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<title>Flux RSS</title><link>http://www.stephane-marieste.com/index.html</link><description>Nouvelles &#x21;</description><dc:language>(null)</dc:language><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:rights>Copyright 2006 St&#xe9;phane Mariest&#xe9;</dc:rights><dc:date>2008-07-29T22:19:57+02:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Wed, 13 Aug 2008 09:14:34 +0200</lastBuildDate><item><title>Je dis</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2008-07-29T22:19:57+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-133</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-133</guid><content:encoded><![CDATA[je dis, mais ne dis jamais rien.  Je raconte, mais ne raconte jamais rien.  Au bout du compte, ce qu'ils retiennent c'est l'important : pas grand chose.  Ils ne nous ressemblent pas, n'aiment pas ce que nous aimions, ne connaissent rien de l'histoire de l'art.  Pour eux la "Renaissance" est une &eacute;poque, &eacute;vid&eacute;e de tout, un titre voil&agrave; tout.  Je me souviens de rien Si ce n'est que non.  J'&eacute;tais pas comme &ccedil;a &Agrave; leur &acirc;ge.  je me souviens d'un banc.  je me souviens d'un moment.  Je me souvient face &agrave; ce banc, accroch&eacute; au mur, pendu &agrave; une cimaise : un Bacon.  Je me souviens y &ecirc;tre rest&eacute; longtemps.  Je me souviens, plus loin : un Basquiat C'&eacute;tait au sable d'Olonnes je me souviens de ces baffes-l&agrave;.  encore plus loin, &ecirc;tre rest&eacute; devant la source "Guernica", avoir ador&eacute; &ccedil;a.  Je me souviens ce midi avoir d&eacute;jeun&eacute; avec un s&eacute;miologue de renom, il a dit : Je me souviens d'une chose : Une g&eacute;n&eacute;ration de savoir Une g&eacute;n&eacute;ration &agrave; refouler Une g&eacute;n&eacute;ration &agrave; produire.  Il en a &eacute;t&eacute; toujours ainsi, depuis que le monde est monde.  C'est cyclique.  J'ai compt&eacute; sur mes doigts.  En effet.  Je me souviens de n'avoir pas aim&eacute; les sch&eacute;mas.  Je me souviens de toi D' Alechinsky aussi De Pages De Rubens ou la chair des anges T'&eacute;tais pas d'accord Je me souviens aimer les intellectuels pour ce qu'ils sont &Ecirc;tres profond&eacute;ment inutiles.  Un peu comme l'art.  Beaucoup comme l'art.  Les &eacute;rudits, n'en parlons pas.  J'en fais partie.  Je me souviens de n'avoir pas envie de baisser les bras.]]></content:encoded></item><item><title>J&#x27;&#xe9;cume</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2008-07-25T21:27:38+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-132</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/page11.html#unique-entry-id-132</guid><content:encoded><![CDATA[&laquo; Moi &ccedil;a me d&eacute;becte toutes ces conneries &raquo;, j'ai dit.  Elle tanguait un peu, je tanguais beaucoup, la mer tanguait pour deux.  Au loin, le soleil s'&eacute;paississait au point de n'&ecirc;tre qu'aveuglement pos&eacute; sur ligne d'horizon bleut&eacute;e.  Plus pr&egrave;s de nous, le barman faisait son boulot.  Remplissait verre sur verre.  Il les poussa vers nous.  Je croisais son regard, en profitais pour recommander la m&ecirc;me chose : faut battre le zinc quand il est chaud.  &laquo; Je sais plus de quelles conneries tu parles, mais sans doute que &ccedil;a me d&eacute;becte aussi &raquo; elle a r&eacute;pondu.  Et l&agrave; dessus elle a &eacute;t&eacute; se jeter &agrave; l'eau.  Entendez par l&agrave; qu'elle a titub&eacute; jusqu'&agrave; la balustrade, qu'elle l'a enjamb&eacute;e, qu'elle a prononc&eacute; quelques mots que le vent &agrave; emport&eacute;s : des mots importants s&ucirc;rement, puis elle s'est laiss&eacute;e tomber.  Y'avait bien trente m&egrave;tres de la balustrade &agrave; la flotte.  Plouf lointain, trace l&eacute;g&egrave;re de robe fleurie en interstice &agrave; l'&eacute;cume, un instant seulement, et puis plus rien.  On a pas dit un mot.  Ni le barman ni moi.  Rien.  Depuis, je reviens ici chaque jour &agrave; la m&ecirc;me heure.  On ne parle jamais de &ccedil;a.  Jamais.  Quelquefois, on observe la balustrade du m&ecirc;me regard, puis, comme au sortir d'un r&ecirc;ve on secoue la t&ecirc;te pour en virer le trop plein de souvenir et l'on trinque en silence.  Au silence peut-&ecirc;tre&hellip; Et toujours la mer s'en va et vient, coule son &eacute;cume sur les rochers, la plage, le reste, comme &ccedil;a lui pla&icirc;t &agrave; la mer d'aller et venir, comme &ccedil;a lui pla&icirc;t de n'avoir qu'une m&eacute;moire imm&eacute;diate.  &mdash; Elle en a de la chance, la mer !  &mdash; &Ccedil;a tu peux le dire, il r&eacute;pond.  &Ccedil;a tu peux le dire, il r&eacute;p&egrave;te.]]></content:encoded></item><item><title>C&#x27;est-&#xe0;-dire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2008-01-11T22:49:24+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-17.html#unique-entry-id-131</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-17.html#unique-entry-id-131</guid><content:encoded><![CDATA[Chaque bout du monde r&ecirc;v&eacute; Comme chaque bouteille que l&rsquo;on finit C&rsquo;est toujours un bout de toi qui s&rsquo;enfuit Un bout de moi aussi

Et toutes ces choses que jamais on ne dit.  Que jamais on se dit&hellip;]]></content:encoded></item><item><title></title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2008-01-06T22:21:50+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-17.html#unique-entry-id-130</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-17.html#unique-entry-id-130</guid><content:encoded><![CDATA[Bonne ann&eacute;e toutes et tous]]></content:encoded></item><item><title>Enfoir&#xe9;s de privil&#xe9;gi&#xe9;s</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-11-17T15:04:31+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-15.html#unique-entry-id-129</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-15.html#unique-entry-id-129</guid><content:encoded><![CDATA[Adonc, il vous aura sans doute &eacute;chapp&eacute; cette semaine de gr&egrave;ve, puisque dans l&rsquo;ensemble ni les journaux, ni les cha&icirc;nes t&eacute;l&eacute; n&rsquo;en causent, quelques petits d&eacute;tails dans notre actualit&eacute;.  Figurez-vous que, tandis que nombre de voyageurs patientent sur le quai des gares, ceux du m&eacute;tro parigot, tandis que quasi tous se sentent pris en otages par des privil&eacute;gi&eacute;s &mdash; ces ordures qui devraient cotiser 40 ans comme tout le monde alors que leur esp&eacute;rance de vie est de sept ans inf&eacute;rieure au lambda : vous, moi.  Il vous aura sans doute &eacute;chapp&eacute; disais-je, que si le gouvernement cherche &agrave; abolir les privil&egrave;ges, il ne touche pas &agrave; certaines castes, pas les militaires, pas les &eacute;lus&hellip; Ben non.  Mais trop facile, trop rentre-dedans et trop c&rsquo;est trop, alors causons plut&ocirc;t du fils Tapie qui, parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas pay&eacute; son loyer depuis des mois, qui parce que l&rsquo;arri&eacute;r&eacute; s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 88 853 &euro; se fait mettre dehors, expuls&eacute;, par d&eacute;cision du pr&eacute;fet des Hauts-de-Seine d&eacute;but octobre de son 220 m&egrave;tres carr&eacute;s.  &Ccedil;a sentait bon la justice, d&rsquo;un seul coup on se plaisait &agrave; r&ecirc;ver de la m&ecirc;me pour chacun, mais, fin du r&ecirc;ve : Claude Gu&eacute;ant intervient et, paf, la dette est r&eacute;vis&eacute;e &agrave; la baisse et le fils prodigue continuera de cr&eacute;cher &agrave; Neuilly dans son loft, avec remboursement de sa dette &eacute;chelonn&eacute;e sur six mois.  Loft appartenant &agrave; la Caisse des d&eacute;p&ocirc;ts, ben tiens.  Mais encore trop facile, alors passons l&agrave;-dessus et &eacute;voquons plut&ocirc;t l&rsquo;affaire &laquo; L&rsquo;Arche de Zo&eacute; &raquo;, &eacute;voquons l&rsquo;histoire de cette centaine d&rsquo;enfants promis &agrave; l&rsquo;adoption, enlev&eacute;s &agrave; leur parents, promis &agrave; d&rsquo;autres, mais n&rsquo;extrapolons pas car tout &ccedil;a est malsain, tellement que bien entendu notre gouvernement n&rsquo;&eacute;tait pas au courant, jamais de la vie !  Jamais de la vie, j&rsquo;ai dit.  &mdash; La garde des sceaux fait pas partie du gouvernement ?  &mdash; Rachida Dati ?  &mdash; Celle-l&agrave; m&ecirc;me !  &mdash; Ben, il me semble bien que si, Raymond.  &mdash; Ben alors ?  &mdash; Ben alors quoi ?  &mdash; Ben rien, tu serais pas un peu de droite toi ?  &mdash; Si &ecirc;tre de droite c&rsquo;est pas supporter les privil&eacute;gi&eacute;s, sans doute.  &mdash; Et la v&eacute;rit&eacute; t&rsquo;en fais quoi ?  &mdash; Tu m&rsquo;emmerdes Raymond.  La v&eacute;rit&eacute; c&rsquo;est que les privil&eacute;gi&eacute;s de gr&eacute;vistes m&rsquo;emp&ecirc;chent de bosser, c&rsquo;est tout ce que je vois moi.  Et laissons l&agrave; cette discussion de comptoir et, tant que nous y sommes, n&rsquo;&eacute;voquons pas non plus le cadeau fiscal fait aux riches, cadeau de 15 milliards &euro;, merde 15 milliards c&rsquo;est pas rien, pendant que les rues de Paris supportent autant de mis&eacute;reux sur grille de m&eacute;tro, parlons pas non plus des premiers morts de froid et surtout, surtout, ne parlons pas du fait que Bercy demande &agrave; EDF une avance de 1 milliard sur les dividendes escompt&eacute;s au titre des r&eacute;sultats 2007, tellement ledit cadeau les fout dans le rouge.  Et ne disons pas que c&rsquo;est une premi&egrave;re, que jamais &ccedil;a ne c&rsquo;est vu une chose pareille, ne disons rien.  Ou disons, faisons comme tout le monde : &laquo; Font chier ces privil&eacute;gi&eacute;s qui m&rsquo;emp&ecirc;chent de bosser !  &raquo; &mdash; T&rsquo;as raison Raymond, font chier !  On arrivera jamais &agrave; s&rsquo;en sortir !  &mdash; Ouaip&rsquo;s !  &mdash; Tu sais ce qui me rend le plus triste Raymond ?  &mdash; Vas-y dis.  &mdash; Ben si je travaille pas aujourd&rsquo;hui &agrave; cause de ces enfoir&eacute;s de privil&eacute;gi&eacute;s, je sais pas comment on va faire pour payer l&rsquo;appart du petit de Tapie.  &mdash; Ben oui !]]></content:encoded></item><item><title>R&#xe9;flexions bovines</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-11-07T14:09:23+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-15.html#unique-entry-id-128</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-15.html#unique-entry-id-128</guid><content:encoded><![CDATA[172%, et non 140%, c&rsquo;est l&rsquo;augmentation que notre chef d&rsquo;&eacute;tat : ce grand petit homme, s&rsquo;est accord&eacute;.  19000 &euro; et des brouettes, sans payer la bouffe, pas davantage ses d&eacute;placements, ni loyer, ni rien d&rsquo;autre d&rsquo;ailleurs.  19000 euros, oh la coquette somme que voil&agrave;&hellip; Mais ne soyons pas mesquin, c&rsquo;est &eacute;vident, il travaille plus que ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, adonc, &ccedil;a m&eacute;rite bien une petite compensation de&hellip; 172%.  Ce qui me fait penser que le nombre de mes &eacute;l&egrave;ves par classe &agrave; subi, par rapport &agrave; l&rsquo;an pass&eacute;, grosso modo, la m&ecirc;me augmentation.  Pas grave je me suis dit, non, pas grave parce que techniquement, je veux dire que prenant au pied de la lettre les promesses de campagne de notre grand petit homme, je travaille plus &mdash; environ 170% &mdash; et que, donc, s&ucirc;rement que sur ma fiche de paye je vais d&eacute;couvrir, oh surprise, une majoration de salaire proportionnelle aux efforts accomplis.

J&rsquo;&eacute;tais tout sourire.

Le monde s&rsquo;offrait &agrave; moi.

J&rsquo;ai m&ecirc;me fait un d&eacute;tour pour admirer la derni&egrave;re Alpha-Rom&eacute;o.

Acheter du champagne.

Des chandelles pour annoncer &agrave; ma belle que &laquo; &Ccedil;a y&rsquo;est !  Bon, d&rsquo;accord c&rsquo;est pas encore le grand luxe mais n&rsquo;emp&ecirc;che que l&rsquo;on peut partir &agrave; Ostende pour les vacances, ailleurs si &ccedil;a nous chante, s&rsquo;acheter un appartement dans le 10&egrave;, pas faire tout ce qui nous passe par la t&ecirc;te, non, mais presque.  &raquo; Imaginez&hellip;

&mdash; 170% tu te rends compte&hellip; on peut m&ecirc;me projeter de faire des gosses : un, pour commencer.

Moi, d&rsquo;un coup, je me mettais &agrave; croire aux politiques, je me disais : &laquo; C&rsquo;est pas possible qu&rsquo;il fasse un geste pour lui sans en faire pour nous, non, parce que sinon, avec 7 millions de personnes &agrave; la rue et encore beaucoup plus de smicards qui peinent &agrave; vivre ou si peu, sans parler des autres : tous les autres qui arrivent pas &agrave; joindre les deux bouts, il va foutre la France &agrave; feu et &agrave; sang.  Les gens vont se bouger, d&eacute;bouler dans les commissariats, incendier le S&eacute;nat, L&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale, L&rsquo;&Egrave;lys&eacute;e, que sais-je encore&hellip;

J&rsquo;y croyais &agrave; mort.

Ouvrant l&rsquo;enveloppe qui contenait ma fiche de paye, d&eacute;pliant ladite fiche de paye, et tombant de haut, puis un peu plus tard jetant un &oelig;il par la fen&ecirc;tre et r&eacute;alisant que nul ne tra&icirc;nait dans la rue pour fondre sur L&rsquo;&Egrave;lys&eacute;e et r&eacute;clamer leur due, j&rsquo;ai repens&eacute; &agrave; la phrase de De Gaulle : &laquo; Les Fran&ccedil;ais sont des veaux !  &raquo;

J&rsquo;ai failli mailer &ccedil;a &agrave; notre grand petit homme, mais je me suis ravis&eacute;, sans doute qu&rsquo;il &eacute;tait au courant depuis longtemps, lui.

172% merde, pendant qu&rsquo;on en chie !

