&rsquo;app&eacute;tit f&eacute;roce de quelques lecteurs qui ont eu la gentillesse de me lire et d&rsquo;aimer mes lignes, &mdash; souvent &mdash;&nbsp;: tout est vrai et tout est faux, et je vous dis &ccedil;a vous regardant droit dans les yeux, sachant que je mens mieux que je ne dis la v&eacute;rit&eacute;, ou encore, que j&rsquo;ai cette manie de prosateur&nbsp;: &agrave; savoir que je mens comme je respire, ou plut&ocirc;t&nbsp;: qu&rsquo;il m&rsquo;est indispensable de mentir pour respirer &agrave; mon aise.]]></content:encoded></item><item><title>Erratum</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-21T22:25:21+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-18</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-18</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Para&icirc;t que j&rsquo;ai froiss&eacute; du monde parlant ainsi des ateliers de L&rsquo;Oulipo, para&icirc;t que je suis irr&eacute;v&eacute;rencieux, que de mes contemporains je m&rsquo;en moque, que c&lsquo;est pas bien, vilain et tout &ccedil;a.   Pourtant, je ne livrais l&agrave; que mes impressions, ne jugeais en aucun cas la d&eacute;marche, exprimais plut&ocirc;t mon incompr&eacute;hension, et pour cause j&rsquo;y entrave que dalle &agrave; ladite d&eacute;marche, niet, ouallou&hellip; Aussi, si mes propos ont pu choquer, m&rsquo;en vais pr&eacute;ciser quelque faits&nbsp;:  effectivement les Oulipiens sont des personnes cultiv&eacute;s et sympathiques pour la plupart, et ouverts, et partagent volontiers leur toit, leur pinard et leur bonne humeur.   J&rsquo;en conviens volontiers, d&rsquo;autant que nous f&ucirc;mes aimablement invit&eacute;s pour clore les ateliers &agrave; festoyer chez l&rsquo;un d&rsquo;eux, que ce fut une soir&eacute;e agr&eacute;able de laquelle nous rentr&acirc;mes fort tard et quelques peu gris&eacute;s &mdash; moi, surtout.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Soir&eacute;e charmante donc, et instructive, car en terrasse on d&eacute;battait volontiers de choses aussi diverses que les c&acirc;bles marins,  le th&eacute;&acirc;tre potentiel, l&rsquo;avenir de la litt&eacute;rature, ou encore de la mort &laquo;&nbsp;heureuse&nbsp;&raquo; d&rsquo;Oskar Pastior, d&eacute;c&eacute;d&eacute; sur divan alors qu&rsquo;il r&eacute;visait les notes pr&eacute;paratoires d&rsquo;un discours qu&rsquo;il aurait sans aucun doute prononc&eacute; avec la fougue et le talent que nous lui connaissions &mdash; vous surtout &mdash; le lendemain m&ecirc;me, en recevant le prix Georg-B&uuml;chner-Preis&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Un prix aussi prestigieux que le Nobel, mais en moins international, en moins connu, mais plus typiquement Allemand.  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour l&rsquo;anecdote, Oskar ne toucha pas &mdash; de fait &mdash; les 40 000 &euro; accompagnant la prestigieuse distinction qui lui f&ucirc;t tout de m&ecirc;me attribu&eacute;e &agrave; titre posthume, et nul ne sait ce qu&rsquo;il advint de cet argent.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voil&agrave;, j&rsquo;esp&egrave;re avoir corrig&eacute; mon manque de correction en vous narrant ces quelques d&eacute;tails, en vous racontant de quelle belle mani&egrave;re les membres de l&rsquo;Oulipo partagent leur savoir, leur culture.   Enfin, pour &ecirc;tre tout &agrave; fait franc, pas toute leur culture, parce que la Marie-Jeanne &mdash; locale j&rsquo;imagine &mdash; roul&eacute;e dans un deux feuilles, ben j&rsquo;ai pas eu l&rsquo;occasion, de tirer dessus.
