Histoires d'eau
Le résumé n’est disponible que lorsque les permaliens sont activés.
Il y en a qui se retrouvent sur la plage : chabadabada chabadabada… et d’autres qui divorcent sur la grève.
|
Des images
Le résumé n’est disponible que lorsque les permaliens sont activés.
Des images
Un écran
Une fille
Qui défile
24 images
Seconde
24 images
Comme 24 idées
Toutes différentes
Et qui vont
De l’amour`
Au jour le jour
Il en reste 22
22 images pour une passion
Voyons :
Envie
Désir
Toucher
Saisir
Prendre
S’attarder
Osciller
Basculer
Plaisir
S’alanguir
Dormir
Recommencer
Se lever
Manquer de l’autre
Toute la journée
Le retrouver
Dîner
Pas finir son dessert
Recommencer
Dormir
Puis dire :
« Bonjour mon Amour »
24 images
Seconde
Comme au ciné
Rêver
24 comme
Des seins
Animés
Soulevés par un rire
Qui chavire
Et y poser sa tête
Une éternité
Voire deux
|
Les ours verts ou les poches de la nudité
Le résumé n’est disponible que lorsque les permaliens sont activés.

J’avais un exercice littéraire avec contraintes à écrire, et pas une idée ne me traînait sous caboche.
On avait pas un sou en poche, mais ça c’était une autre histoire et pas de quoi en faire une d’histoire, précisément.
J’étais en retard.
Les contraintes étaient : glissez dans le texte quatre alexandrins avec césure à l’hémistiche. Et puis aussi : il doit y avoir un igloo dans votre histoire. Et, par dessus le marché, l’un des protagoniste de votre histoire doit dire : « La violence de la réponse n'est que la réponse de la violence »
À propos des alexandrins avec césure à l’hémistiche j’avais trouvé ça sur le net :
Observez l’hémistiche, et redoutez l’ennui
Qu’un repos uniforme attache auprès de lui.
Que votre phrase heureuse, et clairement rendue,
Soit tantôt terminée, et tantôt suspendue.
Pile poil le genre de poésie que j’insupportais. Ça m’aidait pas des masses.
À propos de la phrase pseudo-philosophiquo-pratique dés lors qu’on avait l’envie de buter son prochain pour n’importe quelle raison, j’avais trouvé ça con.
À propos des igloos j’avais trouvé :
Habitation de blocs de glace, que se construisent les Inuits.
J’étais pas plus avancé.
Mais, surfant un peu plus en web banquise j’avais découvert des ours verts. Des ours verts, mais polaires s’il vous plait.
J’avais dit : « Éh, tu le savais toi que ça existait les ours polaires verts ? »
Elle n’avait rien répondu, toute penchée sur le portable qu’elle était, toute inspirée, toute concentrée à finir son exercice à elle.
— Des ours verts polaires, merde alors ! J’avais ajouté avant qu’elle dise « Chutttt, j’écris ! »
Ouais, ben moi j’écrivais pas, je marnais en panne d’inspiration, lui en voulais un peu qu’elle me double.
J’aurais pu la raconter elle, j’aurais pu dire à quel point elle me faisait craquer, et comment j’adorais lorsque entre ses lèvres elle prenait une mèche de ses cheveux, ou raconter ses yeux bleus. Ses yeux bleues. Et si je les mets au féminin c’est juste que y’a pas plus féminin que ces yeux-là. J’aurais pu mais, j’avais un exercice à faire, avec quantité de contraintes à la con et pas une once d’inspiration.
Un instant j’ai pensé au type qui m’avait refilé lesdites contraintes, un instant j’ai essayé de me mettre à sa place, mais comme j’ai pas le vice dans la peau, j’ai pas trop traîné dans la sienne.
Alors j’ai plus pensé à rien, à rien d’autre qu’à ses yeux bleues et j’ai été nous préparer deux salades composées.
Des ours verts…
Un peu plus tard elle est venu se plaquer dans mon dos, m’a déposé dans le cou un baiser, a dit « Je t’aime, tu sais. » puis, tandis que je me retournais pour la prendre dans mes bras, tandis que je plongeais mon regard dans le sien, elle a ajouté : « Les ours verts ça existe pas »
J’ai souri parce que les ours verts polaires et sur banquise, ça existe. Je lui ai raconté le comment du pourquoi : à savoir que depuis le réchauffement de la planète, les poils des ours se vident telles des plumes, que c’est ainsi, et que, comme la nature à horreur du vide, elle y niche des micro-organismes en forme d’algue, des algues fluorescentes et vertes.
— Des ours verts à plumes ?
— Oui, d’ailleurs je crois bien que dans tes yeux bleues mon amour, y’en a plein des ours verts à plumes.
On avait pas un rond en poche.
Je manquais d’inspiration.
On avait pas un rond en poche.
Elle a dit « bof » en lisant ceci, a rajouté « Le coup du manque d’inspiration c’est pas un peu surfait ? »
J’ai pensé « Si surfait mon amour, que ça m’arrive plus souvent qu’à mon tour ».
On avait pas un rond en poche.
N’empêche que dans ses yeux, volaient quelques ours verts, un peu comme si tous les anges poilus et polaires du firmament s’étaient donnés rendez-vous là, qu’ils se satellisaient autour d’une pupille d’envie et de quelques nuages passagers vu que :
On avait plus un rond en poche
Et puis :
On a essayé le canapé
Et puis :
Pour ça on s’est dénudés
Et c’était tellement bon, tellement ça, qu’après j’en ai conclu que le mieux avec les poches, c’était de pas en avoir du tout. À moins, bien sûr, d’y ranger des anges polaires à plumes, des ours verts, et toutes ces choses qui font qu’on rêve de trop pour être à l’heure d’un exercice littéraire…

|