Pardon, pendant qu&rsquo;on bouse.]]></content:encoded></item><item><title>Histoires d&#x27;eau</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-10-20T11:21:32+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-14.html#unique-entry-id-127</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-14.html#unique-entry-id-127</guid><content:encoded><![CDATA[Il y en a qui se retrouvent sur la plage : chabadabada chabadabada&hellip; et d&rsquo;autres qui divorcent sur la gr&egrave;ve.]]></content:encoded></item><item><title>Des images</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-10-17T07:55:02+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-14.html#unique-entry-id-124</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-14.html#unique-entry-id-124</guid><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded></item><item><title>Les ours verts ou les poches de la nudit&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-10-11T16:22:24+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-14.html#unique-entry-id-123</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-14.html#unique-entry-id-123</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;avais un exercice litt&eacute;raire avec contraintes &agrave; &eacute;crire, et pas une id&eacute;e ne me tra&icirc;nait sous caboche.  On avait pas un sou en poche, mais &ccedil;a c&rsquo;&eacute;tait une autre histoire et pas de quoi en faire une d&rsquo;histoire, pr&eacute;cis&eacute;ment.  J&rsquo;&eacute;tais en retard.  Les contraintes &eacute;taient : glissez dans le texte quatre alexandrins avec c&eacute;sure &agrave; l&rsquo;h&eacute;mistiche.  Et puis aussi : il doit y avoir un igloo dans votre histoire.  Et, par dessus le march&eacute;, l&rsquo;un des protagoniste de votre histoire doit dire : &laquo; La violence de la r&eacute;ponse n'est que la r&eacute;ponse de la violence &raquo; &Agrave; propos des alexandrins avec c&eacute;sure &agrave; l&rsquo;h&eacute;mistiche j&rsquo;avais trouv&eacute; &ccedil;a sur le net : Observez l&rsquo;h&eacute;mistiche, et redoutez l&rsquo;ennui Qu&rsquo;un repos uniforme attache aupr&egrave;s de lui.  Que votre phrase heureuse, et clairement rendue, Soit tant&ocirc;t termin&eacute;e, et tant&ocirc;t suspendue.  Pile poil le genre de po&eacute;sie que j&rsquo;insupportais.  &Ccedil;a m&rsquo;aidait pas des masses.  &Agrave; propos de la phrase pseudo-philosophiquo-pratique d&eacute;s lors qu&rsquo;on avait l&rsquo;envie de buter son prochain pour n&rsquo;importe quelle raison, j&rsquo;avais trouv&eacute; &ccedil;a con.  &Agrave; propos des igloos j&rsquo;avais trouv&eacute; : Habitation de blocs de glace, que se construisent les Inuits.  J&rsquo;&eacute;tais pas plus avanc&eacute;.  Mais, surfant un peu plus en web banquise j&rsquo;avais d&eacute;couvert des ours verts.  Des ours verts, mais polaires s&rsquo;il vous plait.  J&rsquo;avais dit : &laquo; &Eacute;h, tu le savais toi que &ccedil;a existait les ours polaires verts ?  &raquo; Elle n&rsquo;avait rien r&eacute;pondu, toute pench&eacute;e sur le portable qu&rsquo;elle &eacute;tait, toute inspir&eacute;e, toute concentr&eacute;e &agrave; finir son exercice &agrave; elle.  &mdash; Des ours verts polaires, merde alors !  J&rsquo;avais ajout&eacute; avant qu&rsquo;elle dise &laquo; Chutttt, j&rsquo;&eacute;cris !  &raquo; Ouais, ben moi j&rsquo;&eacute;crivais pas, je marnais en panne d&rsquo;inspiration, lui en voulais un peu qu&rsquo;elle me double.  J&rsquo;aurais pu la raconter elle, j&rsquo;aurais pu dire &agrave; quel point elle me faisait craquer, et comment j&rsquo;adorais lorsque entre ses l&egrave;vres elle prenait une m&egrave;che de ses cheveux, ou raconter ses yeux bleus.  Ses yeux bleues.  Et si je les mets au f&eacute;minin c&rsquo;est juste que y&rsquo;a pas plus f&eacute;minin que ces yeux-l&agrave;.  J&rsquo;aurais pu mais, j&rsquo;avais un exercice &agrave; faire, avec quantit&eacute; de contraintes &agrave; la con et pas une once d&rsquo;inspiration.  Un instant j&rsquo;ai pens&eacute; au type qui m&rsquo;avait refil&eacute; lesdites contraintes, un instant j&rsquo;ai essay&eacute; de me mettre &agrave; sa place, mais comme j&rsquo;ai pas le vice dans la peau, j&rsquo;ai pas trop tra&icirc;n&eacute; dans la sienne.  Alors j&rsquo;ai plus pens&eacute; &agrave; rien, &agrave; rien d&rsquo;autre qu&rsquo;&agrave; ses yeux bleues et j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; nous pr&eacute;parer deux salades compos&eacute;es.  Des ours verts&hellip; Un peu plus tard elle est venu se plaquer dans mon dos, m&rsquo;a d&eacute;pos&eacute; dans le cou un baiser, a dit &laquo; Je t&rsquo;aime, tu sais.  &raquo; puis, tandis que je me retournais pour la prendre dans mes bras, tandis que je plongeais mon regard dans le sien, elle a ajout&eacute; : &laquo; Les ours verts &ccedil;a existe pas &raquo; J&rsquo;ai souri parce que les ours verts polaires et sur banquise, &ccedil;a existe.  Je lui ai racont&eacute; le comment du pourquoi : &agrave; savoir que depuis le r&eacute;chauffement de la plan&egrave;te, les poils des ours se vident telles des plumes, que c&rsquo;est ainsi, et que, comme la nature &agrave; horreur du vide, elle y niche des micro-organismes en forme d&rsquo;algue, des algues fluorescentes et vertes.  &mdash; Des ours verts &agrave; plumes ?  &mdash; Oui, d&rsquo;ailleurs je crois bien que dans tes yeux bleues mon amour, y&rsquo;en a plein des ours verts &agrave; plumes.  On avait pas un rond en poche.  Je manquais d&rsquo;inspiration.  On avait pas un rond en poche.  Elle a dit &laquo; bof &raquo; en lisant ceci, a rajout&eacute; &laquo; Le coup du manque d&rsquo;inspiration c&rsquo;est pas un peu surfait ?  &raquo; J&rsquo;ai pens&eacute; &laquo; Si surfait mon amour, que &ccedil;a m&rsquo;arrive plus souvent qu&rsquo;&agrave; mon tour &raquo;.  On avait pas un rond en poche.  N&rsquo;emp&ecirc;che que dans ses yeux, volaient quelques ours verts, un peu comme si tous les anges poilus et polaires du firmament s&rsquo;&eacute;taient donn&eacute;s rendez-vous l&agrave;, qu&rsquo;ils se satellisaient autour d&rsquo;une pupille d&rsquo;envie et de quelques nuages passagers vu que : On avait plus un rond en poche Et puis : On a essay&eacute; le canap&eacute; Et puis : Pour &ccedil;a on s&rsquo;est d&eacute;nud&eacute;s Et c&rsquo;&eacute;tait tellement bon, tellement &ccedil;a, qu&rsquo;apr&egrave;s j&rsquo;en ai conclu que le mieux avec les poches, c&rsquo;&eacute;tait de pas en avoir du tout.]]></content:encoded></item><item><title>Pens&#xe9;es d&#x2019;un mercredi 26 septembre 2007.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-09-26T12:37:20+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-13.html#unique-entry-id-122</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-13.html#unique-entry-id-122</guid><content:encoded><![CDATA[La v&eacute;rit&eacute; prenait une gueule de mensonge, ou l&rsquo;inverse, tellement, que je me demandais si je n&rsquo;&eacute;tais pas n&eacute; auteur, comme d&rsquo;autres naissent menteurs ?  ***

&mdash; Tu vas o&ugrave; ?  j&rsquo;ai demand&eacute;.  &mdash; Me refaire une beaut&eacute;, il a r&eacute;pondu.  Vrai, qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie la fille accroch&eacute;e &agrave; son bras.  ***  Je lui racontais des salades Elle s&rsquo;effeuillait de temps en temps &Ccedil;a n&rsquo;a pas dur&eacute; comme la Romaine, nous deux  ***

Jimmy &eacute;tait l&rsquo;un de ces types qui aimait se faire remarquer.  Jimmy avait un look d&eacute;class&eacute; : chemise baill&eacute;e ; jean d&eacute;lav&eacute;.  Jimmy se trimballait dans une Porsche h&eacute;rit&eacute;e.  Jimmy n&rsquo;aimait rien d&rsquo;autre si ce n&rsquo;&eacute;tait lui-m&ecirc;me.  Jimmy mourut un 11 septembre 2001 d&rsquo;un accident de voiture, finit sa vie dans un parterre de lavande quelque part dans le Sud de la France.  Jimmy eut pour oraison fun&egrave;bre le chant des criquets.  Jimmy aimait se faire remarquer, mais les cam&eacute;ras du monde entier, ce jour-l&agrave;, rivaient leurs objectifs bien au del&agrave; d&rsquo;un parterre de lavande et d&rsquo;une arm&eacute;e de criquets bien embarrass&eacute;s d&rsquo;un mort et d&rsquo;une carcasse fumante, pile sur leur parterre de lavande.  L&rsquo;un des criquets se nommait Jimmy Depuis, l&rsquo;herbe pousse chaque fois que Jimmy Criquet raconte cette histoire.  Allez savoir&hellip;  ***

Elle tapinait derri&egrave;re la vitrine de l&rsquo;une des rues sombres d&rsquo;un port Allemand, entre-nous, on l&rsquo;appelait topinambour.  ***

Y&rsquo;a deux fa&ccedil;ons d&rsquo;&ecirc;tre en vie, la premi&egrave;re chacun la conna&icirc;t, c&rsquo;est juste apr&egrave;s l&rsquo;amour : allumer une cigarette en regardant vaguement alentours, encore groggy, encore un petit peu en dehors de la vie, et souffler, exhaler les volutes le plaisir consomm&eacute;.  La seconde, c&rsquo;est se lire, lire ses mots mis en papier, mis sous presse avec couverture qui se la p&egrave;te en couleurs, et respirer &agrave; pleines narines le c&oelig;ur du livre, le c&oelig;ur des encres, se relire, se dire : &laquo; J&rsquo;ai &eacute;crit &ccedil;a moi ?  &raquo; Et oublier dans le parfum des pages qu&rsquo;il aura fallu tellement de jours pour &ccedil;a, tellement de temps, de patience et de travail, Puis refermer le livre, le ranger dans sa biblioth&egrave;que et r&eacute;aliser qu&rsquo;entre un Richard Brautigan et un Jonh Fante, on existe, enfin.  Et, pire, qu&rsquo;on existe peut-&ecirc;tre pour toujours.]]></content:encoded></item><item><title>Un peu de publicit&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-09-22T08:46:35+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-13.html#unique-entry-id-121</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-13.html#unique-entry-id-121</guid><content:encoded><![CDATA[Vous trouverez dans le N&deg;3 du Canard en Plastic, &mdash; revue litt&eacute;raire s&rsquo;il en est &mdash; deux nouvelles de mon cru ainsi qu&rsquo;une pr&eacute;sentation de l&rsquo;auteur par l&rsquo;auteur.  Et d&rsquo;autres nouvelles, d&rsquo;autres auteurs, bien s&ucirc;r.  Et plein de dessins dans les pages&hellip; Et tout ceci pour la modique somme de 12&euro;

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Vrai, qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie la fille accroch&eacute;e &agrave; son bras.]]></content:encoded></item><item><title>Grandeur et des cadences</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-09-01T07:23:57+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-13.html#unique-entry-id-119</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-13.html#unique-entry-id-119</guid><content:encoded><![CDATA[On s&rsquo;ennuyait tels deux navires &eacute;chou&eacute;s sur la plage zingu&eacute;e d&rsquo;un troquet de banlieue.  Rien ne nous faisait rire et rien ne nous int&eacute;ressait, pas m&ecirc;me reboire un verre.  C&rsquo;est dire&hellip; Le ciel aussi s&rsquo;ennuyait, mais lui chialait, ce qui fait qu&rsquo;il s&rsquo;occupait un peu quand m&ecirc;me.  Limite si on l&rsquo;enviait pas, lui et ses larmes d&rsquo;occupation.  On avait compt&eacute; toutes les jolies filles du quartier, y&rsquo;en avait quatre-vingt dix neuf.  Peut-&ecirc;tre cent, mais de la centi&egrave;me on n&rsquo;&eacute;tait pas certain.  Ni Momo ni moi, on pouvait garantir qu&rsquo;elle &eacute;tait vraiment du coin.  On avait grandi ici, alors forc&eacute;ment on savait de quoi on causait question jolies filles en r&eacute;sidence.  Adonc, ce quartier on le connaissait depuis toujours, contrairement &agrave; l&rsquo;autre loufiat, fra&icirc;chement d&eacute;barqu&eacute; dont on ne savait trop o&ugrave;, et qui affirmait l&rsquo;avoir d&eacute;j&agrave; crois&eacute;e, la centi&egrave;me....  Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il en savait lui ?  Momo et moi, on avait grandi ici, je vous l&rsquo;ai dit, mais on avait grandi assis.  Assis sur les bancs de l&rsquo;&eacute;cole pour commencer, puis sur ceux de la rue en alternance avec ceux du commissariat, et plus tard, sur ceux de l&rsquo;ANPE.  C&rsquo;&eacute;tait donc naturellement qu&rsquo;on avait fini notre croissance sur ces chaises-ci.  Faut dire que le troquet &eacute;tait pile en face de l&rsquo;ANPE.  Momo &eacute;tait plus grand que moi, Momo avait grandi assis plus vite.  Et pour l&rsquo;instant, Momo lisait la rubrique &laquo; Offres d&rsquo;emplois &raquo;, centi&egrave;me page d&rsquo;un canard tout sp&eacute;cialement con&ccedil;u pour &ccedil;a.  Cent jours qu&rsquo;on avait pas d&eacute;gott&eacute; un boulot, cent jours qu&rsquo;on avait les poches aussi vides que le cerveau d&rsquo;une pr&eacute;sentatrice de m&eacute;t&eacute;o, cent jours qu&rsquo;on s&rsquo;ennuyait ferme....  Qu&rsquo;une entreprise ait tout soudainement besoin de deux types sp&eacute;cialis&eacute;s dans la position assise pour tester des fauteuils, des canap&eacute;s, des chaises paill&eacute;es, des tabourets ou toutes autres choses sur lesquelles poser son cul, et qu&rsquo;elle passe une annonce express&eacute;ment pour &ccedil;a&hellip; J&rsquo;y croyais pas.  D&rsquo;autant que m&ecirc;me si la chose c&rsquo;&eacute;tait av&eacute;r&eacute;e genre rubis sur l&rsquo;ongle, que l&rsquo;annonce nous ait appel&eacute; par nos pr&eacute;noms respectifs et nous ait en sus propos&eacute; un salaire mirobolant pour nous asseoir et ne faire que &ccedil;a, on avait pas les moyens de s&rsquo;offrir les tickets de m&eacute;tro pour se rendre jusqu&rsquo;&agrave; son si&egrave;ge.  On s&rsquo;ennuyait, j&rsquo;en profitais pour r&ecirc;vasser : &Agrave; Dix-huit piges, dans notre p&eacute;riode ANPE on faisait la m&ecirc;me taille Momo et moi, puis il s&rsquo;est mis &agrave; grandir d&rsquo;un coup, tout assis qu&rsquo;il &eacute;tait.  Je m&rsquo;en souviens comme si c&rsquo;&eacute;tait ce matin : une fille passait dans la rue, derri&egrave;re la vitrine du bistrot elle trimballait sa beaut&eacute; comme &agrave; l&rsquo;&eacute;tal vitr&eacute;.  J&rsquo;ai siffl&eacute;, puis j&rsquo;ai dit : &mdash; Bordel, c&rsquo;est devenu une perle la cinquante-huiti&egrave;me....  Momo avait relev&eacute; la t&ecirc;te de sa bi&egrave;re, et corrig&eacute; : &mdash; C&rsquo;est pas la cinquante-huiti&egrave;me, c&rsquo;est sa petite s&oelig;ur : la vingt-deuxi&egrave;me.  Puis, comme si &ccedil;a lui faisait pas de me faire la le&ccedil;on de quartier, il avait rebaiss&eacute; la t&ecirc;te pour ajouter : &laquo; On apprend.  Tentant toujours de s&rsquo;instruire un peu plus, on apprend.  On apprend d&eacute;j&agrave; certain que nous ne serons jamais davantage que ce que nous avons toujours &eacute;t&eacute;, nus, perdus, seuls, et, comme au premier jour, paum&eacute;s dans la merde et dans les pleurs avec cette vague id&eacute;e de r&eacute;int&eacute;grer le ventre d&rsquo;une femme, n&rsquo;importe laquelle mais pas la m&ecirc;me....  &raquo; J&rsquo;ai demand&eacute; s&rsquo;il allait bien ?  &laquo; On apprend la diversit&eacute; de l&rsquo;esp&egrave;ce &raquo; il a r&eacute;p&eacute;t&eacute;.  J&rsquo;osais pas lui faire remarquer, mais j&rsquo;avais bien vu que qu&rsquo;il avait grandi de dix centim&egrave;tres.  Deux mois plus tard il r&eacute;cidivait : &mdash; Un &laquo; Je t&rsquo;aime &raquo; c&rsquo;est un mensonge &agrave; venir, &eacute;gar&eacute; dans la r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;un pr&eacute;sent, il avait dit alors que je lui demandais rien....  D&eacute;j&agrave; que des deux, il avait toujours &eacute;t&eacute; le plus baraqu&eacute;.  Je voyais pas bien d&rsquo;o&ugrave; il pouvait sortir ce genre de phrases Momo, parce qu&rsquo;&agrave; part les &laquo; Offres d&rsquo;emploi &raquo; il ne lisait jamais, ni n&rsquo;allait au cin&eacute;ma ni rien d&rsquo;autre.  Sans parler qu&rsquo;en vingt-cinq ans, je ne lui avais jamais connu une relation, en tout cas pas une du genre qui l&rsquo;aurait incit&eacute; &agrave; soudain r&eacute;fl&eacute;chir sur l&rsquo;amour, la vie et toutes ces conneries&hellip; &mdash; Elle habite deux b&acirc;timents plus loin, avait affirm&eacute; le loufiat en me tirant de ma r&ecirc;verie....  Mais Momo n&rsquo;entendait rien, semblait, pench&eacute; sur sa page d&rsquo;&laquo; Offres d&rsquo;emploi &raquo;, concentr&eacute; comme un grand tube Nestl&eacute;.  J&rsquo;ai tent&eacute; de faire diversion, parce que je le sentais bien qu&rsquo;il allait recommencer ce con....  &mdash; &Eacute;h , on nous la fait pas &agrave; nous.  On est du coin Momo et moi, alors s&rsquo;il y avait une centi&egrave;me dans le quartier, m&ecirc;me le potentiel d&rsquo;une quatre-vingt dix-neuvi&egrave;me et demi, on serait au jus tu penses !...  &mdash; On habite toujours &agrave; deux b&acirc;timents l&rsquo;un de l&rsquo;autre, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;on partage le m&ecirc;me lit. Il avait laiss&eacute; tomber dans un r&acirc;le genre trag&eacute;die Hollywoodienne ou tout plein de h&eacute;ros mourraient &agrave; la fin.  Et il s&rsquo;&eacute;tait remis &agrave; pousser d&rsquo;un bon vingt centim&egrave;tres....  Le loufiat se plaignait un peu comme quoi c&rsquo;&eacute;tait pas les ordres du patron, qu&rsquo;il allait avoir un tas d&rsquo;ennuis parce que c&rsquo;&eacute;tait plus une ardoise qu&rsquo;on avait mais une toiture ch&acirc;telaine, et pas celle d&rsquo;un petit ch&acirc;teau encore.  Mais au vu d&rsquo;un Momo de d&eacute;sormais deux m&egrave;tres quinze, il avait pas cru bon d&rsquo;insister plu avant....  Je l&rsquo;avais pri&eacute; de ne rien ajouter, de ne surtout rien dire, ni &agrave; propos de la centi&egrave;me ni &agrave; propos de rien d&rsquo;autre, les b&acirc;timents, les filles, la vie connasse, vie qui passe, les lits, tout &ccedil;a, on s&rsquo;en tapait....  &raquo; Il avait ajout&eacute; : &laquo; N&rsquo;emp&ecirc;che qu&rsquo;ils cherchent deux types pour essayer des fauteuils, et bien pay&eacute;s encore....  Et il m&rsquo;avait tendu le journal ouvert &agrave; la rubrique &laquo; Offres d&rsquo;emploi &raquo; et c&rsquo;&eacute;tait marqu&eacute; en toutes lettres....  Aussi sec il a r&eacute;pondu : &mdash; Les miracles sont &agrave; la pens&eacute;e, ce que les mirages sont au d&eacute;sert &raquo; Et on a plus pu le sortir du troquet vu qu&rsquo;il mesurait dans les deux m&egrave;tres soixante-dix maintenant....  Je me dis que tant pis, on avait, de toute fa&ccedil;on, pas de quoi s&rsquo;offrir des tickets de m&eacute;tro.  Sinon, c&rsquo;&eacute;tait bien vrai ce que disait le loufiat, vrai de vrai : elle &eacute;tait belle et bien la centi&egrave;me jolie fille du quartier.  Elle passe de temps en temps pour voir Momo, lui dire deux trois mots gentils &agrave; la suite desquels il r&eacute;fl&eacute;chit intens&eacute;ment.  Pour l&rsquo;instant il ne dit rien, mais je sens bien que d&rsquo;ici peu, il va parler, parler tellement bien qu&rsquo;il se pourrait qu&rsquo;on s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve encore et pourquoi pas trinquer avec les touristes d&eacute;jeunant au troisi&egrave;me &eacute;tage de la tour Effel.  Ce qui tombe bien, parce qu&rsquo;on a toujours pas les moyens de s&rsquo;offrir des tickets de m&eacute;tro, Momo et moi, pour aller jusque-l&agrave;.]]></content:encoded></item><item><title>Fellation et train de vie</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-06-08T11:12:21+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-10.html#unique-entry-id-118</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-10.html#unique-entry-id-118</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;attrape le journal.  En diagonale me le lis : com&eacute;die du G8, femmes de pr&eacute;sidents en visite botanique &mdash; faut bien occuper les fleurs parce que le trou dans la couche d&rsquo;ozone &ccedil;a leur passe au-dessus des p&eacute;tales, forc&eacute;ment&mdash;, violents orages dans le ciel du Nord-pas-de-Calais, et : une pratique r&eacute;guli&egrave;re de la fellation diminue de 40% le risque de cancer du sein chez la femme.  Je me lis l&rsquo;article, me le relis, si c&rsquo;est scientifique alors : &mdash; Mademoiselle, je ne vous demanderai pas si vous cr&eacute;chez encore chez vos parents ?  Ne vous demanderai pas non plus s&rsquo;ils sont &agrave; vous ses beaux yeux-l&agrave; ?  Ni m&ecirc;me si nich&eacute; dans votre d&eacute;collet&eacute; bat un c&oelig;ur pour moi ?  Non, parlons pr&eacute;vention sant&eacute; voulez-vous.  Je me ravise et ne dis mot &agrave; ma voisine de banquette : wagon 17.  Pas que j&rsquo;ose pas, il est un &acirc;ge o&ugrave; l&rsquo;on ose tout, m&ecirc;me l&rsquo;ind&eacute;cence.  Seulement voil&agrave;, et si elle acceptait, histoire de d&eacute;roger &agrave; la biens&eacute;ance, rompre avec les r&egrave;gles &eacute;tablies, ou plus simplement qu&rsquo;elle ait tout soudainement envie de se pr&eacute;occuper de sa sant&eacute;, ou pour toutes autres raisons, qu&rsquo;importe.  Et si elle acceptait&hellip; Et si elle acceptait, je me connais, je serais bien foutu d&rsquo;en tomber raide dingue la minute qui suivrait, celle qui pr&eacute;c&eacute;derait, pendant.  Et au final, elle partirait vers un ailleurs qui n&rsquo;est pas le mien, et probablement, la regardant partir, regardant sa silhouette s&rsquo;&eacute;tioler puis dispara&icirc;tre tout &agrave; fait sur le quai d&rsquo;une gare, j&rsquo;en cr&egrave;verais.  Et contre le mal au c&oelig;ur lorsqu&rsquo;il survient, pas de rem&egrave;de et encore moins de pr&eacute;vention.  Il est m&ecirc;me &agrave; parier qu&rsquo;aucune &eacute;tude s&eacute;rieuse n&rsquo;a &eacute;t&eacute; men&eacute;e sur le sujet.  &mdash; Tous des branleurs ces scientifiques, dis-je, en d&eacute;laissant mon journal.  Elle l&egrave;ve les yeux du sien, me d&eacute;coche un sourire &agrave; d&eacute;crocher les anges de leur firmament, ajoute que : &laquo; Pas tous, qu&rsquo;il en existe des s&eacute;rieux, d&rsquo;ailleurs, elle en fait partie.  &raquo; Ah, et elle &eacute;tudie quoi la jolie demoiselle ?  &mdash; Les langues oubli&eacute;es.  Bordel, c&rsquo;est bien ma veine.]]></content:encoded></item><item><title>Une glace et les boules qui vont avec</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-06-05T22:23:26+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-10.html#unique-entry-id-117</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-10.html#unique-entry-id-117</guid><content:encoded><![CDATA[Je me suis r&eacute;veill&eacute; chang&eacute;.  Je ne saurais vous dire en quoi, mais s&ucirc;r que la m&eacute;tamorphose &eacute;tait consomm&eacute;e parce qu&rsquo;elle s&rsquo;imposa comme une &eacute;vidence au saut du lit. Je n&rsquo;&eacute;tais plus le m&ecirc;me, et, bien s&ucirc;r, je cherchais &agrave; savoir en quoi.