]]></content:encoded></item><item><title>ReLittellisez-vous ou&#xa0;: les bienveillantes arcanes de la communication et du marketing ; sauce outre-atlantique</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-20T11:28:41+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-17</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-17</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Des chiffres qui font r&ecirc;ver :


&nbsp;&nbsp;&nbsp;330 000 r&eacute;ponses pour &laquo;&nbsp;Les bienveillantes&nbsp;&raquo; sur Google.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;288 000 pour &laquo;&nbsp;Jonathan Littell&nbsp;&raquo; toujours sur Google.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus de 100 000 exemplaires vendus &agrave; ce jour.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis la rentr&eacute;e litt&eacute;raire, les m&eacute;dias nous bombardent avec ce genre de jolie phrase &laquo;&nbsp;Le meilleur roman fran&ccedil;ais de la rentr&eacute;e est-il am&eacute;ricain&nbsp;?  &nbsp;&raquo;, partout, pas moyen d&rsquo;y &eacute;chapper, para&icirc;trait m&ecirc;me que Gallimard, d&eacute;bord&eacute; par le succ&egrave;s du bouquin aurait employ&eacute; le papier destin&eacute; au retirage du dernier Harry Potter pour r&eacute;imprimer la merveille de 900 pages.   Si on vous le dit&nbsp;!   Para&icirc;trait aussi, que l&rsquo;auteur aurait touch&eacute; un &agrave; valoir plus que cons&eacute;quent sur ses futures ventes, pour ne pas dire anormalement &eacute;lev&eacute; tant son &eacute;diteur &eacute;tait s&ucirc;r de son coup.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je ne m&rsquo;exprime pas l&agrave;, sur les qualit&eacute;s de l&rsquo;&oelig;uvre, je ne l&rsquo;ai pas lu, n&rsquo;ai pas les moyens en ce moment de m&rsquo;offrir le pav&eacute; qui est peut-&ecirc;tre un tr&egrave;s bon roman.   C&rsquo;est juste que je m&rsquo;interroge sur la fa&ccedil;on, la mani&egrave;re &laquo;&nbsp;d&rsquo;obliger&nbsp;&raquo; un lectorat. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un roman, c&rsquo;est avant tout une intimit&eacute; partag&eacute;e, n&rsquo;y a t-il donc pas-l&agrave; un non sens&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voire une antinomie&nbsp;?


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Remarquez que, je le d&eacute;couvre, on peut-&ecirc;tre &agrave; la fois socialiste et Royaliste, alors&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alors mettons que je n&rsquo;ai rien dit.
]]></content:encoded></item><item><title>Ouvroir de litt&#xe9;rature potentielle</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-19T11:26:03+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-16</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-16</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;ai finalement accept&eacute; d&rsquo;accompagner quelques amis &agrave; lille pour une cession de l&rsquo;Oulipo.   Je dis finalement parce que j&rsquo;avoue me m&eacute;fier de l&rsquo;&eacute;criture sous contraintes.   D&rsquo;ailleurs le mot, le concept m&ecirc;me de contrainte m&rsquo;effraie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Install&eacute;s, serr&eacute;s autour d&rsquo;une table, un type aussi p&eacute;dagogue qu&rsquo;un l&egrave;che frites baignant dans un &eacute;vier s&rsquo;emploie &agrave; nous expliquer les contraintes d&rsquo;une terine.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous terinons en ch&oelig;ur.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Au sortir de l&rsquo;exercice collectif, je fais le point&nbsp;: j&rsquo;ai envie d&rsquo;une bi&egrave;re, d&rsquo;une cigarette&hellip;Mais d&eacute;j&agrave; il faut s&rsquo;enfourner dans un petit amphith&eacute;&acirc;tre pour une lecture publique.   Faisons donc &ccedil;a, abandonnons l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une mousse fra&icirc;che et bulleuse, celle d&rsquo;une la clope d&eacute;fonce poumons, prenons place et religieusement &eacute;coutons.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ils sont cinq, lisent leurs textes &agrave; tour de r&ocirc;le, les puisent dans de petits bouquins dispos&eacute;s en &eacute;ventail devant eux, chacun les siens, &ccedil;a me fait l&rsquo;impression d&rsquo;une autopromotion &agrave; peine voil&eacute;e et &ccedil;a dure et dure encore&nbsp;: pl&eacute;iade de m&eacute;tro, de bistrot, baobab&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je d&eacute;croche, n&rsquo;&eacute;coute plus, pense &agrave; tous ces auteurs qui travaillent avec comme seule contrainte&nbsp;: l&rsquo;inspiration&nbsp;; des mots autres que ceux-l&agrave;, des mots lib&eacute;r&eacute;s, d&eacute;barrass&eacute;s du carcan de l&rsquo;application math&eacute;matique, de l&rsquo;obligation de genre&nbsp;: mots vrais, fouillis de sentiments, d&rsquo;humeur&hellip; Mots au jour le jour s&rsquo;encrant dans l&rsquo;avenir, non dans le pass&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quittant la s&eacute;ance, j&rsquo;ai la sale impression de sortir d&rsquo;une comm&eacute;moration o&ugrave; un truc du genre, aussi, du bout des doigts je cherche ma cravate sombre pour la renouer, ou pire&nbsp;: me pendre avec&hellip; Sauf que bien s&ucirc;r, de cravate j&rsquo;en porte jamais, pas d&rsquo;avantage de costar de c&eacute;r&eacute;monie ni rien de triste, alors, aller boire une bi&egrave;re, fumer une clope, respirer, et penser que malgr&eacute; les embarcations rest&eacute;es &agrave; quai, la mer est vaste, la mer est belle, et sans doute restent-il quelques coins de sa chair d&rsquo;eau que nul marin n&rsquo;a encore caress&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;esp&eacute;rer.
]]></content:encoded></item><item><title>Naus&#xe9;e m&#xe9;tropolitaine</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-18T04:18:53+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-15</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-15</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Battre le pav&eacute; parisien.   Se sardiner dans le m&eacute;tro, le RER&hellip; Rebattre le pav&eacute; parisien, se sardiner, recommencer.   Entre deux trajets, observer l&rsquo;humanit&eacute; qui se presse, se bouscule, vaque &agrave; quelques occupations myst&eacute;rieuse mais vraisemblablement urgentes, mais vraisemblablement n&eacute;cessaires.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Se poser quelques instants &agrave; la terrasse d&rsquo;un caf&eacute;, pile sous le soleil automnal, s&rsquo;en offrir un de caf&eacute;, ou autre chose&hellip; Toujours &ecirc;tre surpris par les tarifs pratiqu&eacute;s dans les bistrots de la capitale &laquo;&nbsp;Merde, ils le font avec quoi leur kawa, leur bi&egrave;re&nbsp;?  &nbsp;&raquo; Sans doute est-il torr&eacute;fi&eacute; &agrave; la main dans quelques salles priv&eacute;es, par quelques sp&eacute;cialistes es caf&eacute;, sans doute est-elle fabriqu&eacute;e, mise en f&ucirc;t l&agrave;, sous nos pieds et sous l&rsquo;&oelig;il exp&eacute;riment&eacute; du champion du monde du brassage d&rsquo;orge.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une tourn&eacute;e, &mdash; petite la tourn&eacute;e &mdash; &agrave; Saint Germain des Pr&eacute;s, c&rsquo;est le prix d&rsquo;un roman.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rerebattre le pav&eacute; parisien, se sardiner dans le m&eacute;tro, le RER, et manquer de vomir entre chaque station&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ouais, ben j&rsquo;aimerais bien vous y voir vous, bringuebal&eacute;, chahut&eacute; ligne 6, avec dans l&rsquo;estomac le dernier PPD&rsquo;A, le dernier Levy, et le dernier Nothomb &mdash; par exemple.
]]></content:encoded></item><item><title>Vir&#xe9;e Parisienne&#xa;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-10T18:46:10+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-14</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-14</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;De fait, ce blog sera partiellement aliment&eacute; (voire pas du tout) jusqu&rsquo;au 18 octobre.