Je m&rsquo;observais devant la glace un moment, un bon moment, mais nulle modification de mon anatomie ne me parue flagrante.  Cette ride-l&agrave; ?  Non, m&ecirc;me pas !  Ce cheveu blanc ?  Tu parles, je n&rsquo;ai pas attendu que ce soit la mode pour m&rsquo;en faire pousser.  Cette rondeur de chair surplombant l&rsquo;aine ?  S&ucirc;rement pas !  Cette rondeur, c&rsquo;est Michel-Ange sculpteur soi-m&ecirc;me, qui me l&rsquo;a offerte.  Alors quoi ?  Cet air un peu idiot, un peu b&eacute;&acirc;t, presque ailleurs ?  Non, pas &ccedil;a non plus !  Cet air, je le porte depuis tout le temps.

Et puis, l&agrave;, les yeux dans les yeux, en pleine r&eacute;flexion, je n&rsquo;ai pu me souvenir du visage que j&rsquo;avais enfant, ni de celui de ma m&egrave;re, de ma s&oelig;ur, de qui vous voudrez, mais que je connaissais.  Ni m&ecirc;me des sentiments que j&rsquo;&eacute;prouvais alors.  De mon premier amour, de son odeur, de ses fesses, de ses seins, de sa main dans la mienne&hellip;

Rien !

C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on change, en s&rsquo;oubliant devant son image.

C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on vieillit, c&rsquo;est ainsi, dommage et tant pis.]]></content:encoded></item><item><title>Miss groove</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-05-13T19:41:50+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-116</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-116</guid><content:encoded><![CDATA[Voil&agrave;, je tra&icirc;ne sur le net &agrave; la recherche d&rsquo;un peu de nouveaut&eacute; musicale pour, &eacute;crivant, me laisser bercer.  Comme &agrave; chaque fois je prends mon temps, fur&egrave;te, m&rsquo;arr&ecirc;te, repars et continue comme &ccedil;a jusqu&rsquo;&agrave; tomber l&agrave;-dessus : sorte de combinaison de musiques souvenirs de l&rsquo;enfance mix&eacute;e tout expr&egrave;s pour moi.  Faut dire qu&rsquo;il y a l&agrave; un doucereux m&eacute;lange d&rsquo;African Beat et de Reggae, faut dire que &ccedil;a Soul et Swing comme pas permis.]]></content:encoded></item><item><title>53&#x25; ou comment se surprendre &#xe0; regretter qu&#x2019;on ait aboli le lanc&#xe9; de nain comme sport national&#x2c; ou encore : comment  traiter d&#x27;un sujet litt&#xe9;rairement us&#xe9; jusqu&#x27;&#xe0; la corde pour pendre l&#x2019;espoir d&#x2019;une vie &#x2014; &#xe0; peine &#x2014; meilleure</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-05-07T14:48:55+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-115</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-115</guid><content:encoded><![CDATA[Il referme sa valise.  Par la fen&ecirc;tre, il jette un dernier regard sur ce qu&rsquo;il croyait &ecirc;tre son quartier.  On ne passe pas seize ann&eacute;es dans les bras d&rsquo;une ville sans en tomber amoureux.  Lui le sait, mais eux ne le comprennent pas.  Eux : les 53%.  Les clans des rues, les clandestins Les cris des chiens hurlent &agrave; la ronde J'suis pas inscrit sur la mappemonde Y a pas d'pays pour les vauriens, les po&egrave;tes et les baladins Y a pas d'pays, si tu le veux, prends le mien

Devant sa porte, deux hommes en uniformes attendent, l&rsquo;attendent pour le conduire &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport.  Il ne comprend pas, ne r&eacute;alise pas encore.  Il ne g&ecirc;nait pourtant personne, il dit.  Le r&eacute;p&egrave;te &agrave; l&rsquo;infini&hellip;  Que Paris est beau Quand chantent les oiseaux Que Paris est laid Quand il se croit Fran&ccedil;ais  Il travaillait, rentrait le soir venu dans sa chambre de bonne, chambre exigu&euml;, pour y regarder la t&eacute;l&eacute; ; boire le th&eacute; ; &eacute;crire &agrave; la famille ; lire&hellip; Il ne g&ecirc;nait pourtant personne&hellip;  Avec ces sans papires Qui vont bient&ocirc;t repartir Vers leur pays les chiens On a tout pris, chez eux y a plus rien

Que fera-t-il arriv&eacute; l&agrave;-bas ?  Rabat il s&rsquo;en souvient si peu&hellip; Sans parler que ses souvenirs &agrave; lui sont en langue fran&ccedil;aise, la seule qu&rsquo;il connaisse, alors forc&eacute;ment, forc&eacute;ment Rabat n&rsquo;est pas sienne, ne l&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute;.  Ne le sera jamais.

De r&eacute;tention en cale de fond, j'en ai m&ecirc;me oubli&eacute; mon ombre J'me prom&egrave;ne moins dans vos d&eacute;combres On m'a donn&eacute; un bout de rien J'en ai fait cent mille chemins J'en ai fait cent J'en ai fait un Un chemin de l'identit&eacute;, l'iditent&eacute;, l'id&eacute;titen, l'itendid&eacute; A la ronde Et dans ce flot d'une id&eacute;e rien, j'aurais plus de nom, j'aurais plus rien Dis moi c'est quand, dis moi c'est quand Que tu reviens ?

Il a peur.  Ses mains tremblent, ses yeux cherchent une aide, une niche ou se poser, quelque chose qui fasse qu&rsquo;il ne d&eacute;faille pas, un objet familier auquel se raccrocher, n&rsquo;importe&hellip; Mais la chambre est vide, semble plus petite encore ainsi d&eacute;nud&eacute;e, qu&rsquo;on a du mal &agrave; imaginer qu&rsquo;ici vivait un homme pour la moiti&eacute; de son salaire.  Que Paris est beau Quand chantent les oiseaux Que Paris est laid Quand il se croit Fran&ccedil;ais

Plus tard, &agrave; bord d&rsquo;un fourgon, il longera le Canal Saint-Martin, verra pour la derni&egrave;re fois la cit&eacute; dans laquelle il a grandi.  Au coin de cette rue : le premier baiser, plus loin le premier &laquo; Je t&rsquo;aime &raquo; et &hellip;

Avec tous ces champs de tir Et tous ces fous du tir Ils visent pas que les lapins C'est plus du gros sel, c'est des marocains, Des missiles solaires...  ou des skuds Et moi, avec mon pistolet &agrave; bouchon Je pars au front

Encore un plus tard : s'envolant vers le soleil, il a froid : 100% froid.  Paris s'ra beau quand chantera les oiseaux Paris s'ra beau, si les oiseaux, mais non&hellip; Paris s'ra beau car les oiseaux Allez, Paris s'ra beau*

* &laquo; L&rsquo; Identit&eacute; &raquo; Des T&ecirc;tes raides, avec Noir D&eacute;sir.]]></content:encoded></item><item><title>Bistrot du temps qui s&#x27;en va</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-05-04T14:00:41+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-114</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-114</guid><content:encoded><![CDATA[Il s&rsquo;assoit : toujours &agrave; la m&ecirc;me place : toujours le dos tourn&eacute; au comptoir, toujours face &agrave; la baie vitr&eacute;e.  Il ne commande pas, inutile, ici on sait ce qu&rsquo;il boit.  Nul ne lui adresse un &laquo; Bonjour &raquo; ni une quelconque civilit&eacute;, pas la peine, il ne r&eacute;pond jamais tant il est occup&eacute; &agrave; m&acirc;cher, rem&acirc;cher sa vie, les yeux perdus quelque part rue de la m&eacute;lancolie.  Je l&rsquo;observe souvent et souvent je me dis que je voudrais pas finir ainsi, vieil homme attendant la d&eacute;livrance dans un bistrot vieillot.  &laquo; Sarah &raquo; il dit.  &laquo; Sarah &raquo; il r&eacute;p&egrave;te inlassablement, tandis que toujours ses yeux se perdent rue de la m&eacute;lancolie.]]></content:encoded></item><item><title>De la culture en veux-tu en voil&#xe0;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-05-02T10:14:03+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-112</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-9.html#unique-entry-id-112</guid><content:encoded><![CDATA[Raconter une petite histoire entre deux tours, le lendemain d&rsquo;un premier mai, sans trop se mouiller.  Faire attention de ne pas d&eacute;raper vu que quand m&ecirc;me j&rsquo;ai s&ucirc;rement des lecteurs de droite, ne pas les froisser et donc, ne pas dire ma surprise en lisant ce matin, un article intitul&eacute; : &laquo; L&rsquo;&eacute;lite artistique soutient Nicolas Sarkozy &raquo;.  Retravailler son intro parce que l&agrave; &ccedil;a fait billet de blog d&rsquo;opinion, soit ce qui compose le net depuis un moment et : ras le bol.  Recommencer : Je me l&egrave;ve.  Il est t&ocirc;t, tard, je ne sais plus, je crois m&ecirc;me que je m&rsquo;en tape.  Au pied du lit : mes fringues.  Dans le cr&acirc;ne : quelque chose comme des millions de tonnes de plomb qui voudraient me faire croire qu&rsquo;un type &agrave; d&eacute;couvert la pierre philosophale, soit comment transformer un litre de liquide en une masse exponentielle et solide dans un d&eacute;lai d&rsquo;&agrave; peine quatre heures.  Je jette un coup d&rsquo;&oelig;il au r&eacute;veil, disons quatre heures trente environ&hellip; Le lev&eacute; est laborieux, la douche salvatrice, le caf&eacute; chaud et je refais surface plus ou moins.  Ensuite mes gestes se d&eacute;roulent tr&egrave;s ordinairement, Aspirine, allumer la b&eacute;cane, me poser devant, lire les mails, y r&eacute;pondre, faire le tour de l&rsquo;actualit&eacute; : &laquo; L&rsquo;&eacute;lite artistique soutient Nicolas Sarkozy &raquo;.  &Ccedil;a m&rsquo;intrigue, voyons : &laquo; Johnny Halliday, Christian Clavier, Jean Reno, Henri Salvador, Doc Gyn&eacute;co, Charlotte Trampling, un type de la Star Ac, Jacques Seguela&hellip; &raquo; Ah la belle &eacute;lite artistique, me dis-je.  Sans parler qu&rsquo;une ancienne Miss s&rsquo;est gliss&eacute;e dans les rangs de ladite &eacute;lite.  Alors maintenant c&rsquo;est s&ucirc;r, la culture est sauv&eacute;e.  J&rsquo;ai presque eu peur moi.]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;&#xe2;me de Boucher</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-27T14:58:15+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-111</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-111</guid><content:encoded><![CDATA[S&rsquo;arr&ecirc;ter.  Voil&agrave; c&rsquo;est fait.  S&rsquo;asseoir en terrasse, respirer, commander.  R&ecirc;vasser Moleskine en main.  Puis : stylo plume, et coucher un bout de vie.  Elle ?.  Elle pourquoi pas : une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es, ventre d&eacute;couvert, pas si jolie que &ccedil;a mais jean taille basse, mais tee-shirt court, mais percing nombril.  Elle est serveuse, paye ses &eacute;tudes avec &ccedil;a.  Ses &eacute;tudes, c&rsquo;est en partie moi : je lui enseigne l&rsquo;art au lyc&eacute;e.  Art : la belle histoire.  Art : mot pour dire &laquo; Mate l&rsquo;&eacute;clairage de Caravage, regarde un peu les doigts de saint Thomas fouillant la plaie du Christ, quelle beaut&eacute; dans le touch&eacute;, le doute enfin mat&eacute;rialis&eacute;&hellip; &raquo; ou : &laquo; Vise l&rsquo;Odalisque blonde de Boucher, Madone, le cul de cette Odalisque-l&agrave;, c&rsquo;est la vie qui se prend &agrave; &ecirc;tre elle-m&ecirc;me, vie qui t&rsquo;emm&egrave;ne pour te basculer au charnel &raquo; Elle ne comprend pas.  Ne comprendra sans doute jamais.  &laquo; Deux euros vingt, s&rsquo;il vous pla&icirc;t &raquo; Elle dit &ccedil;a sans sourire.  Je laisse toujours un peu plus, la prie de garder la monnaie, ce qu&rsquo;elle fait mais toujours sans sourire.  Repartant de l&agrave; je me demande o&ugrave; Caravage s&rsquo;est plant&eacute; ?.  Boucher ?.]]></content:encoded></item><item><title>Richard&#x2c; le centi&#xe8;me&#x2c; pour la route.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-25T14:19:29+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-110</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-110</guid><content:encoded><![CDATA[Voil&agrave; qu&rsquo;il m&rsquo;arrive une histoire pour le moins surprenante.  Mais avant de vous la compter, il faut que je dise, pr&eacute;cise, que je poss&egrave;de peu de livres.  Pour &ecirc;tre tout &agrave; fait franc, il en tra&icirc;ne tr&egrave;s exactement vingt sur mon bureau, vingt issus d&rsquo;une s&eacute;lection sans concession et, bien s&ucirc;r, ces vingt-l&agrave; je les connais par c&oelig;ur pour me les relire souvent.  Or, voici que ce matin j&rsquo;attrape l&rsquo;un deux avant de me mettre au travail, voici que j&rsquo;attrape &laquo; Tokyo-Montana Express &raquo; histoire de me mettre en jambes, histoire de me lire un petite nouvelle comme on se met en app&eacute;tit de mots, voici que je le feuillette, qu&rsquo;au hasard j&rsquo;en choisi une et que je commence &agrave; me la lire tout d&eacute;sireux du plaisir renouvel&eacute;.  Mais voici aussi que lisant, je r&eacute;alise que cette nouvelle-l&agrave; m&rsquo;est inconnue, que ni d&rsquo;Eve ni d&rsquo;Adam il ne m&rsquo;est arriv&eacute; de la lire, qu&rsquo;elle est pour moi aussi vierge qu&rsquo;une jeune fille qui n&rsquo;aurait pas encore imagin&eacute; les jeux de l&rsquo;amour, ni m&ecirc;me appris &agrave; marcher.

Bien s&ucirc;r je me dis que la chose est impossible vu que &eacute;ho, je connais l&rsquo;&oelig;uvre de Richard Brautigan sur le bout des doigts, que je peux causer de chacun de ses textes en enrichissant mon propos de moult d&eacute;tails, de quelques anecdotes, et ce : des plus longs aux plus concis.  Et du talent du ma&icirc;tre aussi.

Dites moi &laquo; Parapluie &raquo;.  ou &laquo; Oc&eacute;an Pacifique &raquo; ou encore &laquo; Melon pour chat &raquo; et derechef je vous en fais l&rsquo;&eacute;loge, vous en raconte l&rsquo;elliptique &eacute;criture, vous les diss&egrave;que tel le taxidermiste amoureux de son sujet.  &laquo; Du vent dans les sous-sol &raquo; par exemple, je pourrais vous emb&ecirc;ter des heures avec &ccedil;a, vous dire que l&rsquo;&eacute;crivain assis face &agrave; Brautigan dans un restaurant Tokyote et qui soudainement chausse des lunettes de plong&eacute;e.  sans pour autant que la chose lui semble anormale, puis qui tout aussi soudainement les enl&egrave;ve, n&rsquo;est autre que Kenzaburo O&eacute;.

Donc, vous l&rsquo;aurez compris : &agrave; propos de chacun des textes de Brautigan, je peux aller de mon petit commentaire, sauf du &laquo; Ch&acirc;teau de la fianc&eacute;e des neiges &raquo;, puisque, je vous l&rsquo;ai dit, celle-ci m&rsquo;&eacute;tait inconnue jusqu&rsquo;&agrave; ce matin.

Evidemment, finissant ladite nouvelle, je l&rsquo;ai recommenc&eacute; et recommenc&eacute; encore, puis je me suis interrog&eacute; sur la nature de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement : comment en autant de lecture de Tokyo-Montana Express, avais je pu louper une nouvelle, et toujours la m&ecirc;me ?

Et comment encore, ne l&rsquo;ayant jamais lu, ai-je pu rendre hommage au ma&icirc;tre dans l&rsquo;une des miennes** en y incluant la disparition d&rsquo;un cin&eacute;ma alors que, pr&eacute;cis&eacute;ment, c&rsquo;est bien de cela dont &laquo; Le ch&acirc;teau de la fianc&eacute;e des neiges &raquo; est fait.

Lisant, relisant, r&eacute;fl&eacute;chissant, j&rsquo;ai pas trouv&eacute; de r&eacute;ponse &agrave; &ccedil;a, si ce n&rsquo;est que Richard Brautigan reste l&rsquo;auteur le plus surprenant qui soit, encore aujourd&rsquo;hui, et au petit matin de surcro&icirc;t, et que, peut &ecirc;tre, sans trop le savoir, sans trop y faire attention, le lisant, le relisant, j&rsquo;avais r&eacute;ussi &agrave; faucher quelques plumes &agrave; l&rsquo;ange litt&eacute;raire qu&rsquo;il &eacute;tait.

Ah la belle journ&eacute;e !.]]></content:encoded></item><item><title>Le retour de Jimmy</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-24T10:02:03+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-109</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-109</guid><content:encoded><![CDATA[Il s&rsquo;arr&ecirc;te, suspend sa foul&eacute;e, h&eacute;site, repart sur trottoir.  C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il marche, ou ne marche pas.  Au choix&hellip; Jimmy &ccedil;a lui fait mal de repenser &agrave; tout &ccedil;a.  La rue Sans Souci, c&rsquo;&eacute;tait comme une parenth&egrave;se dans sa vie.]]></content:encoded></item><item><title>Voie de l&#x27;ailleurs</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-23T15:21:23+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-108</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-108</guid><content:encoded><![CDATA[Je m&rsquo;&eacute;croule dans un pucier que m&ecirc;me pas je connais, peut-&ecirc;tre est-ce le mien, le sien ?  Qu&rsquo;importe, avec ce que je tiens, celui-ci ou un autre&hellip; Je me souviens seulement qu&rsquo;elle s&rsquo;est avanc&eacute;e vers moi tandis que je comptais les lampes du. plafond, tandis que faisant &ccedil;a, je m&rsquo;&eacute;merveillais que le monde soit impair.  &mdash; Dis, tu m&rsquo;offres un verre ?.  Tout compte fait le monde n&rsquo;&eacute;tait pas impair vu que j&rsquo;avais l&agrave;, sous le nez, une huiti&egrave;me merveille qui s&rsquo;installait et commandait &agrave; boire.  &laquo; Un double !  &raquo;.  Pas tant qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie, non, elle &eacute;tait juste particuli&egrave;re.  Je ne sais trop comment les filles font &ccedil;a, mais certaines brillent de l&rsquo;int&eacute;rieur et quelquefois de cette brillance s&rsquo;&eacute;chappe.  une &eacute;tincelle qui vient se loger dans leur regard, aux coins de leur yeux vacille.  C&rsquo;&eacute;tait le cas.  &mdash; Je viens d&rsquo;en larguer un, elle a dit.  Mais il s&rsquo;accrochait &agrave; mon sac alors je lui ai laiss&eacute;&hellip; Je te rembourserai.  J&rsquo;ai r&eacute;pondu que je m&rsquo;en foutais.  Que je me foutais de tout vu que &laquo; Pareil &raquo; je venais de prendre la porte de sortie d&rsquo;une histoire &laquo; Alors&hellip; &raquo;.  Alors nous avons bu en nous racontant nos vies.  Dans l&rsquo;ensemble c&rsquo;&eacute;tait triste.  &mdash; L&rsquo;ensemble &ccedil;a n&rsquo;existe pas, c&rsquo;est une notion math&eacute;matique qui, traduite donne : un plus un, c&rsquo;est toujours un de trop !.  &mdash; Chez toi ou chez moi ?  J&rsquo;ai r&eacute;pondu.  &mdash; Chez tout le monde !  elle a dit.  J&rsquo;ai souri, et &ccedil;a, je l&rsquo;avais pas fait depuis longtemps.  Puis la nuit s&rsquo;est &eacute;teinte, tout comme les lampes du bistrot : sept. S&rsquo;est &eacute;teinte, laissant &agrave; l&rsquo;aube le soin de d&eacute;verser autant de lumi&egrave;re sur la mis&egrave;re des amours perdus.  Bras dessus.  Bras dessous.  Nous sommes rentr&eacute;s.  Rentr&eacute;s o&ugrave; ?.  Je m&rsquo;&eacute;croule dans un pucier que m&ecirc;me pas je connais, peut-&ecirc;tre est-ce le mien, le sien ?.  Elle se l&egrave;ve, ouvre les rideaux dit qu&rsquo;il est presque midi, qu&rsquo;elle a mal au cr&acirc;ne &mdash; nous sommes deux &mdash; qu&rsquo;il faudrait que je bouge, parce que !.  Parce que le pucier, c&rsquo;est le sien !.  Sur le trottoir, je fume puis &eacute;crase une cigarette du bout de ma godasse, pense : doit bien y avoir une gare dans le coin.  Une gare comme un pansement &agrave; l&rsquo;oubli.  Une destination en guise de sparadrap : Paris, Li&egrave;ge, Noum&eacute;a, Tahiti &hellip;.  Une gare comme centre de triage des sentiments et d&eacute;part vers l&rsquo;ailleurs.]]></content:encoded></item><item><title>Soleil givr&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-21T12:50:24+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-107</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-107</guid><content:encoded><![CDATA[La radio s&rsquo;&eacute;poumonait, annon&ccedil;ait les r&eacute;sultats du second tour.  J&rsquo;en restais coi.  Dehors le soleil balan&ccedil;ait des rayons &agrave; tout va, noyait de chaleur les rues d&eacute;sertes.  Table du fond, quelques jeunes gens s&rsquo;agitaient en se foutant royalement de l&rsquo;avenir, partaient dans de grands &eacute;clats de rires.  J&rsquo;ai repris un verre histoire de faire passer la pilule.  Elle &eacute;tait de taille, des verres, il m&rsquo;en fallait plus d&rsquo;un.  J&rsquo;ai song&eacute; un instant &agrave; l&rsquo;exil.  Song&eacute; &agrave; mon &icirc;le.  D&eacute;taill&eacute; les mines effar&eacute;es.  Je me suis senti un peu moins seul.  &Ccedil;a m&rsquo;a fait du bien, mais &ccedil;a n&rsquo;a pas dur&eacute; : &mdash; Un triple, il a dit dans un sourire, c&rsquo;est la maison qui r&eacute;gale.  Pour f&ecirc;ter &ccedil;a !  Il a ajout&eacute;.  &mdash; Pour f&ecirc;ter &ccedil;a, j&rsquo;ai r&eacute;p&eacute;t&eacute; machinalement, avant de r&eacute;aliser en plein, et, le r&eacute;alisant, j&rsquo;ai h&eacute;sit&eacute; &agrave; lui balancer &agrave; la gueule quelques injures et le verre qu&rsquo;il me tendait.  C&rsquo;&eacute;tait un 6 mai.  Sous le soleil se rassemblaient d&eacute;sormais quantit&eacute; de drapeaux : tricolores ; croix de Lorraine ; flamme bleu blanc rouge&hellip; Les rues se chargeaient de cris patriotes, de chansons d&rsquo;un autre temps : &laquo; R&eacute;novation, c'est l'id&eacute;al Des hommes d'action Front national, la France attend Pour elle r&eacute;pond pr&eacute;sent !  &raquo; C&rsquo;&eacute;tait un 6 mai 2007.  Et je me sentis plus apatride que jamais.]]></content:encoded></item><item><title>Pens&#xe9;es sous pression</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-20T09:19:15+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-106</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-106</guid><content:encoded><![CDATA[C&rsquo;est un matin sans ros&eacute;e, un matin j&rsquo;ai-pas-envie-de-bosser.  Sur les p&eacute;tales de la nuit ne s&rsquo;est d&eacute;pos&eacute; aucune id&eacute;e, adonc voici quelques r&eacute;flexions souvent bistroti&egrave;res, extraites d&rsquo;un Moleskine et livr&eacute;es en vrac :

Femme, avec deux &laquo; m &raquo; c&rsquo;est toujours moins qu&rsquo;une fille avec deux ailes *** Les basques, &ccedil;a caresse pas, &ccedil;a pelote.  *** &mdash; Gar&ccedil;on, l&rsquo;addiction s&rsquo;il vous pla&icirc;t !  *** Un &eacute;diteur est un type sensible aux &eacute;gards, un auteur est un type sensible aux &eacute;garements.  *** Qui bistrot mal &eacute;treint.  *** Une bi&egrave;re, jusqu&rsquo;&agrave; la mise en !  *** J&rsquo;aurais pu me faire dessouder par un soudard, je me fais d&eacute;zinguer par un zinc-comptoir.  *** J&rsquo;entre dans le dernier tiers de ma vie : le tiers payant.  *** Je suis un marin, un vrai de vrai : j&rsquo;ai la plume qui jette l&rsquo;encre dans les rades.  *** J&rsquo;ai mis du temps &agrave; apprendre &agrave; compter, encore plus &agrave; d&eacute;montrer que compter sur moi, fallait pas.  *** D&rsquo;amants nous sommes devenus aimants, histoire de mettre un point sur le &laquo; i &raquo; de l&rsquo;attirance.  *** Un six coups, c&rsquo;est cinq fois trop cher pour un suicide.]]></content:encoded></item><item><title>Un pt&#x27;it bout de zing et une fille</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-19T14:04:55+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-105</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-105</guid><content:encoded><![CDATA[&Ccedil;a commence toujours comme &ccedil;a mes histoires : elle dit : &mdash; &Eacute;h ?  Lui r&eacute;ponds toujours : &laquo; Quoi ?  &raquo; la regardant.  Elle est souriante.  Il n&rsquo;est pas tr&egrave;s r&eacute;fl&eacute;chi.  Ils sont dans un bistrot.  C&rsquo;est ici qu&rsquo;il se sent bien.  Ici qu&rsquo;elle vient.  Il est auteur : elle sera jolie comme un bout de printemps.  Elle est femme : il sera intelligent.  M&ecirc;me si c&rsquo;est pas vrai M&ecirc;me si c&rsquo;est pas vrai tout &ccedil;a &Agrave; son tour elle dira : &mdash; &Eacute;h ?  Il r&eacute;pondra : &laquo; Quoi ?]]></content:encoded></item><item><title>Cotonnades</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-18T12:20:13+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-104</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-104</guid><content:encoded><![CDATA[Les villes n&rsquo;existent pas la nuit Pour ce que j&rsquo;en ai vu, de nuit, les villes ne sont plus que d&eacute;dale de rues ouat&eacute;es d&rsquo;alcool avec, accroch&eacute;s &agrave; leurs flancs, quantit&eacute; de petits panneaux s&rsquo;illuminant et disant &laquo; Vente de coton &raquo;

Toujours &agrave; propos de coton Je me souviens du sien, il fleurait bon sur sa peau.  S&rsquo;y m&ecirc;lait une odeur : bout de parfum ; bout de sueur.  En &eacute;t&eacute;, elle &eacute;tait faite de &ccedil;a, de fragrances chair, d&rsquo;un sourire, d&rsquo;une culotte, d&rsquo;un d&eacute;bardeur coton court.  Je me souviens qu&rsquo;elle &eacute;tait jolie v&ecirc;tue ainsi.  Je me souviens aussi.  Que plus chiante y avait pas.