]]></content:encoded></item><item><title>Des chiffres.&#xa;Des chiffres.&#xa;Des chiffres&#x2026;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-09T11:05:34+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-13</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-13</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;7542 c&rsquo;est la position des ventes d&rsquo;un bouquin, le  mien, sur Amazon.   Mais sur combien de livres au fait&nbsp;?   Un peu plus de 250 000 lis-je, c&rsquo;est pas si mal.   Ce pourrait &ecirc;tre une belle journ&eacute;e, d&rsquo;autant que ce fait 25 ans pile que la peine de mort a &eacute;t&eacute; abolie en France.   Que je f&ecirc;te &ccedil;a en buvant mon 5&egrave;me caf&eacute;.   Que dans trois jours je suis &agrave; Paris&hellip; bref, les  chiffres du jours sont positifs me dis-je, me le r&eacute;p&egrave;te-je jusqu&rsquo;&agrave; tomber sur l&rsquo;information du jour, tout aussi chiffr&eacute;e&nbsp;: 34,2% des &eacute;lecteurs Flamands ont vot&eacute; pour l&rsquo;extr&ecirc;me droite.   Je r&ecirc;ve, ou j&rsquo;ai mal lu suppute-je.   Non parce que pour quelle raison au juste un si petit endroit parlant une langue quasi inconnue du reste de l&rsquo;humanit&eacute; aurait le d&eacute;sir de se renfermer davantage&nbsp;?
]]></content:encoded></item><item><title>Pens&#xe9;es clash&#xe9;es: plaisir&#x2c; beaut&#xe9;&#x2c; regrets et lendemains</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-06T20:06:05+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-11</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-11</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;J&rsquo;h&eacute;site&nbsp;: me rendre dans une librairie pour, de visu, constater la naissance ou m&rsquo;ouvrir une me prendre une cuite pour f&ecirc;ter &ccedil;a,&nbsp;ou encore parler de tout, de rien, comme &ccedil;a vient ou ne vient pas.   Genre&nbsp;: Aubade d&eacute;localiserait ses ateliers de fabrication en Tunisie&nbsp;: en voil&agrave; une nouvelle qu&rsquo;elle est triste.   Ou encore&nbsp;: un  japonais m&eacute;morise 100 000 d&eacute;cimales de pi et les dicte&hellip; Puis&hellip; Puis je re&ccedil;ois le coup de fil d&rsquo;un ami de vieille date, un qui me raconte comme l&rsquo;amour est triste, comme il est mal sans elle&hellip; Je ne sais pas comment l&rsquo;aider, peut-on seulement aider&nbsp;?   Ferr&eacute; disait&nbsp;: &laquo;&nbsp;L&rsquo;amour est triste, bien s&ucirc;r, mais c&rsquo;est difficile, au bout du compte, c&rsquo;est difficile&hellip;&nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Je raccroche &eacute;mu, et d&eacute;boule un texto, un d&rsquo;autres amis, &mdash; un couple &mdash;, il dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;neuf mois aujourd&rsquo;hui que petite Ouma&iuml; est partie&hellip; Pens&eacute;e pleine d&rsquo;amour pour elle.  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Neuf mois qu&rsquo;une petite fille s&rsquo;en est en all&eacute;e dans un accident de voiture parce que la vie connasse d&eacute;rape sur les voies express, parce que la vie tr&eacute;passe au hasard, comme &ccedil;a lui chante, comme &ccedil;a lui pla&icirc;t &agrave; la vie de cesser, malgr&eacute; nous, malgr&eacute; toute cette application que nous mettons, jour apr&egrave;s jour, &agrave; &ecirc;tre, &agrave; vouloir, &agrave; d&eacute;sirer intens&eacute;ment qu&rsquo;elle soit autre.   Neuf mois petite fille, que l&rsquo;on priait, nous, les ath&eacute;es, pour que tu vives, que tu te r&eacute;veilles, que tu marches, que tu nous refourgues &agrave; nouveau tes sourires, mais&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce jour Ouma&iuml;&nbsp;: r&ecirc;ve d&rsquo;un homme, autant de gal&egrave;re mis&egrave;re et toutes les beaut&eacute;s qui vont avec, ce jour c&rsquo;est &agrave; toi que je l&rsquo;offre.   Avec j&rsquo;y glisse le reste&nbsp;: des mots maladroits, l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un &laquo;&nbsp;Si seulement&nbsp;&raquo;, mes amis, ma chair, et l&rsquo;amour de cette terre que tu ne conna&icirc;tras pas, mais qu&rsquo;incessamment nous arpenterons, pensant &agrave; toi, souvent.