Et encore Lorsque j&rsquo;&eacute;tais enfant, l&rsquo;expression &laquo; La vie, c&rsquo;est coton &raquo; je ne la comprenais pas.  C&rsquo;est pas qu&rsquo;enfant il me manquait des mots, pas non plus que j&rsquo;&eacute;tais incapable d&rsquo;imaginer le concept de la vie-conasse, non, c&rsquo;est juste que je ne comprenais pas non plus &laquo; Il ne faut pas remettre au lendemain ce que l&rsquo;on peut faire le jour m&ecirc;me &raquo; De fait, le d&eacute;sespoir, je le remettais volontiers &agrave; plus tard.

Coton d'enfance &laquo; Les femmes&hellip; &raquo; disait-il, puis il respirait profond&eacute;ment mais n&rsquo;ajoutait rien, comme si la chose &eacute;tait si &eacute;norme qu&rsquo;il ne pouvait l&rsquo;exprimer.  Elle l&rsquo;&eacute;tait.  J&rsquo;ai un peu plus tard rencontr&eacute; sa femme, j&rsquo;avais six ans et au vu de son format, j&rsquo;ai compris pourquoi il en parlait au pluriel et, d&egrave;s lors, je me mis &agrave; croire que la bigamie &eacute;tait quantit&eacute; de femmes r&eacute;unie sous un seul tee-shirt.]]></content:encoded></item><item><title>Traintrain</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-17T10:36:10+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-103</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-103</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;attendais le train.  J&rsquo;aurais pu attendre tout autre chose : le messie, la fin du monde, un caf&eacute; noir, une jolie fille&hellip; Mais non, j&rsquo;attendais le train sur le quai d&rsquo;une gare, ce qui est plus commode que n&rsquo;importe quel autre endroit pour attendre le train.  Un terrain de rugby par exemple, personne n&rsquo;aurait id&eacute;e d&rsquo;aller attendre un train sur un terrain de rugby, et pour cause, jamais les trains ne traversent les terrains de rugby.  J&rsquo;&eacute;tais donc au bon endroit pour faire ce que j&rsquo;avais &agrave; faire et je le faisais bien, patiemment, et depuis un bon moment encore.  De temps &agrave; autre, je jetais un coup d&rsquo;&oelig;il &agrave; l&rsquo;horloge plant&eacute;e sur le quai tout &agrave; mon intention de voyageur attendant.  Sa trotteuse trottait &agrave; l&rsquo;allure d&rsquo;une trotteuse, jusque-l&agrave;, rien que de tr&egrave;s normal, le temps passait.  Mais alors qu&rsquo;une fois encore je m&rsquo;informais de visu du retard de mon train, que j&rsquo;avais les yeux plant&eacute;s dans les aiguilles, je me rendis compte d&rsquo;un ph&eacute;nom&egrave;ne pour le moins curieux : la trotteuse trottait, certes &agrave; l&rsquo;allure d&rsquo;une trotteuse, mais n&rsquo;entra&icirc;nait pas l&rsquo;aiguille des minutes &agrave; chaque tour, non, elle faisait &ccedil;a seulement un tour sur deux.  Merde, j&rsquo;en restais comme deux ronds de flan de ma d&eacute;couverte.  Cependant, je ne quittais pas l&rsquo;horloge des yeux histoire de v&eacute;rifier, d&rsquo;authentifier le fait pour la post&eacute;rit&eacute;.  Deux minutes plus tard, la supposition bascula dans la certitude.  Je n&rsquo;aurais jamais imagin&eacute; la chose possible, je me mis donc sur le champ &agrave; &eacute;chafauder quelques origines &agrave; ce disfonctionnement alternatif.  Peut-&ecirc;tre qu&rsquo;un horloger Genevois, canton &agrave; forte d&eacute;mographie horlog&egrave;re comme chacun sait, peut-&ecirc;tre, disais-je, qu&rsquo;un horloger Genevois construisant sa pendule de gare, d&eacute;cida que ce coup-ci, il ne bosserait qu&rsquo;&agrave; moiti&eacute;, &agrave; mi-temps parce que &laquo; H&eacute; ho y&rsquo;a pas le feu au lac !  &raquo;.  Mais peut-&ecirc;tre que se brave horloger Genevois n&rsquo;y &eacute;tait pour rien, car peut-&ecirc;tre que l&rsquo;ordre venait d&rsquo;en haut ?  Que pour des raisons de comp&eacute;titivit&eacute;, de co&ucirc;t, l&agrave;-haut avait d&eacute;cid&eacute; de ne fabriquer que des moiti&eacute;s d&rsquo;horloge et les refourguait &agrave; moiti&eacute; prix.  Mais peut-&ecirc;tre encore que les Suisses n&rsquo;avaient aucune responsabilit&eacute; dans cette affaire et qu&rsquo;il fallait chercher l&rsquo;origine de ce saute-mouton temporel du c&ocirc;t&eacute; du commanditaire.  Ainsi, il ne me parut pas idiot, debout sur mon quai, d&rsquo;imaginer la SNCF commandant des horloges allant par deux minutes, histoire de nous inciter &agrave; croire, nous les voyageurs, que le temps passe vraiment vite lorsque l&rsquo;on attend le train et donc, que ce n&rsquo;est pas si grave que ledit train arrive syst&eacute;matiquement en retard.  Bon, j&rsquo;&eacute;tais l&agrave;, plant&eacute; devant mon horloge &agrave; v&eacute;rifier le ph&eacute;nom&egrave;ne toutes les deux minutes, &agrave; supputer l&rsquo;intrigue, la conspiration, lorsque je me mis en t&ecirc;te que le cas n&rsquo;&eacute;tait peut-&ecirc;tre pas isol&eacute;.  Si &ccedil;a se trouvait, le complot ne s&rsquo;arr&ecirc;tait pas l&agrave;.  Du coup, je supposais que toutes les horloges officielles de la nation marchaient ainsi, qu&rsquo;elles nous spoliaient d&rsquo;une minute sur deux et qu&rsquo;elles faisaient &ccedil;a depuis la nuit des temps, au minimum.  Et pourquoi pas ?  Car enfin, si la chose &eacute;tait av&eacute;r&eacute;e, je ne pouvais d&eacute;sormais &ecirc;tre s&ucirc;r de quoi que ce soit.  Tiens, &eacute;tais-je bien n&eacute; &agrave; sept heures trois comme ma m&egrave;re l&rsquo;avait toujours pr&eacute;tendu ?  Et le soleil se couchait-il, se levait-il, &agrave; l&rsquo;heure que l&rsquo;&eacute;crivaient les journaux ?  N&rsquo;&eacute;tais-je point, ma vie durant, arriver au travail une minute trop t&ocirc;t pour en ressortir une minute trop tard, car, et bien &eacute;videmment, je n&rsquo;imaginais pas les pointeuses diff&eacute;rentes des horloges ?  Pas plus diff&eacute;rentes d&rsquo;ailleurs que tout ce qui m&eacute;caniquement, &eacute;lectroniquement, &eacute;grainait le temps.  Bon Dieu, combien d&rsquo;amendes avais-je payer pour ne pas avoir enfourn&eacute; &agrave; temps ma pi&egrave;ce dans le parcm&egrave;tre, alors que si &ccedil;a se trouvait, j&rsquo;avais une bonne minute, voire deux, pour l&rsquo;enfourner cette putain de pi&egrave;ce.  Puis d&rsquo;un coup j&rsquo;entrevis l&rsquo;ampleur du d&eacute;tournement et me mis &agrave; en faire un rapide calcul.  Simple.  Minimal.  Magnanime m&ecirc;me, car il ne prenait en compte qu&rsquo;une minute par jour et par habitant, et, bien &eacute;videmment, la r&eacute;alit&eacute; devait &ecirc;tre autrement plus foisonnante.  Quoi qu&rsquo;il en soit, &ccedil;a repr&eacute;sentait un paxon de fric la somme qui nous &eacute;tait vol&eacute;e chaque jour.  &mdash; Et comment voulez-vous ne pas comprendre que quelquefois, attendant son train sur le quai d&rsquo;une gare, le voyageur r&eacute;alisant cela, ne soit pas tent&eacute; de monter dans ledit train sans composter son billet, histoire de se rembourser un peu ?  &mdash; C&rsquo;est de loin l&rsquo;explication la plus farfelue qu&rsquo;il m&rsquo;ait &eacute;t&eacute; donn&eacute; d&rsquo;entendre a dit le contr&ocirc;leur en sortant son carnet &agrave; punir.  Il m&rsquo;avait sembl&eacute; &ecirc;tre clair pourtant&hellip; Sans parler que toutes ces minutes-l&agrave;, cet argent-l&agrave;, c&rsquo;&eacute;tait un peu de sa poche aussi que &ccedil;a sortait.  Bon, j&rsquo;allais lui pr&eacute;parer une r&eacute;ponse avec des mots choisis, profil&eacute;s comme des prototypes du genre et qui s&rsquo;organiseraient en une r&eacute;partie cinglante, incisive, et paf : &mdash; Puisque c&rsquo;est comme &ccedil;a, je n&rsquo;attendrais plus le train sur le quai d&rsquo;une gare.  &mdash; Ha !  Et o&ugrave; donc alors ?  &mdash; Sur un terrain de rugby par exemple, au moins je suis certain de ne pas y rencontrer de contr&ocirc;leur, sur un terrain de rugby.  Il a r&eacute;fl&eacute;chi quelques instants, puis, me tendant ma contredanse, il a ajout&eacute; avant de s&rsquo;en aller : &mdash; Ho vous savez : les arbitres&hellip; J&rsquo;ai rien r&eacute;pondu.  Je crois bien qu&rsquo;il avait raison.  Et puis de toute fa&ccedil;on, je joue pas au rugby.]]></content:encoded></item><item><title>Dix-sept Jimmy et plein de soucis aussi</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-16T13:58:48+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-102</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-102</guid><content:encoded><![CDATA[Jimmy marche rue Sans Souci.  Sauf que des soucis, Jimmy en a plein.  C&rsquo;est &agrave; peine si Jimmy se souvient de la derni&egrave;re fois o&ugrave; il a souri.  En r&eacute;alit&eacute;, Jimmy ne se nomme pas Jimmy, non, mais c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle l&rsquo;appelait.  Il n&rsquo;y avait aucune raison &agrave; ce surnom, elle trouvait simplement que &laquo;.Jimmy.&raquo;  &ccedil;a sonnait bien, et tous avaient pris l&rsquo;habitude alors&hellip; Alors Jimmy c&rsquo;est bien.  Sauf que Jimmy, comme d&eacute;j&agrave; dit, a quantit&eacute; de soucis, rue Sans&hellip; Tellement, qu&rsquo;il faudrait pour en faire la liste, &eacute;crire un roman, &laquo; le Roman de Jimmy&hellip; &raquo; Mais Jimmy, le long c&rsquo;est pas son truc.  Jimmy est nouvelliste Jimmy fait dans le sprint Jimmy n&rsquo;aime pas les marathons C&rsquo;est pourquoi Jimmy dispara&icirc;t au carrefour, laissant derri&egrave;re lui les mots &agrave; venir d&rsquo;une histoire que jamais il n&rsquo;&eacute;crira, laissant la rue Sans Souci aussi.  &laquo; Elle en a de la chance la rue &raquo; , murmure Jimmy.  Et puis Jimmy se tait.]]></content:encoded></item><item><title>Amertume &#xe0; liquider</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-13T12:37:50+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-101</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-101</guid><content:encoded><![CDATA[&laquo; J&rsquo;ai plus de col&egrave;re qu&rsquo;une bouteille &agrave; la mer &raquo; Sur le coup, j&rsquo;ai pas vraiment compris de quoi il parlait.  Pas compris du tout.  Assis, quelques ann&eacute;es plus loin, assis face &agrave; lui, moi qui suis charivari&eacute; par l&rsquo;eau de vie am&egrave;re des souvenirs, et lui qui n&rsquo;est plus que sel d&rsquo;avoir trop ramer pour finir sur la plage m&eacute;lancolie d&rsquo;un cland&eacute;, je commence &agrave; saisir.  &mdash; Dis, y&rsquo;avait quoi dans la bouteille ?  &mdash; Quoi, &laquo; quoi &raquo; ?  &mdash; Comme message ?  &mdash; Un &laquo; Je t&rsquo;aime, mais !]]></content:encoded></item><item><title>Texte sous X</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-12T16:43:32+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-100</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-100</guid><content:encoded><![CDATA[Tiens, et si je j&rsquo;&eacute;crivais quelque chose d&rsquo;&eacute;rotique, un truc torride, limite pornographique, me dis-je.  Quelque chose qui fasse que tout soudainement les lecteurs se trouveraient &agrave; l&rsquo;&eacute;troit dans leurs pantalons, qui fasse que les lectrices inonderaient le leur.  &Ccedil;a d&eacute;buterait tout b&ecirc;tement, &ccedil;a finirait bestialement, y&rsquo;aurait pas de sentiment, juste des bouches, des sexes qui s&rsquo;absorbent, des humeurs, un peu de latex pour la pr&eacute;servation de l&rsquo;esp&egrave;ce, de la chair claqu&eacute;e, frott&eacute;e, des morsures d&rsquo;oreiller : orgasme noy&eacute; dans la plume-couette&hellip; Des &laquo; Encore !  &raquo;, des &laquo; Vas-y plus fort !  &raquo;, des &laquo; C&rsquo;est pas possible, t&rsquo;&eacute;tais plusieurs !  &raquo;, des j&rsquo;en passe et des meilleurs, des &laquo; Tourne toi plut&ocirc;t comme &ccedil;a tu veux , non, parce que l&agrave;, le lecteur voit pas tout !  &raquo; &mdash; C&rsquo;est mieux l&agrave; ?  &mdash; Parfait !  T&rsquo;as le paragraphe le plus excitant qu&rsquo;il m&rsquo;ait &eacute;t&eacute; donn&eacute; de lire.  Et m&ecirc;me pas je te cause du contextuel, une vraie merveille !]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;&#xe9;vang&#xe9;lisateur de Charleroi</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-11T19:35:56+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-99</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-99</guid><content:encoded><![CDATA[Il y avait-l&agrave;, gar&eacute;e sur le bord d&rsquo;un trottoir de Charleroi, une camionnette couverte de graffiti.  &Agrave; en croire lesdits graffiti, les autocollants &eacute;pars, le propri&eacute;taire du v&eacute;hicule sillonnait la Belgique pour convaincre son monde que &laquo; J&eacute;sus nous sauvera tous.  &raquo;, ou encore que tel ou tel saint homme &laquo; Est parmi nous &raquo; que toujours il officie &agrave; la t&acirc;che de bont&eacute; qui est sienne, ou que toujours la Madone surveille ses ouailles, qu&rsquo;elle n&rsquo;en oublie aucune et que par-dessus le march&eacute; : &laquo; Les derniers seront les premiers &raquo;.  J&rsquo;en &eacute;tais-l&agrave; &agrave; m&rsquo;observer ma camionnette de pr&eacute;s, &agrave; me la d&eacute;tailler, &agrave; me la lire, me la relire encore, lorsqu&rsquo;un homme a d&eacute;barqu&eacute; pour l&rsquo;embarquer.  Il a ouvert sa porti&egrave;re, s&rsquo;est hiss&eacute; derri&egrave;re son volant, a d&eacute;marr&eacute;, puis il est parti dans un crissement de pneu.  Au passage, j&rsquo;ai pu lire le message s&rsquo;&eacute;talant en lettres jaunes sur la calandre : &laquo; Dieu &ccedil;a marche &raquo; J&rsquo;ai regard&eacute; s&rsquo;&eacute;loigner la camionnette et la regardant s&rsquo;&eacute;loigner, j&rsquo;ai pens&eacute; : &laquo; Dieu &ccedil;a marche &raquo; et l&rsquo;homme &ccedil;a roule, &agrave; vive allure m&ecirc;me.  Rien n&rsquo;est perdu donc.]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;ennui vint : ordinaire.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-10T19:46:41+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-98</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-98</guid><content:encoded><![CDATA[(Fable)

Nous mettrons les bouteilles en cave, nous ne les sortirons que pour les grandes occasions et comme elles ne sont pas l&eacute;gions lesdites grandes occasions, ce sera pas souvent.  Autour d&rsquo;un verre unique, &mdash; parce que faut pr&eacute;server son avenir, son capital sant&eacute; : mourir vieux et en bonne sant&eacute; &mdash; nous causerons Grenache, Sirah, bouquet fleuri, emploierons un tas d&rsquo;appellations vinicoles en faisant claquer nos langues de supercherie, puis l&rsquo;on rangera les verres jusqu&rsquo;&agrave; la prochaine fois pour s&rsquo;asseoir devant la t&eacute;l&eacute; et consommer une vie d&eacute;pourvue d&rsquo;ivresse, vide d&eacute;sormais de passion.  Nous dirons &laquo; Avec l&rsquo;&acirc;ge nous sommes devenu sages &raquo; nous penserons &laquo; Putain ce que l&rsquo;on s&rsquo;emmerde, vivement la fin &raquo;.  Et lorsque cette fin surviendra, restera des tas de bouteilles &agrave; la cave que nul n&rsquo;osera d&eacute;boucher parce que la mort n&rsquo;est pas une grande occasion, que c&rsquo;est malvenu de gueuler &laquo; Sant&eacute; &raquo; avec au frais, un macchab&eacute;e.  Plus loin, probablement par hasard, quelqu&rsquo;un se souviendra des bouteilles abandonn&eacute;es, descendra en chercher quelque unes histoire de, et, bien s&ucirc;r, le vin aura tourn&eacute; de trop d&rsquo;oubli.]]></content:encoded></item><item><title>Carn&#xe9; d&#x2019;alc&#xf4;ve</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-04-09T19:59:29+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-97</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-8.html#unique-entry-id-97</guid><content:encoded><![CDATA[&mdash; Contre un petit bout de peau, je donnerais ma vie, elle a dit.  &mdash; Moi c&rsquo;est le contraire, j&rsquo;ai r&eacute;pondu.]]></content:encoded></item><item><title>Esclave du pronom</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-03-29T15:49:40+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-96</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-96</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;enclenche &laquo; Again &raquo; d&rsquo;Archive, monte le son, &ccedil;a pulse et m&rsquo;&eacute;voque comme &agrave; chaque fois les Pink Floyd du temps de Roger Waters, temps de l&rsquo;enfance, temps o&ugrave; la vie se r&eacute;sumait aux jeux, au plaisir d&rsquo;arpenter une &icirc;le toute la journ&eacute;e.  C&rsquo;&eacute;tait une petite &icirc;le(1) que la mienne, micro bout de terre rose perdue face &agrave; Dakar, micro bout de terre sans voiture, micro bout de terre charg&eacute;e d&rsquo;histoire jusqu&rsquo;au ressac de ses eaux qui, inlassablement, battait ses rochers, noyait sa plage.  D&rsquo;ici(2), des milliers d&rsquo;hommes, de femmes, d&rsquo;enfants sont partis fers aux mains, aux pieds et sous le fouet pour une destin&eacute;e de b&ecirc;tes de sommes, pour une destination qui fleurait l&rsquo;humiliation, l&rsquo;inhumanit&eacute; et le coton.  Souvent, j&rsquo;allais m&rsquo;asseoir sur les rochers de la honte(3), j&rsquo;y p&ecirc;chais, r&ecirc;vassais beaucoup aussi, imaginais une autre vie que la mienne.  D&eacute;j&agrave;.  Je ne suis pas devenu corsaire, je n&rsquo;ai pas lib&eacute;r&eacute; ces hommes mes fr&egrave;res, mes faits d&rsquo;armes ne sont pas l&eacute;gendaires et, pire encore : par gros temps j&rsquo;ai le mal de mer.  Mais toujours j&rsquo;&eacute;coute les Pink Floyd et toujours : magie des neurones associatifs, &laquo; Again &raquo; d&rsquo;Archive me plonge en enfance.  Il me faut dire, pr&eacute;ciser, que rentrant de la p&ecirc;che, rentrant de r&ecirc;vasser, c&rsquo;est toujours les m&ecirc;mes cassettes que j&rsquo;encastrais dans le lecteur : &laquo; Wish you were here &raquo; puis venait &laquo; More &raquo;, &laquo; Dark side of the moon &raquo;, &laquo; Ummagumma &raquo;&hellip; Il me faut pr&eacute;ciser aussi, qu&rsquo;&eacute;coutant &ccedil;a, je lisais les frasques d&rsquo;Edmond Dant&egrave;s et lorsque je les avais finies, je les recommen&ccedil;ais, encore et encore&hellip; Et pr&eacute;ciser aussi que lui et moi, on se ressemblait un peu : nous &eacute;tions d&rsquo;une &icirc;le tous les deux, nous aimions la mer et aimions la m&ecirc;me femme.  Madone, ce que Mercedes a pu me fasciner.  J&rsquo;avais sept ans.  Et depuis, seules les &icirc;les et les elles ont attir&eacute; mon attention, ont suscit&eacute; la passion.  Tout bien consid&eacute;r&eacute;, il se peut que sur mon rocher, p&ecirc;chant, r&ecirc;vassant, puis rentrant et lisant sous musique, j&rsquo;ai lib&eacute;r&eacute; un homme, ne serait-ce qu&rsquo;un.  Sauf que j&rsquo;&eacute;tais trop petit alors, pour r&eacute;aliser que cet homme, c&rsquo;&eacute;tait moi.  Et tant pis si, jamais je ne deviens corsaire.  (1) (2) (3)]]></content:encoded></item><item><title>C&#x2019;est le printemps</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-03-27T15:16:24+02:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-95</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-95</guid><content:encoded><![CDATA[Aussi, je me mets au vert.]]></content:encoded></item><item><title>Sous le soleil : l&#x27;humanit&#xe9;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-03-24T12:23:41+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-94</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-94</guid><content:encoded><![CDATA[C&rsquo;&eacute;tait une ann&eacute;e d&rsquo;une &eacute;trange beaut&eacute;.  Entendez par l&agrave; que sur toutes choses et durant les douze mois dont elle &eacute;tait faite, le soleil la caressait d&rsquo;une bienveillance rarement d&eacute;menti par un nuage, une ond&eacute;e, ou tout autre chose qui aurait pu la g&acirc;ter.  Elle marchait sur le trottoir, fille en jupe color&eacute;e et d&eacute;bardeur, traversait le bleu du ciel sur talons en ce douzi&egrave;me mois, et pensait pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; &ccedil;a, trouvait aussi qu&rsquo;elle avait de la chance d&rsquo;&ecirc;tre en vie, d&rsquo;&ecirc;tre dans la fleur de la jeunesse.  Sur ses l&egrave;vres s&rsquo;accrochait un sourire, et on aurait bien dit que rien n&rsquo;aurait pu l&rsquo;en d&eacute;crocher ce sourire, de ces l&egrave;vres-l&agrave;.  Sauf la vie bien s&ucirc;r, les chagrins qui vont avec, les multiples trahisons dont elle est faite, et tout le reste de m&eacute;chancet&eacute; qu&rsquo;elle trimballe et distribue au fil de son inexorable &eacute;coulement.  Mais &ccedil;a, elle ne le savait pas encore, et moi je n&rsquo;avais aucune envie d&rsquo;interrompre sa foul&eacute;e pour le lui apprendre.  J&rsquo;ai regard&eacute; pass&eacute; l&rsquo;innocence, et la voyant pass&eacute;, j&rsquo;ai pens&eacute; : l&rsquo;innocence des autres est la seule chose qu&rsquo;il nous reste apr&egrave;s avoir consommer la notre, apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre fait bouffer d&rsquo;espoir, la seule chose &agrave; laquelle s&rsquo;accrocher, et sans doute est-ce pour cette raison que l&rsquo;humanit&eacute; poursuit la grande aventure, pour cette raison qu&rsquo;elle se reproduit.  C&rsquo;est pas tr&egrave;s noble certes, voire tr&egrave;s l&acirc;che, mais sans cette l&acirc;chet&eacute; qui profiterait, qui raconterait ladite ann&eacute;e d&rsquo;une &eacute;trange beaut&eacute; ?]]></content:encoded></item><item><title>Ellipse solaire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-03-17T15:36:47+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-93</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-93</guid><content:encoded><![CDATA[J&rsquo;&eacute;tais l&agrave;, &agrave; simplement me dire que la vie &eacute;tait belle, lorsque tout soudainement, j&rsquo;ai pens&eacute; au pass&eacute;, pens&eacute; &agrave; l&rsquo;imparfait donc, pass&eacute; pas si simple qu&rsquo;il n&rsquo;y parait.  Le soleil arrosait la terrasse d&rsquo;autant de rais lumineux et quantit&eacute; de gambettes talonnaient le trottoir parce que l&rsquo;apr&egrave;s midi &eacute;tait chaud, parce que les filles en jupes savent mieux que la m&eacute;t&eacute;o, le temps qu&rsquo;il fait.  Les filles jamais ne se trompent sur le sujet, sans parler que les filles sont beaucoup plus jolies qu&rsquo;une grenouille avec une &eacute;chelle sur le dos.  Ce qui tombait bien parce que de grenouille, d&rsquo;&eacute;chelle, y en avait pas.  Pas d&rsquo;avantage dans mon verre que sur le trottoir.  Et dans ce pass&eacute; pas si simple, sans grenouille et sans &eacute;chelle donc, mais peut-&ecirc;tre dans le fond de mon verre, j&rsquo;ai bien cru retrouver un sourire.  J&rsquo;ai fouill&eacute; les bulles, essayant de savoir &agrave; qui il appartenait, mais non, rien &agrave; faire.  J&rsquo;ai recommand&eacute; un autre verre pour explorer davantage le sujet, m&rsquo;en faire une id&eacute;e plus concise, voire pr&eacute;cise, mais le sourire pass&eacute; c&rsquo;est mis &agrave; conjuguer le temps autrement, a bascul&eacute; au futur.  Alors.  Alors bien s&ucirc;r.  J&rsquo;ai fouill&eacute; des yeux l&rsquo;avenir, de table en table, j&rsquo;ai cherch&eacute; et fini par trouver.  Deux tables plus loin, seule, une fille jolie comme un jour de soleil lisait un bouquin.  Avec le m&ecirc;me sourire qu&rsquo;imagin&eacute;, &ccedil;a va de soit.  J&rsquo;ai pas trop h&eacute;sit&eacute;, je me suis lev&eacute; pour aller la trouver.  Le retrouver serrait plus juste vu que c&rsquo;est un peu beaucoup l&rsquo;id&eacute;e que j&rsquo;avais en t&ecirc;te.  Sauf que.  Sauf que les grenouilles, les &eacute;chelles, s&rsquo;arrangent avec le soleil, s&rsquo;arrangent avec le contre-jour et, donc, j&rsquo;avais pas vu la couverture du bouquin.  Elle &eacute;tait voil&eacute;e, dissimul&eacute;e, cram&eacute;e de soleil ladite couverture.  La d&eacute;couvrant, j&rsquo;ai dis : &mdash; &Egrave;h, mais c&rsquo;est moi qui ai &eacute;crit &ccedil;a !  Et je l&rsquo;ai r&eacute;p&eacute;t&eacute;, vu qu&rsquo;elle bronchait pas.  Elle a pos&eacute;ment repos&eacute; le bouquin, plant&eacute; ses yeux dans les miens et r&eacute;pondu : &mdash; Et moi j&rsquo;aimerais &ecirc;tre la reine d&rsquo;Angleterre.  C&rsquo;est l&agrave; que j&rsquo;ai su que tous les deux c&rsquo;&eacute;tait foutu.  Je me m&eacute;lange d&eacute;j&agrave; le pr&eacute;sent, le pass&eacute; pas si simple avec le futur imm&eacute;diat, alors le conditionnel&hellip; Sans parler que si elle &eacute;tait reine d&rsquo;Angleterre, elle serait vieille et moche.  Alors rien.]]></content:encoded></item><item><title>&#xc0; michelin de la gloire</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-03-09T17:28:33+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-92</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-92</guid><content:encoded><![CDATA[Suite &agrave; une s&eacute;ance de d&eacute;dicaces en librairie, j&rsquo;ai eu droit &agrave; un article avec photo de ma poire dans le journal du coin.  Depuis, les patrons de bistrots me regardent d&rsquo;un dr&ocirc;le d&rsquo;air, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;air d&rsquo;un m&ocirc;me qui viendrait d&rsquo;apprendre que le p&egrave;re No&euml;l n&rsquo;existe pas, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;air d&rsquo;un type qui soudain r&eacute;alise qu&rsquo;un &eacute;crivain ressemble &agrave; l&rsquo;ordinaire des jours.  &mdash; Ordinaire, vous dites ?  &Egrave;ho mon petit p&egrave;re, je fais dans le quatre &eacute;toiles litt&eacute;raire moi.  &mdash; Mon pinard aussi, il r&eacute;torque en se marrant.  Et que r&eacute;pondre &agrave; &ccedil;a ?]]></content:encoded></item><item><title>Assiette anglaise</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-03-04T13:30:41+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-91</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-91</guid><content:encoded><![CDATA[Pourquoi faut-il toujours que les assiettes anglaises soient compos&eacute;es de charcuteries fran&ccedil;aises, et pourquoi encore, faut-il qu&rsquo;on me refourgue du Jarmusch comme du cin&eacute;ma d&rsquo;art et d&rsquo;essai, du vrai .  Un qu&rsquo;aurait quelque chose &agrave; dire.  J&rsquo;ai aim&eacute; &laquo; Down by law &raquo;, non, je mens, j&rsquo;ai ador&eacute;.  Mais Coffee and cigarettes&hellip; Mais Broken flowers &mdash; &Eacute;h Jim, c&rsquo;est bien d&rsquo;essayer.  Mais pour l&rsquo;art on fait quoi au juste ?  Merde, je me suis rarement autant emmerd&eacute; que devant Broken Flowers et, regardant mon assiette, l&agrave; et maintenant au restaurant, assiette anglaise donc, j&rsquo;ai comme un doute.  &mdash; Dites, elle a quoi d&rsquo;Anglaise cette assiette ?  &mdash; Rien, mais suffit d&rsquo;y croire , elle me r&eacute;pond.  C&rsquo;est un peu comme le cin&eacute;ma, voyez ?  Je vois parfaitement.  La consommer ne me rendra pas plus instruit en art culinaire, mais au moins je pourrais en causer en soir&eacute;e vu que j&rsquo;aurais essay&eacute;, que, de fait, je serais un essayiste &agrave; mon tour : &mdash; Alors, le dernier Jim Jarmush, une merveille non ?  C&rsquo;est si&hellip; si&hellip; si&hellip;, c&rsquo;est tellement &laquo; si &raquo; que c&rsquo;est bien simple, je trouve pas mes mots&hellip; &mdash; Je sais pas, j&rsquo;&eacute;tais pas dans mon assiette !  &mdash; Et Bill Murray incroyable non ?  &mdash; Au moins autant qu&rsquo;une tranche de jambon perdu sur une banquette, m&ecirc;me jeu, m&ecirc;me expression, avec le gras et tout et tout.  Sans parler des condiments illustratifs f&eacute;minins, waouw quelle chouette assiette, et puis : surprise au final, vous allez rire, j&rsquo;ai m&ecirc;me pas trouv&eacute; le final.  &mdash; Le final ?  &mdash; Oui, le pain pour saucer, voyez ?  &mdash; Non ?  &mdash; C&rsquo;est pas si grave, je lui dis, parce que les corps nichons, je les ai bien vu, sans parler que dans les assiette anglaises y&rsquo;a pas de quoi saucer !  &mdash; Nous ne parlons certainement pas de la m&ecirc;me &oelig;uvre Monsieur, il fait, outr&eacute;.  Ajoute que d&eacute;cid&eacute;ment &laquo; L&rsquo;intelligence, la sensibilit&eacute;, n&rsquo;est pas si commune.  Dommage !  &raquo; Je suis hors d&rsquo;&oelig;uvre donc, le r&eacute;alise et me ressers un verre, le vide cul sec, m&rsquo;en ressers un autre, ajoute que d&eacute;cid&eacute;ment, j&rsquo;insupporte tous ces types que la culture paye au nom d&rsquo;un minist&egrave;re, au nom du non jugement comme un bien fait : chose admise.  &mdash; Une autre assiette anglaise Monsieur ?  &mdash; Une Jim Jarmusch ?  &mdash; Non, celle-ci est nomm&eacute;e Stephen Fears.  &mdash; Alors volontiers.  &mdash; Monsieur ?  &mdash; Oui ?  &mdash; Jim Jarmusch est am&eacute;ricain, pas anglais.  Oui, mais si j&rsquo;avais d&eacute;but&eacute; ma critique de Broken flowers en &eacute;voquant une assiette am&eacute;ricaine, personne n&rsquo;aurait compris, ni suivi.  Non ?  Elle sourit, ajoute qu&rsquo;apr&egrave;s tout c&rsquo;est mon texte, que je fais ce que je veux donc.]]></content:encoded></item><item><title>Moudre</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-03-01T22:08:51+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-90</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-7.html#unique-entry-id-90</guid><content:encoded><![CDATA[Et se fondre dans l&rsquo;alcool, comme on se fond entre les cuisses d&rsquo;une fille, et puis pleurer de trop d&rsquo;envie non consomm&eacute;e, de trop d&rsquo;ivresse assouvie, de trop de je-sais-plus-dis-mon-amour-c&rsquo;est-de-quelle-c&ocirc;t&eacute;-la-vie-d&eacute;j&agrave; ?  Et puis rouler par terre dans la nuit de l&rsquo;insomnie, dans celle qui vient te chercher comme pour te d&eacute;triper au ventre, te d&eacute;boyauter et t&rsquo;envoyer te faire foutre au petit matin.  Va rouler bouler po&egrave;te mis&egrave;re, ramasse ta couette, tes oripeaux de sommeil et casse-toi.  Ici on r&ecirc;ve pas, on prend le m&eacute;tro, on va au boulot !  Y&rsquo;a pas de place pour le songe.  Songe-y.

&Agrave; la ramasse trottoir s&rsquo;&eacute;veiller, groggy.

Puis, patiemment attendre que revienne la petite musique : Dis-mon-amour-c&rsquo;est-de-quelle-c&ocirc;t&eacute;-la-vie-d&eacute;j&agrave; ?

Question en bouche qui fait mouche.