]]></content:encoded></item><item><title>Na&#xee;tre ou ne pas na&#xee;tre ?</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-10-04T17:39:42+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-10</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/oct-2006#unique-entry-id-10</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Demain, dans toutes les librairies s&rsquo;exposera sous couverture un r&ecirc;ve, trois ans de travail, de patience et d&rsquo;envie.   Demain est  le jour de la d&eacute;livrance, la fin du combat.   Alors, bonjour petit, toi qui a &eacute;t&eacute; con&ccedil;u dans l&rsquo;amour, va maintenant, va vivre ta vie, va chercher le c&oelig;ur des lecteurs puisque tu as &eacute;t&eacute; compos&eacute; pour &ccedil;a, pour leur montrer que la vie, malgr&eacute; tout ce qu&rsquo;elle s&rsquo;ing&eacute;nie &agrave; inventer pour se pourrir, bat, pulse&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plus loin, une fille dans le m&eacute;tro sourira de tes lignes, oubliera quelques instants que son boulot l&rsquo;emmerde, que sa vie c&rsquo;est pas &ccedil;a.   Et toi petit, m&ecirc;me si c&rsquo;est une seule qui te lis, une seule &agrave; qui t&rsquo;apporteras un bout de bonheur vrai, alors : t&rsquo;auras eu raison d&rsquo;exister. 
]]></content:encoded></item><item><title>C&#x27;est parti</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2006-08-25T11:28:53+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/aug-2006#unique-entry-id-2</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/aug-2006#unique-entry-id-2</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voil&agrave;, Babylone s&rsquo;en va se faire imprimer, commence donc le Babylone blues&nbsp;: quoi faire de ses dix doigts maintenant, quoi faire de ses pens&eacute;es&nbsp;?


Sans parler que j&rsquo;ai zapp&eacute; les remerciements, qu&rsquo;il est trop tard pour &ccedil;a.   Remarquez que dans un sens c&rsquo;est arrangeant, je me connais, j&rsquo;aurais &agrave; coup s&ucirc;r oubli&eacute; quelqu&rsquo;un. 


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bon, allez je me lance, des remerciements pour l&rsquo;ouverture d&rsquo;un blog, &ccedil;a en jette&nbsp;:


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Constance Joly-Girard, sans qui ce roman ne serait pas un bouquin, un vrai, avec une jaquette et tout et tout, comme si c&rsquo;&eacute;tait pour de vrai.


Merci &agrave; Pascal Martinet, dit &laquo;&nbsp;Bob&nbsp;&raquo;, pour son amiti&eacute; et pour avoir senti cette &laquo;&nbsp; petite musique&nbsp;&raquo; qui nous est ch&egrave;re.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Antoine Del Casal, pour y avoir cru et fait en sorte que&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Hassiba : fille d&rsquo;Alg&eacute;rie.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Annabelle pour son travail, ses conseils, et son&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je suis sous le charme.  &nbsp;&raquo;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci en vrac &agrave; BlueWitch, Sahkti, Pierre, LoupBleu, LyraWill, Charles, Giny, Bilou, Erika, O.M.K.   Saint Jean-Baptiste, Aeegis, Jonjon, Mentor, Zou & Mimi et tous ceux que j&rsquo;oublie.   Alors disons&nbsp;: merci aux membres du forum Vos &eacute;crits &mdash; voire les &laquo;&nbsp;Liens &raquo; &mdash;, pour leur soutien et leur patience.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Patricia et Marie-Blanche, Fred Lefalher, C&eacute;line&nbsp;: Kessel au f&eacute;minin, Val&eacute;rie Balcet, Yan Potus, Janine Roux, pour avoir aim&eacute; ces lignes et me l&rsquo;avoir dit.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Marie-Madeleine et Jean-Mo pour m&rsquo;avoir accord&eacute; le temps de parfaire ce roman.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Ga&euml;lle et Valery &mdash; en esp&eacute;rant que Valery me lise un jour&hellip;


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Bouddha &mdash; pas celui-l&agrave;, mais l&rsquo;autre.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Kilis pour son ind&eacute;fectible amiti&eacute;.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci au studio Nuit de Chine.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Merci &agrave; Christelle, d&rsquo;&ecirc;tre la chouette fille qu&rsquo;elle est.


&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et si, j&rsquo;ai omis quelqu&rsquo;un, ben suffit qu&rsquo;il se manifeste et, illico, je corrige cette n&eacute;gligence.
]]></content:encoded></item></channel>
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