Et putain de mouche qui d&eacute;j&agrave; virevolte entre les mollets d&rsquo;une fille, qui se glisse sous sa jupe, remonte au ventre, dans son d&eacute;collet&eacute;, et qui grimpante va se poser sur un sourire : grain de beaut&eacute; sur l&egrave;vres.

Madone, je suis rien moi, mais je reprendrais bien un verre pour affronter tant de beaut&eacute; ramass&eacute;e en un seul grain.

Et savoir d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;on a perdu cette partie-l&agrave;, aussi.

Partie infime : grain de folie.]]></content:encoded></item><item><title>Style politique &#xe0; la sauce lambda et panoplie de d&#xe9;magogie assortie. Le tout pour la modique somme d&#x2019;un bulletin de vote.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-02-24T15:16:42+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-89</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-89</guid><content:encoded><![CDATA[Depuis quelque temps, un pr&eacute;sidentiable dont la pens&eacute;e est aussi ramass&eacute;e que sa taille, remplace ses &laquo; Si je suis &eacute;lu pr&eacute;sident de la r&eacute;publique&hellip; &raquo; par des &laquo; Si j&rsquo;suis &eacute;lu Pr&eacute;sident de la r&eacute;publique&hellip;&raquo;.  Sans doute pense-t-il que formulant ainsi son d&eacute;sir de grandeur, il se rapproche de l&rsquo;homme de la rue qui, &mdash; comme chacun sait et s&rsquo;en doute &mdash; est pi&egrave;tre causeur.  Ou s&rsquo;imagine-t-il que passant &agrave; l&rsquo;as un &laquo; e &raquo; qu'il sera prochainement roi du nous.  Ou peut-&ecirc;tre qu&rsquo;un des membres de son &eacute;quipe de communication, &mdash; membre d&rsquo;&eacute;lite &ccedil;a va de soit &mdash; s&rsquo;est pench&eacute; sur la question, et qu&rsquo;&eacute;quip&eacute; de tout son savoir ledit membre a d&eacute;couvert que le lambda s&rsquo;exprimait ainsi : &mdash; Un p&rsquo;tit caf&eacute; Marcel ?  &mdash; J&rsquo;suis pas s&ucirc;r, vais p&rsquo;t&rsquo;&ecirc;tre bien m&rsquo;prendre une pression.  D&rsquo;o&ugrave; la grande r&eacute;v&eacute;lation et sa mise en application.  Et tu sais quoi Machin, outre que virer les &laquo; e &raquo; de ton univers c&rsquo;est tout bonnement ignorer les autres, c&rsquo;est pas la peine de nous effacer les articulations parce que finalement, m&ecirc;me &agrave; genoux, on sera toujours un peu plus grand que toi.  Faut dire que &laquo; On &raquo; : hommes, femme de la rue, &ccedil;a fait tellement de temps qu&rsquo;on grimpe sur le m&eacute;pris que : forc&eacute;ment&hellip; &mdash; Alors Marcel ?  &mdash; Laisse tomber le caf&eacute;, la pression, m&rsquo;faut un truc fort.  Et sers m&rsquo;en un double !]]></content:encoded></item><item><title>S&#xe9;ance de d&#xe9;dicaces</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-02-20T10:44:17+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-88</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-88</guid><content:encoded><![CDATA[Le samedi 3 mars &agrave; partir de 14h30.  Librairie Point-Virgule &agrave; Aurillac.  (D'autres dates et d'autres lieux suivront.)]]></content:encoded></item><item><title>Best&#x2c; c&#x27;est l&#x27;heure d&#x27;en causer un peu.</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-02-14T15:09:34+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-87</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-87</guid><content:encoded><![CDATA[Je viens de lire une s&eacute;rie d&rsquo;avis dans un magazine litt&eacute;raire et nouvelliste intitul&eacute; &laquo; Les muses &agrave; tremplin &raquo; ou &laquo; Foyer d&rsquo;auteurs &eacute;mergeants &raquo; &ndash; magazine pertinent &mdash; j&rsquo;en reparlerai.  La question pos&eacute;e est &laquo; Comment bien &eacute;crire un best-seller et qu&rsquo;est-ce que bien &eacute;crire un best-seller ?  &raquo;, &agrave; l&rsquo;issue de ma lecture, je me renverse sur ma chaise, r&eacute;fl&eacute;chis un peu, puis me relis l&rsquo;ensemble et me dis, tiens, c&rsquo;est curieux.  Entendez par &laquo; C&rsquo;est curieux &raquo; que nul n&rsquo;aborde le ph&eacute;nom&egrave;ne en cherchant le point commun partag&eacute; par tous les best-sellers, parce que bien s&ucirc;r il en est un, celui la m&ecirc;me qui fait que jamais je n&rsquo;en &eacute;crirais un, comme bon nombre d&rsquo;entre nous qui s&rsquo;adonnent &agrave; l&rsquo;&eacute;criture .  Question d&rsquo;&eacute;thique ?  Non s&ucirc;rement pas, ni d&rsquo;ailleurs de principe, non, simple question de partage, car voyez-vous, ce qu&rsquo;ont tous les best-sellers en commun, ce sont des spectateurs.  C&rsquo;est-&agrave;-dire des personnes assistant au spectacle &mdash; bon ou mauvais le spectacle, l&agrave; n&rsquo;est pas le propos &mdash; mais qui jamais ne sont acteur ou intervenant dans l&rsquo;&oelig;uvre propos&eacute;e.  Ils assistent, mais jamais ne participent, jamais leur imagination n&rsquo;est sollicit&eacute;e pour remplir les combles laiss&eacute; &agrave; leur intention.  Dans un best-seller, l&rsquo;auteur ne laisse aucun interstice, aucune information en absence qui devrait &ecirc;tre imagin&eacute; par son lecteur.  Un best-seller c&rsquo;est une machine &agrave; passer le temps agr&eacute;ablement, presque b&eacute;atement, mais de notre imaginaire le best-seller se fout.  Assied-toi, muselle ta cr&eacute;ativit&eacute;, tout ici te sera dit, expliqu&eacute;, d&eacute;montr&eacute;.  &laquo; &Eacute;h, tiens ta place, tu n&rsquo;es que lecteur !  Du talent toi, t&rsquo;en as pas !  &raquo;

Sur ce, je m&rsquo;en retourne &agrave; l&rsquo;&eacute;criture, je vais m&rsquo;essayer &agrave; un genre ou nous sommes deux, un genre ou je te laisserais une place sur le banc de mon roman, &agrave; toi lecteur, parce que les histoires d&rsquo;amour sont si belles d&eacute;s lors qu&rsquo;on les construit en couple.]]></content:encoded></item><item><title>Le langage des signes</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-02-12T12:49:56+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-86</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-86</guid><content:encoded><![CDATA[&mdash; Tu fais quoi dans la vie ?  &mdash; En ce moment, sept &agrave; huit mille signes par jour.  &mdash; Traducteur pour les sourds et malentendants.  C&rsquo;est chouette comme boulot, elle dit.  Je n&rsquo;ose d&eacute;mentir.  &Ccedil;a a l&rsquo;air de lui faire plaisir.  Je n&rsquo;ose pas non plus lui pr&eacute;ciser qu&rsquo;en plus de surdit&eacute; je m&rsquo;occupe de c&eacute;cit&eacute;, vu que jour apr&egrave;s jour, je Braille dans le silence.]]></content:encoded></item><item><title>Et si je m&#x27;absentais&#x2c; un peu</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-02-05T16:31:59+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-85</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-85</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspTout d&rsquo;abord, merci de me lire.  &nbsp;&nbsp;&nbspEnsuite, vous dire que ce blog sera d&eacute;sormais aliment&eacute; de mani&egrave;re &eacute;pisodique, pour ne pas dire : de fa&ccedil;on al&eacute;atoire, vu que j&rsquo;ai replong&eacute; dans du long, genre quelques centaines de milliers de signes qui tous vont tenter de vous suspendre un peu au dessus de la vie l&rsquo;espace d&rsquo;un moment de lecture.  &nbsp;&nbsp;&nbspAdonc, &agrave; bient&ocirc;t.]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;&#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re tendresse</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-02-02T10:40:50+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-84</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-84</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspCe matin, la bu&eacute; dessinait un visage de fille sur le carreau de ma fen&ecirc;tre, une d&rsquo;une tendresse infinie, une au c&oelig;ur &agrave; fleur de peau.  &Agrave; tel point qu&rsquo;elle fondit en larmes devant l&rsquo;aube qui se levait.]]></content:encoded></item><item><title>Des bo&#xee;tes&#x2c; comme autant d&#x27;amours empaquet&#xe9;s en clich&#xe9;s et : direction le fun&#xe9;rarium sentimental </title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-02-01T15:13:08+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-83</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-6.html#unique-entry-id-83</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp&laquo; Rien &agrave; foutre &raquo;, il gueule &laquo; Dans tous les cas on finira tous, tous autant que nous sommes, vous, moi, les autres, tous dans des bo&icirc;tes et puis voil&agrave; !  &raquo; &laquo; Et puis voil&agrave; &raquo; il r&eacute;p&egrave;te l&rsquo;air vaguement inquiet.  &nbsp;&nbsp;&nbspSi le propos m&rsquo;attriste, c&rsquo;est pas tant pour le fun&egrave;bre, non, de &ccedil;a je m&rsquo;en fous, je m&rsquo;en tape comme pas permis, la mort viendra et, comme dans la chanson, probablement &laquo; que la mienne n&rsquo;aura pas comme dans le Larousse, un squelette, un linceul, &agrave; la main une faux, mais fille de vingt ans &agrave; chevelure rousse.  En voile de mari&eacute;e, elle aura ce qu'il faut* &raquo;.  &nbsp;&nbsp;&nbspJe m&rsquo;en tape.  &nbsp;&nbsp;&nbspMais &nbsp;&nbsp;&nbspFinir dans une bo&icirc;te de mon vivant.  &nbsp;&nbsp;&nbspRecueil de souvenirs itin&eacute;rant.  &nbsp;&nbsp;&nbspD&rsquo;un d&eacute;m&eacute;nagement au suivant &nbsp;&nbsp;&nbspMais &nbsp;&nbsp;&nbspEmpil&eacute;s les amants, les amours &nbsp;&nbsp;&nbspPar clich&eacute;s souvenirs compte &agrave; rebours &nbsp;&nbsp;&nbspApr&egrave;s lui, l&rsquo;autre, c&rsquo;est ton tour &nbsp;&nbsp;&nbspMais &nbsp;&nbsp;&nbspFinir consultation m&eacute;lancolique &nbsp;&nbsp;&nbspUn soir de blues amer-panique &nbsp;&nbsp;&nbspSe m&eacute;langer avec machin, bidule, Eric&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspMais &nbsp;&nbsp;&nbspMais je recommande &agrave; boire, paye un verre &agrave; l&rsquo;oracle soifard.  &nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; On finira tous dans des boites, c&rsquo;est ainsi, il dit.  &nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; C&rsquo;est ainsi je r&eacute;p&egrave;te, et ajoute les mots du po&egrave;te : &laquo; Il semble que la mort, est la s&oelig;ur de l&rsquo;amour, la mort qui nous attend et l&rsquo;amour qu&rsquo;on appelle, et si lui ne vient pas, elle viendra toujours* &raquo; &nbsp;&nbsp;&nbspIl finit son verre, semble se perdre un peu dans lesdits mots, puis dis : &nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Dans une bo&icirc;te ou un album photo, elle viendra toujours.

* "Ne chantez pas la mort" .  Paroles : J.R Caussimon, musique et interpr&eacute;tation : L&eacute;o Ferr&eacute;.]]></content:encoded></item><item><title>Chroniques</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-30T09:13:08+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-82</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-82</guid><content:encoded><![CDATA[<a name="annah-01">&nbsp;</a></br>Annah (1)

&nbsp;&nbsp;&nbspLui, ce qu&rsquo;il aurait aim&eacute;, c&rsquo;est &ecirc;tre marin.  Pas tant qu&rsquo;il aime la mer, non, ni d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il l&rsquo;ait fr&eacute;quent&eacute; et encore moins navigu&eacute;, mais l&rsquo;id&eacute;e le s&eacute;duit, au regard de sa vie.  &nbsp;&nbsp;&nbspLe s&eacute;duit l&agrave;, tandis que jour apr&egrave;s jour, verre apr&egrave;s verre, mot apr&egrave;s mot : pos&eacute;s, d&eacute;pos&eacute;s sur carnet, il attend la r&eacute;demption &agrave; la table d&rsquo;un bistrot.  &nbsp;&nbsp;&nbspIl sait que jamais ladite r&eacute;demption ne viendra.  La r&eacute;demption c&rsquo;est un peu comme les filles : elles peuvent vous aguicher ; vous s&eacute;duire ; quelquefois y aller d&rsquo;une proposition franche ; voire vous aimer en plein, mais venir vous chercher, ramasser leur morgue genre : je t&rsquo;en-veux-&agrave;-mort-mon-amour-mais-oublions-&ccedil;a-tu-veux et vous d&eacute;loger de la marge pour vous entra&icirc;ner dans la page et que tout recommence : jamais !  &nbsp;&nbsp;&nbspFaut pas r&ecirc;ver.  &nbsp;&nbsp;&nbspSa r&eacute;demption a lui, se nomme Annah.  &nbsp;&nbsp;&nbspMais avant de vous raconter Annah, avant de vous dire qui elle est, ou vous dire pour quelle raison au juste le m&eacute;tier de marin lui aurait plu &agrave; lui, permettez que je mette en place le d&eacute;cor et que je l&rsquo;installe lui, dans ledit d&eacute;cor.  &nbsp;&nbsp;&nbspC&rsquo;est un bistrot aux allures de bouge.  Le m&ecirc;me o&ugrave; il s&rsquo;assoit au quotidien, &agrave; la m&ecirc;me place, toujours face &agrave; la porte, des fois qu&rsquo;elle reviendrait.  &nbsp;&nbsp;&nbspCe n&rsquo;est pas un bistrot ordinaire m&ecirc;me si commun.  &nbsp;&nbsp;&nbspSuffit d&rsquo;observer la client&egrave;le pour s&rsquo;en rendre compte, suffit de d&eacute;tailler les lieux pour le r&eacute;aliser.  &nbsp;&nbsp;&nbspLes lieux : &nbsp;&nbsp;&nbsples tables 100% formica s&rsquo;alignent en une rectitude quasi militaire, s&rsquo;accompagnent de chaises recouvertes moleskine rouge, ceinturent un comptoir qui court ind&eacute;finiment, un qui brille au zinc comme un fanal et, pile dessus, assis sur le journal destin&eacute; aux clients : bavant, ronflant ; reniflant ; morvant tout son saoul : un chien.  Mais pas n&rsquo;importe quel chien, non, celui-ci est un chien dipl&ocirc;m&eacute;, concours de beaut&eacute; en veux-tu en voil&agrave;, prim&eacute; ici et l&agrave;, ailleurs, partout.  Y&rsquo;a l&rsquo;embarras du choix, les murs affichent ses r&eacute;compenses, se tapisse de certificats &agrave; la lie.  C&rsquo;est un bouledogue, et comme tous les bouledogues il se paye un sale caract&egrave;re, n&rsquo;admet en aucun cas qu&rsquo;on lui chipe le journal, ni qu&rsquo;on le regarde de travers, ni rien d&rsquo;autre.  Pas m&ecirc;me une caresse, une tape amicale, rien.  &nbsp;&nbsp;&nbspLe patron n&rsquo;est pas plus aimable, ressemble &agrave; son chien, mord aussi volontiers, mais contrairement &agrave; son chien, il ne gagnera jamais un concours de beaut&eacute;.  &nbsp;&nbsp;&nbspQuestion de canon en vigueur.  &nbsp;&nbsp;&nbspLa client&egrave;le : &nbsp;&nbsp;&nbsp&Ccedil;a d&eacute;marre t&ocirc;t et &ccedil;a d&eacute;marre pas qu&rsquo;&agrave; moiti&eacute;.  Rien &agrave; voir avec la g&eacute;n&eacute;ration eau plate et jus de tomate, non, ici &ccedil;a d&eacute;marre au blanc, au communard d&eacute;s les cinq heures du mat&rsquo;, et plus la journ&eacute;e s&rsquo;avance, et plus &ccedil;a tend au rouge, au jaune entre midi et deux&hellip; &Ccedil;a fait pas dans la dentelle mais dans la couleur et dans la gouaille.  &Ccedil;a fait dans le &laquo; Va te faire foutre !&raquo;, dans le &laquo; C&rsquo;est la mienne !  &raquo; dans le &laquo; &Ecirc;tre saoul ?  Merde &ccedil;a fait tellement de temps que &ccedil;a m&rsquo;est pas arriv&eacute; que je sais m&ecirc;me plus comment c&rsquo;est !  Pas faute d&rsquo;essayer pourtant.  &raquo; ou &ccedil;a fait comme y a pas cinq minutes alors qu&rsquo;une palanqu&eacute; de piliers reprochait sa tenue, sa situation sociale, ses m&oelig;urs a une habitu&eacute;e : &laquo; Ouais !  Je suis une vieille pute qui se rince la gueule au comptoir de la sentence sociale, et je vous emmerde tas de cons !  &raquo; &nbsp;&nbsp;&nbsp&Ccedil;a vie quoi.  &nbsp;&nbsp;&nbspIl s&rsquo;installe, sort de ses fouilles un carnet, un stylo, se demande une fois encore en observant le tableau, pourquoi il l&rsquo;aime tellement ce bistrot, vise la porte : sait-on jamais&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspC&rsquo;est par l&agrave; qu&rsquo;elle devrait venir, par l&agrave; que tout sourire elle devrait entrer.  &nbsp;&nbsp;&nbspDans quelques minutes peut-&ecirc;tre, ou demain&hellip; Plus tard, qu&rsquo;importe, il a le temps.  &nbsp;&nbsp;&nbspIl le prend.  &nbsp;&nbsp;&nbspPrend un caf&eacute;, un double.  &nbsp;&nbsp;&nbspPense, repense &agrave; Annah.]]></content:encoded></item><item><title>Si seulement</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-29T14:05:04+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-81</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-81</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspIl est assis au fond de la salle, ses yeux se perdent quelque part au-del&agrave; du zinc, au-del&agrave; de la glace devant laquelle s&rsquo;empilent des centaines de bouteilles, et encore au-del&agrave; du monde.  Entre ses doigts il roule une cigarette, il en a l&rsquo;habitude : ne pr&ecirc;te aucune attention &agrave; ses gestes avant que de se la coller au bec &ndash; parfaite &mdash; avec la m&ecirc;me indiff&eacute;rence, avant que d&rsquo;y foutre le feu, d&rsquo;aspirer profond&eacute;ment, d&rsquo;exhaler entre ses l&egrave;vres &eacute;paisses une fum&eacute;e bleut&eacute;e.  &nbsp;&nbsp;&nbspLes volutes s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent, l&egrave;chent les murs, ourlent un instant le lustre, puis doucement, s&rsquo;&eacute;vanouissent.  &nbsp;&nbsp;&nbspIl semble attendre quelque chose.  Quelqu&rsquo;un.  Quelqu&rsquo;une peut-&ecirc;tre&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspUne qui est parti il y a de cela longtemps, mais toujours partie de lui, une qui &mdash; il le sait &mdash;, ne reviendra pas.  &nbsp;&nbsp;&nbspMais l&rsquo;espoir&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspDepuis, inlassablement il repasse, ressasse les s&eacute;quences d&rsquo;une vie perdue, vie &agrave; deux.  &nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement.  &nbsp;&nbsp;&nbsp&laquo; Si seulement&hellip; &raquo; il r&eacute;p&egrave;te.  &nbsp;&nbsp;&nbspPuis recommande un verre.  &nbsp;&nbsp;&nbspDe la table contigu&euml;, je souris de ces mots prononc&eacute;s &agrave; voix haute.  Le &laquo; Si seulement &raquo; d&rsquo;un point de vue litt&eacute;raire &ccedil;a vaut pas tripette, parce que bien s&ucirc;r &ccedil;a r&eacute;sume l&rsquo;essentiel d&rsquo;une vie, la votre, la mienne, celle du voisin&hellip; Pas de quoi en faire un roman donc.  &nbsp;&nbsp;&nbspPlus tard, me mettant au travail, fouillant les mots pour en extirper quelques-uns qui voudraient bien repartir au front en qu&ecirc;te de beaut&eacute;, des qui sonneraient juste, me tra&icirc;ne toujours sous caboche l&rsquo;image de cet homme gonfl&eacute; d&rsquo;espoir attendant une fille qui jamais ne reviendra se jeter dans ses bras.  &nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement j&rsquo;arrivais &agrave; penser &agrave; autre chose, &agrave; me concentrer par exemple.  &nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement mon clavier m&rsquo;inspirait&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspMais peut-&ecirc;tre qu&rsquo;&agrave; cet instant pr&eacute;cis, ladite fille franchit les portes du bistrot, rep&egrave;re son attendant, s&rsquo;avance, balbutie quelques mots en guise d&rsquo;excuses et se love dans ses bras pour faire p&eacute;ter la vie &agrave; pleins poumons.  &nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement, j&rsquo;&eacute;crirais volontiers l&agrave;-dessus.  M&ecirc;me que j&rsquo;en ferais une chronique qui balaierait tous les &laquo; Si seulement &raquo; pour, en place, livrer une de ces histoires qui font que le monde gagne en beaut&eacute;, en &eacute;motion : d&eacute;coction de sentiments.  &nbsp;&nbsp;&nbspOui mais.  &nbsp;&nbsp;&nbspSi seulement vous me le demandiez.]]></content:encoded></item><item><title>L&#x2019;am&#xe9;lie&#x2a;</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-27T12:16:42+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-80</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-80</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspLire Nothomb et r&eacute;aliser qu&rsquo;elle ne creuse pas les notres, non, mais bien celles de la litt&eacute;rature.

* Au sens m&eacute;dical du terme.]]></content:encoded></item><item><title>Les oiseauxmots</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-26T09:08:23+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-79</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-79</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;&rsquo;&eacute;tais en apn&eacute;e cr&eacute;ative.  &nbsp;&nbsp;&nbspJe manquais d&rsquo;air, d&rsquo;id&eacute;e, de passion, mon allocation talent venait d&rsquo;expir&eacute; rue de l&rsquo;inspiration, au coin, dans le froid et sur le trottoir.  &nbsp;&nbsp;&nbspLimite si je tapinais pas.  &nbsp;&nbsp;&nbspLes mots volaient, tournaient au-dessus de ma t&ecirc;te mais jamais ne s&rsquo;y posaient, jamais ne s&rsquo;y nichaient.  Je demandais pas grand-chose pourtant, pas une colonie, pas m&ecirc;me la moiti&eacute; d&rsquo;une, pas une tribu, pas m&ecirc;me une grande famille&hellip; Non, un couple de mots et leur nich&eacute;e m&rsquo;auraient suffit, pour peu qu&rsquo;aux petits mots nouveaux-n&eacute;s, on ait donn&eacute; un nom.  &nbsp;&nbsp;&nbspSi le premier s&rsquo;&eacute;tait appel&eacute; &laquo; Je &raquo;, fils de &laquo; Point &raquo;, qu&rsquo;il eut &eacute;t&eacute; humble malgr&eacute; &ccedil;a, que ses trois fr&egrave;res se soient appel&eacute;s respectivement &laquo; t &raquo;, &laquo; Apostrophe &raquo;, et pourquoi pas &laquo; Viens &raquo;, que la cadette n&eacute;e d&rsquo;Amour ait &eacute;t&eacute; baptis&eacute;e &laquo; Exclamation &raquo;, et si seulement les jumeaux &laquo; Guillemets &raquo; n&rsquo;&eacute;taient pas mort-n&eacute;s, j&rsquo;aurais pu composer, l&agrave;, au coin de la rue, sur le trottoir et dans le froid, et je t&rsquo;aurais dit &laquo; Je t&rsquo;aime.  Viens !  &raquo; &nbsp;&nbsp;&nbspAlors peut-&ecirc;tre&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspMais tu es pass&eacute;e, et sur ton passage les oiseauxmots se sont envol&eacute;s, emportant avec eux l&rsquo;inspiration.]]></content:encoded></item><item><title>De la musique plut&#xf4;t que des mots</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-25T10:49:30+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-78</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-78</guid><content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;angoisse du roi Salomon</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-24T04:16:13+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-76</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-76</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;attrape &laquo; Tokyo-Montana express &raquo; pour la &eacute;ni&egrave;me fois relire une courte nouvelle intitul&eacute;e &laquo; La plus petite temp&ecirc;te de neige jamais recens&eacute;e &raquo;.  Faut dire que dehors il neige et neige encore tandis que dedans j&rsquo;insomnise &agrave; tout va.  Elle est si petite la temp&ecirc;te de neige de Brautigan qu&rsquo;elle se compose de deux flocons, deux flocons qui se prennent pour Laurel et Hardy avant que d&rsquo;aller se m&ecirc;ler aux restes gigantesques des temp&ecirc;tes pr&eacute;c&eacute;dentes.  &nbsp;&nbsp;&nbspUne merveille de nouvelle.  &nbsp;&nbsp;&nbspRefermant le bouquin, il m&rsquo;appara&icirc;t que &ccedil;a fait une &eacute;ternit&eacute; que je n&rsquo;ai pas lu un tr&egrave;s bon texte.  &nbsp;&nbsp;&nbspUn long. Genre roman, je veux dire.  &nbsp;&nbsp;&nbspLe dernier que j&rsquo;ai ouvert, je l&rsquo;ai referm&eacute; page 47, abandonn&eacute; pour cause de complexification abusive de la syntaxe et du reste &mdash; certains nommeraient &ccedil;a du style.  &nbsp;&nbsp;&nbspJe ne suis pas &laquo; certains &raquo;.  &nbsp;&nbsp;&nbspSauf du contraire.  &nbsp;&nbsp;&nbspUn vrai bon roman, un broch&eacute;, jaquett&eacute; et toute la panoplie d&rsquo;un roman, &ccedil;a fait&hellip; longtemps.  &nbsp;&nbsp;&nbspEt depuis : plus rien.  &nbsp;&nbsp;&nbspPas faute d&rsquo;essayer pourtant.  &nbsp;&nbsp;&nbspLe pire, c&rsquo;est que je me suis habitu&eacute; &agrave; &ccedil;a, habitu&eacute; &agrave; ne plus trouver de go&ucirc;t &agrave; la litt&eacute;rature.  Je sais, c&rsquo;est triste, mais que voulez-vous, l&rsquo;&eacute;poque est &agrave; la soupe, j&rsquo;en suis gav&eacute;, j&rsquo;ai plus faim.  Et s&rsquo;il vous plait ne me dites pas que l&rsquo;app&eacute;tit vient en mangeant parce que j&rsquo;ai essay&eacute; et &ccedil;a d&eacute;pend de ce que tu bouffes.  La charogne &agrave; la Bukowsky, la boustifaille &agrave; la Brautigan, la ripaille &agrave; la Fante, celle qui te fait pousser des &eacute;motions aussi longues que des nuits blanches et te balance au petit matin dans un sommeil empli de r&ecirc;ves, c&rsquo;est fini, introuvable, remplac&eacute; par de la soupe, insipide, cupide.  L&rsquo;&eacute;poque est &agrave; la litt&eacute;rature d&rsquo;hospice, au lyophilis&eacute;, au pr&eacute;dig&eacute;r&eacute; pour vieillards &eacute;dent&eacute;s, s&eacute;niles.  Tu bouffes plus tu picores, et apr&egrave;s t&rsquo;as faim.  Forc&eacute;ment t&rsquo;as faim, &ccedil;a tient pas au ventre comme nourriture, &ccedil;a nourri pas son petit gar&ccedil;on ni ses r&ecirc;ves, que dalle.  &nbsp;&nbsp;&nbspPutain, je r&eacute;alise que si &ccedil;a se trouve je me suis gour&eacute;.  Tout bonnement plant&eacute; d&rsquo;&eacute;poque.  &nbsp;&nbsp;&nbspNotez que je ne suis en rien responsable de cet &eacute;tat de chose, mais tout de m&ecirc;me.  &nbsp;&nbsp;&nbsp&Agrave; cette heure-ci, c&rsquo;est-&agrave;-dire au presque petit matin, si j&rsquo;&eacute;tais n&eacute; bien avant, probablement que je f&ecirc;terais la chose en compagnie des susnomm&eacute;s.  Qu&rsquo;entre deux verres, deux bons mots, nous referions le monde-litt&eacute;rature, un peu comme l&rsquo;autre l&agrave;-haut : &agrave; notre image.  Et il aurait une chouette gueule ledit monde-litterature, une gueule de : je t&rsquo;explique pas en watt-millions de phrases longues comme un jour sans fin comment que c&rsquo;est l&rsquo;amour-l&rsquo;amiti&eacute;-la-vie et tout ce qui fait que l&rsquo;on est si simplement humain, non, je t&rsquo;explique pas, je te le file &agrave; ressentir en deux trois mots, deux trois sauts de lignes.  &nbsp;&nbsp;&nbsp&Agrave; ressentir&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspRecommandant &agrave; boire &mdash; encore &mdash;, tous nous aurions plong&eacute; dans le d&eacute;collet&eacute; de la serveuse parce que c&rsquo;est bien beau la litt&eacute;rature, mais &agrave; dire vrai, bien moins beau que ce que l&rsquo;espace d&rsquo;un instant nous aurions eu sous les yeux.  &nbsp;&nbsp;&nbspBien moins beau qu&rsquo;une chair galb&eacute;e.  &nbsp;&nbsp;&nbspConscient de &ccedil;a, on se serait empress&eacute; de vider nos verres, histoire de r&eacute;cidiver au prodige f&eacute;minit&eacute;.  &nbsp;&nbsp;&nbspEncore et encore.  &nbsp;&nbsp;&nbspEnsuite, chacun serait retourn&eacute; &agrave; sa feuille, chacun tentant d&rsquo;&eacute;parpiller sa cervelle souvenir sur le papier, chacun profusion de beaut&eacute;.  &nbsp;&nbsp;&nbspTout en pudeur m&ecirc;me si provoc, m&ecirc;me si la gouaille styl&eacute;e.  &nbsp;&nbsp;&nbspTout en ressenti.  &nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;&eacute;crase ma cigarette, reviens &agrave; la r&eacute;alit&eacute;.  &nbsp;&nbsp;&nbspDehors, toujours il neige.  &nbsp;&nbsp;&nbspPuis je souris de la pile de vingt livres qui constitue ma biblioth&egrave;que.  En trente-cinq ann&eacute;es de lecture je n&rsquo;ai pu en retenir davantage.  &nbsp;&nbsp;&nbspDix neuf pour &ecirc;tre exact, vu qu&rsquo;il m&rsquo;en manque un : &nbsp;&nbsp;&nbsp&laquo; L&rsquo;angoisse du roi Salomon &raquo; d&rsquo;&Eacute;mile Ajar.  &nbsp;&nbsp;&nbspLe dernier vrai bon roman que j&rsquo;ai lu, relu.  &nbsp;&nbsp;&nbspMerde, je me suis vraiment tromp&eacute; d&rsquo;&eacute;poque moi.]]></content:encoded></item><item><title>Roulez vieillesse</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-23T12:40:46+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-75</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-75</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Elongation du ligament lat&eacute;ral externe, et des deux c&ocirc;t&eacute;s, fois deux donc, chapeau !  Comment vous avez fait ?  &nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Une chute au roller hockey.  &nbsp;&nbsp;&nbspIl m&rsquo;observe un moment puis pr&eacute;cise qu&rsquo;au vu de ma carrure, les sports de contact, c&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas une bonne id&eacute;e, sans parler de mon &acirc;ge, non parce que quarante et quelques piges&hellip; Allons c&rsquo;est pas s&eacute;rieux.  Le curling peut-&ecirc;tre, vu que j&rsquo;aime la glisse&hellip; &nbsp;&nbsp;&nbspL&agrave;-dessus il sourit, me soulage de 33&euro;, paraphe une ordonnance et me fout &agrave; la porte de son cabinet.  &nbsp;&nbsp;&nbsp33&euro;, bordel, le cours du sarcasme est &agrave; la hausse.]]></content:encoded></item><item><title>&#xc9;troitesse d&#x2019;esprit&#x2c; une inconnue&#x2c; un matin&#x2c; un bistrot</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-22T11:40:40+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-74</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-74</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspUn moment que nous nous observons, et l&rsquo;observant je r&eacute;alise que vieillir c&rsquo;est comprendre que des amours, j'ai fait le plein, simplement parce que la m&eacute;moire ne peut emmagasiner plus de beaut&eacute;, plus de visage sans en effacer un autre.  &nbsp;&nbsp;&nbspElle s&rsquo;approche, dit : &nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Tu viens ?  &nbsp;&nbsp;&nbsp&mdash; Non, je r&eacute;ponds, j&rsquo;ai des souvenirs auxquels je tiens plus qu&rsquo;&agrave; un possible avec toi.]]></content:encoded></item><item><title>L&#x27;amour en m&#xe9;nage</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-19T08:50:33+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-73</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-73</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJ&rsquo;attrape un magazine f&eacute;minin, m&rsquo;arr&ecirc;te sur la titraille pleine couverture : &laquo; Amour : deuxi&egrave;me chance, et si c&rsquo;&eacute;tait la bonne ?  &raquo;.  &nbsp;&nbsp;&nbspC&rsquo;est con me dis-je, parce que moi, j&rsquo;ai pas les moyens d&rsquo;engager une femme de m&eacute;nage.]]></content:encoded></item><item><title>S&#xe8;vres Babylone</title><dc:creator>Stephane Marieste</dc:creator><dc:subject>Blog</dc:subject><dc:date>2007-01-15T23:51:41+01:00</dc:date><link>http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-72</link><guid isPermaLink="true">http://www.stephane-marieste.com/page11/files/archive-5.html#unique-entry-id-72</guid><content:encoded><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbspJe me suis baiss&eacute; pour ramasser un mouchoir sur un quai de m&eacute;tro : carr&eacute; de tissu brod&eacute;, pli&eacute;.  Un moment j&rsquo;ai cherch&eacute; des yeux &agrave; qui il pouvait bien appartenir, 